• Épisode 27 :
    Apprenties sorcières pour la vie

     

                Elles étaient toutes de retour au château royal. Et en arrivant, ce fut Flora qui eut une grande surprise :

    - Flora !

    - Paola !

    - Ze t’ai cherché partout mais ze n’ai pas réussi à te retrouver…

    - J’étais dans la forêt des sorts…

    - Dans la forêt des sorts ! Oh zut alors, z’ai pas pensé à aller chercher là-bas…

    Sa Majesté arriva alors vers les filles. Elle était fatiguée, mais paraissait néanmoins en bonne santé.

    - Mesdemoiselles, je ne sais pas comment vous remercier pour tout ce que vous avez fait. Je vous ai fait courir de très grands risques et vous avez réussi à vous en sortir tout en sauvant le monde des sorcières.

    - Votre Majesté, s’exclama Dorémi, nous n’aurions jamais réussi sans votre aide. Et si Bibi ne m’avait pas désobéi, alors elle ne serait jamais allée chercher Sa Majesté l’ancienne reine et jamais nous n’aurions pu sortir de la forêt.

    - J’en suis consciente. Grâce à vous cinq, la malédiction de Flora a pu être levée. Et grâce à Bibi, nous avons pu conjurer les sorts de Léonie. De toute ma vie, je n’ai jamais rencontré de petites humaines aussi dévouées que vous. Je n’ai jamais rencontré de petites humaines aussi attendrissantes que vous. Vous avez aidé grands nombres de sorcières, de sorciers, et de créatures du monde magique. Et cela, sans jamais attendre quoique ce soit en retour. Vous avez même réussi à faire ressentir des sentiments humains à des sorcières, parce que vous êtes tout simplement d’une très grande gentillesse, et de très bon cœur. Alors, j’aimerais vous reposer la même question que l’année dernière. Souhaitez-vous devenir des sorcières ?

    Les six filles avaient été très bouleversées après avoir donné leur réponse négative l’année dernière. Leur séparation avait été très difficile. Le jour où elles avaient retrouvé leur pouvoir, et qu’elles pouvaient de nouveau se voir à la boutique, leur joie était revenue.

    Néanmoins, elles n’avaient pas changé d’avis. Vivre plus de mille ans était bien trop long. Elles devraient abandonner leur famille, leurs amis. Ou bien, elles verraient leurs enfants et petits-enfants partirent avant elles. Non, ce n’étaient pas ce qu’elles souhaitaient.

    - Votre Majesté… nous avions pris notre décision l’année dernière et… et malgré la joie que nous procure ce monde, nous n’avons pas changé d’avis. Pour les mêmes raisons, nous décidons de refuser de devenir de véritables sorcières.

    - Je connaissais votre réponse avant même de vous la poser. Je voulais simplement m’en assurer. Néanmoins, j’aimerais vous proposer une autre solution.

    Les filles regardèrent alors Sa Majesté avec un regard interrogateur.

    - Après tout ce que vous avez fait pour notre monde, j’ai décidé de modifier légèrement nos lois, avec l’accord des membres du Cénacle.

    - Votre Majesté, vous ne pouvez pas modifier vos lois… s’inquiéta Sophie.

    - Pour vous, je le peux. Et je l’ai fait s’en aucune hésitation. L’année dernière, je ne pouvais vous laisser votre grade d’apprentie sorcière. Car nos lois exigent qu’une apprentie sorcière ayant réussi ses examens doit devenir sorcière ou abandonner le monde de la magie. Elle ne peut rester une apprentie, sauf raison valable. Lors de votre seconde année dans l’univers de la magie, votre raison valable était que vous éleviez la petite Flora. Durant votre troisième année, nous avions pu vous rendre votre statue d’apprentie sorcière en vous faisant passer des examens de pâtisseries. Et au cour de l’année dernière, vous deviez aider Flora à réussir tous ses examens. Mais, par la suite, nous n’avions plus de raison valable pour vous laisser votre statue d’apprentie sorcière.

    - Mais alors, s’exclama Émilie, qu’avez-vous modifiée dans cette loi ?

