• Épisode 16 :
    L’enlèvement Loulou

     

    - La star Loulou a été enlevée !

    Clara portait une paire de lunettes toute ronde devant ses yeux noisette. Ses cheveux châtains étaient maintenus de chaque côté en deux couettes par deux chouchou violets. Elle portait une chemise bleu ciel, dont elle avait retroussé les manches, ainsi qu’un pantalon rose foncé et des chaussures violettes et blanches. Elle montra alors la page d’un journal à ses camarades. En gros caractères, ils purent lire le titre suivant : Une jeune idole enlevée sous les yeux de journalistes. Et, juste en dessous, ils ne purent manquer la photographie. Dessus, ils reconnurent effectivement Loulou. Loulou qui était contrainte de monter dans une voiture par la force. Et juste en dessous ce trouvait un article :

     

    Pas plus tard qu’hier après-midi, deux journalistes ont surpris une scène pour le moins dramatique. Alors que la jeune idole Loulou Segawa sortait de l’école dans laquelle elle poursuit ses études, trois individus ont alors arrêté leur voiture aux côtés de notre jeune idole. Surprise par cette apparition si soudaine, Loulou n’aurait alors pas comprit ce qui était en train de se passer et fut forcée d’entrer dans la voiture de ses hommes. La police, qui se charge actuellement de l’enquête, n’a pas souhaité nous donner plus de détail sur cet enlèvement. Néanmoins, aucune demande de rançon n’aurait été demandée à sa famille. Le motif de cet enlèvement reste encore inconnu. Y aurait-il un lien avec la malédiction qui s’abat sur cette école depuis plusieurs années ? Nous espérons tous revoir notre jeune star le plus rapidement possible.

     

    C’était impossible. Loulou avait appelé ses amies juste après sa sortie de l’école pour leur dire qu’elle ne viendrait pas à la boutique à cause d’un rendez-vous très important. Dorémi avait eu Loulou au téléphone à ce moment-là. Ce qui voulait dire que cette photo avait été prise quelques secondes après avoir mis fin à la discussion. Dorémi se sentit soudain très angoisser. Elle regarda ses amies.

    - Je crois que je ne me sens pas très bien, s’exclama Sophie.

    - Aille aille aille ! Moi non plus mais alors pas du tout, s’exclama Mindy.

    - Je crois que l’on devrait aller à l’infirmerie, termina Dorémi.

    Dorémi, Mimi, Sophie et Mindy partirent en courant de l’endroit où elles se trouvaient avec leurs camarades.

    - Hey ! Vous vous êtes trompées de chemin ! L’infirmerie était juste là ! s’écria une de leurs camarades.

    Seulement, les filles n’avaient aucunement l’intention de se rendre à l’infirmerie. Au contraire, elles se cachèrent dans un lieu isolé :

    - Mimi, tu veux bien aller chercher Émilie ?

    - Mimi !

    La petite fée d’Émilie reprit donc son apparence pour s’envoler en direction de la boutique de magie.

    - Qu’est-ce qu’on peut faire ? On ne peut pas laisser Loulou aux mains de ses types sans rien faire ? s’inquiéta Sophie.

    - Non, nous ne leur laisserons pas notre Loulou ! Il n’en est pas question ! Nous devons absolument l’aider ! affirma Dorémi.

    - Oui je suis entièrement d’accord avec vous ! Mais comment allons-nous trouver l’endroit où ces types l’ont emmené alors que même la police l’ignore ? demanda Mindy. Et de quelle malédiction voulait parler la journaliste dans son article ?

    - C’est une très bonne question.

    - Je crois que pour, l’instant, le mieux serait de se rendre à l’endroit où Loulou a disparu.

    - Oui bonne idée. Peut-être que nous trouverons quelque chose en étant sur place.

    - Qu’est-ce qu’il se passe les filles ? demanda Émilie en arrivant par la voie des airs auprès de ses amies.

    Dorémi, Sophie et Mindy lui expliquèrent alors ce qu’elles venaient d’apprendre.

    - Mais c’est horrible ! Nous devons absolument nous rendre sur place pour pouvoir l’aider !

    - Mais comment allons-nous aller jusqu’à là-bas ? demanda Dorémi.

    - Par la magie voyons, s’exclama Sophie.

    Puis, toutes les quatre se regardèrent. Toutes avaient eu la même idée.

    - Si la magie peut nous emmener jusqu’à l’école de Loulou…

    - Alors elle peut aussi nous emmener jusqu’à l’endroit où se trouve Loulou actuellement !

