• Épisode 21 :
    Flora est de nouveau elle-même

     

                Flora dormait depuis maintenant plus d’une semaine. Mais les filles n’étaient pas inquiètes. Car le Docteur Guéritout venait quotidiennement à la boutique examiner la jeune reine. Selon elle, Flora était seulement fatiguée, elle se portait très bien.

    Bibi était passée à la boutique prendre des nouvelles de Flora. Sous ses airs de jeunes filles mature, Bibi restait une jeune élève très attendrissante, surtout envers sa « petite sœur » Flora. Néanmoins, cela ne l’empêchait pas d’avoir un emploi du temps aussi chargé.

    Et le dimanche, en milieu d’après-midi, alors que les filles s’occupaient de la boutique, Flora se réveilla. Paola, qui restait auprès de Flora, cria alors dans la boutique :

    - Dorémi ! Vient vite !

    Les filles montèrent en courant à l’étage, inquiètes. Était-il arrivé quelque chose à Flora ? En arrivant, elles trouvèrent une Flora, sous l’apparence d’une fillette de trois ans et demi, assise dans son lit :

    - Flora !

    - Grandissez-moi ! Vite, grandissez-moi !

    Les cinq apprenties sorcières tombèrent alors à la renverse :

    - Je crois que nous avons retrouvé notre petite Flora.

     

    Maintenant que Flora avait été guérit de la malédiction de l’inconnu, elle pouvait rester sans crainte avec ses mamans lorsque celles-ci tenaient la boutique. Elle pouvait même les aider. Ce qu’elles redoutaient, c’était qu’aucun nuage noir n’était venu menacer la vie de Flora. Bien que la malédiction ait été levée, la forêt ne s’était pas manifestée comme elle le faisait à chaque fois. Et cela, depuis maintenant plus d’une semaine.

    Mais ces pensées furent rapidement chassées de leur esprit. Car elles furent confrontées à un autre problème.

    - Je veux retourner à l’école ! Je veux aller à l’école avec vous ! Laissez-moi aller à l’école avec vous !

    Flora était belle et bien redevenu elle-même. Et ses mamans retrouvèrent la joie de supporter ses différents caprices.

    - Flora, tu ne peux pas venir à l’école avec nous…

    - Si je veux aller à l’école ! Je veux retourner à l’école comme en sixième année !

    - Monsieur Akiota est sans cesse en train de nous surveiller. S’il s’aperçoit que tu es une sorcière, nous ne pourrons plus rien faire Flora.

    - Mais si je vais à l’école, vous n’aurez plus besoin d’envoyer vos fées à votre place. Il ne se doutera plus de rien.

    Ce qui n’était pas faux, les filles le concevaient.

    - Le Maho-dou est l’endroit où tu es le plus en sécurité. Si tu passes tes journées à l’école, tu seras davantage menacée.

    - Mais je suis en sécurité avec vous…

    Flora s’était mise à pleurer, ce qui peina Dorémi et ses amies. Après tout, à cinq, elles devraient s’en sortir, tout en sachant que Sa Majesté n’était pas très loin. Alors elles se tournèrent vers Maggie-Grigri.

    - Je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée. Flora a suivi vos cours grâce à mademoiselle Kiki et de plus, elle a tendance à s’ennuyer dans la boutique. Et je pourrais toujours vous surveiller d’une manière ou d’une autre.

    - Alors, c’est oui ? demanda Flora, très enthousiaste.

    Après l’explication de Maggie-Grigri, les filles finirent par accepter, à la grande joie de Flora :

    - Oui ! Merci !

    - Il va falloir l’inscrire. Mindy, tu veux bien devenir le papa ? Je ferais la maman, proposa Loulou.

    - Pas la peine, s’exclama Maggie-Grigri. Maintenant que j’ai retrouvé ma forme initiale, je vais pouvoir me faire passer pour madame Makihatayama, grand-mère de Flora.

    - Merci Maggie-Grigri !

    Ainsi, Flora fut inscrite au collège de Misora. Et la semaine suivante, elle put se rendre à l’école avec toutes ses mamans. Monsieur Akiota avait beau les surveiller, il ne décelait chez elles plus aucun mystère. Sauf peut-être le fait que chaque nouvelle élève se révélait être très proche de Dorémi et des autres. Tout allait pour le mieux pour les filles. De plus, la fin de la semaine annonça également le début des vacances des fêtes de Noël, ce qui réjouissait tout le monde.

    Même si maintenant, les filles étaient présentes chaque jour à l’école, mademoiselle Kiki n’avait pas cessé de venir chaque soir rendre visite aux apprenties sorcières et les aider à faire leurs devoirs. Mais ce jour-là, elle leur apporta une autre information.

    - Vous savez que la semaine prochaine, ce sera les fêtes de Noël. Pour l’occasion, mademoiselle Coco et moi-même avons décidé d’organiser une journée retrouvaille, où tous les anciens élèves de votre niveau seront conviés.

    Lorsqu'elles étaient en sixième année, leur niveau était divisé en deux classes. Dorémi, Mindy et Flora se trouvaient dans la classe 6-1 avec mademoiselle Kiki. Et Émilie, Sophie et Loulou se trouvaient dans la classe 6-2 avec mademoiselle Coco.

