• Épisode 13 :
    La décision d’Émilie

     

                Le week-end était de nouveau arrivé. Les cinq meilleures amies étaient toutes réunies à la boutique. En effet, aujourd’hui, elles allaient rouvrir le Maho-dou après une fermeture d’une semaine. Bibi ne pouvant venir que très rarement à la boutique, les filles s’occupaient chacune leur tour de Flora pendant que les autres préparaient des pâtisseries et accueillaient les clients.

    Dans l’après-midi, ce fut au tour d’Émilie de prendre soin de Flora. Et pendant que Flora se reposait, elle prit les cahiers de cours de ses amies pour étudier. Émilie n’avait toujours pas repris le chemin de l’école. Mais cela, ses parents ne le savaient pas. Car sa petite fée prenait tous les jours sa place afin de la couvrir. Néanmoins, elle avait toujours la volonté d’étudier. C’était pour cette raison que chaque soir, lorsque Dorémi, Sophie et Mindy revenaient de l’école, elle leur empruntait leurs livres afin de rester au même niveau que ses amies.

    Puis Flora se mit à bouger. Émilie releva la tête. Et au même moment, une fumée enveloppa Flora. Surprise, Émilie commença à se lever quand cette fumée, apparut mystérieusement, s’évapora. Et une grande Flora apparut :

    - Moi aussi je veux étudier avec toi Émilie ! s’était-elle exclamée.

    - Flora, tu sais bien que c’est trop compliqué pour toi.

    - Je suis allée à l’école avec vous l’année dernière. Alors moi aussi je sais autant de chose que vous !

    Émilie ne savait plus quoi lui répondre. Après tout, si elle-aussi avait envie d’étudier, pourquoi le lui empêcher ?

    - Allez, vient, je vais t’expliquer, finit-elle par dire à Flora.

    - OUIIIIIII !

     

    Seulement, le lendemain, Émilie et ses parents furent convoqués dans le bureau du directeur de l’établissement Karen. Ce fut Dorémi qui se chargea de rester à la boutique magique pour veiller sur Flora en envoyant Dodo à l’école, sous la surveillance de Sophie et Mindy.

    Mais Émilie savait pourquoi elle avait été convoquée avec ses parents. Car même si Mimi se rendait à sa place à l’école, elle ne pouvait pas travailler comme le faisait Émilie. Elle ne faisait pas les devoirs demandés. Elle ne pouvait pas non plus répondre aux questions de ses professeurs.

    Assise au milieu de son père, Akira, et de sa mère, Reiko, Émilie écoutait le discourt de son directeur en regardant le sol.

    - Nous avons un problème par rapport au travail fournit par votre fille monsieur et madame Fujiwara, s’exclama le directeur de l’établissement, un personnage assez costaud dont les cheveux commençaient à manquer par endroit et à grisailler. Ses professeurs ont tous constaté un changement chez Émilie. Depuis quelques semaines, votre fille refuse de travailler. Elle ne fournit plus aucun travail personnel, ni en classe, ni chez elle. Peut-être avez-vous une explication à cela.

    Monsieur et madame Fujiwara regardèrent alors leur fille, totalement surpris. Reiko, les larmes aux yeux, plaquaient ses mains devant sa bouche.

    - Émilie… mais que t’arrive-t-il ? Tu as toujours été très doué à l’école… Pourquoi ne travailles-tu plus ? Émilie…

    Émilie regarda sa mère, sa mère qui ne paraissait pas en croire ses oreilles, qui ne paraissait pas croire que c’était de sa fille dont le directeur de cette établissement parlait.

    - Je suis désolée mère.

    Elle savait depuis longtemps qu’elle ne pourrait pas cacher ce secret à ses parents très longtemps. Mais elle ne voulait pas non plus les décevoir. Son rêve a toujours été de devenir une grande violoniste. Et ses parents avaient fondés tous leurs espoirs sur leur fille. Alors comment leur annoncer qu’elle ne voulait plus revenir étudier dans cette école ? Comment leur dire que finalement, elle avait décidé de repousser son rêve à plus tard et qu’elle voulait faire des études comme tout le monde ?

    - Vous ne voyez rien qui aurait pu la pousser à agir de cette façon ? demanda le directeur.

    - Nous ne nous attendions pas à ce que… enfin… Émilie, ma chérie, raconte-nous ton problème, s’exclama Akira.