    - Mais oui ! Pourquoi n’y avons-nous pas pensé avant !

    - Dépêchez-vous d’enfiler vos costumes.

    Toutes les trois en même temps, Dorémi, Sophie et Mindy se mirent en tenue d’apprentie sorcière afin de se rendre dans ce lieu mystérieux. Les fées prirent alors l’apparence de leur maîtresse pour prendre leur place durant les cours.

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Paparona Palouta Palali Papone !

    - Transporte-nous de suite à l’endroit où est retenu Loulou !

    Dans une aveuglante lumière, les quatre amies quittèrent l’enceinte de l’école. Et elles finirent par atterrir dans un buisson malheureusement épineux.

    - Aille, ça fait mal !

    - Il va vraiment falloir que l’on s’entraîne à atterrir dans des endroits plus stratégiques.

    - Oui… et moins douloureux… aille !

    - Les filles, vous savez où on est ? demanda alors Émilie.

    Sortant du buisson qui les faisait tant souffrir, elles s’aperçurent alors qu’elles se trouvaient en forêt, peu arboré. Elles commençaient à se demander si leurs sortilèges avaient véritablement fonctionné. Mais quand Mindy se retourna :

    - Les filles, regardez ! Il y a une maison juste là !

    - Vous croyez que Loulou pourrait se trouver ici ?

    - La seule façon de le savoir est d’aller voir.

    Enlevant leur costume d’apprentie sorcière, elles se dirigèrent le plus discrètement possible vers une fenêtre afin de voir ce qu’il se passait à l’intérieur de la structure. Plus elles se rapprochaient et plus elles constatèrent que cette habitation ressemblait à une cabane de jardin construite deux fois plus grande que la normale. Trouvant la fenêtre, elles finirent le chemin à quatre pattes afin de ne pas être repérées. Et une fois parvenu en dessous de la vitre, elles se relevèrent doucement, ne montant pas plus haut qu’au niveau des yeux.

    Et ce qu’elles virent les cloua sur place. Loulou était bien ici. Loulou était bien dans ce cabanon. Mais Loulou avait également les poignets attachés aux accoudoirs de sa chaise.

    - Oh non, Loulou !

    - Mais qu’est-ce qu’on peut faire, mais qu’est-ce qu’on peut faire !

    - On ne peut pas entrer comme ça, je crois qu’on n’a pas le choix, on va devoir utiliser la magie.

    - Mais comment comptes-tu l’utilisé ?

    Toutes réfléchirent. Émilie avait raison. Comment l’utiliser ? Elles ne pouvaient pas utiliser la magie pour changer les sentiments des gens, donc impossible d’ensorceler les preneurs d’otages. Même si elles parvenaient avec la magie à libérer Loulou, celle-ci ne pouvait pas sortir de cette habitation sans que les gars ne s’en aperçoivent. Elles ne pouvaient pas non plus transformer Loulou en quelconque animal pour qu’elle s’échappe par la fenêtre au risque qu’ils découvrent qu’elle use de magie et qu’ils le dévoilent aux médias, si jamais la police parvenait à les arrêter. La solution n’était pas évidente à trouver.

    - Et si on figeait le temps ? demanda Dorémi.

    - Mais oui bien sûr, la voilà la solution ! s’exclama Sophie.

    - De cette manière, on va pouvoir entrer, libérer Loulou et ressortir sans que personne ne nous voie ! s’esclaffa Émilie.

    - Good idea ! lança Mindy. Je me charge de…

    - Rhum rhum.

    Paniquées par cette exclamation soudaine provenant de derrière elles, les quatre amies mirent du temps avant de se retourner. Derrière elle se trouvait un homme, de carrure plutôt imposante, des cheveux coupés courts, un regard menaçant, une main dans le dos.

    - Puis-je savoir ce que quatre adolescentes font dans le coin ?

    - Nous… nous sommes…

    - Nous nous sommes égarées… alors on… on a…

    - On est venue demander de l’aide… mais…

    - De l’aide ? En venant espionner à travers une vitre ? Vous ne seriez pas en train de me raconter des bobards ?

    - Si… non ! Je veux dire… bien sûr que non… bafouilla Dorémi.

    - On voulait voir s’il y avait quelqu’un avant de…

    - Arrêtez. Arrêtez d’inventer des prétextes. Je vous ai entendu parler. Vous aviez l’intention de faire évader la jeune Segawa.

