• Épisode 14 :
    Vive Flora !

     

                La fin des cours étaient arrivés. Émilie se trouvait toujours à l’infirmerie avec mademoiselle Coucou. Avant de se rendre à la boutique, Dodo, Sophie et Mindy allèrent la chercher.

    - Coucou Émilie ! s’exclama Sophie.

    - Tu as pu travailler ? demanda Mindy.

    - Oui, merci de m’avoir prêté vos cours.

    - On va à la boutique ? proposa Sophie.

    - D’accord, répondit Émilie. Mademoiselle Coucou, merci pour tout ce que vous avez fait pour moi.

    - Prenez bien soin de vous mesdemoiselles.

    Les quatre filles partirent donc du collège de Misora et prient la direction de la boutique. Quand elles arrivèrent, elles trouvèrent Dorémi, occupée à préparer une pâtisserie avec Flora.

    - Salut les filles ! Vous avez trouvé Émilie sur le chemin ?

    Émilie expliqua alors à Dorémi la raison pour laquelle elle était en présence de Dodo, Sophie et Mindy. La première réaction de Dorémi fut de lui sauter dans les bras :

    - Oh Émilie… Je suis sûre que tes parents vont finir par comprendre. Je suis certaine qu’ils prendront la bonne décision à ton sujet. Tout va finir par s’arranger Émilie. J’en suis certaine.

    - Oui, on est toutes avec toi Émilie, répondirent les trois autres en cœur.

    - Et moi aussi ! s’exclama Flora.

    - Les filles, il serait peut-être temps d’ouvrir la boutique si vous voulez faire un minimum de bénéfices aujourd’hui ! s’exprima alors Maggie-Grigri.

    - Oui, on s’y met !

    Émilie, Sophie et Mindy enfilèrent leur tenue de pâtissière pendant que Dorémi alla ouvrir la boutique aux clients. En semaine, Flora pouvait rester avec ses mamans dans la cuisine. Car peu de personnes venaient acheter des pâtisseries. Puis, une boule lumineuse apparut au centre de la cuisine. Et Loulou apparut :

    - Salut les filles !

    - Loulou ! Mais comment se fait-il que tu viennes à la boutique en semaine ?

    - J’ai réussi à arranger mon emploi du temps pour passer vous voir chaque jour. Je ne pourrais pas tenir la boutique, au risque que quelqu’un m’aperçoive. Mais je me suis dit que je pourrais néanmoins vous aider à cuisiner.

    - C’est une excellente idée ! Merci Loulou !

    Au cours de la nuit, Émilie, qui, maintenant, refusait de rentrer chez elle, resta à la boutique avec Flora et Maggie-Grigri. Tellement inquiète de la réaction de ses parents, et honteuse d’avoir haussée la voix en employant de tels mots, elle ne put trouver le sommeil et resta éveillée toute la nuit. Elle fut rejointe par ses amies au petit matin, avant qu’elles ne se rendent au collège. Et le soir, elles purent rouvrir la boutique, quelques heures avant l’arrivée de Loulou, sortant tout juste de l’école. Bibi avait trouvé un moment pour venir s’amuser avec Flora, ce qui permit aux filles de se concentrer pleinement à leurs devoirs.

    En effet, la boutique était toujours désespérément vide, les quatre amies décidèrent donc de faire leurs devoirs, tout comme Loulou qui avait emmené les siens. Dorémi, qui n’avait pas assisté aux cours de la journée d’hier, ne parvenait pas à comprendre ce que leurs professeurs leurs demandaient. Et Sophie et Mindy, qui n’avaient pas encore terminé de rattraper les leçons manquées lorsqu’elles étaient à Osaka et à New-York étaient, elles-aussi, incapable de résoudre leur problème. Et encore moins de l’expliquer à Dorémi. Même Émilie, qui avait pourtant toutes les leçons des filles, ne savaient pas comment les aider. Sans l’explication de ses professeurs, Émilie parvenait difficilement à tout comprendre.

    Un client entra dans la boutique. Émilie partie alors l’accueillir.

    - Nous n’arriverons jamais à résoudre ce problème ! s’exclama alors Dorémi, installée avec ses amies sur la table de la cuisine, en laissant tomber sa tête dans ses mains.

    - Il ne faut pas se décourager comme ça. Avec une aide supplémentaire, vous finirez par comprendre.