    - Aujourd’hui, cette loi a été modifié spécialement pour vous six, et ne s’appliquera qu’à vous six. À partir d’aujourd’hui, vous pourrez rester des apprenties sorcières aussi longtemps que vous le souhaiterez. De cette manière, vous garderez vos pouvoirs magiques et vous pourrez venir dans le monde des sorcières tout en restant humaines.

    - C’est vrai ! s’exclamèrent les six amies, larmes aux yeux.

    - Oui, bien sûr. Le Cénacle au complet était d’accord pour modifier cette loi en votre faveur. Maintenant que Flora vous a rendu vos boules de cristal, nous allons pouvoir les intégrer à vos baguettes magiques. Sortez-les et ouvrez-les.

    Les filles, après avoir récupéré leur console magique, attrapèrent leur baguette, et tirèrent sur chaque extrémité, comme pour lancer un sort.

    - Et maintenant, placer votre boule de cristal à l’intérieur. La boule lumineuse disparaîtra, laissant place à votre boule de cristal.

    Les filles s’exécutèrent. Elles ouvrirent leur baguette magique, et placèrent leur petite boule de cristal au centre. Leur boule de cristal se mit alors à tourner, et illumina la baguette.

    - Dorénavant, vous pourrez utiliser les pouvoirs de vos boules de cristal sans devenir de véritables sorcières, grâce à vos baguettes magiques. Néanmoins, j’ai bien peur que vos pouvoirs ne vous soient d’un grand secours pour justifier votre absence à monsieur Akiota…

    Les filles affichèrent alors un air de totale stupeur. Elles avaient complètement oublié ce petit détail ! Elles avaient loupé plus d’une semaine d’école ! Comment justifier une absence aussi longue ? Tout en sachant que leurs parents ne savaient pas où elles se trouvaient… Bibi se souvint alors de l’excuse qu’elle avait trouvé.

    - Ne vous inquiétez pas. J’ai fait croire à tout le monde que Flora était tombée gravement malade, leur expliqua alors Bibi, et que vous étiez toutes parties avec Maggie-Grigri pour l’emmener chez un médecin spécialisé.

    - Un médecin spécialisé !

    Les filles tombèrent à genou sur le sol :

    - Qu’est-ce qu’il y a ? demanda alors Bibi. Ce n’était pas une bonne idée ?

    - J’ai bien peur que cette fois les filles, nous soyons renvoyées toutes les six de l’établissement…

    Sa Majesté se mit alors à rire.

    - Ne soyez pas si déprimées mesdemoiselles. Je vais pouvoir retirer ce que j’ai dit précédemment. Avec un peu de magie, vous pourrez vous procurer tous les documents nécessaires.

    Les filles relevèrent alors la tête.

    - Les documents nécessaires ?

    - Il se trouve que mademoiselle Coucou est absente de l’établissement depuis plus longtemps que vous. Croyez-moi, je vais devoir moi-aussi trouver une idée pour justifier mon départ précipité de l’école. Et je suis certaine qu’à nous toutes, nous parviendrons à trouver une excellente excuse avec l’idée de Bibi. Alors, procurez-vous le certificat médical de ce médecin spécialisé, et laissez-moi m’occuper du reste.

    - Mais… Votre Majesté… nous ne connaissons pas de médecin spécialisé… et encore moins de grave maladie que Flora aurait pu attraper…

    - Pour cela, je laisse libre cour à votre imagination. Je suis certaine que vous finirez par trouver avant demain.

    - Oui…

    Puis Dorémi se tourna vers la sorcière Tourbillon :

    - Majesté, merci infiniment d’avoir permis à ma sœur d’entrée dans le monde des sorcières, et de nous avoir aidé à sortir de la forêt des sorts. Nous n’y serions jamais arrivées sans votre aide.

    - C’est grâce à vous si j’ai pu sortir de mon sommeil, ne l’oublie pas Dorémi.

    - Et Baba, merci à toi d’avoir aidée Fafa à trouver le bon chemin qui lui a permis de retrouver nos petites fées.