    - C’est une excellente idée mademoiselle !

    - Et… nous aimerions savoir si vous seriez d’accord pour nous confectionner les pâtisseries.

    - Oh oui ! s’exclama alors Flora, sans attendre la réponse des filles.

    - C’est d’accord ! répondirent en cœur les cinq amies.

    La veille de cette fameuse journée retrouvaille, Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy, et même Flora mirent la main à la pâte pour confectionner dix gros gâteaux aussi appétissants les uns que les autres. Bien que Maggie-Grigri ait été ronchonne à cette idée, les filles purent fermer la boutique ce jour-là et purent se rendre dans leur ancienne école primaire.

    L’école n’avait pas changé depuis l’année dernière. Tous se rendirent dans la salle 6-1, ou les filles déposèrent leurs pâtisseries sur les tables placées au centre de la pièce. À leur grande surprise, tous leurs anciens camarades étaient présents, dont Capucine, Catherine, Clara, Daphné, Éléna, François, Frédéric, Guillaume, Hector, Marina, Marjolaine, Naomie, Nathalie, Sarah, Thomas, et de nombreux autres. Même si, pour la plupart, ils se rendaient au collège de Misora, tous appréciaient de retrouver l’ensemble de leurs camarades ainsi que mademoiselle Kiki et mademoiselle Coco.

    La première personne qui sauta au cou de Sophie fut Nathalie, suivit de près par Marjolaine :

    - Sophie ! Ça fait tellement longtemps !

    - Nathalie ! suffoqua Sophie. Ça fait trois jours…

    - C’est super long trois jours ! En trois jours, il a pu se passer pleins de choses ! Moi par exemple, hier, je me promenais tranquillement dans la rue quand j’ai été accosté par…

    - Nathalie, l’interrompit gentiment Sophie, sachant que son histoire était une de ses nouvelle invention…

    Mais elle ne put poursuivre car elles furent rejointes par Éléna, toujours aussi prétentieuse et narcissique qu’elle l’avait été dans le passé.

    - Mais que vois-je ? Le groupe de Dorémi et ses amies au complet ? Dorémi se sentait trop seule dans son collège ? Vous avez toutes été contraintes de changer d’école ?

    - Je ne vois pas en quoi ça te regarde Éléna, lui répondit Émilie.

    - Émilie. Comment as-tu pu abandonner tes études de musique aussi rapidement ? Les cours étaient bien trop compliqués pour toi ? Ou alors… Toi aussi, tu ne supportais plus de te retrouver sans ton groupe d’amies !

    - Laisse Émilie tranquille Éléna ! s’exclama Sophie.

    - L’athlète Sophie qui prend la défense de son amie, comme c’est touchant. Mais sache qu’en tant qu’ancienne présidente du conseil des élèves, il est de mon devoir de me renseigner sur mes camarades. Alors, pourquoi es-tu revenu à Misora ? Tes parents ont de nouveau divorcé ?

    - Tu n’as pas le droit de dire des choses pareilles, Éléna ! lança Loulou.

    - Et notre grande idole Loulou, l’idole des enfants qui abandonne sa prestigieuse école pour étudier dans un pitoyable collège de quartier. Ton enlèvement n’était qu’un coup monté n’est-ce pas ? C’était simplement pour te donner un prétexte pour revenir à Misora…

    Les filles étaient tellement choquées par les propos d’Éléna qu’elles ne purent répondre. Seulement, Flora, qui bouillonnait depuis l’arrivée de son ancienne camarade, se mit à crier, retenue de force par ses mamans pour ne pas qu’elle emploi la force sur Éléna :

    - Tu es méchante ! Tu n’as pas le droit de dire ça ! Elles ont fait tout ça pour moi ! Et Loulou a vraiment été enlevée ! Même que ce sont mes mamans qui l’ont sauvé…

    Les cinq filles mirent leur main sur la bouche de Flora pour l’empêcher de continuer à révéler la vérité.

    - Tes mamans ? questionna Éléna.

    Mademoiselle Kiki arriva à ce moment-là, suite aux cris de Flora :

    - Mais que ce passe-t-il ici ?

    Mais aucunes des filles ne lui répondit.

    - Éléna a été vulgaire envers Dorémi et ses amies, mademoiselle, récita alors Daphné. Elle a osé dire que les filles avaient abandonné leur orientation parce qu’elles ne supportaient plus d’être seule, que les parents de Sophie avaient dû de nouveau divorcé pour qu’elle revienne à Misora et que l’enlèvement de Loulou n’était qu’un coup monté.

    Daphné était une jeune camarade passionnée depuis toujours par le catch. Elle avait des cheveux lisses et châtain, lui arrivant au niveau des épaules, et des yeux marron. Elle portait un T-shirt à manches courtes vert d'eau, avec des revers et un col blancs. Elle avait également une jupe courte violette, de hautes chaussettes blanches et de bas souliers noirs.

    Mademoiselle Kiki, qui, de son côté, connaissait la vérité, se tourna vers Éléna :

    - Comment as-tu pu prospérer de telles accusations Éléna ! Cette journée était censée être l’occasion pour tous vous retrouver et non pour insulter ses anciens camarades !

