• Épisode 3 :
    La réouverture de la boutique

     

                Dorémi avait enfin réussi à retrouver la joie de vivre. Durant les six mois qui venaient de s’écouler, elle avait souvent croisé son ancienne infirmière scolaire : mademoiselle Coucou. Peut-être même un peu trop souvent en y réfléchissant bien. Mais elle n’avait jamais eu le courage d’aller lui parler. Pire, celle-ci avait déjà tenté de communiquer avec Dorémi mais elle partait en courant à chaque fois. Alors qu’elle était encore en primaire, elle n’avait jamais hésité à se confier à mademoiselle Coucou. Mais en découvrant qu’elle était en réalité la reine du monde des sorcières, Dorémi n’avait plus osé se confier. Se retrouver en sa présence la faisait souffrir, lui faisait rappeler tous ces merveilleux souvenirs.

    Mais aujourd’hui, une autre raison la poussait à ne plus se confier. Elle n’avait tout simplement plus rien à dire. Elle était redevenue une apprentie sorcière. Son rêve redevait réalité. Plus rien ne la rendait malheureuse.

    Elle arriva très rapidement chez elle.

    - Je suis rentrée ! cria-t-elle.

    - Dépêche-toi d’aller prendre ta douche, le repas sera bientôt prêt, lui répondit sa maman. Je vous ai acheté du steak pour ce soir.

    - Du steak ! Décidément, aujourd’hui est le plus beau jour de ma vie, se chuchota-t-elle.

    Elle chercha alors sa sœur, sans la trouver.

    - Maman, où est Bibi ?

    - Elle est dans sa chambre. Elle n’a pas l’air d’être très en forme depuis quelques temps. Elle commence sérieusement à m’inquiéter.

    - Ne t’inquiète pas, je suis sûre que je vais réussir à lui remonter le moral.

    Dorémi sourit à sa mère en lui adressant un clin d’œil. Haruka Harukaze était une charmante femme aux cheveux bruns, légèrement rosés et frisés, qu’elle portait plus haut que les épaules. Elle était vêtue d’une chemise rose saumon dont les manches retroussées jusqu’au niveau du coude apparaissaient blanches. Elle portait un long legging gris noir ainsi que des ballerines roses foncées. Dorémi monta alors à l’étage. Arrivée devant la porte de sa sœur, elle frappa délicatement.

    - Bibi ? Bibi je peux entrer ?

    Elle n’entendit pas de réponse. Mais elle décida d’entrer quand même. Elle trouva sa sœur plongée dans le noir, allongée sur le ventre, dans son lit, la tête dans ses bras :

    - Bibi…

    - Fiche-moi la paix.

    Dorémi ferma la porte, et la verrouilla pour être certaine de ne pas être dérangée. Puis elle activa sa console et enfila son costume d’apprentie sorcière. En entendant la musique de la transformation, mais surtout en apercevant la lumière, Bibi se redressa et regarda sa sœur, les yeux émerveillés.

    - Dorémi… ce n’est pas vrai… tu es redevenu une…

    Dorémi sauta alors sur sa sœur, plaquant ses mains sur sa bouche pour l’empêcher de crier la suite de la phrase.

    - Bibi ne crie pas comme ça ! Maman est…

    - Les filles, qu’est-ce qu’il se passe ? cria leur mère du rez-de-chaussée.

    - Rien maman, tout va bien !

    Dorémi lâcha alors sa sœur.

    - Sa Majesté est passée à la boutique. Elle a fait revenir nos amies et nous a demandé de nous occuper de Flora et de reprendre la boutique. Et pour se faire, elle nous a rendu notre statue d’apprentie sorcière.

    Elle sortit alors de sa poche la console de sa sœur.

    - Et elle m’a demandé de te remettre ta nouvelle console.

    - Je n’y crois pas ! Je vais redevenir une apprentie sorcière ! Et je vais avoir le même costume que vous ! Merci Dorémi !

    Bibi sauta de son lit pour atterrir au cou de sa sœur. Maintenant âgée de neuf ans depuis peu, cette dernière ressemblait un peu à son aînée. Ses cheveux roses, qu’elle portait légèrement plus haut que les épaules, paraissent un peu ébouriffés, formant deux gros chignons de chaque côté de la tête. Ses yeux étaient également roses, tirant légèrement sur le rouge. Elle portait un T-shirt rouge avec des manches courtes de couleurs bleues ainsi que deux ficelles nouées en un nœud papillon au niveau du cou. Elle portait également une jupe à carreau d’un rouge plus foncé que son haut. Elle était chaussée de baskets bleues claires et blanches, et de chaussettes roses qui dépassaient de ses chaussures.