    Mais elle resta discrète, les yeux portés sur le sol, les poings serrés.

    - Émilie, tu nous avais pourtant assuré que ton travail à la boutique n’influencerait pas tes études…

    - Non père, je t’assure, mon travail à la boutique n’influence absolument pas mes études.

    Monsieur Fujiwara était metteur en scène. Ses cheveux marrons, rebiquant à plusieurs endroits, lui descendaient jusqu’au niveau des oreilles et ses yeux, ainsi que sa fine moustache, se teintaient de cette même couleur. Il portait une veste couleur saumon par-dessus un T-shirt violet, comportant un motif sur le devant, ainsi qu’un pantalon bleu marine et des chaussures marron.

    - Votre fille travaille dans une boutique ? demanda alors le directeur, suspicieux.

    - Émilie et ses amies aide la propriétaire d’une boutique depuis plus de quatre ans, assura monsieur Fujiwara. Mais elle nous a toujours dit qu’elle faisait ses devoirs là-bas.

    - Mademoiselle Fujiwara, si ce n’est pas votre aide dans cette boutique qui vous empêche de travailler, expliquez-nous la véritable raison.

    Mais impossible de réponse. Émilie était comme paralysée. Elle ne parvenait pas à émettre le moindre mot. Elle avait tellement peur de blesser ses parents si elle leur expliquait la véritable raison de son absence de travail.

    - Émilie, si vous continuez à ne pas travailler, vous allez prendre un retard très important pour toute votre scolarité future.

    En entendant ces mots, Émilie sortit alors ses cahiers. À l’intérieur, elle avait recopié l’intégralité des leçons de Dorémi, Sophie et Mindy. Le directeur, surpris, attrapa alors les cahiers, et commença à les feuilletés :

    - Mademoiselle Fujiwara… d’où sortez-vous ces leçons ?

    - Je les recopie chaque jour des cours de mes amies qui suivent une scolarité générale, afin d’éviter de prendre du retard.

    Le directeur referma les cahiers :

    - Je suis navré mais… je ne parviens pas à comprendre pourquoi vous vous acharnez à recopier les leçons de vos amies qui ne sont pas dans le même établissement que vous, alors que vous refusez de faire votre propre travail.

    Émilie resta de nouveau discrète. Elle ne pouvait pas leur révéler la véritable raison. Elle était très inquiète pour Flora, pour ses amies, pour le monde des sorcières. Car la menace était permanente. Et Émilie se retrouvait seule, seule dans cette école, seule à supporter cette inquiétude. Elle voulait tellement pouvoir vivre son adolescence avec ses amies, s’épanouir avec Flora, la voir grandir. Mais elle ne pouvait le leur dire. Car elle devrait révéler l’existence du monde de la magie, révéler les dangers auxquels elle et ses amies étaient exposées. De plus, elle laisserait entendre à ses parents qu’elle souhaitait faire passer ses amies avant ses études…

    - Ma chérie, tu dois nous le dire si tu as des problèmes à l’école, insista Reiko.

    - Émilie, est-ce qu’on t’a fait des remarques ? demanda Akira.

    - Est-ce que quelqu’un t’a fait du mal ?

    - Avons-nous été trop dur avec toi concernant ta scolarité ?

    - Émilie, ma chérie, je t’en supplie, répond-nous…

    - Mademoiselle Fujiwara, questionna son directeur, vos notes étaient vraiment excellentes. Alors pourquoi ne voulez-vous pas poursuivre vos efforts ? Pourquoi ne pas continuer dans ce sens ? Vous aviez toutes les chances de réussir. Vous étiez très douées. Vous êtes très douées Émilie. Alors que vous arrive-t-il ?

    - Émilie, tu as refusé de te trouver des amis depuis le début de l’année. C’est pour ça que tu ne veux plus travailler ?

    - Et pourquoi ne veux-tu pas t’en faire ? Tu es harcelée…

    - ARRÊTEZ ! cria Émilie, en se levant de sa chaise.

    Elle n’avait pas réussi à maîtriser sa colère. Sa chaise tomba à la renverse. Ses larmes s’échappaient de ses yeux. Pourquoi rendaient-ils les choses plus difficiles qu’elles ne l’étaient déjà ? Elle ne parvenait à s’exprimer. Elle ne savait pas avouer ses sentiments. Elle n’avait jamais vraiment réussi à le faire, ne voulant pas blesser ses parents, et surtout sa maman. Mais aujourd’hui, elle ne devait pas se retenir. Aujourd’hui, c’était le moment de s’exprimer.

