• Épisode 12 :
    Ennuis sur ennuis

     

                Alors, qu’elles reprenaient doucement leurs esprits, Flora ne cessait d’exprimer sa joie de les revoir toutes ensemble. Leurs petites fées étaient toutes présentes, aussi excitées que le fussent Flora et Floflo.

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora descendirent ensemble dans la boutique rejoindre Maggie-Grigri. Bien entendu, le Maho-dou était fermés depuis que les filles s’étaient rendues dans le monde des sorcières pour aider Mindy. Et maintenant qu’elles avaient repris des forces, elles allaient pouvoir le rouvrir.

    - Dorémi !

    Ce crie fit sursauté les six filles.

    - Maggie-Grigri, mais ça ne va pas de crier comme ça ! Tu nous as fait une de ces peurs !

    - Et vous ! Vous imaginez un peu la peur que vous nous avez faites ! Mais vous êtes complètement malade ! Vous saviez que la forêt des sorts est dangereuse ! Et vous vous y êtes rendu sans prévenir personne !

    - Mais on venait de découvrir que Mindy s’y trouvait, tu ne voulais tout de même pas qu’on la laisse là-bas !

    - Non, seulement vous auriez dû en avertir Sa Majesté !

    - Je le sais. Mais nous n’en avons pas eu le temps…

    - Vous étiez avec elle lorsque vous vous êtes réveillées alors si, vous l’aviez le temps ! Heureusement que Sa Majesté savait où vous vous rendiez…

    - Maggie… on est sincèrement désolée…

    Maggie-Grigri fut extrêmement touchée par cette dernière phrase prononcée par ses apprenties sorcières, prononcée par ses filles. Puis, une mélodie se fit entendre. Une mélodie de plus en plus forte.

    - Mais qu’est-ce que… commença Sophie.

    - Ce ne serait quand même pas… continua Émilie.

    - Ce ne serait quand même pas le carrosse de la reine ! s’exclama Loulou.

    Toutes ensembles, elles sortirent dans la cour arrière. Effectivement, le carrosse de la reine se posa. Il ressemblait à une énorme boule rose, laissant deux ouvertures de chaque côté en guise de fenêtres, orné de deux roues extrêmement fines mais gigantesques. À l’avant se tenait Camille, dirigeant les six chevaux roses qui tiraient le carrosse. Sa Majesté en descendit, accompagnée de sa gouvernante.

    - Votre Majesté…

    Elles terminèrent de parcourir la distance qui les séparait :

    - Votre Majesté, nous sommes sincèrement désolées… nous n’aurions pas dû partir sans vous en informer, récitèrent-elles en même temps.

    - Vous avez inquiétés grand nombre de personnes par votre attitude mesdemoiselles. Partir dans cette forêt sans en avertir aucune sorcière n’était pas très judicieux de votre part.

    Les filles baissèrent la tête, conscientes de la bêtise qu’elles avaient commise envers le monde des sorcières. Si elles devaient être punit, alors elles l’accepteraient. Car, selon elles, elles le méritaient.

    - Néanmoins, vous avez réussi à retrouver Mindy, et à ressortir de la forêt saines et sauves en ramenant avec vous les deux sorcières qui avaient pénétré dans ce lieu et qui n’en étaient jamais revenues.

    Cette phrase leur fit relever la tête, prenant un air de totale stupeur. Elles avaient ramené deux sorcières avec elles ? C’était impossible. Elles étaient seules dans cet endroit. Elles en étaient certaines. Aucune sorcière ne se trouvait aux côtés de Mindy.

    - Votre Majesté… vous venez de nous dire que deux sorcières étaient ressorties de la forêt avec nous ? Mais… nous n’avons vu aucune sorcière là-bas…

    - Les deux sorcières en question s’étaient rendues dans la forêt afin de comprendre ce qui la poussait à agir, mais surtout, qui la contrôlait. Malheureusement, elles ont été plongées dans un profond sommeil, tout comme Mindy l’a été. En sortant de la forêt, votre magie a été tellement puissante qu’elle vous a permis de toutes revenir auprès de nous, mais également de ramener ces deux sorcières. Même si, contrairement à Mindy, elles ne se réveilleront que dans plusieurs centaines d’années, vous leur avez probablement sauvé la vie.

    Toutes les cinq étaient toujours aussi surprises qu’au début. Seule Mindy se souvenait comment elles en étaient sorties. Mais, rien dans ses souvenirs ne lui indiquait que deux autres personnes se trouvaient en leur présence.

