• Épisode 17 :
    La promesse

     

    Les cinq amies n’eurent pas à attendre longtemps avant d’obtenir leur réponse. Car, juste après, Maggie-Grigri et Flora se matérialisèrent sur leur ballet, accompagnées de Lala et des petites fées.

    - Les filles, mais qu’est-ce que vous faites ici ? demanda Maggie-Grigri.

    - Maggie ! Flora ! Les fées ! Comme on est contente de vous voir !

    - Mais qu’est-ce que vous faites attachées à ses chaises ?

    - Maggie, Loulou a été enlevée hier en sortant de l’école. On a voulu l’aider mais on s’est fait repérer.

    D’un claquement de doigt, elle libéra les cinq apprenties sorcières. Mais Loulou ne parvenait pas à se lever. Elle était fatiguée, et à jeun depuis hier.

    - Ne t’inquiète pas, on va t’aider à rentrer chez toi…

    - Non, pas chez moi… il va y avoir pleins de journalistes, s’il vous plaît, emmenez-moi à la boutique…

    - Mais tes parents...

    - S’il vous plaît…

    Après tout, Loulou avait vraiment besoin de reprendre des forces. Et l’emmener devant les caméras n’était pas la meilleure des solutions.

    - D’accord, on va rentrer à la boutique. Et pour ces hommes alors…

    - Ils ont leur photo dans tous les postes de polices de la région, s’exclama Maggie-Grigri.

    - Merci.

    - Allez-y, formez votre cercle magique pour que l’on puisse rentrer à la boutique. Je me charge de Loulou en attendant.

    Jamais Maggie-Grigri n’avait été aussi attendrissante auprès des filles, pas directement en tout cas.

    - Ne vous inquiétez pas, je vais pouvoir le faire avec vous ce cercle magique. J’ai suffisamment de force pour le faire. Après tout, c’est de ma faute si vous êtes ici.

    - Tu en es certaine Loulou ?

    - Mais oui, tout va bien.

    Une fois en tenue et baguette en main :

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Palali Papone !

    - Cercle magique !

    - Hey, moi aussi je veux participer ! Pololin Purolin Flora Florapi !

    - Pour que Loulou puisse se reposer, qu’à la boutique magique nous soyons transportées !

    Toutes disparurent du cabanon, et réapparurent dans la cuisine de la boutique de magie. Mais Loulou ne put tenir plus longtemps sur ses jambes.

    - Loulou !

    - Allez lui chercher de quoi manger dans la boutique, leur demanda Maggie-Grigri.

    - J’y vais ! lança Flora.

    Flora alla dans la boutique. Mais à peine fut-elle sortie de la cuisine qu’elle s’arrêta de courir. Car deux personnes se trouvaient dans la boutique. Cependant, elle ne paniqua pas, ce qui voulait dire qu’elle connaissait ses deux personnes.

    - Mademoiselle Kiki… Mademoiselle Coucou… Qu’est-ce que… Oh oui, Loulou !

    Elle reprit le chemin en direction des petits biscuits et en attrapa une poignée. Elle revint ensuite auprès des filles qui tenaient Loulou éveillée, assise sur le sol.

    - Tient Loulou, mange, ça va te faire du bien.

    Mais elle était incapable de bouger, incapable d’attraper le biscuit que lui tendait Flora.

    - Loulou, il faut que tu manges, c’est important.

    - Tu es beaucoup trop faible Loulou.

    - S’il te plaît, mange.

    Flora approcha le biscuit pour elle, pour qu’elle n’ait plus qu’à le croquer. Et elle finit par le faire. Leurs deux anciennes maîtresses entrèrent dans la cuisine. Elles savaient que Loulou avait été victime d’un enlèvement. Et mademoiselle Coucou savait également que les filles étaient parties de l’école pour la retrouver et qu’elles s’étaient fait prendre. Et elle savait également que Loulou avait été frappée. Mais elles ne s’attendaient pas à retrouver une Loulou aussi affaiblit qu’elle ne l’était en ce moment.

    - Vous devriez faire venir un médecin, histoire de vérifier qu’elle n’a rien et qu’ils ne lui ont rien fait d’autre, s’exclama mademoiselle Kiki.

    - Oui, vous avez raison…

    - Retirez vos costumes et allez l’allonger dans un lit à l’étage. Je me charge du médecin, leur dit Maggie-Grigri.