    En entendant cette phrase, Dorémi, Sophie, Loulou et Mindy relevèrent la tête de leur cahier. Dans l’encadrement, entre la salle de la boutique et la cuisine, se trouvait Émilie. Mais juste à côté se trouvaient Mademoiselle Coucou accompagnée de mademoiselle Kiki.

    - Vous ne parviendrez jamais à suivre une scolarité normale en loupant les cours, s’exclama leur ancienne institutrice.

    - Mademoiselle Kiki a très gentiment accepté de passer chaque soir à la boutique afin de vous aider du mieux possible à réussir vos études, leur expliqua mademoiselle Coucou.

    - Mais mademoiselle, lança Dorémi, vous avez déjà beaucoup à faire en vous occupant de la classe de ma sœur…

    - L’école se termine à quinze heures trente pour les élèves de l’école primaire. J’ai largement le temps de venir dans cette boutique afin de vous apporter mon aide. Et j’ai bien l’impression que vous en avez grand besoin.

    Les quatre amies se regardèrent. Elles avaient réellement besoin d’aide. Mais elles ne pouvaient pas imposer à mademoiselle Kiki de venir à la boutique chaque soir.

    - Mademoiselle…

    - Ma décision est prise les filles. Et vous ne me ferez pas changer d’avis. C’est avec plaisir que je vous offre mon aide.

    La cloche de l’entrée retenti de nouveau. Sophie alla donc accueillir les nouveaux clients. Mais, très rapidement, elle revint vers les filles, arrivant en marche arrière :

    - Émilie… je crois que…

    Les parents d’Émilie apparurent dans l’encadrement. Celle-ci se leva violemment de sa chaise.

    - Monsieur et madame Fujiwara, enchanté de vous revoir, s’exclama mademoiselle Kiki.

    - Mademoiselle Kiki, il en est de même pour nous. Que faites-vous dans cette boutique ?

    - Oh, je passais dans le coin…

    - Qu’est-ce que vous faites là ? s’écria Émilie, sur un ton qu’elle n’avait jamais employé auparavant.

    - Émilie, ma chérie…

    - Si vous êtes venue ici pour me faire changer d’avis, ce n’était pas la peine de vous être déplacé ! Car rien ne me fera changer d’avis !

    - Émilie écoute, nous avons beaucoup réfléchit avec ta mère et…

    - Et vous allez me forcer à y retourner…

    - Nous t’avons inscrite au collège général de Misora.

    En entendant cette dernière phrase, Émilie cessa tout discourt. Elle resta figée, totalement surprise. Avait-elle entendu correctement ? Ces mots étaient-ils bien sortis de la bouche de son père ? L’avaient-ils réellement inscrite dans cet établissement ?

    - Vous… vous m’avez…

    - Oui Émilie. Nous avons décidé de respecter tes choix. Et en te voyons partir si soudainement de l’école Karen en pleurant, nous avons compris à quel point tu étais sincère.

    - Je vais… je vais aller au… au collège de…

    - Oui, tu commences les cours dès demain. Le proviseur t’a inscrite dans la classe 7-1. Quand il a constaté que tu avais tous les cours de cette classe, il nous a dit que ce serait plus facile pour toi de t’habituer.

    - Oh Émilie, on est si contente pour toi ! Et on sera dans la même classe en plus ! s’exclama Dorémi, folle de joie.

    Émilie, commençant tout juste à réaliser, termina par sauter au cou de ses parents.

    - Merci maman ! Merci papa !

    Émilie était aux anges. Lorsque ses parents repartirent de la boutique, elle n’en revenait toujours pas. Jamais elle n’avait été aussi heureuse que maintenant. Elle était redevenue une apprentie sorcière, elle avait retrouvé Flora et Maggie-Grigri, elle s’occupait de nouveau de la boutique. Mais surtout, elle allait enfin pouvoir retourner dans la même classe que ses amies. Comme dirait Dorémi : « Je suis la petite fille la plus heureuse du monde ! »

    - Et si nous essayions de résoudre ce problème de mathématiques qui vous pose tant de soucis ? demanda mademoiselle Kiki.

    - Oui !

    - Moi aussi je veux faire les devoirs ! s’exclama alors Flora. Grandissez-moi ! Grandissez-moi ! Grandissez-moi !