    - Je ne veux plus venir dans cette école ! Je ne veux plus étudier la musique ! Je ne veux plus continuer dans cette filière ! Non, je ne suis pas harcelée. Personne ne m’a fait de remarque, et encore moins fait de mal. Et non, vous n’avez pas été trop dur avec moi concernant ma scolarité, car j’ai choisi cette voie moi-même. Mais… je me rends compte à présent que je suis encore trop jeune pour me spécialiser. Je veux aller étudier au collège de Misora, dans une filière générale. Je veux étudier avec mes amies.

    - Mais enfin Émilie, tu as toujours voulu devenir violoniste…

    - Je le sais. Mais il est encore trop tôt. J’ai toute la vie pour faire ce qu’il me plaît. Mais pour l’instant, je suis toujours une enfant. Une enfant qui veut poursuivre sa jeunesse en présence de ses amies. Je réaliserais mon rêve plus tard, j’ai toute la vie devant moi pour ça.

    - Émilie, ton orientation est très importante. Tes amies, tu as la possibilité de les retrouver chaque soir après les cours. S’il te plaît ma chérie, termine tes études dans cet établissement.

    Émilie fut alors choquée de la réponse de sa mère. N’avait-elle vraiment pas comprit à quel point sa fille souffrait ? Ne comprenait-elle pas à quel point la situation était grave ? Jamais Émilie n’avait autant parlé de ce qu’elle ressentait à ses parents. Jamais elle ne s’était opposée à l’avis de sa maman. Pour une fois qu’elle arrivait à le faire, pourquoi ne l’a comprenaient-ils pas ?

    - Ta mère a raison ma chérie. Inutile de t’inscrire au collège de Misora alors que tu as la possibilité de réaliser ton rêve dans l’école Karen.

    Émilie n’avait pas pour habitude de se laisser aller de cette manière. Mais ses parents refusaient d’ouvrir les yeux. Ses parents refusaient de voir que cette école la rendait malheureuse.

    - Vous ne comprenez pas… je ne retournerais pas dans cette école ! Jamais je ne reviendrais !

    Ses parents s’apprêtèrent à riposter de nouveau, mais Émilie les en empêcha :

    - JE VOUS DÉTESTE !

    Émilie partit en courant du bureau du directeur, avant de partir de l’établissement. Pourquoi ses parents refusaient-ils de voir à quel point leur fille ne voulait plus venir étudier dans cet établissement ? Pourquoi lui refuser d’aller au collège de Misora avec ses amies ? S’en était trop pour Émilie. Courant à travers la ville, elle ne savait pas où aller.

    Elle était désemparée. Elle pensait vraiment que ses parents comprendraient. Jamais elle n’avait imaginé qu’ils refuseraient de l’inscrire au collège de Misora. Elle se demandait comment faisait Loulou pour supporter d’être aussi loin des filles et de Flora. Comment faisait-elle pour porter le lourd fardeau de toute cette menace qui règne ?

    Au même moment, elle remarqua qu’elle se trouvait devant le collège de Misora. Devant le collège où se trouvaient Dorémi, Sophie et Mindy. Son école, s’était celle-là. Celle-là et pas une autre. Ses parents n’avaient pas à décider pour elle. Émilie était déterminée à venir ici.

    Étant à l’abri de tous regards, elle activa alors son bracelet magique, et enfila son costume d’apprentie sorcière :

    - Pirouli piroula et voilà !

    Elle en sortie ensuite sa baguette magique. Consciente qu’elle allait utiliser sa magie à des fins personnelles, Émilie refusait de laisser cette situation s’éterniser plus longtemps :

    - Pilipili Poupaloura Poupalou ! Faites-en sorte que je sois admise dès maintenant au collège de Misora avec Dorémi, Sophie et Mindy !

    Le bout de sa baguette projeta des rayons lumineux. Mais juste après, sa baguette disparut, et son costume d’apprentie sorcière s’enleva. Émilie ne comprit pas ce qu’il venait de se passer. Sa magie n’avait pas fonctionné, et son costume s’était retiré de lui-même. Avait-elle demandé quelque chose d’irréalisable ?

    - Émilie.

