• Épisode 5 :
    Le secret menacé

     

                Maintenant que Sophie était revenue vivre à Misora, les filles étaient donc trois à venir quotidiennement à la boutique pour s’occuper du Maho-dou et de la petite Flora. Mais elle dû également s’inscrire dans une nouvelle école : le collège de Misora.

    Dorémi entra dans la salle de classe avec ses camarades et s’installa seule à une table, au fond de la classe. Le professeur entra peu de temps après les élèves, accompagné de la jeune Sophie.

    - Sophie ! s’écria Dorémi en se levant de sa chaise.

    - Ah Dorémi ! On est dans la même classe alors !

    - Vous vous connaissez déjà toutes les deux ? demanda le professeur.

    - Bien sûr, Dorémi est ma meilleure amie ! s’exclama Sophie.

    - C’est parfait dans ce cas, tu pourras t’intégrer plus facilement à ce nouvel établissement. Mais avant d’aller t’assoir, si tu te présentais à tes camarades ?

    - D’accord. Eh bien, bonjour à tous. Je me présente, je m’appelle Sophie Senoo. Je viens de la ville d’Osaka. Mais avant de partir là-bas, j’ai vécu quatre ans dans cette ville et donc je connais quelques personnes parmi vous. Je ne suis pas une surdouée de l’école mais au niveau du sport, je suis imbattable. Voilà, je crois que j’ai dit le principal.

    - Merci Sophie, je te laisse prendre place parmi tes camarades.

    Sans hésiter, Sophie se dirigea vers Dorémi et pris place à ses côtés.

    - Je suis tellement heureuse ! Sur les cinq classes de notre niveau, je suis tombée dans la tienne !

    - La classe 7-1 est réservée aux…

    - Les filles au fond ! Vous ferez vos retrouvailles en dehors du cours je vous prie ! s’écria le professeur.

    - Excusez-nous monsieur.

    À la fin de la journée, les filles retrouvèrent Émilie à la boutique et ne manquèrent pas de lui annoncer la bonne nouvelle. En cette fin de journée, les clients n’étaient pas nombreux à la boutique.

    - Et si on profitait du fait que les clients ne soient que si peu pour descendre Flora ? proposa Émilie.

    - Mais oui, tu as raison ! s’exclama Sophie. Si nous arrivons progressivement à l’amener dans la boutique en présence de quelques personnes inconnues…

    - Nous parviendrons peut-être à la guérir ! termina Dorémi. Je vais la chercher !

    Dorémi monta à l’étage en courant. Sa petite sœur Bibi n’était pas venue à la boutique aujourd’hui mais Maggie-Grigri et Lala s’occupaient de Flora pendant que les filles tenaient la boutique.

    - Dit Maggie, est-ce que nous pouvons descendre Flora à la boutique avec nous ?

    - Quoi ! Mais tu es folle ! Flora est tétanisée devant des inconnus…

    - Justement ! Nous n’avons pratiquement pas de clients en ce moment. Si nous parvenons à faire en sorte que Flora ne panique pas devant peu de clients, nous pourrons espérer pouvoir un jour la guérir totalement de cette malédiction.

    - Je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée Maggie-Grigri, s’exclama Lala. Les filles ont raison. C’est la seule solution pour que Flora guérisse de cette malédiction.

    Néanmoins, Maggie-Grigri restait partagé sur cet avis. En effet, Flora était une sorcière avec des pouvoirs extraordinaires. Et si jamais, prise de panique, elle se mettait à utiliser sa magie devant les clients ? D’un autre côté, les filles et Lala avaient raison. C’était le seul moyen de sauver Flora.

    - Bon, c’est d’accord, mais surtout, il va falloir être extrêmement prudente. Flora, nous allons descendre à la boutique voir tes mamans, tu es d’accord ?

    - Oh oui alors !

    - Mais surtout, pas de magie !

    - Oui d’accord !

