• Bonjour tout le monde!!!

    J'espère que vous allez tous bien, et que vous profitez de vos vacances (si vous en avez, bien sûr XD).

    Un petit article afin de vous avertir: nos amies Bobosse, Béret et Aicko-Chan ont terminé de traduire le premier tome d'Ojamajo Doremi 16!!! Vous pouvez dès à présent vous rendre sur leur site afin de lire la dernière partie ;)

    http://doremi-magical.eklablog.fr/chapitre-6-partie-3-a130780352

    A très bientôt!!!


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  • Hola hola!!!

    J'espère que vous allez bien et que vous avez tous passé une très bonne Saint-Valentin ^^

    Un petit article pour vous dire qu'Aicko-Chan vient de publier la seconde partie du 6ème chapitre d'Ojamajo Doremi 16!!! Rendez-vous vite sur son site pour pouvoir la lire en cliquant ici ;)

    Bonne lecture!!!


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  • Bonjour à tous!!! J'espère que vous allez bien et que vous avez passé de très bonnes fêtes de fin d'année :)

    Vous avez sans doute déjà compris que si vous lisez cette article, c'est que j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer ^^ J'ai donc le plaisir de vous informer qu'Aicko-Chan vient de nous publier la première partie de la traduction du chapitre 6 :D Vous pouvez dès à présent vous rendre sur leur blog pour lire cette nouvelle traduction en cliquant ici.

    Aicko-Chan, si jamais tu passes par ici, un grand merci à toi :)


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  • Bonjour à tous!!!

    J'espère que vous allez bien et que vous n'attendez pas trop la neige avec impatience!!! Si??? Bon, dans ce cas, je pense que vous serez bientôt satisfait vu les températures actuelles...

    Bref, je ne suis pas ici pour vous parler météo mais pour vous annoncer la venu d'une nouvelle fanfiction. En cour d'écriture, cette fiction de Magical Dorémi nous est présenté par Sophie Senoo. Alors, allez vite découvrir ses écrits en cliquant ici!!!

    À bientôt :)


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  • Bonjour bonjour!!!

    J'espère que vous avez passé une bonne rentrée pour tous les écoliers, que vous avez un bon emploi du temps, de bons professeurs, une bonne classe...

    Bref, je voulais vous informer de la création de trois nouvelles rubriques sur ce blog (je sais, ce n'est pas le scoop du siècle, mais il fallait quand même bien que je vous en informe, non???). Ainsi, Vos fanfictionsVos fanarts et Vos réalisations d'objets ou autres rejoignent les rubriques déjà existantes du blog!!!

    Sur ces trois pages, les fans souhaitant faire partager leurs créations peuvent demander à ce que leur créations apparaissent afin de vous en faire profiter.

    Alors surtout, n'hésitez pas à les féliciter pour leur travail et qui sait, peut-être que vous deviendrez vous-même un de ces fan souhaitant faire partager ses créations ici :)

    Bon week-end à tous et à bientôt!!!


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  • Bonjour bonjour :)

    Alors, avant toute chose, j'espère que vous avez passé de bonnes vacances (enfin, pour ceux qui ont eu la chance d'en avoir... pour les autres, j'espère que vous avez néanmoins bien profité de juillet et août avant la rentrée...).

    Bon, si je viens aux news, ce n'est pas par hasard.

    Vous connaissez très certainement le merveilleux manga Magical Fami, créé par un fan de Magical Dorémi extrêmement doué. Non? Misère... Je vous conseille alors de vite vous rendre sur son site: http://finalpassage.com/MagicalFami/index2.htm

    Pour ceux qui ont déjà lu l'histoire, sachez que l'auteur a décidé d'améliorer son travail qui était déjà magnifique. Vous pouvez donc dès à présent courir lire les 2 premiers volumes et les premiers chapitres du troisième volume avec des illustrations entièrement refaites :)

    Bonne lecture et à bientôt ^^


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  • Salut salut :)

    Je fais une petite parenthèse sur cette page pour vous parler un peu du Wikia Magical Dorémi.

    Peut-être l'avez vous déjà visité il y a longtemps, mais il y a encore peu, ce pauvre petit Wikia était... désespérément vide...

    Heureusement, un fan est venu à sa rescousse!!! Et j'ai nommé... Comte Vlad!!!!! Grâce à sa patience et à sa détermination, ce pauvre Wikia tout vide a pu être bien remplit :)

    http://fr.magicaldoremi.wikia.com/wiki/Wiki_OjamajoDoremi

    Il reste encore pas mal de pages à créer, mais le principal a été fait, merci Comte Vlad pour ton dévouement ^^

    Alors surtout, n'hésitez pas à passer le visiter (et peut-être même aider à l'enrichir davantage, qui sait) ;)


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  • Hola!

    Bon, je viens un peu aux nouvelles, en vous en apportant une excellente, du moins pour ceux qui suivent avec intérêt la traduction d'Ojamajo Doremi 16 ^^.

    J'ai le plaisir de vous informer que notre amie Bobosse vient de publier la troisième et dernière partie du cinquième chapitre d'Ojamajo Doremi 16! :D

    Vous pouvez dès à présent vous rendre sur leur site, en cliquant ici, pour aller la lire.

     

    De plus, elle nous a également mit à disposition les trois premiers chapitres sous forme de PDF, entièrement corrigés :)

     

    Bonne lecture et pensez à remercier nos trois amies sans qui nous, les français, n'aurions pas de traduction d'Ojamajo Doremi 16 :)


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  • Holà mes petits et grands Ojamajeurs!!! :)

    J'espère que vous allez tous bien ;)

    Si vous vous trouvez sur cette page, peut-être avez-vous lu cette fan-fiction de la saison 5 (ou peut-être vous apprêtez-vous à la lire)? Dans ce cas, vous avez certainement dû remarquer (ou vous remarquerez) qu'elle est terminée depuis maintenant pratiquement 2 ans... Je pensais peut-être la poursuivre, où du moins, y intégrer quelques épisodes intermédiaires racontant un peu le quotidien des autres personnages un peu plus "secondaires". Mais... disons que la motivation n'y est pas vraiment pour l'instant... Un jour... peut-être...

    Cependant, comme l'annonce le titre de cet article, j'ai pris la décision de "rafraîchir" un peu la fiction. L'histoire reste la même, mais j'y ai apporté quelques petits plus par-ci par-là, reformulant certaines phrases, y apportant un peu plus de description... Par contre, niveau fautes d'orthographes, je n'ai pas vraiment grimpé en échelon, j'en suis sincèrement navrée...

    Bref, si vous avez l'intention de commencer à la lire, ou pour ceux qui souhaite la relire (peut-être y en a-t-il...), je vous souhaites une agréable lecture. ^^

    À très bientôt!!!


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  • Épisode 29 :
    Nous ne nous séparerons jamais

     

           Toutes se trouvèrent à l’infirmerie, en attendant la prochaine sonnerie pour aller en cours, comme le leur avait demandé le directeur. Toutes étaient déprimées suite à la punition qu’elle avait reçue.

    - Ne soyez pas aussi déprimés, s’exclama alors le Docteur Guéritout, qui se trouvait toujours dans l’enceinte de l’école.

    - Nettoyer les sanitaires…

    - C’est la pire punition qu’on puisse avoir…

    - Et jusqu’à la fin de l’année en plus…

    - Deux mois de nettoyage à la place de notre pause…

    - La fin de l’année va être longue…

    - Et très ennuyante…

    - Ne faites pas cette tête-là, répondit mademoiselle Coucou. Voyez le bon côté des choses, vous n’avez pas été renvoyées. Et puis, je suis certaine que la magie pourra vous donner un petit coup de pouce.

    - Mais mademoiselle, répliqua Dorémi, nous ne pouvons pas utiliser la magie à des fins personnelles…

    - Sauf si je vous en donne la permission. Sans vous, le monde de la magie n’existerait peut-être plus. Il est normal qu’à son tour, la magie vous aide à couvrir vos absences en rapport avec la magie elle-même.

    - Merci Votre Majes… mademoiselle !

    - Néanmoins, je vais devoir me rendre chez vos parents afin de leur expliquer la situation, comme promit à monsieur Kitéimo.

    - Si vous voulez, nous pourrons les faire venir à la boutique…

    Quand un oiseau porteur de bottes entra dans la pièce. Camille reprit alors son apparence de sorcière, avant de s’agenouiller devant mademoiselle Coucou.

    - Majesté, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer.

    - Parle, je t’écoute.

    - La Sorcière Léonie a transformé les gardes en pierres avant de s’enfuir du château.

    Mademoiselle Coucou soupira, surprenant toutes les sorcières, et apprenties sorcières, présentent dans la pièce.

    - Je craignais que cela se produise… J’ai bien peur d’avoir sous-évalué le pouvoir de Léonie.

    - Que devons-nous faire Votre Majesté ?

    - Ne faites rien, et laissez-là s’en aller. Si nous entendons de nouveau parler d’elle, alors nous agirons. Mais tant que Léonie reste dans l’ombre, alors nous devrions la laisser.

    - Mais Votre Majesté, s’exclama le Docteur Guéritout ! Cela est beaucoup trop risqué ! Surtout après ce qu’elle a fait !

    - Léonie est une sorcière qui n’a jamais réussi à pardonner ce que les humains lui ont fait vivre dans son enfance. J’avais l’intention de l’envoyer dans le monde des humains, afin qu’elle puisse découvrir un autre visage de ces Hommes qu’elle juge si cruels.

    - Mais si jamais elle décide de recommencer à attaquer…

    - Alors, dans ce cas, je serais contrainte de lui retirer entièrement ses pouvoirs…

     

    Le soir, les filles demandèrent à leurs parents de venir à la boutique, sans leur donner de véritables raisons. Ainsi, mademoiselle Coucou, accompagnée de son amie mademoiselle Kiki, expliqua la raison du départ précipité de leurs filles. Elle leur révéla également leur soi-disant maladie. Néanmoins, elle les rassura en leur disant que leurs filles allaient très bien, et que leurs « angines » devraient bientôt disparaître à tout jamais, grâce à un remède magique dont elle préférait garder le secret.

    - Alors ? demanda Dorémi. Vous acceptez que mademoiselle Coucou nous prenne en charge ?

    - Mais vous êtes certaine que votre remède est sans danger pour nos enfants ? demanda la maman d’Émilie.

    - J’en suis absolument certaine, répondit mademoiselle Coucou. Soyez rassurés.

    - Et quand comptez-vous les prendre en charge ? demanda la maman de Loulou. Entre leur scolarité, la boutique, l’option comédie de Loulou…

    - L’option musique d’Émilie, enchaîna le papa d’Émilie.

    - L’option sport de Sophie, poursuivit la maman de Sophie.

    - Et l’activité musique qu’elles pratiquent ensemble après les cours, continua le papa de Mindy.

    - Il ne leur reste plus beaucoup de temps, en conclut la maman de Dorémi.

    - Je passais rendre visite chaque soir à vos enfants à la boutique. Je continuerais de faire de même dans le but de les prendre en charge à ce moment-là. Ainsi, cela ne modifiera pas leur emploi du temps.

    - Dans ce cas, Dorémi, nous acceptons.

    - Il en est de même pour nous Émilie.

    - Sophie, nous sommes d’accord.

    - Et pour toi aussi ma petite Loulou.

    - We are agree Mindy.

    - OUI ! Merci papa ! Merci maman ! s’exclamèrent alors les cinq amies, ensemble.

    Une fois leurs parents partis, une question trotta dans la tête de Dorémi.

    - Mais… Votre Majesté… comment allons-nous pouvoir soigner une maladie que nous n’avons pas ?

    - Pour que vos problèmes ne recommencent pas, il nous suffit d’apprendre à parler à vos petites fées.

    - Mais oui, le Docteur Guéritout nous en a parlé tout à l’heure ! répliqua Émilie.

    - Et comment leur apprend-t-on à parler ? demanda Sophie.

    - Seules les fées, dont leurs maîtresses sont des sorcières, peuvent apprendre à parler…

    - Malheureusement, nous sommes toujours des apprenties sorcières… fit remarquer Loulou.

    - Apprenties certes, mais vous n’êtes pas des apprenties sorcières tout à fait ordinaire. Car vos baguettes contiennent vos boules de cristal, pouvant faire de vous des sorcières.

    - Alors… si je comprends bien, nous devrions utiliser nos baguettes magiques pour pouvoir leur apprendre à parler ? demanda Mindy.

    - En effet. Vous devrez demander à votre magie de débloquer la parole à vos fées avant de commencer à leur apprendre à parler. Néanmoins, même après avoir débloqué leur langage, il vous faudra beaucoup de patience et de persévérance pour leur apprendre à parler.

    - Je suis sûre qu’ensemble, nous y arriverons ! répondit alors Bibi.

    - Oui ! Parce qu’on est les meilleures ! enchaîna Flora. Nous serons toujours toutes ensembles pour l’éternité ! Et ensemble, nous ferons des miracles !

    - Flora…

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Bibi activèrent leurs consoles.

    - Pirouli piroula et voilà !

    Chacune frappèrent deux fois sur le cadran de leur console magique pour en sortir leur instrument de magie. Quand à Flora, elle prit, dans sa main, sa boule de cristal.

    - Tu sais Flora, tu es une véritable sorcière, s’exclama Sa Majesté, tu n’as pas besoin de débloquer le langage de ta petite fée.

    - Je sais, mais j’ai envie de faire ce tour de magie avec mes mamans.

    Baguettes magiques en mains, elles se lancèrent :

     

    Cercle magique Dorémi

    Cercle magique Dorémi

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    Cercle magique Dorémi

     

    Cercle magique Emilie

    Cercle magique Emilie

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    Cercle magique Emilie

     

    Cercle magique Sophie

    Cercle magique Sophie

    - Pamékilak Larilori Palou !

    Cercle magique Sophie

     

    Cercle magique Loulou

    Cercle magique Loulou

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    Cercle magique Loulou

     

    Cercle magique Mindy

    Cercle magique Mindy

    - Paparona Palouta Papali Papone !

    Cercle magique Mindy

     

    Cercle magique Bibi

    Cercle magique Bibi

    - Pépito Purito Pépéruto !

     

    Cercle magique

    Cercle magique

    Cercle magique

    - Cercle magique !

    Cercle magique

     

    Épisode 29: Nous ne nous séparerons jamais

    - Pololin Purolin Flora Florapi !

     

    Cercle magique

    - Que nos petites fées puissent apprendre à parler notre langue !

    Cercle magique

     

    À bientôt !!!

    Épisode 29: Nous ne nous séparerons jamais

     

     

    FIN

     

    Épisode 28: La justification


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  • Épisode 28 :
    La justification

     

           Ce fut très angoissé que les filles se rendirent à l’école. Bibi n’avait pas d’excuses à donner puisqu’elle avait envoyé sa petite fée à l’école à sa place. Malheureusement, ce n’était pas le cas des filles. Car leurs petites fées avaient été, elles-aussi, aspirées dans la forêt des sorts. Mais arrivées devant l’établissement :

    - Les filles… je crois que nous ferions mieux de faire demi-tour… lança Dorémi, inquiète.

    - On s’est imaginée le pire Dorémi, alors il ne peut pas nous arriver quelque chose de pire que ce que nous avons imaginée, lui répondit Sophie.

    Mais très vite, elles furent rejointes par leurs camarades de classe.

    - Qu’est-ce qu’il vous est arrivé ?

    - Vous étiez où ?

    - Pourquoi vous avez loupé l’école ?

    - J’espère que vous allez mieux…

    - J’espère que vous avez une bonne excuse…

    - Vous avez quand même loupé une semaine entière…

    - Monsieur Akiota était très en colère…

    - Vous risquez d’avoir des problèmes…

    - Taisez-vous ! s’écria alors Dorémi. C’est une catastrophe ! On est les petites filles les plus malheureuses du monde !

    - Allez vient Dorémi, on doit y aller, lui dit Émilie en la tirant par le bras.

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora arrivèrent alors devant la porte du directeur.

    - Vous avez le certificat ? demanda Mindy.

    - Je l’ai, lui répondit Loulou.

    - Très bien… Allez… quand il faut y aller, il faut y aller…

    D’une main tremblante, Sophie frappa sur la porte.

    - Entrez !

    Terrorisées, les filles entrèrent dans le bureau de leur directeur d’école. Ce dernier possédait un visage relativement carré, allant parfaitement avec sa musculature impressionnante et peu rassurante. Personnage assez sévère, il avait de grosses lunettes carrés et des cheveux bruns et très courts.

    - Bon… Bonjour monsieur…

    - Ah ! Mesdemoiselles Asuka, Fujiwara, Harukaze, Makihatayama, Segawa et Senoo ! Je vous attendais toutes les six. Mais vos parents ne m’ont pas prévenu que vous étiez de retour parmi nous…

    - Nous sommes revenues tôt ce matin et… nous n’avons pas eu le temps de rentrer chez nous… improvisa Loulou.

    - En parlant de retour, madame Harukaze m’a informé que vous vous étiez rendu chez un médecin suite à l’état de santé très inquiétant de la jeune Flora Makihatayama. Mais, si vous êtes ici, je présume que vous allez mieux mademoiselle.

    - Oui, je suis en pleine forme ! s’exclama Flora.

    - Tant mieux pour vous. Néanmoins, vous rendez-vous compte de la gravité de la situation ? La première fois que j’ai contacté vos parents suite à vos absences en classe, ils étaient totalement surpris. Ils n’étaient même pas au courant que vous n’étiez pas à l’école ! Vous rendez-vous compte que vous êtes parties sans en informer qui que ce soit ?

    Les six amies baissèrent la tête. Évidemment qu’elles n’en avaient informé personne, puisque qu’elles étaient retenues dans le monde des sorcières contre leur volonté. Elles avaient été emmenées là-bas sans même pouvoir prévenir quelqu’un de leur absence. Mais, bien sûr, elles ne pouvaient raconter la vérité…

    - Monsieur… Flora était mourante, tenta Dorémi. On ne pouvait pas la laisser dans cet état…

    - Dorémi a raison, monsieur, poursuivit Sophie. Nous étions tellement paniquées que nous n’avons pensé qu’à Flora.

    - Et nous avons oublié d’avertir nos parents, enchaîna Mindy.

    - Monsieur, je suis certaine que vous auriez fait la même chose à notre place, affirma Loulou.

    - La vie de Flora était en jeu, conclut Émilie. C’était ce qu’il y avait de plus important pour nous.

    Leur directeur d’école les regardait d’une bien étrange manière. C’était comme s’il les passait aux rayons X, cherchant la moindre trace de mensonges dans le comportement de ses élèves.

    - Je comprends. Néanmoins, je n’ai aucune preuve pour justifier votre absence…

    - Nous avons le certificat, répondit Loulou en lui tendant le papier.

    Le directeur attrapa le papier, et le parcouru des yeux.

    - Le Docteur Guéritout…

    La peur envahit alors les filles. Allait-il les croire ?

    - Je vais l’appeler pour en avoir le cœur net.

    C’était ce qu’elles redoutaient. Un numéro de téléphone se trouvait bel et bien sur le certificat. Seulement, il était imaginaire. Leur directeur ne parviendra jamais à joindre ce docteur. Elles étaient perdues…

    Mais elles avaient une dernière carte à jouer : la magie.

    - Il faut que j’aille aux… commença Sophie.

    Elle s’apprêtait à sortir quand la porte du bureau du directeur s’ouvrit, laissant place à mademoiselle Coucou. Sophie s’arrêta.

    - Mademoiselle…

    - Ah ! Mademoiselle Coucou ! s’exclama le directeur. Ne bougez pas, j’en ai pour quelques secondes.

    - Reste là Sophie, chuchota l’infirmière scolaire. Tout va très bien se passer.

    - Mademoiselle, chuchota à son tour Sophie, monsieur Kitéimo est en train de joindre le médecin qui est censé s’être occupé de Flora… Mais le numéro de téléphone est un faux…

    Monsieur Kitéimo était le directeur de leur école.

    - Je sais. Mais ayez confiance mesdemoiselles.

    Quand une voix sortant du téléphone les fit se retourner.

    - Docteur Guéritout à l’appareil, que puis-je faire pour vous ?

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora reconnurent immédiatement la voix. C’était celle du véritable Docteur Guéritout, qui devrait normalement se trouver dans le monde des sorcières. Elles se retournèrent vers mademoiselle Coucou, qui leur souriait.

    - Oui, bonjour docteur. Je vous appelle afin de pouvoir justifier les absences de six de mes élèves. Pouvez-vous me confirmer que mesdemoiselles Mindy Asuka, Émilie Fujiwara, Dorémi Harukaze, Flora Makihatayama, Loulou Segawa et Sophie Senoo se trouvaient dans votre cabinet aux cours de la semaine qui vient de s’écouler ?

    - En effet, ces demoiselles se trouvaient dans mon cabinet durant la semaine. La jeune Flora souffrait d’une grave maladie, que l’on appelle la malédiction des légumes. Ne se nourrissant plus, son état de santé était très préoccupant. J’ai autorisé ses cinq amies, ainsi que son infirmière scolaire, à rester aux côtés de mademoiselle Makihatayama durant les soins.

    - Je vous remercie docteur.

    Il reposa le téléphone.

    - Vous ne m’aviez pas dit que mademoiselle Coucou se trouvait avec vous ? J’aimerais que vous me racontiez immédiatement ce qu’il s’est réellement passé !

    - Eh bien… nous… on a…

    - La semaine avant que Flora ne tombe gravement malade, Dorémi et ses amies étaient venues me parler, raconta mademoiselle Coucou. Flora ne se nourrissait plus. Elles étaient très inquiètes. En faisant des recherches, j’ai découvert qu’il existait cette maladie rare : la malédiction des légumes. Je suis donc partie à la recherche d’un médecin capable de guérir cette maladie. Ce médecin, j’en avais entendu parler par les filles elles-mêmes, qu’elles avaient déjà consultées. Je suis donc allée la chercher.

    Mademoiselle Coucou venait de justifier son absence. Mais comment allait-elle justifier celle des filles ?

    - Mais à mon retour, je suis passée à la boutique où habite Flora afin que le Docteur Guéritout puisse l’examiner. Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy s’y trouvaient. Elles étaient terrorisées. Flora était tombée, et elle avait perdu connaissance. Le Docteur Guéritout jugea qu’il fallait l’emmener de toute urgence dans son cabinet. Malheureusement, la grand-mère de Flora avait attrapé un gros rhum, et elle ne pouvait pas faire le voyage. Elle a donc demandé aux filles d’accompagner sa petite fille à sa place.

    Mademoiselle Coucou venait de justifier leur absence. Elle avait réussi à inventer une excuse tout à fait plausible en un temps limité.

    - Il aura fallu une semaine entière au Docteur Guéritout pour guérir la jeune Flora. Inquiètes, nous sommes restées à ses côtés afin de pouvoir la rassurer. La grand-mère de Flora devait prévenir les parents des filles de leur absence. Mais elle était tellement inquiète pour sa petite fille qu’elle a oublié de le faire. Voilà la raison pour laquelle ses six élèves ont manqué une semaine d’école, et pourquoi personne ne savait où elles étaient.

    Monsieur Kitéimo les regarda, suspicieux. Il avait toutes les preuves en main, il n’allait quand même pas ne pas les croire ?

    - Vous me confirmez que toute cette histoire est vraie, n’est-ce pas ? demanda-t-il aux apprenties sorcières.

    - Oui monsieur, nous vous disons la vérité.

    - Bien. Dans ce cas, je retire votre exclusion de cette école.

    Alors, comme ça, leur directeur avait déjà préparé leur exclusion avant même leur explication ? Néanmoins, les filles furent soulagées.

    - Cependant, cette histoire vient s’ajouter aux nombreux comportements étranges de votre part, constaté par votre professeur principal. Et je dois admettre… que je suis d’accord avec monsieur Akiota. Vous aviez prétendu… souffrir d’une maladie, d’une maladie répétitive. J’aimerais beaucoup avoir un justificatif d’une telle maladie.

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora se regardèrent. Comment justifier une maladie qu’elles n’ont jamais eues ? Il n’y avait qu’un seul moyen. C’était la magie.

    - Vos papiers se trouvent à l’infirmerie, s’exclama mademoiselle Coucou. Ils sont toujours sur mon bureau, allez les chercher.

    Sans attendre, les six apprenties sorcières sortirent du bureau et se rendirent dans l’infirmerie. Mais lorsqu’elles entrèrent :

    - Docteur Guéritout ! Mais qu’est-ce que vous faites ici ?

    - Il fallait qu’un médecin puisse répondre aux questions de votre directeur. Et il vous fallait également un médecin pour vous fournir un authentique certificat. Votre magie vous a permis d’obtenir le certificat, mais il vous manquait la signature du médecin.

    Il était vrai que les filles n’avaient pas vraiment pensé à ça.

    - Vous avez besoin d’autres justificatifs si je ne me trompe pas.

    - Oui… pour une maladie que nous n’avons jamais eu…

    - Je vois… Vos fées vous en remplacé durant certains cours et vos enseignants ont remarqué qu’elles ne prononçaient qu’un seul mot : leur prénom.

    Les filles hochèrent positivement de la tête.

    - Dans ce cas, vous attraperez régulièrement des angines, des angines qui se manifestent par un blocage de la parole, et un comportement parfois… incontrôlable. Donnez-moi vos certificats, et je vous les signerais.

    - Merci Docteur Guéritout !

    Les apprenties sorcières n’attendirent pas une seconde de plus pour passer leur tenue.

    - Pirouli Piroula et voilà !

    - Vous êtes prête les filles ?

    - Oui !

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Papali Papone !

    - Cercle magique !

    - Pololin Purolin Flora Florapi !

    - Donne-nous les papiers qui justifieront notre maladie imaginaire !

    Six papiers apparurent alors devant elles. Le Docteur Guéritout fit une signature sur chaque feuille des filles.

    - Je pense qu’il serait préférable de commencer à apprendre à parler à vos petites fées.

    Les filles se regardèrent, surprises.

    - On peut vraiment commencer à leur apprendre à parler ?

    - Cela va bientôt faire cinq ans que vous avez vos fées. Elles sont suffisamment grandes pour apprendre à parler. Mais allez-y doucement.

    - Merci Docteur Guéritout !

    Les filles repartirent, et prirent la direction du bureau du directeur.

    - Vous en avez mis du temps mesdemoiselles.

    - Excusez-nous monsieur… nous ne trouvions pas les papiers.

    Émilie lui remit les six certificats signés par le Docteur Guéritout.

    - Des angines ? Et comment se fait-il que ces « angines » se manifestent différemment avec vous six, mais pas avec les autres ?

    - Nous l’ignorons monsieur…

    Monsieur Kitéimo recula sur sa chaise, l’air penseur.

    - Qui vous suis pour cette « maladie » ?

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora se regardèrent. Personne ne les suivait pour cette « maladie » puisque, justement, elles n’étaient pas malades.

    - À en juger par votre attitude, personne ne vous suit. Et vos parents, qu’en pensent-ils de tout ceci ?

    Là encore, elles se regardèrent. Car leurs parents ne savaient rien puisqu’elles étaient en bonne santé.

    - Ne me dites pas que vos parents ne savent rien !