    Sophie s’avança alors, le poing en avant :

    - Libérez tout de suite Loulou ! Je vous préviens, vous ne me faites pas peur ! Alors libérez Loulou immédiatement !

    - Recule. Recule et baisse d’un ton !

    - Pas avant d’avoir…

    - Vous allez me suivre, toutes les quatre.

    - Il n’en est pas question !

    Mais il sortit sa main de derrière son dos. Complètement apeuré, elles découvrirent que l’homme les menaçait avec une arme à feu.

    - Maintenant, vous allez vous tourner et avancer sans faire de geste brusque.

    Tremblantes de peur, les quatre apprenties sorcières n’osèrent pas contrarier ce type. Alors qu’il les menait à l’intérieur de la structure, elles se demandaient ce qui allait bien leur arriver. Allaient-ils vraiment les prendre en otage ? Personne ne savait qu’elles étaient parties de l’école en laissant leur fée prendre leur place pour pouvoir retrouver Loulou.

    En entrant, elles découvrirent Loulou, se déconfisant. Pourquoi ses amies se trouvaient ici ? Comment l’avaient-elles retrouvé ? Mais surtout, elle ne voulait pas qu’il leur arrive le même sort. Car cette histoire n’avait rien à voir avec ses amies.

    - Vous n’aviez pas le droit de vous en prendre à d’autres que moi ! Vous l’aviez dit vous-même ! Mon sort ne dépend que de moi alors laissez les tranquille !

    D’un mouvement de tête, les autres personnes présentes dans cette pièce attrapèrent une des filles avant de les assoir sur une chaise, poignets liés aux accoudoirs.

    - Hey, regardez ça ! Elles ont le même bracelet que la jeune Segawa !

    L’un d’eux se retourna alors vers Loulou :

    - Ce sont tes amies, n’est-ce pas ? En réalité, tu connais ces quatre personnes. Tu les connais, n’est-ce pas ?

    Loulou ne leur répondit pas. Oui elle les connaissait puisqu’elles étaient ses meilleures amies. Mais n’allaient-elles pas les mettre en danger si elle leur avouait la vérité ?

    - Je t’ai posé une question ! Et j’attends une réponse !

    Mais toujours aucune réponse de la part de Loulou. Et la personne qui lui avait posé cette question commençait à vraiment s’énerver. Dorémi, Émilie, Sophie et Mindy l’avaient bien remarqué.

    - Loulou…

    - Loulou, répond s’il te plaît…

    - S’il te plaît Loulou, dit lui la vérité…

    - Loulou s’il te plaît…

    Mais la main de l’homme se leva, prête à frapper, prête à atteindre sa cible qui n’était autre que leur amie Loulou.

    - NOOOOOON ! s’écrièrent-elles toutes en même temps.

    Mais le coup partit. Loulou se trouva violemment giflé, lui laissant une grosse marque rouge sur la joue.

    - Oui, Loulou est notre amie ! Et nous sommes ses amies ! C’est ce que vous vouliez savoir ! Alors fichez lui la paix maintenant !

    Il rejoignit ses trois autres associés.

    - J’ignore qui sont ces filles, mais quand je les ai trouvé, elles parlaient de figer le temps pour faire évader la jeune Segawa plus facilement. On devrait se méfier d’elles…

    - Ce ne sont que des gamines, tu as déjà vu quelqu’un figer le temps ?

    - Peut-être, mais elles ont réussi à retrouver leur amie en à peine vingt-quatre heures !

    - Simple coup de chance. Va patrouiller au lieu de les traiter de sorcières.

    Trois d’entre eux sortirent. Le dernier qui resta dans la structure faisait les cents pas, empêchant les filles de communiquer entre elles. Toutes essayaient de tirer sur leurs liens mais aucune ne parvenait à s’en défaire. Ils étaient bien trop serrés. Combien d’heures s’était-il écoulé depuis qu’elles avaient été surprises derrière cette fenêtre ? Elles n’en savaient rien. Elles n’avaient plus de notion du temps. Tout ce qu’elles savaient, c’était que la nuit commençait à tomber.

    Puis la personne qui se trouvait dans cette pièce alla s’assoir sur une chaise, avant de prendre un casque audio branché à un appareil, certainement un lecteur de musique. Mais cela permit aux cinq amies de parler librement.

    - Loulou, explique-nous, pourquoi est-ce que tu as refusé de répondre à sa question ? demanda Dorémi.