    Émilie regarda dans la direction d’où provenait la voix. Non loin d’elle se tenait mademoiselle Coucou. Elle comprit alors ce qu’il venait de se passer. Mademoiselle Coucou l’avait empêché d’utiliser la magie interdite.

    - Je suis désolée… répondit-elle en continuant à pleurer. Je ne voulais pas utiliser la magie interdite… je ne voulais pas vous faire de tort… je suis désolée… expliqua-t-elle en enfouissant son visage plein de larmes dans ses mains, secouant la tête de droite à gauche.

    Mademoiselle Coucou s’avança vers Émilie, et termina par la serrer contre elle.

    - Tu n’as pas à être désolée. Le monde des sorcières en est le seul responsable. J’en suis la seule responsable. Je sais pourquoi tu as voulu utiliser la magie, Camille m’en a informé. Mais je pense que la meilleure solution est d’attendre. Je suis certaine que tes parents finiront par t’inscrire dans cette école. Il leur faut simplement un peu plus de temps pour l’accepter.

    Émilie regarda mademoiselle Coucou. Elle avait raison, Émilie le savait. Elle se sentit honteuse d’avoir réagi de cette manière.

    - Je pense que tu devrais avoir une petite discussion avec eux.

    - Vous avez raison… mais… je leur ai dit des méchancetés et je pense qu’il est encore trop tôt pour retourner auprès d’eux.

    À son grand étonnement, mademoiselle Coucou lui sourit.

    - Oui, je comprends ce que tu peux ressentir. Néanmoins, je préfèrerais que tu ne restes pas seule dehors. Même si Camille garde un œil sur toi, je serais plus rassurée si tu venais avec moi à l’infirmerie, en attendant que tes amies finissent leur journée d’école.

    - Mais mademoiselle, je ne peux pas entrer dans l’établissement.

    - Ne t’inquiète pas et suis moi.

    L’infirmière de l’école lui attrapa la main et la tira avec elle jusqu’à l’infirmerie du collège. En chemin, elles ne croisèrent personne, ce qui arrangea grandement Émilie. Elle l’installa ensuite dans l’un des compartiments, où se trouvaient un lit et un bureau.

    - La pause déjeuné ne devrait pas tarder. J’irais chercher Dorémi, Sophie et Mindy.

    Mademoiselle Coucou prit place sur une chaise :

    - Dit-moi Émilie, pourquoi refuses-tu à ce point de retourner dans cette école ? J’ai appris à te connaître depuis tes premiers pas à l’école primaire. Et je ne t’ai jamais vu dans cet état.

    - Je pense que… je pense que j’ai vécu trop de séparations, trop de changements, en même temps. On est passé de l’école primaire au collège, le rythme est différent. J’ai été séparée de mes amies à la rentrée. Et… nous n’avions plus de nouvelles du monde des sorcières. Je crois que ce sont les principales raisons qui m’y ont poussé. Et j’étais seule à savoir que Flora, mes amies, et que l’ensemble du monde des sorcières étaient constamment menacés dans cet établissement. Je n’avais personne à qui parler. Et je me suis vite aperçu qu’il était encore trop tôt pour que je commence à me spécialiser. J’ai toute la vie devant moi pour réaliser mes rêves.

    Émilie regarda alors par la fenêtre. C’est là qu’elle aperçut ce mystérieux oiseau, blanc et violet foncé, porteur de bottes, qui n’était autre que la Sorcière Camille.

    - Et aujourd’hui, j’aimerais profiter de ma jeunesse avant qu’il ne soit trop tard. J’aimerais la partager avec Dorémi, Sophie, Loulou, Mindy et Flora. J’aimerais la partager en présence de toutes ces merveilleuses sorcières que nous avons rencontrées en quatre ans d’apprentissage.

    Émilie ouvrit la fenêtre, laissant Camille entrer et reprendre son apparence normale.

    - Merci Camille, je prends le relais, s’était exclamée mademoiselle Coucou.

    - Bien Votre Majesté.

    D’un claquement de doigt, Camille disparut de l’infirmerie.

    - Émilie, tu te doutes bien que personne d’autre que toi ne peux prendre une telle décision. Tout ce que je peux faire pour te conseiller, c’est de bien y réfléchir, et de voir toutes les possibilités qui s’offrent à toi.

    - C’est très gentil. Mais, je crois que j’ai pris ma décision depuis bien longtemps.

    La sonnerie de fin de cours retenti alors :

    - Reste ici, je n’en ai pas pour longtemps.