    Les filles furent très surprises de la réaction de Maggie-Grigri. Avant, elle les laissait se débrouiller seules et les aidait seulement en restant dans l’ombre. Lorsqu’elle se trouvait devant les filles, elle ne parvenait pas à faire autre chose que de crier, en leur demandant de se mettre au travail, d’aller plus vite, d’arrêter de discuter pour éviter qu’elles ne perdent trop de temps. Mais depuis que Sa Majesté avait redonné leur pouvoir aux apprenties sorcières, depuis qu’elle était revenue vivre dans cette boutique avec Flora et Lala, Maggie-Grigri avait totalement changé. Elle se préoccupait davantage de la santé et du bien-être de ses filles. Celles-ci découvraient le vrai visage de leur tutrice.

    Dorémi, Émilie, Sophie et Mindy retirèrent leur costume, et enlevèrent celui de Loulou.

    - Pololin Purolin Flora Florapi ! Pour que Loulou puisse se reposer, que dans mon lit elle soit transportée.

    - Tu sais Flora, tu es une vraie sorcière, tu n’as pas besoin de prononcer de formule, lui rappela Sophie.

    - Je sais, mais je trouve ça tellement rigolo de faire comme vous.

    Loulou s’envola puis atterrit dans le lit de Flora, à l’étage, qui fut rejointe par les autres. Elle s’était endormit. Mais elle avait de la température. Dorémi partit chercher une serviette qu’elle humidifia pour la poser sur le front de son amie. Elle devait être épuisée. Mais elles espéraient qu’elles n’avaient rien d’autre.

    Le médecin arriva la demi-heure suivante.

    - Ne vous inquiétez pas, votre amie n’a rien de bien grave. Ce dont elle a besoin, c’est de repos. Néanmoins, j’ai remarqué une marque sur sa joue. Elle s’est battue récemment ? Ou a-t-elle subit un choc violent ?

    Personne n’osa répondre. Elles ne pouvaient lui révéler qu’il s’agissait de l’idole Loulou Segawa. Tout le monde avait appris qu’elle avait été enlevée. Mais surtout, elle n’était pas censée se trouver à Misora en ce moment. Seulement, la santé de Loulou était en jeu. Elle ne pouvait pas mentir au médecin sur son identité et sur ce qu’elle venait de vivre. C’était beaucoup trop risqué. Elles étaient obligées de lui dire la vérité sur leur amie.

    - Monsieur… notre amie est… cette personne s’appelle Loulou Segawa et…

    Le médecin regarda les filles, surpris :

    - Loulou ? Cette jeune fille est la célèbre Loulou ? Mais je croyais qu’elle… qu’elle avait été enlevée… comment se fait-il qu’elle soit…

    - Loulou a réussi à s’échapper. Et elle a pris l’avion pour venir ici afin de se tenir loin des médias. Alors, s’il vous plaît monsieur, ne révélez à personne qu’elle se trouve ici.

    - D’accord, si vous voulez. Mais quelle est cette marque ?

    - Elle a été frappée par ses agresseurs…

    Il regarda Loulou avant de poursuivre.

    - Dans ce cas, il faut que je fasse des examens supplémentaires afin de nous assurer qu’elle est en bonne santé. Est-ce que sa maman est parmi vous ?

    Maggie Grigri voulut mentir en prétendant l’être. Elle s’était toujours promit de veiller sur les filles et elle s’était toujours promit qu’elle ferait tout pour les aider quoi qu’il arrivait, jusqu’à se faire passer pour leur mère. Mais elle ne connaissait pas intimement la vie de Loulou, pas suffisamment si jamais le médecin poserait des questions. C’était son seul problème.

    - Sa maman n’est malheureusement pas encore arrivée. Mais si vous avez besoin d’aide, il se trouve que je suis son infirmière scolaire, s’exclama mademoiselle Coucou.

    - J’apprécie votre aide, madame. Pourriez-vous nous laisser seuls avec la jeune Loulou ? demanda le médecin aux autres.

    Toutes partirent, laissant le médecin et l’infirmière scolaire de Loulou s’occuper de leur amie. Elles étaient inquiètes. Elles n’avaient passé que les dernières heures en sa présence. Que lui avaient-ils fait ?

    - Les filles, il se fait tard, vous devriez rentrer chez vous, leur dit mademoiselle Kiki.

    Mais elles n’avaient pas l’intention de laisser Loulou seule ici. Voyant leur cartable rapporté par leur fée, elles s’approchèrent et attrapèrent leur petite boule où se trouvaient les petites fées, à l’intérieur. Toutes sortirent.