    - Je suis sincèrement désolée les filles… Je ne pensais pas que… que vous viendriez…

    - Loulou…

    - Je ne voulais pas qu’ils vous fassent quoi que ce soit. Et si je n’ai pas répondu à sa question, c’était parce que j’avais peur qu’ils ne vous fassent encore plus de mal. Je suis vraiment désolée les filles.

    Elle se mit alors à pleurer.

    - Non, Loulou, ne pleure pas ! Les seuls responsables sont ses quatre personnes qui nous séquestres et personne d’autre, lui dit Sophie.

    - Raconte-nous, qu’est-ce qu’ils te veulent ? demanda Mindy.

    - Je ne suis pas la première à vivre ce genre de mésaventure dans cette école. Depuis plusieurs années, une sorte de malédiction pèse sur cette école. Des élèves de cet établissement disparaissent. Et quand ils reparaissent, ils abandonnent leur carrière d’idole.

    - Mais pourquoi font-ils ça ? demanda Émilie.

    - C’est ce que ces types aimeraient que je fasse. Les places pour entrer dans le show-biz sont très rares. Si des élèves décident d’abandonné en cour d’année, alors cela fait plus de place pour les autres qui veulent devenir célèbre. Et il y en a qui serait prêt à faire n’importe quoi pour entrer dans ce monde de célébrités.

    - Alors… tu savais que…

    - Oui. Je savais qu’un jour, je risquerais de connaître le même sort que ces personnes qui ont quitté le monde du show-biz. Mais je savais aussi que si jamais cela devait m’arriver, alors je quitterais cette école, et je retournerais vivre à Misora avec vous.

    - Loulou, si tu fais ça, ils vont gagner et tout ce que tu auras enduré ne servira à rien… lui fit remarquer Dorémi.

    - J’ai dit que je quitterais l’école. En revanche, je n’ai pas dit que j’abandonnerais le monde du show-biz. Dans cette ville, je suis constamment harcelée par les médias. Je suis obligée de fermer constamment les volets de chez moi pour pouvoir être au calme. À Misora, je n’avais pas autant de soucis avec les médias. Et à Misora, je ne me suis jamais retrouvé attaché à une chaise simplement parce que certaines personnes aimeraient que j’abandonne ma carrière pour laisser ma place à d’autre.

    - Mais comment comptes-tu continuer dans cette voie sans retourner dans ton école ? demanda Sophie, surprise.

    - Au collège de Misora, ils ont créé une nouvelle option, n’est-ce pas ?

    - Tu veux parler de l’option Acteur et comédien ? se souvint Émilie.

    - En effet. J’ai bien l’intention de prendre cette option.

    - Et tes parents… commença Mindy.

    - Mes parents accepteront. Ils m’avaient déjà proposé de retourner à Misora en découvrant que je m’y rendais tous les week-ends et à force que je me plaigne des médias trop collant. Seulement, il me reste un petit détail à régler.

    - Lequel ? demandèrent les filles, en même temps.

    - Celui de réussir à sortir d’ici, et vivante si possible. Ils ne me relâcheront que lorsque je leur promettrais d’arrêter ma carrière. Seulement, si je fais ça, les médias vont finir par l’apprendre et cette fois-là, elle sera belle et bien terminée. Et si jamais je leur fait cette promesse et qu’ils apprennent que je ne la tiens pas… ils reviendront pour me faire beaucoup plus de mal.

    - On va forcément trouver une solution, s’exclama Dorémi.

    - Oui, Dorémi à raison, ces hommes ne te feront pas plus de mal, on te le promet ! lui affirma Sophie.

    - Merci les filles. Mais si seulement nous pouvions utiliser la magie…

    - Impossible, on ne peut pas bouger les bras, leur fit remarquer Émilie.

    - Si nous étions devenus de vraies sorcières, nous n’aurions plus qu’à claquer des doigts pour nous détacher, lança Mindy.

    - C’est vrai, affirma Loulou. Mais nous avons fait ce choix car nous avons pu nous apercevoir que la magie n’était qu’une aide supplémentaire. Nous pouvons réaliser nos rêves sans l’aide de la magie. Être redevenu des apprenties sorcières est déjà un honneur.

    - C’est vrai, Loulou a raison…

    Au même moment, elles s’aperçurent que le monde qui les entourait avait perdu toute couleur, tout mouvement. Plus rien ne bougeait. L’homme était figé dans une position pour le moins étrange. Les arbres à l’extérieur ne bougeaient plus.

    - Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Dorémi, inquiète.

    Personne ne paraissait comprendre ce qu’il se passait autour d’elles…

     

    Épisode 15: Être accepté des autres

    Épisode 17: La promesse


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