    - Bah, vous avez aidé Sa Majesté alors, il fallait bien que je vous donne un petit coup de main. Et puis, je vous ai côtoyé pendant une année entière. Et je dois bien avouer que je me suis attachée à vous.

    - Merci Baba…

     

    De retour à la boutique, Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy, Flora, Bibi, Maggie-Grigri, Lala, Sa Majesté, Camille et toutes les petites fées trouvèrent alors mademoiselle Kiki, visiblement endormit, assise sur une chaise. Elles regardèrent alors l’heure qu’il était. Il était plus de quatre heures du matin.

    - Ça fait un peu tard pour rentrer chez nous… s’exclama alors Dorémi.

    - Oui ! Ça veut dire que vous dormez toutes à la boutique alors ! cria Flora.

    - Chut ! Flora, tu vas réveiller mademoiselle Kiki !

    Trop tard. Leur ancienne institutrice se mit à bouger, et sortit de son sommeil.

    - Les filles… mais qu’est-ce que… Vous êtes revenues ! Bibi, je t’avais demandé de me tenir informé…

    - Je suis désolée mademoiselle, répondit la jeune Bibi. Mais, avec tous ces événements, j’ai complètement oublié…

    - Le principal, c’est que vous soyez toutes saines et sauves. Je suis ravie de vous revoir enfin parmi nous. Vous m’avez fait très peur. Il est de même pour vous mademoiselle… oh pardon excusez-moi… pour vous Votre Majesté.

    - Mademoiselle, s’exclama Dorémi. Merci d’avoir pris soin de ma petite sœur pendant notre absence.

    - Je n’ai rien fais de spécial ma petite Dorémi… Oh, avant que j’oublie ! Ta maman est passée à la boutique ce soir Dorémi. Elle cherchait Bibi. Je lui ai dit qu’elle s’était endormie à l’étage et que je restais ici pour veiller sur elle. Néanmoins… elle a reçu un appel du directeur de votre école. Il veut vous voir dès votre retour en classe…

    - Allez, ne soyez pas si triste, je suis sûre que ça va très bien se passer ! s’exclama Flora.

    - Je ne serais pas aussi optimiste si j’étais toi…

    - Comme dit souvent Mindy : « un peu d’optimiste, ça n’a jamais fait de mal à personne », poursuivit Flora.

    - Oui… tu as sans doute raison…

    - C’est moi qui fais apparaître vos lits !

    Elle sortit alors sa boule de cristal.

    - Tu sais Flora, en tant que sorcière, tu n’as plus besoin de prendre ta boule de cristal en main, et encore moins de prononcer ta formule, lui expliqua Sa Majesté. Tu n’as plus qu’à claquer des doigts, c’est tout ce que tu as à faire.

    - Je sais Votre Majesté. Mais j’aime bien faire comme mes mamans. Pololin Purolin Flora Florapi ! Fait apparaître de quoi faire dormir tout le monde !

    Plusieurs lits de camp apparurent alors dans la boutique.

    - Vous restez avec nous Votre Majesté ? demanda alors Flora, débordante d’énergies malgré l’heure tardive ?

    - C’est très gentil à toi Flora, mais je vais devoir retourner dans le monde des sorcières.

    - Oh… Et toi Camille, tu restes avec nous ?

    - Je dois également retourner dans le monde des sorcières Flora.

    - Zut alors… et vous mademoiselle ? Vous restez à la boutique ?

    - C’est gentil Flora mais je dois rentrer chez moi.

    - Pour la nuit en collectif, c’est raté… mais vous, vous restez, n’est-ce pas ? demanda alors Flora à ses mamans.

    - Mais oui, bien sûr qu’on reste !

     

    Le lendemain matin, le réveil fut très dur pour toutes. Couchées à quatre heures, levées à sept heures trente, la nuit fut très courte.

    - Il va falloir trouver un nom pour notre médecin imaginaire… s’exclama Sophie.

    - Oui, et pour la maladie imaginaire de Flora également… poursuivit Émilie.

    - Moi, je propose le Docteur Guéritout ! s’exclama Flora.