    Maggie-Grigri n’était pas très rassurée. Flora avait toujours eu la volonté de rejoindre les filles à la boutique. Mais dès qu’elle entendait ou voyait un client, elle était prise de panique. Dorémi prit Flora dans ses bras et, délicatement, elle commença à descendre les escaliers. Apparemment, aucun client ne se trouvait à la boutique, ce qui arrangeait Dorémi, Maggie-Grigri et Lala. Elles arrivèrent dans la pièce principale. Flora n’avait pas paniqué.

    - Maman !

    Flora sauta des bras de Dorémi et vola jusqu’à Émilie et Sophie.

    - Flora ! Alors, comment tu te sens ?

    - Ça va bien ça va bien.

    - Tu as envie de préparer un gâteau avec nous ?

    - Oh oui oh oui oh oui !

    La joie de Flora fit rire les filles :

    - D’accord, alors vient dans la cuisine.

    Toutes les trois, elles se mirent à préparer un délicieux gâteau avec l’aide de Flora. Mais le quart d’heure suivant :

    - Bonjour, il y a quelqu’un ?

    Un client venait d’entrer dans la boutique. Et Flora fut prise de panique.

    - Dorémi, Émilie, allez vous occuper de la cliente ! Je m’occupe de Flora avec l’aide de Maggie-Grigri et Lala.

    - Oui.

    Dorémi et Émilie sortirent de la cuisine pour accueillir la nouvelle cliente. Mais Flora s’était mise à pleurer, à sauter sur Sophie, à l’agripper de toutes ses forces.

    - Flora. Flora s’il te plaît écoute-moi. Tu ne dois penser qu’à ce merveilleux gâteau que tu es en train de cuisiner, d’accord ? S’il te plaît, essaye de ne penser qu’à la préparation du gâteau. Tu ne crains rien ici. Regarde, tu es avec moi, tu es avec Maggie-Grigri, tu es avec Lala, et tu es avec toutes les petites fées. Il n’y a pas de danger ici Flora. Personne ne te veut du mal. Alors concentre-toi sur cette recette, tu veux bien ?

    Flora était toujours tremblante de tout son corps. Elle était toujours fortement agrippée à Sophie. Mais elle avait cessé de pleurer.

    - Merci et à bientôt !

    Dorémi et Émilie revinrent dans la cuisine.

    - Alors ?

    - Grosse panique. Je me demande comment nous allons réussir à la sortir de cette peur.

    - Nous avons réussi à l’élever durant une année entière. Nous lui avons sauvé la vie en trouvant la fleur Suprême. Nous avons réussi à lui faire passer son dégoût pour les légumes et nous avons réussi à cacher son secret aux yeux de tous. Nous parviendrons à la sortir de cette peur de l’inconnu.

    - Tu as raison Sophie.

    - Les filles, il se fait tard, vous devriez fermer la boutique, leur demanda Maggie-Grigri en partant de la cuisine.

    Maintenant qu’elles étaient certaines qu’aucun client ne rentrerait dans la boutique, elles terminèrent le gâteau de Flora. Et l’heure d’après, il était fin prêt :

    - Hum, délicieux délicieux ! se réjouissait Flora.

     

    Le week-end arriva, et les filles se retrouvèrent toutes à la boutique magique. Mais, alors qu’elles venaient tout juste de fermer la boutique aux clients :

    - Ahhhhh ! Les filles ! Les filles venez voir ! Dépêchez-vous ! cria Maggie-Grigri de l’étage supérieur.

    - Qu’est-ce qu’il y a ?

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy montèrent en courant à l’étage avec Flora. Quand elles arrivèrent, elles trouvèrent Maggie-Grigri et Lala, devant le poste de télévision :

    - Eh bien, qu’est-ce qu’il y a de si urgent ?

    - Regardez les infos ! C’est une catastrophe !

    Une journaliste était en train de présenter un journal télévisé. Mais en arrière-plan, elles constatèrent avec horreur qu’il y avait une photographie de la boutique. Et sur cette photographie, Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy y étaient visibles :

    - Pas plus tard que ce matin, expliqua la journaliste, un touriste qui se promenait dans la ville de Misora est passé devant la célèbre boutique Maho-dou, boutique où travaillait Loulou avant de partir de la ville. Et ce fut avec stupeur qu’il remarqua que Loulou, qui devait se trouver en Europe durant le week-end, se trouvait dans cette boutique. Pourquoi Loulou est-elle revenue travailler dans cette boutique ? Et surtout, comment est-elle revenue dans la ville de Misora en si peu de temps ? Le mystère plane toujours.