    Mademoiselle Coucou regarda un emploi du temps, posé sur son bureau, avant de partir de l’infirmerie en y laissant Émilie. Elle se dirigea ensuite vers une salle de classe, où les élèves en sortaient. Elle attendit, jusqu’à ce que les élèves qu’elle était venue chercher sortent :

    - Dorémi, Sophie, Mindy.

    - Mademoiselle Coucou…

    - Vous voulez bien me suivre à l’infirmerie ?

    - Oui, bien sûr. Mais… il y a un problème ?

    - Rassurez-vous, ce n’est rien de bien grave.

    Toutes les trois suivirent alors leur infirmière scolaire jusqu’à l’infirmerie.

    - Allez-y, entrez.

    Elles entrèrent. Puis, quelques instants après :

    - Émilie !

    - Mais qu’est-ce qu’il se passe ?

    - Ta réunion s’est mal passée ?

    - Je reviens, leur dit mademoiselle Coucou en partant.

    Émilie leur expliqua alors ce qu’il s’était passé durant la convocation, dans les moindres détails. Jusqu’à ce que l’infirmière revienne avec un plateau repas pour chacune :

    - Merci mademoiselle Coucou.

    Elle s’installa à son bureau afin de laisser les filles discuter tranquillement.

    - Tu sais Émilie, je suis certaine que tes parents finiront par comprendre. Je suis certaine que dans quelques jours, ils accepteront n’importe lequel de tes choix, s’exclama Sophie.

    - Oui Sophie à raison, poursuivit Mindy. Maintenant, c’est à toi de faire ton choix.

    - Mon choix est fait depuis longtemps, et je ne changerais pas d’avis. Mon souhait le plus cher, c’est de venir étudier avec vous, dans cette école. J’ai déjà tous vos cours. Je suis certaine que je m’adapterais très vite, leur répondit Émilie.

    - Réfléchis-y bien quand même.

    - Dodo ! Dodo ! s’exclama alors la fée de Dorémi, sous son apparence.

    En entendant cela, mademoiselle Coucou se retourna, surprise :

    - Dodo ? Mais alors, où est passée Dorémi ? demanda-t-elle aux filles.

    - Elle est à la boutique avec Maggie-Grigri et Lala pour veiller sur Flora, lui expliqua Mindy.

    - Depuis quand ?

    - Depuis hier soir…

    - Mais pour quelle raison ne va-t-elle pas en classe ?

    - Maggie-Grigri ne peut pas veiller sur Flora tout en l’éloignant des nuages. Alors, chacune notre tour, on reste à la boutique pour l’aider et nos fées prennent notre place à l’école, expliqua Sophie.

    - Mesdemoiselles, vous ne devriez pas faire une chose pareille. Vous allez rater votre scolarité si vous ne vous rendez pas chaque jour à l’école.

    - Nous rattrapons nos cours chaque soir. Nous sommes quatre donc l’une de nous explique les leçons à la personne qui était absence. Ne vous inquiétez pas mademoiselle, nous nous en sortons très bien.

    Mademoiselle Coucou ne répondit rien, mais elle était inquiète pour les filles. Car cela allait les fatiguer, et leur faire rater leur étude. La sonnerie retentie :

    - On doit retourner en classe Émilie, tu veux que l’on te donne nos cours de ce matin ?

    - Oui je veux bien. Mais j’ai laissé mes affaires à mes parents…

    - Je connais un moyen très simple pour y remédier, s’exclama alors Mindy.

    En effet, elle enfila son costume d’apprentie sorcière :

    - Pirouli Piroula et voilà !

    Et elle en sortit sa baguette :

    - Paparouna Palouta Palali Papone ! Donne à Émilie tous ce dont elle a besoin pour travailler !

    Aussitôt, ses affaires, ainsi que les cours de la matinée de ses amies apparurent aux côtés d’Émilie.

    - Merci les filles.

    - On passe te prendre à la fin des cours.

    Les filles retournèrent donc en cours, pendant qu’Émilie resta à l’infirmerie avec mademoiselle Coucou. Émilie savait que ses amies avaient raison. Ses parents finiraient par la comprendre. Ils finiraient par changer d’avis. Bientôt, elle pourrait elle-aussi arpenter officiellement les couloirs de cet établissement. Elle en était persuadée.

     

    Épisode 12: Ennuis sur ennuis

    Épisode 14: Vive Flora!


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