    - Mes mamans sont géniales ! Mes mamans sont géniales ! Mes mamans sont géniales ! ne cessait de répéter Flora en sautant de joie.

    Mais son sortilège cessa, et elle retrouva sa véritable taille.

    - Oh non… pourquoi je ne peux pas rester grande…

    Dorémi se pencha et attrapa Flora redevenu petite :

    - Votre Majesté… comment se fait-il que Mindy est pu se réveiller mais pas ces deux sorcières ?

    - Vous avez utilisé votre magie en ressentant un amour très puissant pour Mindy. Tout comme Flora l’avait fait pour vous lorsque vous nous aviez rapporté la fleur de l’Amour Suprême.

    - Est-ce que nous pouvons faire quelque chose pour les aider ? demanda alors Sophie, triste de savoir que ces deux personnes dormiront pendant de longues années.

    - Malheureusement, les sorcières ne ressentent pas les mêmes émotions que les humains. Nous ne pouvons donc rien faire pour les aider. Néanmoins, je vous remercie de votre bravoure mesdemoiselles. Mais… je pense pouvoir affirmer sans me tromper que vous allez avoir des ennuis que la magie ne pourra résoudre.

    Les filles se regardèrent, ne comprenant pas ce que Sa Majesté tentait de leur dire.

    - Mais je suis certaine que vous parviendrez à vous en sortir. Avant de repartir, j’aimerais vous confier la charge de quelqu’un, si vous l’acceptez. Camille ?

    - Tout de suite votre majesté.

    Camille claqua des doigts. Puis, un petit éléphant blanc, portant des chouchou roses ornés d’une aile blanche autour des oreilles, sortit du carrosse de la reine, en se jetant sur la petite Flora.

    - Flora !

    - Paola !

    Dorémi reposa Flora sur le sol, afin de la laisser retrouver son petit éléphant blanc qu’elle appréciait tant.

    - Paola s’était vue confié une mission dans le monde des sorcières. Malheureusement, il ne possède pas le pouvoir nécessaire pour éliminer ces nuages noirs, bien plus puissant que les précédents. Néanmoins, il a la possibilité de les éloigner pendant quelques temps. Il vous apportera une aide supplémentaire pour protéger Flora.

    - Merci Votre Majesté !

    - Prenez soin de vous, jeunes apprenties sorcières.

    La reine fit demi-tour et remonta dans son carrosse, accompagnée par Camille. Et toutes deux repartirent dans le monde des sorcières. Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy s’apprêtaient à rentrer dans la boutique avec Flora, Paola, Maggie-Grigri et Lala quand quelqu’un sortit brusquement dans la cour, sautant au cou de Dorémi :

    - Dorémi !

    Cette personne n’était autre que Bibi, sa petite sœur :

    - Bibi…

    - Dorémi, j’ai eu très peur…

    - Mais peur de quoi ?

    - Sa Majesté m’a dit que vous vous étiez rendu dans la forêt des sorts. Et quand je vous ai vu toutes les cinq endormies, j’ai cru que vous ne vous réveillerez jamais… Vous êtes resté endormies beaucoup de temps… Les fées ont pris votre place pendant tellement longtemps…

    - Mais c’est terminé maintenant Bibi, la rassura Émilie.

    - Oui, nous sommes toutes là maintenant, reprit Mindy.

    - Les fées n’auront plus à prendre notre place, termina Sophie.

    Bibi était maintenant rassurée de savoir que ses amies étaient toutes de nouveau avec elle.

    - Mademoiselle Kiki était très inquiète pour vous. Mademoiselle Coucou lui a expliqué ce qu’il s’est passé et elles venaient toutes les deux à la boutique tous les jours…

    Quand elle se rappela soudain de quelque chose :

    - Oh Dorémi… il y a… il y a les parents de Mindy qui sont… qui sont passés à la maison il y a quelques jours…

    - Quoi ! s’exclama alors Mindy.

    - Ils sont passés afin d’avoir des informations sur le collège que tu fréquentes et… Mindy y est inscrite. Je crois que Dydy s’est rendu à l’école à ta place Mindy, accompagnées de Dodo et Fifi.

    - Mais pourquoi mes parents sont de retour à Misora ? demanda Mindy, soudain paniquée.

    - Ta disparition n’est malheureusement pas passée inaperçue aux yeux de tes parents. Ils sont revenus à Misora en pensant que tu voulais revenir vivre ici, lui expliqua Émilie.

    - Quand ils sont passés à la boutique pour te rejoindre, nous avons envoyé Dydy pour te remplacer, poursuivit Loulou.