    Le secret des filles était sur le point d’être dévoilé.

    - Catastrophe…

    Mais l’instant d’après, les téléphones portables de Dorémi, Émilie et Sophie sonnèrent en même temps :

    - Oh non…

    - Les parents…

    - Comment allons-nous faire…

    - Les filles, je crois que vous devriez demander à vos parents de venir à la boutique et leur expliquer que vous avez décidé de reprendre les ventes de pâtisseries, en conclut Maggie-Grigri.

    - Et pour Loulou et Mindy ? Comment allons-nous pouvoir justifier leur présence dans la boutique alors qu’elles sont censées être à l’autre bout du monde au même moment ?

    - J’avais dit à mes parents que je rendais une visite à mes amies pendant le week-end, expliqua Mindy. Mais je ne leur ai pas dit de quelles amies je parlais. Si j’arrive à leur faire croire que j’ai pu prendre l’avion toute seule pour revenir le week-end à Misora, je pense que nous serons sauvé de me côté.

    - Sauvé. Et de ton côté Loulou, comment tu vas pouvoir te justifier ?

    - Eh bien… Je pense que je dirais à mes parents que j’avais besoin de vous revoir. Alors, j’ai décidé de partir à Misora et d’en profiter pour vous donner un coup de main à la boutique.

    - Espérons que cela fonctionne, poursuivit Maggie-Grigri. Écoutez, maintenant que j’ai repris mon apparence d’origine, je pourrais me faire passer pour la propriétaire de la boutique. Dorémi, Émilie et Sophie, vous ferez venir vos parents et nous leur expliquerons que vous êtes revenu à la boutique lorsque vous vous êtes aperçues que j’étais de retour en ville. Et depuis, vous venez travailler à la boutique pour nous aider. Vous êtes d’accord ?

    - Oui, allons les chercher.

    Dorémi, Émilie et Sophie descendirent en courant au rez-de-chaussée. Mais au moment de passer la porte, celle-ci s’ouvrit à la volé. Les trois filles s’arrêtèrent juste avant la collision :

    - Aille…

    - Les parents…

    - Ils sont déjà au courant…

    Plus personne n’osait bouger. Plus personne n’osait parler. Les parents paraissaient tellement furieux.

    - Alors voilà où vous passez vos soirées et vos week-ends. Des heures supplémentaires à l’école, on aurait dû se douter que ce ne pouvait pas être possible.

    - Je crois que vous nous devez des explications !

    - C’est… enfin… nous… tentèrent désespérément les filles.

    Maggie-Grigri apparue alors derrière les filles. Les filles appréhendaient la rencontre. Car Maggie-Grigri n’avait jamais été très courtoise envers les autres. Comment allait-elle réagir face à leurs parents ?

    - Vous devez être les parents de ces trois demoiselles. Oui, elles m’ont beaucoup parlé de vous, ravie de faire votre connaissance. Je me présente, je suis madame Makihatayama et je suis propriétaire de cette boutique.

    - Madame Makihatayama ? Mais n’étiez-vous pas partit au début des vacances ? demanda Haruka, la maman de Dorémi.

    - En effet. Je suis partie rejoindre ma fille qui avait besoin d’aide. Mais elle a fini par s’en sortir et j’ai pu revenir à la boutique avec la petite Flora.

    - Flora est également ici ? s’interrogea Koji, le papa de Sophie.

    - Oui, bien sûr. Et je dois vous avouez que vos enfants m’apportent une aide considérable en s’occupant de la boutique et de Flora. Je suis vraiment ravie de les voir ici.

    - Mais enfin Émilie, s’exclama Reiko, sa maman. Pourquoi ne m’as-tu jamais dit que tu voulais de nouveau aider dans cette boutique ?

