• Épisode 10 :
    Mindy, où es-tu ?

     

                Plus personne n’osait parler dans la boutique magique de Misora. Même Flora avait compris que quelque chose d’anormale s’était produit. La peur, l’inquiétude, régnaient alors dans ce lieu d’habitude si joyeux. Toutes avaient le regard horrifié posé sur la Sorcière Vanille, qui se sentait extrêmement gênée de ne pas avoir retrouvée Mindy.

    Dorémi fut alors la première à bouger. Elle sortit son téléphone portable de sa poche et appela son amie en espérant de tout son cœur entendre le son de sa voix. Mindy avait peut-être simplement fait une erreur en demandant sa destination ? Peut-être s’est-elle rendue chez une amie ? Et dans ce cas, rien ne lui était arrivé. Cependant, personne ne décrocha à l’autre bout du téléphone. Elle essaya, encore et encore, sans jamais entendre le son de la voix de son amie.

    - Mindy…

    Quand soudain, la porte de la boutique s’ouvrit à la volé. Personne ne pouvait voir de qui il s’agissait. Les filles étaient en tenue d’apprentie sorcière et toutes les sorcières étaient toujours présentes dans la pièce.

    - Dorémi !

    Ce crie inquiéta les filles, mais les apaisa également. Car il ne s’agissait pas d’un client, ou de leurs parents ou amis, mais de Bibi, qui arriva en courant vers elles, un morceau de papier à la main.

    - Dorémi ! Il est arrivé quelque chose à Mindy ! Regarde !

    Elle tendit le morceau de papier à sa sœur qui, à première vue, correspondait à une lettre.

    - Tu viens de recevoir ça dans la boite aux lettres !

    Dorémi, d’une main tremblante attrapa la lettre. Elle ne rouspéta même pas contre sa sœur qui avait ouvert son courrier, prouvant l’inquiétude dans laquelle elle se trouvait. La personne qui avait écrit ce message devait être inquiète, paniquée. Car l’écriture était flageolante.

    - Je vais vous la lire…

    Elle déplia difficilement la lettre. D’une voix peu rassurée, elle commença la lecture :

     

             Dorémi,

             Nous sommes sincèrement navrés de te déranger en t’envoyant cette lettre. Mais nous ne l’aurions pas fait si nous n’avions pas de raison valable.

             Samedi matin, Mindy est partit de la maison en nous disant qu’elle passait le week-end chez des amies. Nous n’avions pas de raison de nous inquiéter car il lui arrivait souvent de retrouver ses amies Beth et Mélanie.

             Seulement, mon mari et moi-même avons découvert que Mindy n’avait pas passé le week-end à New-York avec ses amies. En regardant le journal télévisé, nous avons découvert qu’elle avait passé son week-end à Misora en votre compagnie et qu’elle aidait de nouveau dans votre boutique.

             Si nous t’envoyons cette lettre aujourd’hui, c’est parce que nous sommes très inquiets pour elle. J’ignore la façon dont elle s’est rendue à Misora, mais elle n’en est toujours pas rentrée. Et elle reste injoignable.

             Dorémi, si Mindy est avec toi, et avec Émilie, Sophie et Loulou, nous souhaiterions que tu lui dises que nous sommes extrêmement désolés, et que son père a réussi à obtenir sa mutation pour revenir vivre à Misora. Nous prendrons le prochain avion pour venir la rejoindre.

             Nous te supplions de nous donner des nouvelles de Mindy le plus rapidement possible.

             Nous te remercions de ton aide et de ta générosité.

             Cordialement,

             Monsieur et madame Asuka.

     

    Dorémi resta silencieuse. Les parents de Mindy étaient sur le point de revenir à Misora. Et elles ne pouvaient leur donner de nouvelles de leur fille. Mindy avait belle et bien disparut. Comment allaient-elles pouvoir l’expliquer à ses parents ? Tout en lisant la lettre, Dorémi n’avait pas pu s’empêcher de pleurer.

    - Mindy… pleurait Flora. Mindy…

    Il en était de même pour Émilie, Sophie et Loulou. Qu’est-il arrivé à Mindy ?

    - Camille, s’exclama Sa Majesté, je vais avoir besoin de réunir le Cénacle au complet, et de toute urgence. Prévient l’ensemble des sorcières membres que la conférence commencera lorsque la prochaine fleur de l’horloge végétale se sera ouverte.

    - Bien Vote Majesté.