    Bibi prit sa console et n’attendit pas une minute de plus pour enfiler sa tenue. Son costume était semblable à celui de sa sœur, la seule différence qui apparaissait était que la couleur rose présent sur la tenue de cette dernière se retrouvait maintenant rouge sur celle de Bibi.

    - Pirouli piroula et voilà !

    Elle sortit ensuite sa baguette magique :

    - Pépito Purito Pépérouto ! Aller petit verre de lait, retourne dans la cuisine !

    Le verre de lait, posé sur sa petite table à côté de son lit, s’envola, puis disparu.

    - Je suis si heureuse ! Oh Dorémi, on peut aller à la boutique ? S’il te plaît, j’ai tellement hâte de revoir Flora et les autres ! S'il te plaît !

    - Pas ce soir Bibi, il est tard et maman va se douter de quelque chose. Mais demain, nous serons samedi, tu pourras y passer toute la journée. Et au faite, j’ai amené quelqu’un avec moi. Fafa ?

    Fafa apparut devant Bibi. Celle-ci ne put alors retenir ses larmes. Dorémi elle-même faillit pleurer en voyant sa petite sœur aussi heureuse.

    - Dorémi ! Bibi ! Descendez dîner ! cria leur mère.

    - Oui maman, on arrive !

    Les deux filles retirèrent leur costume d’apprentie sorcière et descendirent manger avec leurs parents.

     

    Le lendemain, Dorémi et Bibi ne s’étaient jamais levées aussi tôt pour un samedi matin. Elles étaient tellement pressées de retourner à la boutique ! En arrivant, Émilie était déjà là, en tenue de pâtissière, préparant un délicieux petit déjeuné à Flora. Leur costume de pâtissière se composait d’une robe entièrement blanche, à manches courtes comportant un petit revers chacune, de couleur orange pour Émilie, leur arrivant plus haut encore que les genoux. Elle portait également un long tablier rectangulaire blanc, avec un contour orange, ainsi qu’un petit foulard autour du coup de cette même couleur qui caractérise Émilie. Elle était également chaussée de bottes blanches et oranges sur le bas des chaussures. Elle portait aussi un casque avec un micro afin de pouvoir, notamment, communiquer avec ses amies lorsqu’elles ne se trouvent pas dans la même pièce.

    - Émilie coucou !

    - Ah, Dorémi ! Bibi ! Vous êtes bien matinales.

    - Toi aussi à ce que je vois. Les filles n’ont pas encore réussi à venir ?

    - Non pas encore, mais il est encore tôt.

    - Mais Dorémi, s’exclama Bibi. Sophie, Loulou et Mindy sont parties vivre dans un autre pays…

    - Elles viendront à la boutique grâce à la magie.

    - Mais qu’est-ce que vous faîtes encore à ne rien faire ! cria Maggie-Grigri en arrivant dans la pièce. Je vous signale que la boutique est censée ouvrir demain et vous n’avez encore réalisées aucune confiserie !

    Les trois filles tombèrent à la renverse.

    - S’il y a bien un truc qui ne me manquait pas, c’était bien ça, chuchota Dorémi.

    - Oui, c’est bon, on va s’y mettre, lui répondirent Émilie et Dorémi.

    - Mais maintenant que tu as retrouvé ta forme normale, tu n’as plus d’excuses pour ne pas nous aider Maggie-Grigri, fit remarquer Émilie.

    - Je m’occuperais des bonbons exactement comme avant !

    Elle repartie de la pièce.

    - Elle pourrait au moins nous donner un coup de main, c’est sa boutique quand même, ronchonna Dorémi.

    - On ne la changera jamais. Bibi, tu voudrais bien t’occuper de Flora ? demanda Émilie.

    - Oh oui !

    - Mais rappelle-toi qu’elle a repris son apparence de petite fille mais qu’elle a gardé tout ce qu’elle a appris en allant à l’école l’année dernière.

    - Oui d’accord ! Je vais bien m’occuper de Flora, vous pouvez compter sur moi !