    Reiko Fujiwara possédait de longs cheveux châtain clairs et bouclés, qu’elle attachait en queue de cheval à l’arrière, avec une petite frange lui masquant son front. Ses yeux noisette étaient néanmoins toujours visibles. Elle portait une très longue robe lilas, avec une ceinture autour de la taille et un col blancs, et était chaussée de ballerine blanche. Elle travaillait comme décoratrice d’intérieur.

    - Tu aurais vraiment accepté maman ? Tu es certaine que tu m’aurais laissé venir ici en sachant que nous sommes entrées au collège et que notre travail est de plus en plus dur ?

    - Tu ne pourras jamais te consacrer pleinement à ton travail si tu viens ici ma chérie…

    - Voilà pourquoi je ne t’ai rien dit maman. Tu ne penses qu’à mon avenir mais jamais tu ne t’es demandé ce que je voulais vraiment.

    Reiko plaqua ses mains devant sa bouche, les larmes aux yeux, choquée par la révélation de sa fille. Émilie, qui s’aperçut de la réaction de sa maman, comprit trop tard qu’elle venait de dire à voix haute ce qu’elle pensait tout bas.

    - Oh non, maman, je n’ai pas voulu dire ça ! tenta de se rattraper Émilie. Je t’en prie, excuse-moi… Ce que je voulais dire, c’est que… cette boutique est ma seconde maison, tu comprends ? Ici, je m’y sens comme à la maison, je suis la petite fille la plus heureuse du monde ici maman. Alors, s’il te plaît, laisse-moi revenir ici aussi souvent que je le souhaite.

    - Émilie… c’est vraiment ce que tu ressens ?

    Derrière les filles arrivèrent alors Loulou et Mindy. L’expression de stupeur qui apparut sur le visage des parents de Dorémi, d’Émilie et de Sophie leur fit comprendre qu’ils n’avaient pas vraiment cru les informations, notamment la présence de Loulou et Mindy à Misora.

    - Loulou ! Mindy ! Mais enfin, que faîtes-vous à Misora ? demanda Keisuke, le papa de Dorémi, totalement surpris.

    - Cette boutique, c’est ce que nous avons de plus précieux. Jamais nous ne pourrons en partir pour toujours, commença Mindy.

    - Nous avons été obligées de partir de Misora, mais ce n’est pas parce que la distance qui nous sépare de la ville est grande que nous devons abandonner ce bien précieux, poursuivit Loulou. Émilie disait vrai. Cette boutique, c’est le lieu qui nous permet de nous épanouir, de nous remplir de bonheur. Pour rien au monde nous l’abandonnerons.

    - Même si nous ne pouvons plus venir tous les jours, Loulou et moi avons décidé de venir tous les week-ends ici. C’est notre maison. Alors, s’il vous plaît, laissez Dorémi, Émilie et Sophie venir dans cette boutique autant de fois qu’elles le souhaitent.

    Loulou et Mindy s’avancèrent vers les filles et leurs prirent les mains :

    - Nous vous supplions de les laisser venir dans la boutique, s’exclamèrent Loulou et Mindy en même temps.

    Les parents des filles les regardèrent sans rien leur répondre. Ils paraissaient réfléchir. Les filles attendaient avec appréhension la réponse.

    - Bon, c’est d’accord Sophie, mais je veux néanmoins que tu travailles correctement à l’école.

    - Il en est de même pour toi Dorémi.

    - Et Émilie, je veux bien que tu reviennes travailler ici, mais je veux également que tu te consacres au maximum à tes études.

    - Oui ! Merci maman ! Merci papa ! s’exclamèrent les filles en sautant dans les bras de leurs parents.

    - Et au faite, Loulou, Mindy, où est-ce que vous allez dormir si vous restez le week-end à Misora ? demanda Haruka.

    Cette question faisait partie de celles dont les filles n’avaient pas pensé à trouver de réponse, ce qui les mit mal à l’aise :

    - Et bien… je me suis dit que… que comme tu es une maman adorable… tu accepterais qu’elles viennent passer la nuit à la maison, tenta Dorémi, en se tournant les pouces.

    Ses parents se mirent à rigoler :

    - Oui, c’est d’accord.

    - Hourra !

     

    Épisode 4: Sophie est aux anges

    Épisode 6: Un début de guérison pour Flora


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