    Seulement, Dorémi et les filles ne pouvaient pas laisser Mindy. Elle avait grand besoin de leur aide. Elles ne pouvaient pas rester sans rien faire pour l’aider. D’un simple regard, elles comprirent qu’elles avaient les mêmes sentiments. Émilie posa Flora auprès de Maggie-Grigri. Puis les quatre apprenties se placèrent en cercle.

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépéla…

    - Non ne faites pas ça ! s’exclama Sa Majesté.

    Elle claqua des doigts et des branches se mirent à sortir du planché de la boutique, attrapant Dorémi, Émilie, Sophie et Loulou, les empêchant de pratiquer la magie.

    - Si Mindy a disparu en retournant chez elle par la magie, vous ne devez pas vous en servir pour vous rendre à l’endroit où elle se trouve. Vous risqueriez de vous retrouver dans la même situation.

    - Mais nous ne pouvons pas rester sans rien faire…

    Toutes les quatre pleuraient. Les branches qui les maintenaient s’étaient enroulées autour d’elles, les empêchant de bouger. Par conséquent, elles ne pouvaient ni utiliser la magie, ni partir à la recherche de Mindy. Sa Majesté s’approcha d’elles.

    - J’ai conscience que vous avez très peur pour votre amie. Mais vous devez nous faire confiance. Cependant, vous devez me promettre de ne plus utiliser la magie pour vous téléporter dans un autre lieu, jusqu’à ce que nous ayons éclaircie ce mystère. Loulou, la Sorcière Roxane te téléportera elle-même lorsque tu souhaiteras venir dans la boutique.

    Sa Majesté claqua des doigts. Les branches disparurent et les filles furent libérées.

    - Maggie-Grigri, sois très prudente et prends soin des filles.

    - Comptez sur moi Votre Majesté.

    Les trois sorcières disparurent alors de la boutique, laissant Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Bibi, Flora, Maggie-Grigri et Lala seules dans cette angoisse. Pourquoi s’en prendre à Mindy ? Elle qui avait déjà été victime de l’ancienne reine, pourquoi l’avoir de nouveau choisi elle ?

    - Vous devriez rentrer chez vous vous reposer les filles, s’exclama Maggie-Grigri. Lala et moi, nous nous occuperons de Flora.

    - Maggie, je crois que l’une de nous devrait constamment rester avec vous, expliqua Dorémi. Lorsque les nuages noirs apparaissent, tu ne peux pas t’occuper de Flora tout en les faisant disparaître. Ils finissent toujours par te toucher lorsque tu fais les deux en même temps.

    - Nous resterons à tour de rôle avec toi, continua Sophie.

    - Nos fées nous remplaceront chez nous et à l’école, poursuivit Émilie.

    - C’est ce que nous avons de mieux à faire pour protéger Flora, termina Loulou.

    - Mais vous ne pouvez pas faire une chose pareille ! s’exclama Maggie-Grigri. Comment voulez-vous suivre à l’école si vous louper la moitié des cours ?

    - Ce n’est pas le plus important ! s’écria Sophie.

    - La vie de Flora est menacée, Mindy a disparu et le monde des sorcières va de plus en plus mal ! continua Dorémi.

    - Et le monde des humains finira lui aussi par être victime de cette forêt si nous ne l’arrêtons pas ! s’exclama Émilie.

    Toutes les quatre étaient d’accord sur ce point.

    - Ce soir, nous resterons toutes les quatre à la boutique.

    Dorémi, Émilie, Sophie et Loulou, en décidant de rester avec Maggie-Grigri et Flora, espéraient de tout cœur avoir des nouvelles de Mindy. Bibi retourna auprès de ses parents, accompagnée de Dodo sous l’apparence de Dorémi. Loulou avait appelé sa maman pour lui dire qu’elle s’était rendu de tout urgence à Misora et qu’elle y resterait quelques jours.

    Le comportement de Maggie-Grigri avait énormément changé depuis qu’elles avaient retrouvés leur statue d’apprentie sorcière. Autrefois, elle ne montrait jamais ses véritables sentiments envers les filles, paraissant même parfois insignifiante envers elles, froide. Mais aujourd’hui, Maggie avait décidé de mettre sa fierté de côté. Ses filles passaient avant tout le reste.

    Mais les heures passaient et les filles n’avaient obtenu aucune nouvelle de Mindy, aucune nouvelle du monde des sorcières. Flora s’était endormit, mais ses mamans ne parvenaient pas à en faire autant. Elles ne parvenaient pas à rester dans la boutique sans rien faire pour retrouver Mindy.