    - Flora, le Docteur Guéritout ne vit pas dans le monde des humains… lui répondit Dorémi.

    - Et alors, c’est pas grave ! Et puis, de cette manière, monsieur Akiota ne pourra pas aller vérifier si nous étions bien dans son cabinet comme elle ne vit pas dans ce monde !

    - Je crois que de ce point de vue-là, elle n’a pas tort, s’exclama Loulou.

    - Et puis, comme ça, on pourra facilement retenir son nom, enchaîna Mindy.

    - Bon d’accord, le Docteur Guéritout sera notre médecin imaginaire alors, conclut Dorémi. Et pour la maladie ?

    - Et si nous partions sur la malédiction qui avait touché Flora ? proposa Émilie.

    - Tu veux parler de la malédiction de l’inconnu ? demanda Sophie. Mais monsieur Akiota ne nous croira jamais si nous lui disons que Flora avait peur des autres…

    - Tu as raison… Alors… dans ce cas… Et si nous partions sur la malédiction des légumes ? On pourra lui dire que Flora ne parvenait plus du tout à manger et qu’elle a fini par tomber gravement malade suite à ça. Il lui aura fallu une semaine pour s’en remettre.

    - Oui, Émilie à raison, ça pourrait marcher ! s’exclama Mindy.

    - Et cela justifierait notre semaine d’absence ! poursuivit Loulou.

    - Très bien, la malédiction des légumes sera notre maladie imaginaire, conclut Dorémi. Reste à créer notre certificat médical.

    Frappant sur leur bracelet, les cinq amies enfilèrent leur costume d’apprenties sorcières.

    - Pirouli Piroula et voilà !

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Papali Papone !

    - Cercle magique ! Donne-nous le certificat médical qui nous permettra de justifier notre absence à l’école !

    Et leur papier apparut. Dessus se trouvait beaucoup d’inscriptions, notamment le texte suivant :

     

    Je soussignée : Docteur Guéritout, médecin spécialisé pour les maladies rares,

    certifie avoir pris en charge : mademoiselle Flora Makihatayama,

    née le : 25 mars,

    du 2 février au 10 février,

    après avoir constatée les troubles suivants : atteinte de la malédiction des légumes empêchant mademoiselle Flora Makihatayama de se nourrir convenablement, là rendant extrêmement faible et mourante.

    Je certifie également avoir laissée mesdemoiselles Dorémi Harukaze, Émilie Fujiwara, Sophie Senoo, Loulou Segawa et Mindy Asuka, aux côtés de leur amie Flora Makihatayama, suite à leur grande anxiété face à l’état de santé de mademoiselle Flora Makihatayama.

    Certificat établi à la demande de l’intéressé pour servir et valoir ce que de droit.

     

    - J’espère qu’il nous croira… s’exclama alors Dorémi.

    - On ne peut pas savoir tant qu’on n’a pas essayé, lui répondit Loulou.

    - Oui, elle a raison, enchaîna Mindy.

    - On devrait y aller, si nous ne voulons pas arriver en retard, fit remarquer Sophie.

    - Oui mais… il nous manque quelque chose, constata Émilie.

    Toutes se retournèrent vers Émilie.

    - Et quoi ?

    - Et bien, ça risque d’être compliqué de suivre les cours si nous n’avons pas nos affaires…

    En effet, les filles constatèrent rapidement qu’elles s’apprêtaient à partir à l’école sans leur cartable.

    - Laissez ! Je m’en occupe ! s’écria Bibi.

    Ravie de pratiquer la magie, elle enfila son costume.

    - Pirouli piroula et voilà !

    - Euh… Bibi… nos sacs sont…

    - Pépito Purito Pépéruto ! Apporte leur sac de cours à mes amies !

    - … dans la boutique…

    Les six cartables des filles arrivèrent alors auprès de leur propriétaire, sortant de la chambre de Flora.

    - Oh ben zut alors… je pensais qu’ils étaient chez vous…

     

    Épisode 26: Adieu forêt des sorts

    Épisode 28: La justification


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