    - Nous leur avons dit que tu étais malade, que tu ne pouvais plus parler, et que c’était pour cette raison que tu n’avais pas pu reprendre l’avion, mais ton père avait déjà demandé sa mutation et elle était déjà acceptée, continua Sophie.

    Mindy ne répondit pas, ne bougea pas. Elle paraissait à la fois paniquée, heureuse, et triste. En effet, si son père avait réussi à obtenir de nouveau une mutation à Misora, alors elle allait pouvoir vivre dans cette ville en présence de toutes ses amies, exactement comme avant. Mais d’un autre côté, elle allait devoir laisser Beth et Mélanie une deuxième fois.

    - Mindy, tout va bien ? s’inquièta Dorémi.

    - Oh heu oui… oui oui ça va bien. Je suis vraiment très contente de revenir habiter à Misora. Oui, très contente.

    Après tout, elle avait réussi à mentir à ses parents prétendant venir à Misora en avion. Alors, elle pouvait également faire de même pour se rendre à New-York grâce à la magie et revoir Beth et Mélanie quand elle le souhaitera.

    - Mais… si Dydy a pris ma place pendant tout ce temps… comment je vais faire pour savoir ce qu’il s’est passé à l’école ?

    - Nous t’aiderons. À nous cinq, nous finirons bien par y arriver.

     

    Mindy, avec l’aide de ses amies, retourna chez elle, dans son ancienne maison. Grâce à la persuasion des filles, elle parvint à faire croire à ses parents qu’elle était enfin guérit. Et ce fut la même chose pour Dorémi, Émilie et Sophie dont leurs fées les avaient remplacés.

    Loulou était retournée auprès de ses parents. Son mensonge fut, malheureusement pour elle, plus difficile à faire accepter de la part de ses parents. Mais ne trouvant pas d’autre explication sur le fait que leur fille se trouvait à Misora en si peu de temps, ils finirent par la croire, au grand soulagement de Loulou.

    Le lendemain, toutes reprirent le chemin de l’école. Toutes, sauf Émilie, qui envoya sa petite fée et qui resta à la boutique magique veiller sur Flora. Car Émilie n’était toujours pas décidée à retourner dans son collège.

    À son arrivée, Mindy était complètement perdue. Lala avait réussi à lui traduire certaines informations données par Dydy. Elle savait qu’elle se trouvait dans la classe 7-1, la même que celle de Dorémi et Sophie, que son professeur principal avait compris qu’elle était amie avec les deux filles et qu’elle se comportait aussi étrangement que ses deux camarades.

    Les filles entrèrent en classe. Bizarrement, leurs camarades les regardaient étrangement. Qu’avaient bien pu faire leurs fées en leur absence ? Le professeur commença par faire l’appel. Mindy fut la première appelée :

    - Présente, répondit-elle, timidement.

    Le professeur marqua alors une pose, regardant Mindy du coin de l’œil, en la rendant encore plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà. Puis il continua et arriva à Dorémi. Celle-ci répondit présente, tout comme Sophie.

    - Je vois que vous avez toutes les trois retrouvé l’usage de la parole, s’exclama alors le professeur. Ou du moins, l’emploie de mots compréhensibles par tous. Je veux vous voir toutes les trois dans mon bureau après les cours.

    Cela n’annonçait rien de bon pour les trois apprenties sorcières. Elles ignoraient tout de ce qu’il s’était passé durant la semaine qui venait de s’écouler. Et aujourd’hui était le premier jour de la véritable Mindy. Comment allaient-elles pouvoir répondre aux questions de leur professeur sans éveiller le moindre soupçon ?

    Leurs autres professeurs ne leurs posaient pas entant d’ennuis que leur professeur principal. En plus d’être difficile à convaincre, il était également difficile à éviter. Pour les filles, c’était comme s’il les suivait de partout dans l’établissement.

    - Hey les filles ! s’était exclamée Nathalie, accompagnée de Marjolaine pendant l’intercours, deux de leurs anciennes camarades de classe.

    Nathalie était connue dans toute l’école pour ses passionnantes histoires qu’elle inventait, et ceci depuis maintenant plusieurs années. Elle avait de courts cheveux blonds et frisés, ainsi que des yeux gris. Elle revêtait une longue robe rose à manches courtes par-dessous un petit gilet violet. Ses chaussures, des ballerines violettes, laissaient voir ses chaussettes blanches maintenant légèrement plus hautes que ses chevilles.