    - J’ai bien conscience que cela ne servira à rien mais… s’exclama Dorémi, mais je me sentirais bien plus utile si je partais à sa recherche. Rien que de faire le tour de la ville me permettrait de me sentir utile.

    - Je suis du même avis Dorémi, lui répondit Loulou.

    - Allez-y toutes les trois, leur dit Émilie. Je reste veiller sur Flora.

    - Merci Émilie.

    Les trois apprenties sorcières enfourchèrent leur ballet et parcoururent la ville, à la recherche de Mindy. Elles avaient conscience que si Mindy se trouvait à Misora, elle serait revenue à la boutique magique. Mais elles ne savaient pas quoi faire d’autre pour essayer de l’aider. Mindy était introuvable depuis ce week-end. Et ses parents étaient en route pour Misora dans l’espoir de revoir leur fille. Comment allaient-elles pouvoir leur cacher la vérité ?

    Cependant, à l’aube, Sophie aperçu quelque chose d’étrange dans le ciel. Intrigué par cette forme qui volait dans les airs, elle se dirigea dans sa direction. Mais plus elle se rapprochait, plus les formes de ce qui volait devenaient net. Et très rapidement, elle reconnut les petites fées.

    - Dodo ! Mimi ! Fifi ! Lolo ! Dydy !

    Les quatre fées avançaient doucement, portant sur leur dos la petite Dydy, qui était apparemment vidée de toute énergie. Sans perdre une minute, Sophie prit Dydy dans ses mains et rentra à la boutique. Lorsqu’elle arriva, Dorémi et Loulou étaient déjà revenus.

    - Les fées ont retrouvé Dydy. Mais elle est évanouie.

    Les fées essayaient de communiquer avec les filles mais malheureusement, elles ne comprenaient pas leur langage. Lala leur fit donc la traduction.

    - Apparemment, Lolo serait allée chercher Dodo, Mimi et Fifi pour partir à la recherche de Dydy. Elles ont fini par la trouver dans le quartier voisin de Misora. Elle volait depuis New-York pour revenir à la boutique nous prévenir que Mindy avait disparu. Mais elle est ensuite tombée d’épuisement.

    - La pauvre. Il faut qu’elle se repose.

    Les filles n’avaient toujours pas de nouvelle de Mindy. Dydy était toujours plongée dans le sommeil. À l’heure de partir à l’école :

    - Allez à l’école, je reste à la boutique, leur dit Loulou.

    À contre cœur, elles retournèrent au collège. En arrivant dans les couloirs, Dorémi et Sophie trouvèrent mademoiselle Coucou. Mais un signe de tête négatif leur fit comprendre qu’elles n’avaient pas retrouvé Mindy. Les deux filles étaient silencieuses durant la classe. Seulement, ni l’une ni l’autre ne faisait attention à ce que disait leur professeur, qui ne manqua pas de remarquer leur absence :

    - Eh bien mesdemoiselles, si vous êtes en classe pour rêvasser, vous serez bien mieux dans le couloir !

    Contraintes de passer leurs heures d’école dans les couloirs, elles ne purent s’empêcher d’imaginer ce que pouvait bien être en train d’endurer Mindy. Et cela les faisait souffrir. Même leur fatigue n’était rien comparée à la peur qu’elles ressentaient.

    Ce fut à ce moment qu’elles aperçurent Émilie, sur son ballet, paressant fouiller la ville.

    - Je crois qu’elle n’a vraiment pas l’intention de retourner dans son école.

    - J’en ai bien l’impression.

    - Pauvre Émilie. Elle qui aimait tellement étudier…

    La fin des cours arriva et toujours aucune nouvelle. Dydy s’était réveillée et leur avait expliqué que Mindy n’était pas apparu dans sa chambre comme elle l’avait demandé à ses pouvoirs. Mais juste après, ses parents entrèrent dans la boutique.

    - Monsieur et madame Asuka…

    Kenzo Asuka était architecte. Il avait de longs cheveux bruns et bouclés et possédait des yeux de cette même couleur qui paraissaient presque toucher ses larges sourcils. Il portait une chemise jaune, rentrée dans son pantalon beige maintenue grâce à une ceinture noire, par-dessous une veste violette. Il était chaussé de souliers gris foncés, pratiquement noirs.