    Les deux filles prirent donc la direction de la cuisine. Quand, au centre de la boutique, apparut une boule lumineuse, grossissant de plus en plus. Puis elle éclata, laissant apparaître une jeune fille aux yeux et aux cheveux bleus, dont une mèche rebiquait sur le côté droit de sa tête, lui arrivant au niveau des épaules. Elle portait un T-shirt vert pomme en dessous d’une veste bleue sans manche. Son pantalon, d’un bleu plus foncé que sa veste, lui descendait jusqu’au niveau de ses chaussures d’un gris clair légèrement marron.

    - Salut les filles !

    - Sophie ! Tu as réussi à venir ?

    - Oui, mais ça n’a pas été évident. Mes parents voulaient absolument savoir pourquoi je ne serais pas avec eux toute la journée. J’ai dû leur mentir. Mais c’était pour une bonne cause. Mindy et Loulou ne sont pas arrivées ?

    - Non pas encore. Mais elles ne devraient pas tarder. On devrait commencer la cuisine avant que Maggie-Grigri nous tombe encore dessus.

    Les deux filles enfilèrent donc leur tablier, dont la couleur orange était remplacée par du rose pour Dorémi et du bleu pour Sophie, et rejoignirent Émilie en cuisine.

    - Très bien, je propose de commencer par cuisiner des petits biscuits. Ça fait un moment que l’on n’a pas confectionné de gâteaux, nous devrions commencer prudemment.

    - Entièrement d’accord avec toi Émilie.

    Sophie commença à attraper les ustensiles quand une autre boule lumineuse apparut au centre de la boutique. Une jeune fille en sortit alors. Elle avait de grands yeux jaunes, et possédaient des sourcils plus épais que ses amies. Ses cheveux blonds et lisses formaient deux grosses boucles au niveau de ses oreilles, quelques petites mèches lui masquaient le côté droit du visage, et deux plus grandes descendait de chaque côté de la tête. Elle portait également une petite boucle ronde et orangée à son oreille droite. Elle était vêtue qu’un gilet orange à manche courte par-dessus un petit T-shirt jaune laissant voir son nombril. Elle portait également une courte jupe blanche, avec une petite ceinture noire. Et enfin, elle était chaussée de baskets blanches à lacets jaunes, au-dessus desquels étaient visibles d’épaisses chaussettes noires.

    - Hello !

    - Salut Mindy ! Tu arrives pile au bon moment. Nous nous apprêtions à fabriquer des petits biscuits afin de reprendre prudemment les affaires.

    - Good idea ! Attendez, je me change et je viens vous aider.

    Quelques secondes après, Mindy était fin prête à cuisiner. À cause du décalage horaire qu’il y avait entre les deux pays, Mindy paraissait fatiguée. Mais sa joie était tellement intense que la fatigue passa au second plan.

    Dorémi sortit les œufs du réfrigérateur. Émilie attrapa la farine, Sophie se chargea du sucre et Mindy chercha les derniers ingrédients manquant. Une heure après, elles avaient terminé de disposer leurs petits biscuits sur la plaque.

    - Et maintenant, direction le four !

    Un quart d’heure plus tard, leurs biscuits étaient fin prêt.

    - Finalement, nous n’avons pas tant perdu la main que ça. Je les trouve plutôt bien réussi, vous ne trouvez pas ?

    - Oh que oui !

     

    Plusieurs heures plus tard, la boutique se remplissait de nombreux gâteaux aussi délicieux les uns que les autres. Et ce fut à ce moment-là que Loulou arriva à Misora grâce à la magie. Loulou avait de grands yeux violets. Ses cheveux, également de la même couleur, était très lisses et lui arrivaient plus haut que les épaules, se terminant en formant comme des petites pointes. Deux grosses mèches descendaient de chaque côté de son visage, ainsi que trois plus petites sur le devant de la tête. Elle avait également une petite couette sur le côté gauche maintenue par un chouchou vert pâle. Elle portait un T-shirt à manches courtes de la même couleur que son chouchou par-dessous une tunique violette à bretelles avec une ceinture verte pâle. Son pantacourt, violet foncé, lui arrivait au niveau des genoux et ses chaussettes n’étaient pas visible en dessous de ses baskets jaunes et blanches.

    - Salut les filles ! Désolée pour le retard, j’ai eu un empêchement de dernière minute ce matin. Oh mais je vois que vous avez déjà bien avancé. Je vais venir vous aider.