    Quant à Marjolaine, elle possédait un don remarquable pour le dessin. Ses cheveux châtain, courts et frisés formaient un petit chignon sur le dessus de sa tête, laissant voir ses yeux marron gris. Elle portait un T-shirt vert à manches courtes, sur lequel était brodé un "E" d’un vert plus clair. Son long pantalon blanc, avec une large rayure grise foncée sur un côté de chaque jambe, couvrait une partie de ses chaussures marron et noires.

    Les deux amies s’étaient associées deux ans plus tôt : Nathalie inventait les histoires et Marjolaine les illustrait.

    - Oui, qu’est-ce qu’il y a Nathalie ? demanda Sophie.

    Elle regarda à droite, puis à gauche, avant de s’avancer vers les filles pour leur parler à voix basse :

    - On raconte que vous avez été possédées pendant toute une semaine et que c’était pour cette raison que vous vous étiez enfuit de l’école et que vous vous comportiez bizarrement. Et… entre nous… comment vous avez réussi à vous en sortir ?

    Les filles, choquées, firent un pas en arrière :

    - Quoi !

    - Nathalie, mais qu’est-ce que tu racontes ?

    - Ne me dit pas que tu as cru à des histoires pareilles ?

    - Alors, dans ce cas, poursuivit-elle, dans ce cas pourquoi est-ce que vous étiez si différentes ? Pourquoi est-ce que vous n’adressiez la parole à personne ? Pourquoi est-ce que vous refusiez de nous parler ? Pourquoi est-ce que…

    - Nathalie arrête ! s’énerva Sophie. Je suis désolée de devoir te dire ça mais cela ne regarde que nous…

    - Pourquoi est-ce que vous vous obstinez tant ? demanda-t-elle. Toutes les personnes qui se trouvent dans la classe 7-1 sont vos amis. Alors pourquoi refusez-vous notre aide ? Pourquoi laissez-vous cette rumeur s’installer ?

    - Nous ignorions que…

    - Je vous en ai parlé il y a deux jours ! J'étais en colère contre cette rumeur vous concernant, surtout qu'elle ne vient pas de ma création, alors je t'en ai parlé Sophie !

    - Nathalie, on doit entrer en classe.

    Les apprenties sorcières ne trouvaient pas d’excuses valables pour expliquer leur comportement. Les choses s’arrangeaient pour elles. Elles avaient enfin trouvé un bon rythme pour allier l’école, la garde de Flora et la boutique. Il ne leur restait plus qu’à justifier leur attitude de ces mois de septembre et d’octobre.

    La fin des cours arriva beaucoup trop vite pour Dorémi, Sophie et Mindy. Sortant de leur salle de mathématiques, elles prirent à contrecœur le chemin du bureau des professeurs, où les attendaient monsieur Akiota, leur enseignant principal. Ensemble, avec courage, elles franchirent le seuil de la porte. La pièce, vraiment très grande, comportait de nombreux bureaux en son centre, se faisant face deux à deux en s’alignant sur une bonne partie de la longueur. Sur l’autre partie se trouvait un coin plus relaxant, puisqu’il comportait plusieurs fauteuils à l’aspect confortable. Sur un des côtés s’alignait de grands casiers, au moins un pour chaque enseignant. Sur l’autre côté, plusieurs fenêtres apportaient de la clarté à cette endroit, le rendant plutôt chaleureux pensant Mindy malgré son état d’extrême inquiétude.

    - Bien, s’exclama le professeur. Maintenant que je retrouve mes véritables élèves, j’aimerais mettre certaines choses au clair avec vous.

    Les filles ne parvenaient pas à regarder monsieur Akiota. Toutes les trois regardaient le sol, en attendant de devoir se justifier. Les autres professeurs présents dans la classe paraissaient concentrés sur leur occupation, où sur leur conversation, mais Sophie se doutaient qu’ils les écoutaient attentivement.

    - Il se trouve que nous avons déjà eu une conversation comme celle-là, n’est-ce pas ? Mais maintenant que vous daignez de nouveau parler normalement, nous parviendrons peut-être à mettre des mots sur vos agissements.

    Le professeur alla s’assoir derrière son bureau.

    - Ais-je besoin de vous rappeler, à toutes les trois, que vous n’êtes plus en primaire ? Ais-je besoin de vous rappeler que les études au collège demandent bien plus de maturité qu’en primaire ?

    - Non monsieur…

    - Dans ce cas, si vous en êtes conscientes, pourquoi vous êtes-vous enfuit de l’école jeudi dernier ? Pourquoi refusiez-vous de parler durant toute la semaine qui vient de s’écouler ? Pourquoi ne travailliez-vous pas comme ce doit de le faire tous collégiens ?