    - Mais qu’est-ce que c’est que ça ? demanda mademoiselle Kiki, surprise.

    - Ça, ce sont leur petite fée, lui répondit Flora. Moi aussi j’en ai une et elle s’appelle Floflo.

    - Des fées ? Alors… ce sont ces petites choses qui vous remplacent à l’école lorsque vous restez à la boutique veiller sur Flora ?

    Les filles répondirent positivement de la tête.

    - Vous voulez bien nous remplacer de nouveau auprès de nos familles ?

    - Dodo !

    - Mimi !

    - Fifi !

    - Dydy !

    Toutes les fées prirent l’apparence de leur maîtresse.

    - Merci…

    - Lolo ! Lolo ! Lolo !

    - Non Lolo, reste à la boutique avec nous. Nous trouverons une solution pour les parents de Loulou.

    Mademoiselle Kiki se rappela alors de quelque chose. Elle avait déjà entendu ses mots auparavant. Avant même de découvrir la vérité. Avaient-elles déjà utilisé leur fée quand elles étaient à l’école primaire ? Mais, après tout, ce n’était pas très important. Le plus important était la santé de Loulou.

    - Les filles, comment est-ce que vous avez retrouvé votre amie ? Tout le monde ignorait où elle était.

    - La magie nous a emmené à l’endroit où elle se trouvait.

    - Et comment vous avez fait pour la ramener sans que les ravisseurs ne vous voient ?

    Toutes se regardèrent. Car, justement, elles n’avaient pas été suffisamment prudentes.

    - Et bien… ce n’est pas nous qui l’avons aidé. On a été repérée quelques instants après avoir trouvé Loulou. C’est Maggie-Grigri et Flora qui ont figé le temps pour nous sauver. Elles ont même envoyé la photo des ravisseurs aux policiers. Nous leur devons beaucoup…

    Le médecin et mademoiselle Coucou revinrent auprès d’eux.

    - Nous avons réalisé un examen complet. Et rassurez-vous, tout va très bien. Dans quelques jours, elle sera de nouveau en pleine forme. Ses parents arrivent bientôt ?

    - Euh… oui… ils doivent prendre l’avion dans pas longtemps, répondit maladroitement Dorémi.

    - Bien, en attendant, occupez-vous d’elle et surtout pensez à l’hydrater.

    - D’accord, nous le ferons. Merci docteur.

    Le médecin reparti.

    - Mesdemoiselles, vous ne devriez pas partir à chaque fois seule pour résoudre ce genre de situation, leur dit mademoiselle Coucou.

    - Nous sommes désolées…

    - Vous savez où me trouver. Alors pourquoi ne venez-vous jamais m’en parler ? Pourquoi ne venez-vous pas à la boutique en parler à Maggie-Grigri ? Vous êtes encore jeunes pour vivre ce genre de mésaventure.

    - Nous ne voulions pas vous embêter… Vous avez d’autres soucis à gérer dans le monde des sorcières… et comme cela ne relevait pas de la magie…

    - Dorémi, Émilie, Sophie, Mindy. Ce n’est pas parce que la situation ne relève pas de la magie que nous, les sorcières, sommes incapables de vous aider. Vous avez sauvé mon monde, il est normal que nous vous apportions notre aide quand vous en avez besoin. Aujourd’hui, si Maggie-Grigri ne vous avait pas retrouvé avec sa boule de cristal, peut-être que personne ne serait venu à votre secours.

    Les filles ne savaient quoi répondre. Car mademoiselle Coucou avait raison. Si Maggie-Grigri et Flora ne les avaient pas retrouvés, elles seraient restées prisonnières encore de longues journées dans cette cabane.

    - J’aimerais que vous nous promettiez quelques choses, leur demanda mademoiselle Coucou. J’aimerais que vous nous promettiez de parler de vos problèmes à Maggie-Grigri, à mademoiselle Kiki, ou à moi-même, avant de partir seules les résoudre. Promettez-le-nous.

    - Nous vous le promettons mademoiselle.

    - Vous ne partirez plus seules comme vous le faisiez jusqu’à aujourd’hui ?

    - Non, nous ne le ferons plus, lui assura Dorémi.

    Leurs deux anciennes maîtresses finirent par leur adresser un sourire.

    - Nous sommes ravies de vous voir saines et sauves.