    Flora avait tellement usé de sa magie afin de retrouver sa taille de fillette de deuze ans qu’elle ne parvenait plus à le faire seul. Ses mamans devaient user de leur magie afin de satisfaire sa demande.

    - Flora, tu ne peux pas faire ces devoirs…

    - Si ! Je peux les faire ! Émilie m’a déjà expliqué toutes vos leçons ! Alors je veux continuer à étudier moi aussi !

    - Flora…

    - Je pense que si Flora a envie d’étudier, nous devrions la laisser faire, s’exclama alors mademoiselle Kiki. Si elle en a réellement l’envie, nous ne devrions pas l’empêcher. Cela ne pourra lui apporter que des avantages.

    - Vous le pensez vraiment ? demandèrent les filles.

    - Oui, je le pense vraiment. Allez-y, faites ce que vous avez à faire.

    Aussitôt, les filles se préparèrent à donner à Flora son apparence de grande fille. Mais avant qu’elles ne commencent, Bibi les arrêta nette :

    - Hey, mais ça va pas ! Vous n’allez quand même pas faire ça ici !

    Elle baissa alors la voix :

    - Vous n’allez quand même pas utiliser votre magie devant mademoiselle Kiki !

    - Ne t’inquiète pas Bibi, expliqua calmement son institutrice. Je suis au courant que toi, ta sœur et ses amies, vous êtes des apprenties sorcières. Et je sais que Flora est une sorcière qui se trouvait dans ma classe l’année dernière.

    Bibi se retourna, stupéfaite :

    - Vous êtes au courant ?

    - Depuis peu oui.

    Bibi laissa alors sa sœur et ses amies enfiler leur costume d’apprentie sorcière pour rendre à Flora sa taille de grande fille.

    - Pirouli piroula et voilà !

    Baguette en main :

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Palali Papone !

    - Cercle magique ! Que Flora retrouve sa taille de grande fille !

    Aussitôt, Flora se mit à grandir jusqu’à atteindre une taille suffisante :

    - Oui ! Merci mamans !

    Ainsi, grâce à l’aide de leurs deux anciennes maîtresses, les quatre amies purent faire leurs devoirs d’école beaucoup plus facilement, et surtout, en comprenant ce qu’elles faisaient.

    Mais, alors qu’elles venaient de terminer leurs exercices, quelque chose d’étrange se produisit sur Flora. Alors qu’en temps normal, Flora était une petite fille qui ne savait pas tenir en place très longtemps, elle était devenue totalement statique. Elle paraissait regarder dans le vide, sans ciller une seule fois des yeux.

    - Oh oh Flora, tu es avec nous ? demanda Dorémi, alors qu’elle venait de lui poser une question sans avoir eu de réponse de sa part.

    Mais elle ne réagissait pas non plus à la voix de Dorémi. Ce qui commença à inquiéter tout le monde.

    - Flora, ça ne va pas ?

    - Flora, qu’est-ce que tu fais ?

    - Flora arrête, tu nous fais peur…

    Paola sauta sur la tête de Flora et passa sa trompe devant son visage, en la balançant de droite à gauche :

    - Flora, tu nous entends ?

    Mais Flora était profondément plongée dans ses pensées. Travailler avec les filles et avec ses anciennes institutrices avaient réveillé chez elle un phénomène pour le moins étrange. Flora avait retrouvé certains souvenirs le jour où elle avait réussi à vaincre sa peur face à mademoiselle Kiki. Elle savait maintenant qu’elle était allée à l’école avec ses mamans durant une année entière et que mademoiselle Kiki avait été son professeur. Seulement, c’était le seul souvenir qui lui était revenu.

    En faisant les devoirs avec les filles, et aidées de mademoiselle Kiki et mademoiselle Coucou, quelque chose l’avait poussé à croire qu’elle avait déjà vécu cela. Oui, elle en était certaine. Flora était belle et bien allée à l’école. Elle avait été dans la classe de Dorémi et Mindy. Mais elle était persuadée qu’elles n’avaient pas été seules dans cette classe. Il y avait eu d’autres élèves, d’autres personnes avec qui elle avait pu parler, avec qui elle avait pu partager des moments inoubliables. Des moments inoubliables que Flora avait pourtant oubliés.