    - Je suis désolée mademoiselle…

    - Je te préviens Éléna, recommence une seule fois et tu seras contrainte de partir définitivement de l’enceinte de cette école !

    - Ça ne se reproduira pas.

    - Je l’espère bien ! Les filles, et si nous commencions à goûter vos pâtisseries ? s’adressa mademoiselle Kiki à Dorémi et ses amies ?

    - D’accord, on arrive.

    Les filles partirent donc dans une autre salle, loin des regards indiscrets. Activant leur console bijoux, elles enfilèrent leur costume de pâtissière.

    - Eh, moi aussi je veux le même que vous ! s’exclama Flora.

    Elle en sortie alors sa boule de cristal. Flora n’avait pas besoin de prendre sa boule de cristal en main, ni même de prononcer de formule, pour faire de la magie. Mais elle aimait faire la même chose que ses mamans.

    - Pololin Purolin Flora Florapi ! Pour une fête réussie, donne-moi le même tablier que mes amies !

    Aussitôt, Flora enfila le même tablier que Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy.  Et toutes ensembles, elles retournèrent dans la salle 6-1 servir leurs différents gâteaux. La journée fut merveilleuse, pour tous. Sauf peut-être pour Éléna, qui, suite à ses réflexions, était restée seule, dans son coin, toute la journée. Mindy, même si elle n’avait pas apprécié les remarques faites à ses amies, termina par la rejoindre. Car, en ce jour si particulier, tout le monde devait en profiter et repartir de cette école avec de bons souvenirs, même les camarades les plus « pénibles ».

    Dur fut la séparation pour certains d’entre eux. Aucun d’eux n’avait l’intention de partir de l’école. Néanmoins, il commençait à se faire tard. Et ils furent donc contraints de se dire au revoir. Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora retournèrent à la boutique pour y laisser Flora, sous la surveillance de Mindy.

     

    Les cinq apprenties sorcières se sont rapidement aperçu que les pouvoirs de la jeune Flora ne cessaient d’augmenter depuis que la malédiction de l’inconnu avait été levée. Maintenant, elle parvenait à garder sa taille de fillette de douze ans constamment, sauf peut-être les nuits de nouvelles lunes, et cela, sans l’aide de ses mamans. La vie avait repris son cour normalement.

    - On est les petites filles les plus heureuses du monde !

    Les fêtes de fin d’année arrivèrent. Les filles, pour ne pas laisser Flora, Maggie-Grigri et Lala seules à la boutique, parvinrent à convaincre leurs parents de venir passer les fêtes à la boutique. Flora en était enchantée, notamment par le fait que Bibi était présente.

    - Ce sont les plus belles fêtes que je n’ai jamais passé ! s’était alors exclamé Flora.

    Mais toutes les bonnes choses avaient une fin. Car les six amies reprirent, trop rapidement selon elles, le chemin de l’école. Toutes avaient toujours aimé se rendre à l’école, même Dorémi bien qu’elle n’était pas très douée. Mais cette année était différente. Les choses sérieuses se mettaient en place, le travail était plus compliqué, et plus personne ne vivait un monde féerique comme à l’école primaire, où leurs camarades inventaient des histoires aussi irréelles les unes que les autres. Néanmoins, elles appréciaient beaucoup les visites quotidiennes de mademoiselle Kiki.

    En milieu de semaine, une de leur camarade de classe ne se sentait pas très bien. Leur professeur désigna Sophie et celle-ci emmena sa camarade à l’infirmerie, pour qu’elle puisse se reposer. Mais lorsqu’elles poussèrent la porte de l’infirmerie, elles ne trouvèrent pas mademoiselle Coucou. Pire, des feuilles de papiers jonchaient le sol, et sa chaise était renversée sur le sol. Sophie emmena alors sa camarade vers un autre représentant, qui pris en charge la jeune fille.

    Néanmoins, Sophie était inquiète. Mademoiselle Coucou devait se trouver à l’infirmerie à cette heure-là. Et pourquoi sa chaise était-elle renversée ? Pourquoi des feuilles de papiers se trouvaient-elles sur le sol ? Revenue en classe, elle fit part de ses inquiétudes à ses amies.

    - Vous pensez qu’il lui serait arrivé quelque chose ?

    - Ou alors, elle est partie précipitamment.

    - Oui, mais pourquoi ?

    - Mesdemoiselles ! cria alors leur professeur de japonais. Si mon cours ne vous intéresse pas, la porte est grande ouverte !

    - Nous sommes désolées, monsieur.

    À la fin de leur cours de japonais, toutes les six se rendirent à l’infirmerie. Mais rien n’avait bougé, et mademoiselle Coucou était toujours absente.

    - Vous croyez qu’il y a un problème dans le monde des sorcières ?

    - Ce serait pour cette raison que mademoiselle Coucou serait partit précipitamment alors ?

    - En espérant que rien ne lui est arrivé…

     

    Épisode 20: Retour dans le monde des sorcières

    Épisode 22: Qu'est-il arrivé à Sa Majesté?


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique