• Épisode 6 :
    Un début de guérison pour Flora

     

                Mindy et Loulou avaient donc passé la nuit chez Dorémi. Leurs parents ne savaient toujours pas que leur enfant passait leurs week-ends à Misora et non dans leur ville avec de nouvelles amies. Mais tant qu’ils ne l’avaient pas découvert, elles ne voulaient pas leur révéler leur secret.

    Dimanche matin, les cinq apprenties sorcières se retrouvèrent toutes à la boutique magique pour ouvrir le Maho-dou. Les clients étaient nombreux aujourd’hui, donc pas question pour les filles de descendre Flora de sa chambre.

    - Dit Mindy, demanda Dorémi, alors qu’elle préparait des cookies dans la cuisine avec son amie. Comment s’est passé ton retour à la vie de New-York ?

    - Beaucoup mieux que lors de mon premier déménagement là-bas. Maintenant, je parle très bien l’anglais. Et Beth et Mélanie ne me laissent jamais tomber. Cette fois, je ne suis pas toute seule. Toutes les trois, on se rend souvent dans la boutique de Mamie Gâteau après les cours.

    Mindy était née au Japon. Mais, lorsqu’elle était petite, son père avait été muté à New-York, obligeant toute la petite famille à déménager là-bas. Seulement, en arrivant dans ce nouveau pays, Mindy s’était retrouvée handicapée par la langue : elle ne parlait pas un mot d’anglais. Et les enfants du quartier refusaient de jouer avec elle. Elle s’était sentie très seule à l’époque, rêvant de pouvoir retourner dans son pays natal. C’était à ce moment-là qu’elle avait fait la connaissance de Mamie Gâteau, une charmante dame qui tenait une boutique de pâtisserie. Mindy se rendait très souvent dans cette fameuse boutique pour aider la propriétaire à réaliser de délicieux gâteaux. Et cette dernière en avait également profité pour lui apprendre l’anglais. Grâce à ça, sa petite protégée avait pu se faire de nouveaux amis dans cette nouvelle ville. Et la vie à New-York lui était devenu beaucoup plus appréciable. Elle avait notamment rencontré Beth, une amie de couleur avec qui elle était devenue extrêmement proche. Mais voilà, quelques années après, Mindy avait découvert par accident que Mamie Gâteau était une sorcière, la transformant ainsi en grenouille. Extrêmement peinée, elle avait alors décidé de devenir une apprentie sorcière afin de pouvoir lui rendre sa forme normale. Elle avait réussi avec succès tous ses examens d’apprentie sorcière, et elle avait obtenu son cristal. Heureuse, elle était retournée à la boutique de sa tutrice pour lui rendre son apparence de sorcière. Malheureusement, Mamie Gâteau était mourante. Sur son lit de mort, elle donna à sa jeune élève une boucle d’oreille. Elle lui avait expliqué qu’elle la tenait de sa mère, et comme elle n’avait pas eu d’enfant, elle souhaitait la lui donner car elle avait été le rayon de soleil de ses dernières années. Après cela, Mamie Gâteau s’était éteinte. Morte de chagrin, et n’acceptant pas ce qu’il venait de se passer, Mindy avait utilisé sa boule de cristal dans l’espoir de ramener sa tutrice à la vie. Mais son cristal s’était brisée, ce qui avait néanmoins été une chance pour elle car elle avait risqué la mort pour ça. Elle avait alors été bannie du monde des sorcières. Mais depuis ce jour, elle ne quittait plus sa précieuse boucle d’oreille, devenue son plus grand trésor remplit de bons et merveilleux souvenirs. Son père avait alors de nouveau été muté au Japon, obligeant de nouveau la famille Asuka à déménager. Sa Majesté redonna alors à Mindy son statut d’apprentie sorcière afin qu’elle puisse aider Dorémi, Émilie, Sophie et Loulou à tenir leur boutique de pâtisserie. Mais cette jeune nouvelle apprentie avait encore du mal à se remettre de la disparition de Mamie Gâteau. De plus, elle s’était de nouveau retrouvée dans une ville où elle ne comprenait pas la langue : elle l’avait oublié durant les années qu’elle avait passé à New-York en ne parlant qu’anglais. Mais elle avait fini par retrouver la joie de vivre et par accepter la perte de sa tutrice grâce à l’amitié que lui avaient fourni ses nouvelles amies.

    - J’espère que Mamie Gâteau est fière de moi, s’exclama Mindy.

    - Je suis certaine qu’elle l’ait. Tu as réussi à retourner à New-York et à y apprécier la vie sans te sentir exclu de cette ville. Et puis, tu peux compter sur Beth et Mélanie pour te soutenir. Tu as surmonté ta peine suite à sa perte, et je suis certaine qu’elle est heureuse de te voir de nouveau te rendre dans sa boutique sans que tu ne te sentes tristes. Elle restera toujours dans ton cœur.

    - Oui, je ne l’oublierais jamais.

    Mais, alors que la fin de journée venait d’arriver, et que les filles venaient de fermer la boutique, deux clientes très particulières venaient de pénétrer à l’intérieur du bâtiment.

    - Nous sommes désolées mais la boutique est fermée, s’exclama Sophie en se dirigeant vers l’entrée. Veuillez repasser…

    À la vue de ces deux nouvelles clientes, Sophie ne bougea plus.

    - Sophie ! Tout va bien ? cria Dorémi de la cuisine.

    N’obtenant pas de réponse de sa part, les quatre filles rejoignirent Sophie. Mais en arrivant vers elle :

    - Oh mais…

    - Mais c’est…

    - Mademoiselle Kiki…

    - Mademoiselle Coucou…

    Mademoiselle Kiki était l’ancienne institutrice des filles, lorsqu’elles étaient à l’école primaire de Misora. Elle avait une longue chevelure brune et lisse, avec une longue frange lui arrivant juste au-dessus de ses yeux violets foncés. Elle portait un T-shirt noir par-dessous une veste violette assortie à sa jupe qui lui arrivait légèrement plus haut que les genoux. Et elle portait des chaussures noires à talon aiguille.

    - Alors c’était donc vrai, commença mademoiselle Kiki, le sourire aux lèvres. Mes anciennes élèves sont de retour à Misora et travaillent de nouveau dans cette boutique comme avant.

    - La propriétaire de la boutique est revenue en ville et elle avait besoin d’aide pour la réouverture du Maho-dou. Alors nous lui avons proposé notre aide.

    - C’est bien ce que je constate. Mais vous êtes certaines que ce soit une excellente idée ? Vos études se compliquent de jour en jour…

    - Mademoiselle Kiki, cette boutique est notre deuxième maison. Nos parents sont d’accord pour que nous la tenions quotidiennement. Et nous parvenons à faire nos devoirs lorsque nous avons peu de clients.

    - Dans ce cas, je trouve que vous avez beaucoup de courage. Et croyez-moi, je repasserais vous voir, je vous le promets. Mais au faite, vous êtes de retour à Misora, Sophie, Loulou et Mindy ?

    - Sophie a déménagé dans la ville le week-end dernier. Quant à nous deux, nous ne venons que les week-ends pour aider les filles.

    - Vous faites les trajets chaque semaine !

    - Et bien… oui.

    - Mais vos parents sont d’accord pour que vous preniez l’avion seules deux fois par semaine ?

    - Oui… oui bien sûr…

    Mademoiselle Kiki les regardait avec son air soupçonneux. Mais elle finit par leur sourire avant de poursuivre :

    - Dans tous les cas, je suis vraiment heureuse de vous revoir. En fin d’année scolaire, nous organiserons une journée afin de regrouper tous les anciens élèves de l’année dernière. Je compte sur la présence de vous toutes.

    - Vous pouvez compter sur nous, mademoiselle Kiki !

    - Et au faite, vous avez des nouvelles de Flora ?

    Les filles étaient très embêtées. Bien sûr qu’elles avaient des nouvelles de Flora puisqu’elles l’élevaient. Mais elles ne pouvaient pas lui dire que l’enfant qui se trouvait à l’étage était la Flora que mademoiselle Kiki avait eu en classe. La question était très embêtante.

    - Eh bien… Flora est retournée vivre avec ses parents.

    - Et elle vient ici elle aussi ?

    - De temps en temps oui.

    - Je suis contente pour elle. Nous allons vous laisser…

    - Mademoiselle Kiki, attendez ! s’exclama soudain Dorémi.

    - Oui, qu’est-ce qu’il y a ?

    En parlant de Flora, Dorémi avait eu une idée. Flora connaissait bien mademoiselle Kiki. Si les filles arrivaient à faire en sorte qu’elle ne panique plus à la vue de son ancien professeur, alors elles auront fait un grand pas pour l’aider à guérir. Elle regarda ses amies et comprit de suite qu’elles avaient la même idée.

    - Nous nous occupons de la petite fille de la propriétaire, Flora. Et… est-ce que vous accepteriez de la rencontrer ?

    - Moi ? D’accord mais pourquoi moi ? Je ne connais pas cette enfant, seulement sa cousine.

    - Flora est malade. Elle a une peur bleue des gens. Nous nous disions que… si elle arrivait à ne plus paniquer en voyant le professeur de sa cousine, nous réussirions peut-être à vaincre cette malédiction… je veux dire cette maladie.

    - J’ignorais que cette enfant souffrait de ces symptômes. Mais c’est d’accord, je veux bien rencontrer Flora.

    - Merci mademoiselle !

    Dorémi et Mindy montèrent en courant chercher Flora. Maggie-Grigri, qui s’occupait de Flora, fut troublée par l’arrivée aussi rapide des filles :

    - Mais qu’est-ce que vous faites ?

    - Nous allons descendre Flora avec nous.

    - Vous avez fermé la boutique avant ?

    - Oui, mais il y a mademoiselle Kiki et mademoiselle Coucou avec nous. Et justement, comme Flora connaît mademoiselle Kiki, peut-être que nous parviendrons à faire en sorte qu’elle ne panique plus devant son professeur. Et comme ça, nous pourrons l’aider à vaincre la malédiction. Tu n’es pas d’accord ?

    - Soyez prudente les filles.

    - Oui. Flora, tu veux descendre à la boutique avec nous ?

    - Oh oui !

    Dorémi prit Flora dans ses bras et descendirent toutes les trois rejoindre leurs camarades. La boutique était silencieuse, personne ne parlait. Flora ne paniquait pas. Elles arrivèrent au rez-de-chaussée, et prirent la direction de l’entrée. Mais en arrivant, Flora aperçu mademoiselle Kiki, et s’agrippa fort à Dorémi en se mettant à paniquer et à pleurer :

    - Non, j’ai peur… maman, j’ai peur…

    - Flora ! Non, s’il te plaît, arrête de pleurer ! Ce n’est que mademoiselle Kiki, tu l’as connais, n’est-ce pas ? Flora, je t’en prie, arrête…

    Elle était complètement affolée. Les filles ne pouvaient rien faire pour la calmer. Et elles commençaient à perdre espoir de toute guérison. Flora avait côtoyé mademoiselle Kiki pendant une année entière. Si les filles ne parvenaient pas à la calmer en sa présence, alors elles ne parviendront jamais à lui faire passer cette peur avec d’autres personnes inconnues. Mais mademoiselle Kiki s’avança vers Dorémi, qui tenait Flora dans les bras.

    - Tu n’as pas à avoir peur tu sais. Flora, je ne te veux aucun mal. Au contraire, si je suis ici, c’est parce que j’ai envie de t’aider. Toutes les personnes qui se trouvent dans cette boutique le font pour toi. Allez petite Flora, arrête de pleurer, tu veux bien ?

    Mais Flora était vraiment prise de panique. Comment l’aider ? Comment faire pour guérir Flora de cette malédiction ? Cette tâche s’avérait être d’une grande complexité. Mais il fallait d’abord réussir à la calmer. Et cela, Loulou l’avait bien compris :

     

    La nuit descend
    Descend sur tes yeux
    Sur tes rêves bleus d’enfants

     

    En surprenant toutes ses mamans, Flora cessa de pleurer. La berceuse que Loulou lui chantait pour s’endormir lorsqu’elle n’était pas encore âgée d’un an l’apaisait. Alors, toutes les quatre se mirent à chanter avec elle :

     

    La nuit t’emmène
    Au pays merveilleux
    Où tes rêves bleus te mènent

    Et main dans la main
    Doucement
    Allons tous les deux
    Où tout est si beau et si doux

    Viens, viens en voyage
    Ferme tes beaux yeux
    Et tu verras
    Beaucoup mieux
    Au pays
    Où tout est si beau et si merveilleux

     

     

    - Tu es vraiment bien entourés petite Flora. Tu as cinq amies exceptionnelles qui font tout pour t’aider à vaincre tes peurs. Tu dois leur faire confiance Flora. Fait leur confiance, et tout ira bien.

    Les filles furent extrêmement surprises. Flora venait d’arrêter de pleurer ! Ses tremblements cessaient au fur et à mesure que mademoiselle Kiki lui parlait !

    - Flora… dit Dorémi tout bas.

    Celle-ci leva alors les yeux vers Dorémi. Elle paraissait réfléchir. Voyant les yeux de sa maman gorgés de larmes, Flora cessa soudain d’avoir peur. Flora était guérit de cette malédiction face à mademoiselle Kiki.

    - Tu veux bien venir vers moi Flora ? demanda mademoiselle Kiki.

    Flora regarda alors mademoiselle Kiki, et termina par lui sauter dans les bras. Elles avaient enfin réussi. Flora n’avait plus peur de mademoiselle Kiki !

    - Oui ! On a réussi ! crièrent les filles, folle de joie.

    Flora avait retrouvé le sourire. Maintenant, Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy avaient bon espoirs de guérir entièrement Flora de cette malédiction. Mademoiselle Coucou était extrêmement fière de Flora, mais aussi de ses apprenties sorcières. Elle ne pouvait simplement pas le leur exprimer devant mademoiselle Kiki au risque qu’elle ne découvre leur secret. Même si cela n’avait plus de conséquence pour les sorcières, il était encore tôt pour avouer cette vérité.

    Mais maintenant, Flora était heureuse et surtout, elle pouvait revoir mademoiselle Kiki sans ressentir aucune peur.

    Mais au même instant, un nuage très étrange, de couleur noire et violette foncée, apparaissait dans la boutique, sans que personne ne s’en aperçoive. De la taille d’un ballon de rugby, ce nuage mystérieux ne présageait rien de bon. Ayant terminé de se reconstituer, il commença à avancer. Seulement, il avançait dangereusement vers toutes ces personnes qui n’avaient toujours rien remarqué. Il arriva tout prêt de Mindy, caché derrière elle. Il termina de parcourir la distance qui le séparait d’elle. Mais au même instant, une sorcière apparut dans la pièce et se jeta sur Mindy. Toutes deux tombèrent alors sur le sol, mais elles étaient sauvées de ce nuage maléfique.

     

    Épisode 5: Le secret menacé

    Épisode 7: Le danger est partout


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