    Puis, une musique, de plus en plus forte, se mit à sortir du four. Dans un nuage de fumée, Délia fit son apparition avec son traditionnel message d’accueil en chanson :

    - Bonjour les filles, c’est moi Délia ! J’ai appris, que vous étiez de retour ! Alors j’ai décidé de passer vous voiiiiiiiiiir !

    Comme la plupart des sorcières, Délia portait un long costume entièrement noir : les bottes, la robe, les gants et même le chapeau pointu. Elle avait de longs cheveux lisses de couleur rose, comportant une frange sur le devant de la tête. Ses yeux étaient également roses, mais plus foncés que ses cheveux. Elle portait un pendentif orange autour du coup ainsi qu’un grand sac marron foncé en bandoulière et tenait à la main une baguette magique rose, formant, à son extrémité, une main fermée dont un doit tendu portait une étoile jaune. Délia était grossiste en sorcellerie : elle se chargeait, notamment, de livrer les colis aux clients.

    - Délia ! C’est gentil à toi de passer à la boutique.

    - Je me suis dit qu’avec la réouverture de la boutique, vous alliez avoir besoin de matériels. Alors je vous ai tout amené.

    D’un coup de baguette, elle fit apparaître de nombreux ingrédients et de nouveaux ustensiles indispensables pour la pâtisserie.

    - Merci Délia !

    - Tient Maggie-Grigri, lui dit Délia en lui tendant un morceau de papier. Tu n’auras cas me payer à la fin du mois. À bientôt les filles !

    Et d’un autre coup de baguette, elle disparut. Maggie-Grigri, les yeux qui sortaient des orbites, regardaient avec appréhension la facture.

    - Toujours prête à me ruiner celle-là, finit-elle par dire en jetant le papier.

    Le moment était venu pour les filles de faire de la publicité pour la réouverture de la boutique. Loulou n’étant plus à Misora, elle ne pouvait plus passer d’annonce à la radio. Mais grâce à la livraison de Délia, elles purent confectionner suffisamment d’affiches pour pouvoir les placarder dans la ville. Toutes ensembles, elles parcoururent la ville, posant leurs petites affichettes dans un maximum d’endroit possible. La réouverture étant prévu le lendemain, elles espéraient avoir beaucoup de clients.

     

    Le lendemain, les filles avaient toutes réussi à s’arranger pour venir à la boutique avant la réouverture. Dans le courant de la matinée, les clients n’étaient pas tellement nombreux. Mais la rumeur courait que la célèbre Loulou était de retour à Misora. De ce fait, la boutique était bondée de monde tout l’après-midi, même si Loulou ne se montrait pas en public. Les filles n’avaient plus une seule seconde à elles.

    À la fin de la journée, la quasi-totalité des pâtisseries avaient été vendues. Mais Bibi, qui s’était occupée de Flora pendant que les filles tenaient la boutique, avait constaté un comportement étrange chez Flora. Elle fit part de ses inquiétudes aux autres :

    - Je ne comprends pas ce qu’elle avait. À chaque fois qu’elle s’approchait des escaliers qui menaient à la boutique, elle se mettait à trembler et partait en courant à l’opposé de la pièce d’un air totalement affolé. Plusieurs fois, je lui ai proposé de descendre en cuisine vous rejoindre mais chaque fois qu’elle entendait un client, elle changeait brusquement d’avis et refusait de descendre.

    - La malédiction de l’inconnu, s’exclama Maggie-Grigri. Dès qu’elle voit ou qu’elle entend quelqu’un qu’elle ne connaît pas ou qui ne fait pas partit de son quotidien, elle panique et est terrorisée.

    - Flora a le pouvoir de détruire à jamais cette forêt. C’est pour cette raison que cette forêt fait tout pour l’empêcher de devenir reine. En le devenant, elle pourra la détruire. Mais si Flora est terrorisé à chaque fois qu’elle croise quelqu’un, elle ne pourra jamais régner sur le monde des sorcières, leur expliqua Lala.

    - On trouvera une solution, s’exclama Sophie.

    - Oui, nous avons toujours réussi à l’aider, poursuivit Émilie.

    - Nous réussirons à trouver une solution à son problème, termina Loulou.

     

    Épisode 2: Retrouvailles

    Épisode 4: Sophie est aux anges


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