    Les filles baissèrent la tête. Monsieur Kitéimo essaya de garder son calme. Monsieur Akiota avait bel et bien raison. Ses jeunes élèves lui cachaient quelque chose. Leur histoire ne tenait pas debout. Comment ces jeunes élèves arrivaient-elles à cacher un secret aussi important que celui-là à leur famille ?

    - Vous rendez-vous compte de la gravité de la situation ? J’aimerais qu’à partir d’aujourd’hui, vos parents apprennent vos problèmes de santé. J’aimerais qu’à partir d’aujourd’hui, vous soyez pris en charge par…

    - Monsieur, si je peux me permettre, je connais ces élèves depuis leurs premiers pas dans l’école primaire de Misora, s’exclama mademoiselle Coucou. Je les connais mieux que personne. Si vous l’acceptez, je prendrais en charge ces élèves, et je m’occuperais d’en avertir leurs parents. Au moindre incident constaté par l’un des professeurs, je prendrais ces élèves en charge à l’infirmerie de l’école.

    Le directeur du collège de Misora regarda longuement son infirmière, ainsi que ses six élèves. Après tout, elle faisait partie du personnel de l’établissement. Il pouvait lui faire confiance.

    - Très bien, je vous laisse vous occupez de ces demoiselles. Ayant manqué le début des cours, vous patienterez jusqu’à la prochaine sonnerie à l’infirmerie. Cependant, ne croyez pas que vous allez pouvoir repartir d’ici en vous en tirant aussi bien mesdemoiselles. Si vous voulez que je garde le silence auprès de vos parents jusqu’à ce que vous leur disiez enfin la vérité, il va falloir me nettoyer les sanitaires jusqu’à la fin de l’année scolaire…

    Toutes les six tombèrent des nus.

    - Je suis la petite fille la plus malheureuse du mooooooooooonde !

     

    Épisode 27: Apprenties sorcières pour la vie

    Épisode 29: Nous ne nous séparerons jamais


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  • Épisode 27 :
    Apprenties sorcières pour la vie

     

                Elles étaient toutes de retour au château royal. Et en arrivant, ce fut Flora qui eut une grande surprise :

    - Flora !

    - Paola !

    - Ze t’ai cherché partout mais ze n’ai pas réussi à te retrouver…

    - J’étais dans la forêt des sorts…

    - Dans la forêt des sorts ! Oh zut alors, z’ai pas pensé à aller chercher là-bas…

    Sa Majesté arriva alors vers les filles. Elle était fatiguée, mais paraissait néanmoins en bonne santé.

    - Mesdemoiselles, je ne sais pas comment vous remercier pour tout ce que vous avez fait. Je vous ai fait courir de très grands risques et vous avez réussi à vous en sortir tout en sauvant le monde des sorcières.

    - Votre Majesté, s’exclama Dorémi, nous n’aurions jamais réussi sans votre aide. Et si Bibi ne m’avait pas désobéi, alors elle ne serait jamais allée chercher Sa Majesté l’ancienne reine et jamais nous n’aurions pu sortir de la forêt.

    - J’en suis consciente. Grâce à vous cinq, la malédiction de Flora a pu être levée. Et grâce à Bibi, nous avons pu conjurer les sorts de Léonie. De toute ma vie, je n’ai jamais rencontré de petites humaines aussi dévouées que vous. Je n’ai jamais rencontré de petites humaines aussi attendrissantes que vous. Vous avez aidé grands nombres de sorcières, de sorciers, et de créatures du monde magique. Et cela, sans jamais attendre quoique ce soit en retour. Vous avez même réussi à faire ressentir des sentiments humains à des sorcières, parce que vous êtes tout simplement d’une très grande gentillesse, et de très bon cœur. Alors, j’aimerais vous reposer la même question que l’année dernière. Souhaitez-vous devenir des sorcières ?

    Les six filles avaient été très bouleversées après avoir donné leur réponse négative l’année dernière. Leur séparation avait été très difficile. Le jour où elles avaient retrouvé leur pouvoir, et qu’elles pouvaient de nouveau se voir à la boutique, leur joie était revenue.

    Néanmoins, elles n’avaient pas changé d’avis. Vivre plus de mille ans était bien trop long. Elles devraient abandonner leur famille, leurs amis. Ou bien, elles verraient leurs enfants et petits-enfants partirent avant elles. Non, ce n’étaient pas ce qu’elles souhaitaient.

    - Votre Majesté… nous avions pris notre décision l’année dernière et… et malgré la joie que nous procure ce monde, nous n’avons pas changé d’avis. Pour les mêmes raisons, nous décidons de refuser de devenir de véritables sorcières.

    - Je connaissais votre réponse avant même de vous la poser. Je voulais simplement m’en assurer. Néanmoins, j’aimerais vous proposer une autre solution.

    Les filles regardèrent alors Sa Majesté avec un regard interrogateur.

    - Après tout ce que vous avez fait pour notre monde, j’ai décidé de modifier légèrement nos lois, avec l’accord des membres du Cénacle.

    - Votre Majesté, vous ne pouvez pas modifier vos lois… s’inquiéta Sophie.

    - Pour vous, je le peux. Et je l’ai fait s’en aucune hésitation. L’année dernière, je ne pouvais vous laisser votre grade d’apprentie sorcière. Car nos lois exigent qu’une apprentie sorcière ayant réussi ses examens doit devenir sorcière ou abandonner le monde de la magie. Elle ne peut rester une apprentie, sauf raison valable. Lors de votre seconde année dans l’univers de la magie, votre raison valable était que vous éleviez la petite Flora. Durant votre troisième année, nous avions pu vous rendre votre statue d’apprentie sorcière en vous faisant passer des examens de pâtisseries. Et au cour de l’année dernière, vous deviez aider Flora à réussir tous ses examens. Mais, par la suite, nous n’avions plus de raison valable pour vous laisser votre statue d’apprentie sorcière.

    - Mais alors, s’exclama Émilie, qu’avez-vous modifiée dans cette loi ?

    - Aujourd’hui, cette loi a été modifié spécialement pour vous six, et ne s’appliquera qu’à vous six. À partir d’aujourd’hui, vous pourrez rester des apprenties sorcières aussi longtemps que vous le souhaiterez. De cette manière, vous garderez vos pouvoirs magiques et vous pourrez venir dans le monde des sorcières tout en restant humaines.

    - C’est vrai ! s’exclamèrent les six amies, larmes aux yeux.

    - Oui, bien sûr. Le Cénacle au complet était d’accord pour modifier cette loi en votre faveur. Maintenant que Flora vous a rendu vos boules de cristal, nous allons pouvoir les intégrer à vos baguettes magiques. Sortez-les et ouvrez-les.

    Les filles, après avoir récupéré leur console magique, attrapèrent leur baguette, et tirèrent sur chaque extrémité, comme pour lancer un sort.

    - Et maintenant, placer votre boule de cristal à l’intérieur. La boule lumineuse disparaîtra, laissant place à votre boule de cristal.

    Les filles s’exécutèrent. Elles ouvrirent leur baguette magique, et placèrent leur petite boule de cristal au centre. Leur boule de cristal se mit alors à tourner, et illumina la baguette.

    - Dorénavant, vous pourrez utiliser les pouvoirs de vos boules de cristal sans devenir de véritables sorcières, grâce à vos baguettes magiques. Néanmoins, j’ai bien peur que vos pouvoirs ne vous soient d’un grand secours pour justifier votre absence à monsieur Akiota…

    Les filles affichèrent alors un air de totale stupeur. Elles avaient complètement oublié ce petit détail ! Elles avaient loupé plus d’une semaine d’école ! Comment justifier une absence aussi longue ? Tout en sachant que leurs parents ne savaient pas où elles se trouvaient… Bibi se souvint alors de l’excuse qu’elle avait trouvé.

    - Ne vous inquiétez pas. J’ai fait croire à tout le monde que Flora était tombée gravement malade, leur expliqua alors Bibi, et que vous étiez toutes parties avec Maggie-Grigri pour l’emmener chez un médecin spécialisé.

    - Un médecin spécialisé !

    Les filles tombèrent à genou sur le sol :

    - Qu’est-ce qu’il y a ? demanda alors Bibi. Ce n’était pas une bonne idée ?

    - J’ai bien peur que cette fois les filles, nous soyons renvoyées toutes les six de l’établissement…

    Sa Majesté se mit alors à rire.

    - Ne soyez pas si déprimées mesdemoiselles. Je vais pouvoir retirer ce que j’ai dit précédemment. Avec un peu de magie, vous pourrez vous procurer tous les documents nécessaires.

    Les filles relevèrent alors la tête.

    - Les documents nécessaires ?

    - Il se trouve que mademoiselle Coucou est absente de l’établissement depuis plus longtemps que vous. Croyez-moi, je vais devoir moi-aussi trouver une idée pour justifier mon départ précipité de l’école. Et je suis certaine qu’à nous toutes, nous parviendrons à trouver une excellente excuse avec l’idée de Bibi. Alors, procurez-vous le certificat médical de ce médecin spécialisé, et laissez-moi m’occuper du reste.

    - Mais… Votre Majesté… nous ne connaissons pas de médecin spécialisé… et encore moins de grave maladie que Flora aurait pu attraper…

    - Pour cela, je laisse libre cour à votre imagination. Je suis certaine que vous finirez par trouver avant demain.