    - Nous repasserons demain, leur dit mademoiselle Kiki. Non pas pour vous donner des cours, vous devez vous reposer les week-ends, mais pour prendre des nouvelles de Loulou. Occupez-vous bien d’elle.

    - C’est promis. Merci mademoiselle Kiki. Merci mademoiselle Coucou…

    - Ze sens la présenze de nuaze noir dans le coin, s’exclama soudain Paola, en arrivant sur la tête de Flora.

    - QUOI ! s’écrièrent les filles.

    - Que dis-tu ? s’exclama mademoiselle Coucou.

    - Il y a des nuazes noirs dans cette pièce.

    Au même moment, Dorémi en aperçu un, juste derrière mademoiselle Kiki :

    - Mademoiselle attention !

    Elle s’élança sur son professeur et toutes deux tombèrent sur le sol. Maggie-Grigri le fit alors disparaître mais lorsqu’elle se retourna, son visage se crispa dans une position de peur intense. Des dizaines d’autres petits cumulus apparaissaient petit à petit autour d’eux.

    - Flora avait retrouvé la mémoire grâce à Roxane et aucun nuage n’était apparu. Il fallait bien qu’ils arrivent un jour ou l’autre. Montez à l’étage, Maggie-Grigri va m’aider à les détruire.

    Dorémi, Émilie, Sophie, Mindy, Flora et mademoiselle Kiki rejoignirent Loulou, accompagnée de Paola. Elles savaient que Sa Majesté et Maggie-Grigri parviendraient à détruire les nuages sans problème. Elles n’étaient pas inquiètes. Au contraire, elles étaient heureuses. Heureuses car Loulou allait revenir vivre à Misora. Heureuses car elles allaient pouvoir retrouver leur vie d’avant. Heureuses car elles allaient pouvoir partager leur jeunesse ensemble, avec Flora, Maggie-Grigri et Lala.

    - Vous savez, même si mademoiselle Coucou avait réussi à me convaincre que vous étiez des élèves tout à fait ordinaires, je savais, au fond de moi, que ce n’était pas le cas. À l’époque, je ne m’imaginais pas que vous pouviez utiliser la magie. Mais je savais que vous étiez différentes des autres. Différentes, mais dans le bon sens du terme.

    Mademoiselle Kiki regarda alors à travers la vitre.

    - Je vous connais depuis votre entrée en première année de primaire. Enfin, au moins pour Dorémi et Émilie. Et déjà, à l’époque, vous faisiez en sorte de toujours faire le bien autour de vous. Dès qu’un camarade allait mal, vous étiez là pour l’épauler, là pour lui apporter votre aide, là pour le soutenir. Grâce à vous, grand nombre d’élèves ont retrouvé goût à la vie. Grâce à vous, des élèves comme la petite Capucine Nagato on put revenir à l’école alors que cela lui était impossible jusqu’à maintenant. Je sais aujourd’hui que la magie vous a apporté une aide supplémentaire. Mais je sais également que même sans elle, vous avez accompli des miracles.

    Elle s’approcha ensuite de Loulou :

    - Même si je suis d’accord avec mademoiselle Coucou et que vous n’auriez pas dû partir sans prévenir, vous avez sauvées votre amie. Dès que vous avez appris qu’elle était en danger, vous êtes parties lui apporter votre aide. Vous avez risqué votre propre vie pour sauver celle de Loulou. Et ça, très peu d’adolescents de votre âge en seraient capable. Vous avez également réussi à élever Flora alors que vous n’étiez pas encore âge de dix ans. Et cela malgré tous les risques et les dangers qu’elle encourait, vous êtes devenues de véritables mères.

    Elle finit par regarder ses anciennes élèves. Dorémi, Émilie, Sophie, Mindy et Flora écoutaient mademoiselle Kiki avec attention.

    - Vous avez réussi à garder un secret très lourd à porter pendant plus de quatre années. Vous avez réussi à utiliser la magie à bon échéant sans que personne ne découvre l’existence de vos pouvoirs. Et tout ça, vous êtes les seuls à l’avoir fait. À chaque difficulté rencontrée, vous redoubliez d’effort afin de remédier à ce problème. De toute ma carrière d’enseignante, je n’ai jamais eu des élèves comme vous. Des élèves aussi dévoués à aider les autres. Des élèves aussi gentils et attendrissants. Des élèves remplis de bonnes volontés. Et pour ça, je vous remercie du fond du cœur.

     

    Épisode 16: L'enlèvement de Loulou

    Épisode 18: Le retour de Loulou


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