    Elle voyait le premier jour à l’école primaire d’une jeune fille. Elle était entourée de nombreux élèves qu’elle ne connaissait pas, la maîtresse ne voulait pas l’accepter dans la classe car personne ne l’avait prévenu qu’une nouvelle élève allait arriver. On avait fini par l’inscrire dans cette école et elle avait retrouvé deux de ses amies qu’elles connaissaient déjà : Dorémi et Mindy. Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy avaient été dans l’obligation de lui apprendre les bases afin qu’elle puisse suivre les cours de mademoiselle Kiki.

    Dans cet établissement, elle avait pu faire la connaissance de beaucoup de personnes. Elle avait rencontré des camarades exceptionnelles, tous attachant les uns que les autres, avec chacun un caractère différent qui renforçait leur personnalité et qui faisait qu’elle les aimait tel qu’ils étaient.

    Et il y avait ce voyage. Ce voyage qu’elle avait préparé en y mettant toute son énergie, terminant par tomber malade suite à sa fatigue. Un voyage magique, avec l’ensemble des élèves des deux classes du niveau six. Cette jeune fille avait involontairement retrouvé la taille d’une enfant de trois ans aux cours de ce merveilleux voyage. Et Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy avaient tout fait pour la cacher des autres camarades.

    Et il y avait cette cérémonie de fin d’année. Dorémi s’était enfermée dans la boutique de magie. Toute l’école avait fait le déplacement pour venir la chercher. Et cette enfant avait alors sortit une boule de cristal pour faire sortir sa maman de la boutique.

    Sa maman…

    Cette fille… Était-il possible que cette fille…

    - Cette fille… c’était moi, s’exclama alors Flora à haute voix, mettant ses mamans toujours présentes à ses côtés dans l’incompréhension la plus totale.

    Flora tomba à la renverse. Toutes les images qu’elle venait de voir lui revenaient en tête. Mais cette fois, cette jeune fille qu’elle n’avait jamais réussi à distinguer apparaissait plus distinctement que jamais. Cette jeune fille… c’était Flora.

    - Flora ! Flora qu’est-ce qu’il t’arrive ?

    - Flora, répond nous !

    Émilie regarda mademoiselle Coucou, essayant de trouver des réponses au comportement étrange de Flora. Mais, bizarrement, celle-ci ne paraissait pas être inquiète. Au contraire, elle souriait.

    Puis Flora cilla des yeux, et aperçu toutes ses mamans autour d’elle :

    - Je m’en souviens maintenant, s’exclama-t-elle.

    - Tu te souviens de quoi ? demanda Loulou.

    - Je me souviens de tout ce qu’on a fait à l’école. Je me souviens de chaque camarade qui se trouvait dans la classe.

    Flora se releva :

    - Dites les filles, j’ai vraiment vécu tout ça, n’est-ce pas ? Ce n’était pas un rêve ? J’ai vraiment rencontré tous ces élèves à l’école ? Et on est bien partit en voyage scolaire avec l’ensemble des élèves des classes de niveau six ?

    Les filles regardèrent Flora, complètement ahurie. Son comportement était-il dû au faite qu’elle venait de retrouver certains de ses souvenirs oubliés à cause de la malédiction ?

    - Tu as… tu as retrouvé la mémoire ? Tu te souviens vraiment de ça ?

    - Oui, tu as vraiment vécu tout ça Flora.

    - Oh Flora, mais c’est génial !

    - C’est formidable !

    - Ta mémoire te revient !

    - Nous n’avons plus qu’à te raviver tous tes souvenirs et tu seras enfin guérit de la malédiction de l’inconnu !

    - On est si contente pour toi Flora !

    - Est-ce que vous pourriez m’expliquer ce qu’il se passe ? demanda Bibi, aussi surprise que mademoiselle Kiki.

    - La malédiction de l’inconnu avait effacé une grande partie des souvenirs de Flora. Et si nous arrivons à lui raviver tous ses souvenirs oubliés, alors elle sera enfin guérit. Et c’est ce qu’il vient de lui arriver ! lui expliqua Dorémi.

    - Alors… Flora est guérit ?

    - Pas encore, s’exclama mademoiselle Coucou. Mais vous êtes sur la bonne voie.

     

    Épisode 13: La décision d’Émilie

    Épisode 15: Être accepté des autres


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