    - Oui…

    Puis Dorémi se tourna vers la sorcière Tourbillon :

    - Majesté, merci infiniment d’avoir permis à ma sœur d’entrée dans le monde des sorcières, et de nous avoir aidé à sortir de la forêt des sorts. Nous n’y serions jamais arrivées sans votre aide.

    - C’est grâce à vous si j’ai pu sortir de mon sommeil, ne l’oublie pas Dorémi.

    - Et Baba, merci à toi d’avoir aidée Fafa à trouver le bon chemin qui lui a permis de retrouver nos petites fées.

    - Bah, vous avez aidé Sa Majesté alors, il fallait bien que je vous donne un petit coup de main. Et puis, je vous ai côtoyé pendant une année entière. Et je dois bien avouer que je me suis attachée à vous.

    - Merci Baba…

     

    De retour à la boutique, Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy, Flora, Bibi, Maggie-Grigri, Lala, Sa Majesté, Camille et toutes les petites fées trouvèrent alors mademoiselle Kiki, visiblement endormit, assise sur une chaise. Elles regardèrent alors l’heure qu’il était. Il était plus de quatre heures du matin.

    - Ça fait un peu tard pour rentrer chez nous… s’exclama alors Dorémi.

    - Oui ! Ça veut dire que vous dormez toutes à la boutique alors ! cria Flora.

    - Chut ! Flora, tu vas réveiller mademoiselle Kiki !

    Trop tard. Leur ancienne institutrice se mit à bouger, et sortit de son sommeil.

    - Les filles… mais qu’est-ce que… Vous êtes revenues ! Bibi, je t’avais demandé de me tenir informé…

    - Je suis désolée mademoiselle, répondit la jeune Bibi. Mais, avec tous ces événements, j’ai complètement oublié…

    - Le principal, c’est que vous soyez toutes saines et sauves. Je suis ravie de vous revoir enfin parmi nous. Vous m’avez fait très peur. Il est de même pour vous mademoiselle… oh pardon excusez-moi… pour vous Votre Majesté.

    - Mademoiselle, s’exclama Dorémi. Merci d’avoir pris soin de ma petite sœur pendant notre absence.

    - Je n’ai rien fais de spécial ma petite Dorémi… Oh, avant que j’oublie ! Ta maman est passée à la boutique ce soir Dorémi. Elle cherchait Bibi. Je lui ai dit qu’elle s’était endormie à l’étage et que je restais ici pour veiller sur elle. Néanmoins… elle a reçu un appel du directeur de votre école. Il veut vous voir dès votre retour en classe…

    - Allez, ne soyez pas si triste, je suis sûre que ça va très bien se passer ! s’exclama Flora.

    - Je ne serais pas aussi optimiste si j’étais toi…

    - Comme dit souvent Mindy : « un peu d’optimiste, ça n’a jamais fait de mal à personne », poursuivit Flora.

    - Oui… tu as sans doute raison…

    - C’est moi qui fais apparaître vos lits !

    Elle sortit alors sa boule de cristal.

    - Tu sais Flora, en tant que sorcière, tu n’as plus besoin de prendre ta boule de cristal en main, et encore moins de prononcer ta formule, lui expliqua Sa Majesté. Tu n’as plus qu’à claquer des doigts, c’est tout ce que tu as à faire.

    - Je sais Votre Majesté. Mais j’aime bien faire comme mes mamans. Pololin Purolin Flora Florapi ! Fait apparaître de quoi faire dormir tout le monde !

    Plusieurs lits de camp apparurent alors dans la boutique.

    - Vous restez avec nous Votre Majesté ? demanda alors Flora, débordante d’énergies malgré l’heure tardive ?

    - C’est très gentil à toi Flora, mais je vais devoir retourner dans le monde des sorcières.

    - Oh… Et toi Camille, tu restes avec nous ?

    - Je dois également retourner dans le monde des sorcières Flora.

    - Zut alors… et vous mademoiselle ? Vous restez à la boutique ?

    - C’est gentil Flora mais je dois rentrer chez moi.

    - Pour la nuit en collectif, c’est raté… mais vous, vous restez, n’est-ce pas ? demanda alors Flora à ses mamans.

    - Mais oui, bien sûr qu’on reste !

     

    Le lendemain matin, le réveil fut très dur pour toutes. Couchées à quatre heures, levées à sept heures trente, la nuit fut très courte.

    - Il va falloir trouver un nom pour notre médecin imaginaire… s’exclama Sophie.

    - Oui, et pour la maladie imaginaire de Flora également… poursuivit Émilie.

    - Moi, je propose le Docteur Guéritout ! s’exclama Flora.

    - Flora, le Docteur Guéritout ne vit pas dans le monde des humains… lui répondit Dorémi.

    - Et alors, c’est pas grave ! Et puis, de cette manière, monsieur Akiota ne pourra pas aller vérifier si nous étions bien dans son cabinet comme elle ne vit pas dans ce monde !

    - Je crois que de ce point de vue-là, elle n’a pas tort, s’exclama Loulou.

    - Et puis, comme ça, on pourra facilement retenir son nom, enchaîna Mindy.

    - Bon d’accord, le Docteur Guéritout sera notre médecin imaginaire alors, conclut Dorémi. Et pour la maladie ?

    - Et si nous partions sur la malédiction qui avait touché Flora ? proposa Émilie.

    - Tu veux parler de la malédiction de l’inconnu ? demanda Sophie. Mais monsieur Akiota ne nous croira jamais si nous lui disons que Flora avait peur des autres…

    - Tu as raison… Alors… dans ce cas… Et si nous partions sur la malédiction des légumes ? On pourra lui dire que Flora ne parvenait plus du tout à manger et qu’elle a fini par tomber gravement malade suite à ça. Il lui aura fallu une semaine pour s’en remettre.

    - Oui, Émilie à raison, ça pourrait marcher ! s’exclama Mindy.

    - Et cela justifierait notre semaine d’absence ! poursuivit Loulou.

    - Très bien, la malédiction des légumes sera notre maladie imaginaire, conclut Dorémi. Reste à créer notre certificat médical.

    Frappant sur leur bracelet, les cinq amies enfilèrent leur costume d’apprenties sorcières.

    - Pirouli Piroula et voilà !

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Papali Papone !

    - Cercle magique ! Donne-nous le certificat médical qui nous permettra de justifier notre absence à l’école !

    Et leur papier apparut. Dessus se trouvait beaucoup d’inscriptions, notamment le texte suivant :

     

    Je soussignée : Docteur Guéritout, médecin spécialisé pour les maladies rares,

    certifie avoir pris en charge : mademoiselle Flora Makihatayama,

    née le : 25 mars,

    du 2 février au 10 février,

    après avoir constatée les troubles suivants : atteinte de la malédiction des légumes empêchant mademoiselle Flora Makihatayama de se nourrir convenablement, là rendant extrêmement faible et mourante.

    Je certifie également avoir laissée mesdemoiselles Dorémi Harukaze, Émilie Fujiwara, Sophie Senoo, Loulou Segawa et Mindy Asuka, aux côtés de leur amie Flora Makihatayama, suite à leur grande anxiété face à l’état de santé de mademoiselle Flora Makihatayama.

    Certificat établi à la demande de l’intéressé pour servir et valoir ce que de droit.

     

    - J’espère qu’il nous croira… s’exclama alors Dorémi.

    - On ne peut pas savoir tant qu’on n’a pas essayé, lui répondit Loulou.

    - Oui, elle a raison, enchaîna Mindy.

    - On devrait y aller, si nous ne voulons pas arriver en retard, fit remarquer Sophie.

    - Oui mais… il nous manque quelque chose, constata Émilie.

    Toutes se retournèrent vers Émilie.

    - Et quoi ?

    - Et bien, ça risque d’être compliqué de suivre les cours si nous n’avons pas nos affaires…

    En effet, les filles constatèrent rapidement qu’elles s’apprêtaient à partir à l’école sans leur cartable.

    - Laissez ! Je m’en occupe ! s’écria Bibi.

    Ravie de pratiquer la magie, elle enfila son costume.

    - Pirouli piroula et voilà !

    - Euh… Bibi… nos sacs sont…

    - Pépito Purito Pépéruto ! Apporte leur sac de cours à mes amies !

    - … dans la boutique…

    Les six cartables des filles arrivèrent alors auprès de leur propriétaire, sortant de la chambre de Flora.

    - Oh ben zut alors… je pensais qu’ils étaient chez vous…

     

    Épisode 26: Adieu forêt des sorts

    Épisode 28: La justification


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  • Épisode 26 :
    Adieu forêt des sorts

     

          Fafa reprit alors sa forme de fée, et s’envola avec sa maîtresse jusqu’à la boutique, où les attendait la Sorcière Tourbillon.

    - Ta petite fée est avec toi ? Tu es prête ?

    - Oui. Mais… qu’est-ce que nous allons faire au juste ?

    - Grâce à ma boule de cristal, j’ai réussi à contacter le Docteur Guéritout…

    - Alors, ça veut dire que les membres du Cénacle se sont réveillés ?