    Minori Asuka était photographe professionnelle. Elle avait de long cheveux bruns noués à l’arrière en une natte, entourée d’un foulard rose foncé, et possédait un bandeau sur le dessus de la tête. Elle avait de grands yeux marron et, tout comme son mari, possédait d’épais sourcils. Elle était vêtue d’une chemise jaune, dont les manches étaient retroussées légèrement plus bas que les coudes, laissant voir les manches de son T-shirt rose foncé qu’elle portait en dessous. Les deux hauts étaient rentrés dans son pantalon bleu marine, lui arrivant plus haut que les chevilles, maintenu par une ceinture marron, et portait de hautes chaussures grises foncées à lacets.

    - Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou. Nous sommes ravis de vous revoir. Est-ce que… vous savez où est Mindy ? Nous avons à lui parler.

    Les filles se regardèrent. Quoi répondre ? Elles ne savaient pas.

    - Eh bien…

    - Mindy est…

    - Elle est en train de…

    - Elle se repose, affirma Loulou. Ne bougez pas, je vais la chercher.

    Loulou quitta la pièce, laissant ses amies dans l’incompréhension. Mais elle avait la solution.

    - Dydy, tu voudrais bien prendre l’apparence de Mindy pour la couvrir devant ses parents ? demanda Loulou à la petite fée.

    - Dydy !

    Elle prit l’apparence de Mindy, et toutes deux descendirent.

    - Mindy a malheureusement prit froid et ne peux plus parler. Elle est aussi extrêmement fatiguée. C’est pour cette raison qu’elle n’a pas pu reprendre l’avion pour rentrer à New-York et qu’elle ne vous répondait pas. Vous devriez la laisser se reposer quelques jours.

    - Merci infiniment les filles.

    Grâce à Dydy, les parents de Mindy étaient soulagés et repartirent dans leur ancienne maison de Misora l’esprit tranquille. Mais les filles, elles, continuaient de tourner dans les alentours, sans succès. Seulement, le lendemain, tout changea. Loulou resta à la boutique, accompagnée d’Émilie qui refusait toujours de se rendre dans son école. Dorémi et Sophie se rendirent en cours. Pendant la pause de midi, elles voulurent se rendre à la boutique. Cependant, elles avaient passé deux nuits entières sans dormir. Et en plein milieu du couloir, Dorémi tomba de fatigue.

    - Dorémi ! Dorémi, qu’est-ce qu’il y a ! Dorémi ! S’il vous plaît, aidez-moi ! Dorémi s’est évanouit ! criait Sophie.

    Son professeur arriva auprès d’elles. Monsieur Akiota était le professeur principal de la classe 7-1. Il avait de courts cheveux brun peignés en pic sur le dessus de la tête, laissant son front entièrement dégagé. Ses yeux noisette étaient légèrement plissés sur les côtés. Il portait un costard bleu marine, par-dessus une chemise blanche qu’il rentrait dans son long pantalon et chaussait des souliers noirs.

    - Mademoiselle Harukaze, vous m’entendez ? Dorémi ? Que quelqu’un aille chercher l’infirmière !

    Capucine Nagato, une camarade de classe des filles mais aussi une de leur amie de l’école primaire, partit en courant chercher de l’aide. Capucine avait de très courts cheveux rouges, formant de petites pointes au niveau de son front dépourvu de frange, et avait de jolis yeux gris. Elle portait des vêtements entièrement kaki, alternant une teinte claire et une autre plus foncée : un T-shirt à manches courtes, un pantacourt lui arrivant au niveau des genoux et des chaussures basses laissant voir ses chaussettes. Sophie avait peur que Dorémi n’ai été atteinte par une quelconque malédiction de la forêt des sorts. Car elle-même ne se sentait vraiment pas bien.

    Capucine revint alors accompagnée de mademoiselle Coucou, relativement inquiète. Elle s’agenouilla aux côtés de Dorémi. Mais après vérification, elle parut soulagée.

    - Ne vous inquiétez pas, elle n’a rien de grave. Elle va cependant avoir besoin de repos.

    - Je l’emmène à l’infirmerie, s’exclama le professeur en portant Dorémi. Mademoiselle Senoo, pourriez-vous nous suivre ? J’ai à vous parler.

    - Oui, bien sûr.

    Mademoiselle Coucou, le professeur Akiota et Sophie prirent alors la direction de l’infirmerie. Mais en milieu de parcours, les jambes de Sophie ne purent la porter plus longtemps.

    - Sophie ! Mais enfin, mais que vous arrive-t-il ? s’exclama le professeur, ne comprenant pas ce qui arrivait à ses deux élèves.