    - Nous sommes tombées malade monsieur.

    - Toutes les trois, en même temps, et de la même maladie ? Vous croyiez vraiment que j’allais vous croire ?

    - C’est la vérité monsieur ! s’exclama Dorémi en relevant la tête, espérant être la plus convaincante possible.

    - Nous sommes toujours ensemble, c’est pour cette raison que nous sommes tombées malade en même temps, poursuivit Sophie.

    - Très bien, alors expliquez-moi pourquoi vous n’avez pas contaminé vos autres camarades ? leur demanda le professeur.

    - Parce que, finalement, nous n’étions pas contagieuses, s’était exclamée Mindy. Nous tombons souvent malade, ce qui nous empêche de parler et de nous concentrer.

    - Mindy a raison monsieur, assura Dorémi. Jeudi, nous ne nous sentions vraiment pas bien.

    - Et c’est pour ça que nous sommes partis, poursuivit Sophie. Nous sommes rentrées chez nous parce qu’on avait peur de contaminer tout le monde.

    - Vous étiez à l’infirmerie…

    - Nous ne voulions pas contaminer mademoiselle Coucou, le coupa Dorémi.

    Monsieur Akiota réfléchissait. Les explications que leurs donnaient ses élèves n’étaient pas très claires. Il était persuadé que toutes les trois lui cachaient quelque chose. Seulement, il ignorait ce que cela pouvait être. Ne trouvant pas d’autre explication à leurs agissements, il termina par les croire :

    - Très bien, même si votre attitude me rend suspicieux à votre égard depuis la rentrée des classes, je veux bien vous croire. Néanmoins, si ce que vous me racontez est la vérité, expliquez-moi comment Mindy est tombée malade en même temps que vous alors qu’elle se trouvait à New-York depuis le début de l’année scolaire ?

    À cette question, les filles ne trouvèrent pas de réponse. Leur mensonge n’était pas crédible. Mais elles ne pouvaient pas lui révéler la vérité. Même si la malédiction des grenouilles étaient levées, il était encore trop tôt pour que les humains apprennent l’existence du monde des sorcières. Alors elles devaient absolument trouver une solution.

    - C’est parce que Mindy avait passé le week-end avec nous monsieur, répondit Sophie. Elle était revenue de New-York pour nous voir.

    - Et au moment de reprendre l’avion, je ne me suis pas sentis bien, poursuivit Mindy. Alors je suis restée à Misora et mes parents sont revenus vivre dans cette ville. Monsieur, vous devez nous croire. Nous ne sommes pas étranges.

    Monsieur Akiota resta discret. Après tout, leur histoire était peut-être belle et bien réelle. Mais il ne pouvait pas le prouver. Néanmoins, il se promit de garder un œil sur ses trois élèves en particulier.

    - Très bien. Seulement, vous comprenez que je ne vais pas pouvoir laisser passer votre fugue de l’établissement. Par conséquent, je vous demanderais de nettoyer les sanitaires de l’établissement durant votre récréation de midi de demain. Ais-je été clair ?

    - Bien monsieur

    Dorémi, Sophie et Mindy sortirent de la salle des professeurs et prirent la direction de la cantine scolaire afin de déjeuner.

    - Sincèrement, je pense que l’on s’en tire plutôt bien, s’exclama Sophie. Même si nettoyer les toilettes, ce n’est pas ce que l’on fait de mieux, on aurait pu avoir pire comme punition.

    - Oui, au moins, on n’a pas été virée, en conclut Dorémi.

    Puis Mindy repensa à quelque chose :

    - Des ennuis que la magie ne pourra résoudre… Les filles, vous vous souvenez de cette phrase que nous avait dit Sa Majesté et que nous n’avions pas comprise ? Et si c’était de ça qu’elle parlait ?

    - Tu veux parler de la conversation avec monsieur Akiota ? demanda Sophie.

    - Oui. Mademoiselle Coucou était forcément présente dans l’établissement pendant la semaine où nos fées nous ont remplacées. Elle était forcément au courant de l’inquiétude de monsieur Akiota. Et il s’agit bien d’un ennui qu’on ne pouvait résoudre à l’aide de la magie.

    - Tu as raison. Espérons que nous n’en aurons pas d’autre dans le même style, termina par dire Dorémi.

     

    Épisode 11: La forêt des sorts

    Épisode 13: La décision d’Émilie


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