    - Oui, en effet. Le Docteur Guéritout se trouvant dans le monde des sorcières, et nous dans le monde des humains, nous allons pouvoir combiner nos pouvoirs afin de passer d’un monde à l’autre. Mais, cela ne sera possible qui si la magie employée par cette forêt n’est pas suffisamment puissante pour nous en empêcher. Une fois nos pouvoirs reliés, ta petite fée devra ouvrir un passage en pénétrant dans le faisceau lumineux qui apparaîtra. Lorsque que ta petite fée aura réussi, nous pourrons être transportées aux côtés du Docteur Guéritout. Tu souhaites toujours te rendre dans le monde des sorcières ?

    - Oui. Je dois absolument retrouver ma sœur.

    - Très bien. Dans ce cas, sort ta baguette magique, prononce ta formule magique, et laisse-moi faire la suite.

    - D’accord.

    Bibi frappa sur sa console, se trouvant sur son poignet, puis en attrapa sa baguette magique :

    - Pépito Purito Pépérouto !

    Sa Majesté l’ancienne reine tendit le bras en direction de la porte reliant les deux mondes avant de faire usage de la magie de son côté. Au début, rien ne se produisait. Bibi se demandait pourquoi rien ne se produisait. Jusqu’à ce qu’un faisceau lumineux sorte de la porte. Une grande partie de ce faisceau atterrit dans le creux de la main de Sa Majesté, l’autre petite partie termina sur le bout de la baguette de Bibi.

    - Maintenant, petite fée, rentre dans le faisceau lumineux et trouve le bon chemin pour nous permettre de nous rendre dans le monde de la magie.

    - Fafa !

    Fafa vola jusqu’au rayon lumineux, puis entra à l’intérieur avant de disparaître. Bibi ne savait pas ce que faisait sa petite fée. Elle ne savait même pas ce que devait faire sa petite fée. L’ancienne reine avait parlé de « trouver le bon chemin ». Devait-elle trouver le bon chemin parmi d’autre pour qu’elles puissent se rendre dans le monde des sorcières ? Elle ne savait pas. Mais elle espérait une chose, c’était que cela fonctionne. Car c’était sa dernière chance de pouvoir aider ses amies. Bibi avait l’impression que des heures entières s’écoulaient, sans que rien ne se passe.

    Quand soudain, Bibi se sentit soulever de terre. Tout se mit à tourner autour d’elle. La boutique disparaissait peu à peu sous ses yeux. Elle ne comprenait pas ce qu’il se passait. Sa Majesté l’ancienne reine était toujours à ses côtés, mais la boutique, elle, avait disparu.

    - Reste calme petite apprentie sorcière. Ta petite fée a réussi à sortir du labyrinthe de lumière et la magie de la forêt n’est pas suffisamment puissante pour nous empêcher d’entrer dans le monde des sorcières. Tout fonctionne comme nous l’espérions.

    En effet, Bibi s’aperçut alors qu’un nouveau décor apparaissait progressivement autour d’elle. Mais même en devenant de plus en plus net, elle ne parvenait pas à savoir où elles se trouvaient. Quand tout s’arrêta. Bibi regarda autour d’elle. Il lui fallut quelques instants pour s’apercevoir qu’elle se trouvait dans le bâtiment du Docteur Guéritout.

    - Bibi. Ce n’est pas très prudent de venir dans le monde des sorcières, surtout en ce moment.

    - Je sais mais il fallait absolument que je vous vois. Ma sœur et les filles ont disparu avec Maggie-Grigri et toutes les fées et…

    - Alors voilà pourquoi nous ne parvenions pas à les trouver avec nos boules de cristal. Nous pensions que c’était parce que comme la sorcière qui contrôle la forêt avait fermé l’accès d’un monde à l’autre, nous ne pouvions plus vous voir. Mais en réalité, c’est parce qu’elles ont été elles aussi victime de cette sorcière.

    - S’il vous plaît, il faut absolument les retrouver…

    Bibi se mit alors à pleurer.

    - S’il vous plaît, il faut absolument les sortir de cette forêt…

    - Nous n’avons toujours pas réussi à retrouver Camille et Sa Majesté… s’inquiéta le Docteur Guéritout. Notre magie ne peut les atteindre. Et je suppose qu’il se passe la même chose pour elles…

    - Il est possible de créer un lieu où la magie ne peut y pénétrer. Il est également possible d’empêcher que la magie d’une sorcière ne sorte d’un endroit, expliqua l’ancienne reine. Néanmoins, empêcher la magie d'une sorcière de sortir d'un endroit demande beaucoup d'énergie. La personne qui contrôle cette forêt ne peut pas bloquer la magie de toutes les personnes qu'elle retient, elle serait beaucoup trop faible autrement. Peut-être que les apprenties sorcières ne sont pas touchées par ce sortilège.

    - Vous voulez dire… que Bibi pourrait entrer en contact avec sa sœur ? demanda le Docteur Guéritout.

    - J'ignore si le lieu où elles se trouvent bloquent également l'entrée de magie d'une apprentie sorcière. Mais si Bibi se trouve toujours parmi nous, je pense pouvoir affirmer que la personne qui contrôle cette forêt n'avait pas connaissance de son existence, où ne la considérait pas comme une menace suffisante pour l'enlever elle-aussi. Alors oui, je pense que cela est possible en effet. Et je pense également… que si Dorémi et ses amies, aidées des sorcières qui se trouvent autour d’elles, usent de leur magie en même temps que nous, le cumul de nos pouvoirs pourrait peut-être leur permettre de sortir de la forêt.

    Bibi sauta alors de joie :

    - C’est vrai ! On peut vraiment faire ça ! Génial je vais pouvoir retrouver ma sœur ! Je vais retrouver Dorémi et les filles !

    Quand elle pensa soudain à quelque chose.

    - Mais comment je vais bien pouvoir entrer en contact avec elles ?

    - Une petite lettre par exemple.

    - Oui bien sûr ! Pépito Purito Pépérouto ! Je veux une lettre et un stylo pour écrire à ma grande sœur tout de suite !

    Allongée sur le ventre, stylo en main, Bibi griffonna rapidement quelques mots sur le papier qu’elle venait de faire apparaître.

     

    Dorémi sait moi Bibi. Je sait que tu voulai pas mais je suis dans le monde des sorcière avec le Docteur Guéritout et Sa Majesté l'anciène reine. Aparamen, le pouvoir des aprenti sorcière peu entré et sortir du lieu ou vous ète. Alors, il fodrai que vous utilisé votre magie avec l'aide de toute les sorcière présente avec vous pour que nous pouvon vous sortir de la foret des sor.

    Jèspère te retrouvé très vite.

    Ta Bibi.

     

    Bibi tendit ensuite son mot au Docteur Guéritout, qui fronça alors les sourcils.

    - Qu’est-ce qu’il y a ? demanda alors Bibi. J’ai fait des fautes ?

    - Euh… non, ne t’inquiète pas, tout va bien. Tu n’as plus qu’à envoyer cette lettre à ta sœur grâce à ta magie. En espérant qu’elle comprenne quelque chose, se chuchota-t-elle.

    - Pépito Purito Pépérouto ! Je veux que cette lettre atterrisse aux côtés de Dorémi !

     

    Léonie avait disparu, tout en sombrant dans le sommeil. Que lui était-il arrivé ?

    - Elle a usé de beaucoup de magie pour confectionner tout ce qu’elle a entreprit, expliqua Sa Majesté. Et je pense que vos paroles ont réussi à la faire réfléchir sur tout ceci. Ce qui serait la cause de son évanouissement.

    - Mais en attendant, comment on va sortir d’ici ? demanda Dorémi.

    - Moi je sais ! s’exclama Flora. Seules des apprenties sorcières peuvent nous faire sortir d’ici…

    - Oui mais Flora, Léonie nous a retiré nos consoles. Nous ne pouvons pas utiliser la magie, expliqua calmement Loulou.

    - Et comme nos consoles ne se trouvent pas à l’intérieur de ce dôme, même une sorcière ne peut pas les faire apparaître, poursuivit Émilie.

    Mais Flora sorti alors sa boule de cristal.

    - Ma boule de cristal est formée de vos boules de cristal à vous. Si je la divise, alors vous retrouverez vous boules de cristal, et donc vos pouvoirs. Pololin Puro…

    - Non Flora ne fait pas ça !

    Sophie sauta alors sur Flora. Toutes deux tombèrent sur le sol.

    - Aille… Je vais avoir une grosse bosse maintenant… Mais pourquoi tu m’as sauté dessus Sophie ?

    - Flora, tu ne peux pas faire une chose pareille ! s’exclama Mindy.

    - Mais pourquoi ? J’ai quand même le droit de faire ce que je veux avec ma boule de cristal…

    - Non Flora. Nous t’avons donné nos boules de cristal parce que nous ne voulions pas devenir des sorcières. Ton pouvoir est plus puissant maintenant, expliqua Dorémi.

    - Mais vous pouvez très bien rester des humaines tout en utilisant vos boules de cristal, ça ne pose pas de problème.

    - Peut-être, mais si tu utilises ta boule de cristal, tu risques de t’affaiblir.

    - Non, je ne risque rien. Avant de revenir vivre dans le monde des humains avec vous, Sa Majesté m’avait dit que si jamais vous changiez d’avis et que vous vouliez devenir des sorcières, je pouvais re-diviser ma boule de cristal pour vous les rendre. N’est-ce pas Votre Majesté ?

    - C’est vrai. Je t’avais dit cela Flora. Néanmoins, c’était avant d’être atteinte de la malédiction de l’inconnu. J’ignore l’effet que cela aura sur toi maintenant.