    Mademoiselle Coucou l’aida à se relever et à marcher jusqu’à l’infirmerie. Mais lorsqu’ils arrivèrent, elle sombra elle aussi dans le sommeil. Après les avoir allongé dans les lits, le professeur tenta d’éclairer ce mystère.

    - Mademoiselle Coucou, vous venez bien de l’école primaire de Misora, n’est-ce pas ?

    - Oui, bien sûr.

    - Dans ce cas, vous devez connaître ces deux élèves depuis plusieurs années ?

    - Comme la plupart des élèves de ce collège.

    - Vous n’avez jamais remarqué quelque chose d’anormale chez Dorémi et Sophie ?

    - Que voulez-vous dire ?

    - Depuis quelques jours, elles se comportent très étrangement. Elles disparaissent durant les pauses de midi. Elles prononcent des mots tels que « Dodo » ou « Fifi » avant de redevenir elles-mêmes. Elles sont extrêmement pensives, inquiètes. Et aujourd’hui, elles tombent toutes les deux de fatigues en même temps.

    - Dorémi et Sophie ont peut-être des ennuis personnels en ce moment. Elles ne savent plus où elles en sont. D’où leur épuisement. Je suis certaine que leur état s’arrangera rapidement. Mais je pense que nous devrions les laisser se reposer.

    - Prévenez-moi quand elles se réveilleront. J’ai à leur parler.

    - Entendu.

    Le professeur partit alors de l’infirmerie.

    - Vous ne devriez pas passer vos nuits à chercher Mindy dans Misora mesdemoiselles, dit mademoiselle Coucou en étant consciente que les filles ne l’entendaient pas.

    Puis, un panache de fumée apparut au centre de la pièce. Au milieu se trouvait Camille, portant Émilie inconsciente dans ses bras.

    - Vote Majesté, la jeune Émilie est tombée de fatigue en fouillant la ville sur son ballet.

    - Une chance que tu l’es rattrapée. Dorémi et Sophie sont elles aussi tombées de fatigue. Emmène-là à la boutique magique. Roxane m’a prévenu que Loulou était dans le même état. Je veille sur elles. Des nouvelles de Mindy ?

    - Aucune sorcière de notre monde ne l’a aperçu. Si elle se trouve dans le monde des sorcières, j’ignore où elle a pu aller.

    - Nous devons continuer à chercher.

    - Bien Vote Majesté.

    Et Camille disparut.

     

    Dans leur sommeil, les filles parvenaient à visualiser des images. Des images qui n’avaient aucun sens à leurs yeux. Elles voyaient des scènes qui paraissaient tellement réelles. Des scènes qui pouvaient se caractérisés par des cauchemars. C’était comme si elles visualisaient les souvenirs de quelqu’un. En l’occurrence de mauvais souvenirs. Mais à qui appartenaient-ils ?

    Mais l’un d’eux leur fit comprendre qui en était le propriétaire. Car elles virent une grenouille sorcière, allongée dans un lit, souffrante. Et cette sorcière, elles en étaient certaines, était Mamie-Gâteau.

    - S’il vous plaît… aidez-moi… sortez-moi de ce cauchemar… Dorémi… Émilie… Sophie… Loulou… aidez-moi…

    Cette voix qu’elles entendaient et qui paraissait sortir de nulle part, était celle de Mindy. Une voix fatiguée, terrifiée, suppliante, parsemée de sanglots. Une dernière image leur apparut. L’image du lieu où se trouvait Mindy endormit.

    - Mindy !

    Les quatre apprenties sorcières se réveillèrent en même temps, se redressant brusquement. À la boutique, Émilie et Loulou échangèrent un regard et se levèrent en vitesse pour enfiler leur costume avant de partir en ballet au collège de Misora. À l’infirmerie, Dorémi et Sophie firent de même.

    - On doit aller l’aider !

    - Dorémi ! Sophie ! Où est-ce que vous allez ? s’exclama mademoiselle Coucou sans parvenir à les rattraper.

    Allant se cacher, elles enfilèrent leur costume et s’envolèrent. En chemin, les quatre filles se rencontrèrent.

    - Je crois que nous avons toutes rêvé de la même chose.

    - Mindy compte sur nous.

    - Nous devons nous y rendre.

    - Nous devons aller l’aider.

     

    Épisode 9: Ne pleure pas Émilie!

    Épisode 11: La forêt des sorts


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