    - Mais ce n’est pas grave. Vous pourrez utiliser la magie et nous sortir d’ici. En plus, maintenant que Léonie dort, sa magie ne vous compliquera pas les choses.

    - Non Flora, ne divise pas ta boule de cristal. Nous trouverons une autre solution…

    Quand un morceau de papier apparut soudainement auprès des filles.

    - Qu’est-ce que c’est que ça ?

    Émilie ramassa alors le papier, et commença à lire. Du moins, elle essayait de lire, ce qui n’était pas facile.

    - Qu’est-ce que c’est Émilie ? demanda Dorémi.

    - Euh… eh bien… il y a tellement de fautes que je n’arrive pas à lire… Mais il y a ton nom écrit dessus, et celui de Bibi.

    - Bibi ! C’est peut-être un message de ma sœur ! Fait voir, j’ai l’habitude de la relire.

    Elle attrapa le papier.

    - Je vais vous lire ce qui est écrit. Dorémi, c’est Bibi. Je sais que tu ne voulais pas mais je suis dans le monde des sorcières avec le Docteur Guéritout et Sa Majesté l’ancienne reine. Apparemment, le pouvoir des apprenties sorcières peut entrer et sortir du lieu où vous êtes. Alors, il faudrait que vous utilisiez votre magie avec l’aide de toutes les sorcières présentent avec vous pour que nous pouvons… non, pour que nous puissions, vous sortir de la forêt des sorts. J’espère te retrouver très vite. Ta bibi.

    - Mais je ne comprends pas…

    - Si nous utilisons chacun de notre côté la magie, et que les deux se rencontres, alors nous aurons une possibilité de sortir, expliqua Sa Majesté. Mais seul le pouvoir des apprenties, et l’aide des fées, peuvent nous permettre de réaliser cette union de magie.

    - Vous voyez ? lança Flora. Vous avez besoin de vos pouvoirs pour nous sortir d’ici.

    - Peut-être, mais tu ne briseras pas ta boule de cristal Flora.

    - Mais je ne vais pas la briser. Juste la re-diviser…

    - Même, tu ne le feras pas…

    - Vous ne m’en empêcherez pas !

    - Flora non !

    Mais une bulle entoura alors Flora, empêchant quiconque de l’approcher.

    - Flora arrête !

    - Pololin Purolin Flora Florapi !

    - Flora non ne fait pas ça !

    Sa Majesté, Camille et Maggie-Grigri tentèrent d’employer la magie mais rien ne passait à travers la bulle former autour de Flora.

    - Boule de cristal, divise-toi et redonne la petite boule de cristal à son propriétaire !

    - Flora arrête !

    Mais il était trop tard. La boule de cristal de Flora s’illumina, devint multicolore, et explosa en sept petites sphères. La sphère rose se dirigea à toute vitesse vers Dorémi, la orange vers Émilie, la bleue vers Sophie, la violette vers Loulou, la jaune vers Mindy, la rouge sortie du dôme, et la blanche resta auprès de Flora. Mais celle-ci tomba alors à la renverse, au moment où la bulle magique disparut.

    - Oh non Flora !

    Toutes se précipitèrent vers Flora, qui reprenait doucement ses esprits.

    - Waouh… C’était puissant comme magie…

    Puis, soudain, elle se releva.

    - Bon alors, vous le faites ce cercle magique oui ou non ?

    - Flora… Tu nous as fait peur…

    - Allez dépêchez-vous !

    Les filles se placèrent alors en cercle, boules de cristal en main.

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Papali Papone !

    - Cercle magique !

    - Pololin Purolin Flora Florapi !

    Sa Majesté, Camille et Maggie-Grigri employèrent alors elles-aussi la magie, afin d’aider les filles. Grâce aux pouvoirs des apprenties sorcières, leur magie allait pouvoir sortir du dôme.

     

    - Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? demanda alors Bibi.

    - Je vais réunir l’ensemble des membres du Cénacle et le FLAT4. Et ensuite, on se rejoindra devant la forêt des sorts.

    Après avoir réuni le Cénacle au complet, tous se dirigèrent vers l’entrée de la forêt des sorts, sans entrée à l’intérieur.

    - Bibi, à toi de jouer.

    - Oui. Pépito Purito Pépérouto !

    Toutes les sorcières, et le FLAT4 usèrent alors de leur magie pour rendre le sort de Bibi plus puissant. Néanmoins, plusieurs minutes passèrent, et rien ne se passa. Le contact ne se faisait pas. Jusqu’au moment où une lueur arriva jusqu’à la main libre de Bibi. Une lueur rouge. Bibi ouvrit alors sa main gauche. Elle tenait dans sa main… sa petite boule de cristal.

    - Quoi ! Mais pourquoi est-ce que ma boule de cristal est ici ? Qu’est-ce qu’il se passe ! Dorémi !

    Puis soudain, le contact se fit. Les filles avaient utilisé la magie. Elles avaient réussi.

    - Maintenant Bibi, tu dois envoyer Fafa dans le rayon lumineux. Lorsqu’elle aura retrouvé les autres fées, alors elles seront sauvées.

    - Oui. Fafa ? Tu as compris ce que tu devais faire ?

    - Fafa ! Fafa !

    - Baba, tu veux bien aider Fafa ? demanda alors l’ancienne reine à sa fée.

    - Tout de suite Majesté.

    Puis Fafa et Baba, une fée adulte vêtu principalement de rouge et possédant de long cheveux châtain, entrèrent dans le rayon lumineux et disparurent.

     

    Les filles et toutes les sorcières avaient utilisé leur magie. Et le contact s’était fait aussitôt. Un rayon lumineux était alors sorti du dôme.

    - Maintenant, s’exclama Sa Majesté, vous devez envoyer les fées dans le rayon. Lorsqu’elles auront retrouvé Fafa, nous pourrons sortir d’ici.

    - Vous avez compris les fées ?

    - Dodo !

    - Mimi !

    - Fifi !

    - Lolo !

    - Dydy !

    - Floflo !

    - Ne vous inquiétez pas, s’exclama Lala, je m’occupe de vos petites fées.

    - Merci Lala.

    Toutes les sept entrèrent alors dans le rayon, et disparurent.

     

    Toutes attendaient avec appréhension que les fées parviennent à se trouver à l’intérieur du labyrinthe de lumière. Elles ne pouvaient pas suivre leur évolution, et en étaient très inquiètes.

    Quand la forêt des sorts se mit à être aspirée. Tout était en train de disparaître sous leurs yeux. Le dôme où elles étaient retenues s’évaporaient. Les arbres qui les entouraient s’évaporaient. Les roches qui les entouraient s’évaporaient. Elles commençaient à voir la lumière du jour apparaître.

    Néanmoins, cela leur demanda beaucoup d’énergie, malgré l’aide des sorcières. Elles espéraient toutes que cela allait bientôt s’arrêter avant de ne plus avoir suffisamment d’énergie pour tenir.

    Le rayon lumineux libéra ensuite toutes les fées qui s’y trouvaient. Puis une boule lumineuse éclata, illuminant toutes les sorcières présentent, avant de disparaître. Ça y était. C’était terminé. La forêt avait disparu. Elles voyaient de nouveau le parterre de fleur qui jonchait le sol. Elles voyaient de nouveau le ciel multicolore qui caractérisait le monde des sorcières. Mais surtout…

    - Dorémi !

    - Oh Bibi ma petite chérie !

    Bibi sauta dans les bras de sa sœur, pleurant de joie.

    - Bibi je suis si contente de te revoir. C’est grâce à toi si la forêt des sorts à disparut…

    - Votre Majesté… s’exclama les membres du Cénacle.

    - L’arbre qui délivrait le pollen à également disparut à ce que je vois, leur répondit Sa Majesté.

    - La magie employée à non seulement détruit la forêt des sorts, mais elle a également annulé tous les sortilèges employés par cette sorcière. Toutes les sorcières endormies se réveillent petit à petit.

    - Votre Majesté, que comptez-vous faire concernant la sorcière Léonie ? demanda alors Camille, en l’apercevant, endormit sur le sol.

    - Je ne lui retirerais pas ses pouvoirs, malgré ce qu’elle a fait. Néanmoins, elle sera placée sous surveillance constante, et je l’obligerais à se rendre dans le monde des humains afin de lui montrer un autre visage de ce monde que celui qu’elle a connu et vécu.

    - Votre Majesté, n’oubliez pas qu’elle a plongé la moitié du monde des sorcières dans le sommeil et qu’elle a fait régner la terreur, s’exprima la sorcière Mira.

    - Sans oublier qu’elle vous a enlevé et retenu plusieurs jours, poursuivit Roxane.

    - J’en suis consciente. Mais Léonie ne faisait pas cela pour faire régner la terreur. Elle voulait préserver le monde des sorcières. Elle refusait que d’autres sorcières ne vivent la même expérience qu’elle. Ces actes ne pourront rester impunis. Elle sera bannie du monde des sorcières, mais je lui laisserais la possibilité d'utiliser une partie de ses pouvoirs dans le monde des humains.

    Des gardes emmenèrent la jeune Léonie dans une salle du château, sous surveillance, jusqu’à son réveil. Toutes étaient fatiguées, très fatiguées même, mais heureuses que tout cela soit enfin terminée.

     

    Épisode 25: Négociations

    Épisode 27: Apprenties sorcières pour la vie


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  • Épisode 25 :
    Négociations

     

    Les filles s’apprêtèrent alors à activer leur console bijou. Mais :

    - Eh bien, qu’est-ce qu’il vous arrive ? demanda Flora. Dépêchez-vous de mettre vos costumes, je veux sortir d’ici moi !

    - On a un problème Flora, s’exclamèrent les filles.

    - Mais quoi ?

    - Nos consoles magiques ont disparu.

    - C’est une plaisanterie !

    - Non, on ne te ment pas Flora. Nous ne pouvons plus utiliser la magie.

    - Il est possible d’empêcher que les pouvoirs d’une sorcière sortent d’un endroit, expliqua Camille. Mais plus les sorcières dont nous souhaitons bloquer la magie sont nombreuses, plus le sortilège doit être puissant.

    - Léonie s’est assurée que vous n’usiez pas de vos pouvoirs en vous les retirant sans s'affaiblir d'avantage avec son sortilège, poursuivit Sa Majesté.

    - Elle aurait peur de nous ? se questionna Sophie.

    Mindy s’avança alors, regarda en hauteur, à l’endroit où se trouvait auparavant l’ombre du visage de la sorcière Léonie.

    - Si vous nous avez retiré nos consoles, c’est parce que vous avez peur de nous, n’est-ce pas ? ce mit-elle à crier. Qu’est-ce que des humaines comme nous pourrions bien vous faire ? Vous pouvez me le dire ? Oui, vous avez vécu la guerre ! Vous avez vécu une enfance très difficile ! Mais vous n’êtes pas la seule ! Et Sa Majesté n’y est pour rien dans tout ça !

    - Mindy… je ne crois pas que ce soit une bonne idée… lui chuchota Dorémi.

    - Alors cessez de vous cacher et venez nous parler en tête à tête ! Si vous avez eu suffisamment de cran pour nous retenir ici, alors vous devriez en avoir suffisamment pour venir jusqu’ici ! On est prête à vous écouter et à vous aider ! On est prête à devenir votre amie ! Alors sortez de votre cachette ! Montrez-vous !

    Mais aussitôt, un très long ruban sortit de nulle part, s’enroula autour de Mindy, et la souleva de terre.

    - Mindy !

    Et tout de suite après, la fameuse sorcière Léonie entra dans le dôme magique où elles étaient retenues. Léonie n’était pas très grande, environ de la taille des filles. Elle avait un jolie visage qui, malheureusement, gardait des traces de son passé difficile et était par conséquent fermé. Néanmoins, Léonie paraissait très jeune. Elle était vêtue, comme la plupart des sorcières, d'une longue robe noire et portait autour du cou sa boule de cristal orange.

    Camille se plaça instinctivement devant Sa Majesté, qui la repoussa sur le côté.

    - Sorcière Léonie, je suis consciente de votre malheur mais je vous demanderais néanmoins de relâcher la jeune Mindy, s’exclama Sa Majesté. Je suis prête à vous écouter, mais je ne puis tolérer que vous malmeniez ces enfants.

    - Depuis que je vis dans le monde des sorcières, jamais une petite humaine ne m’avait parlé avec autant de conviction, avec autant d’insistance.

    - Mindy est quelqu’un de très franche, expliqua Dorémi…

    Elle relâcha alors leur amie.

    - Mon but n’est pas de faire du mal à qui que ce soit. J’ai vécu la guerre, j’ai vécu dans la souffrance. Et mon but n’est pas de reproduire le même schéma dans le monde des sorcières. Mon but est d’empêcher que tout ceci se reproduise dans ce monde. Et le seul moyen d’y arriver est d’empêcher la réunification des deux mondes.

    - Les humains ne sont pas les seuls à faire la guerre. Le monde des sorcières a également connu ça, expliqua Émilie.

    - Actuellement, le monde des sorcières peut vivre en paix. Et la seule chose que je souhaite, c’est que cela perdure encore longtemps. Mais si nous réunissons les deux mondes, alors cette paix ne pourra pas perdurer.

    - Mais comment vous pouvez en être certaine ? demanda Loulou. Les humains changent…

    - Les humains ne changent pas. J’ai vécu dans leur monde. J’avais une famille. J’avais des amis. J’étais heureuse. Mais ce jour fatal, je me suis rendu à l’école malgré les alertes. Ce jour fatal, notre belle ville a été bombardée. Ce jour fatal, j’ai tout perdu. Ma famille. Mes amis. J’étais seule.

    - Votre passé est très difficile, j’en suis consciente, poursuivit Sophie. Mais vous avez réussi à vous en sortir et…

    - J’ai été recueillie par une autre famille, qui m’aimait. Mais je ne parvenais pas à les considérer comme mes parents. Je ne parvenais pas à oublier. Je ne pouvais plus être heureuse.

    - Après un tel événement, c’est tout à fait normal de ressentir ce mal-être, enchaîna Mindy. Mais aujourd’hui, nous sommes là pour vous aider. Et nous ferons tout pour vous rendre de nouveau heureuse…

    - Quand je suis devenue une apprentie sorcière, je faisais tout ce que je pouvais pour aider ces pauvres humains victimes comme moi de ces massacres. Je me sentais enfin utile. J’avais des pouvoirs qui me permettaient d’aider les humains sans qu’ils ne le sachent. Jusqu’au jour où j’ai compris que ce cercle infernal ne s’arrêterait jamais. Chaque jour, il y avait toujours autant de massacres, autant de victimes à aider. Et les humains en sont les seuls responsables. Le jour où je suis devenue une véritable sorcière, j’ai abandonné l’idée de retourner dans ce monde maudit. Je vivais de nouveau heureuse, dans un monde où la paix régnait. Jusqu’au jour où vous avez réveillé Sa Majesté l’ancienne reine, et que vous avez levé la malédiction des grenouilles. Depuis, tous mes mauvais souvenirs reviennent. Et je ne puis tolérer que d’autres sorcières souffrent comme moi je peux souffrir.

    - Je pense que vous devriez écouter les conseils de ces jeunes filles, s’exclama Sa Majesté. Nous disposons de barrières magiques suffisamment puissantes pour refermer cette fameuse porte qui relie les deux mondes si jamais l’entente ne se faisait pas convenablement.

    - Mais dès lors, il sera trop tard…

    - Sorcière Léonie, ce que vous ne voulez pas que la réunification reproduise dans ce monde est en train de se produire. Le pollen que vous avez lancé dans le monde des sorcières plongent dans le sommeil toutes les sorcières souhaitant voir cette fameuse porte ouverte. Mais en faisant cela, vous partager de nouveau le monde des sorcières en deux clans. Vous ne vous vous en rendez peut-être pas compte, mais vous êtes en train d’entamer une nouvelle guerre entre sorcières, exactement comme la guerre de cent ans.

    - Ce serait terrible ! lança soudain Flora.

    - Sa Majesté à raison Léonie, s’exclama Dorémi. Et je sais que vous n’avez pas l’intention de recréer une autre guerre. Vous avez raison sur le faites que les humains se font la guerre encore aujourd’hui. Mais ça, personne ne pourra le changer. Pas même une sorcière. Mais nous pouvons néanmoins faire quelque chose pour eux. Nous pouvons aider les victimes à s’en sortir, et à redevenir heureux. Et si ces victimes connaissent l’existence de la magie, alors ils auront toujours une lueur d’espoir, une lueur de nouveau bonheur en perspective.

    - Les sorcières ne deviendront jamais esclaves des humains…

    - Je n’ai jamais insinué quelque chose de semblable, poursuivit-elle. Mais je sais que parmi les sorcières, certaines auront assez de cœur pour secourir ces pauvres gens. Les sorcières ne ressentent pas les mêmes émotions que les humains. Cette réunification est l’événement idéal pour changer les sentiments des sorcières. Vous l’avez vous-même vécu. Vous avez vous-même aider de pauvres innocents, victimes tout comme vous l’avez été. Je suis certaine que d’autres sorcières seraient prêtent à faire de même.

    - Dorémi à raison vous savez, poursuivit Loulou. Les humains peuvent aider les sorcières à ressentir plus d’émotions, et les sorcières peuvent aider les humains à vivre aussi heureux qu’elles.

    - Tout le monde est gagnant dans cette réunification, continua Sophie.

    - Et si jamais les humains venaient à s’en prendre aux sorcières, alors cette porte pourra de nouveau être fermée, expliqua Mindy.

    - Sa Majesté s’est assurée de prendre toutes les précautions nécessaires pour que cette réunification se passe pour le mieux, insista Émilie.

    - Et moi je suis d’accord avec mes mamans, ne put s’empêcher de lancer Flora. Parce que mes mamans ont toujours raison.

    Léonie était perplexe. Ces petites humaines ne pouvaient pas comprendre ce qu’elle avait enduré durant toute son enfance. Elles ne pouvaient pas comprendre à quel point ce monde lui procurait du bonheur, un bonheur qu’elle avait perdu il y avait bien longtemps. Alors, comment pouvaient-elles être aussi convaincantes ? Comment pouvaient-elles être aussi sûres d’elles ? Et si, finalement, ces petites humaines avaient raison…

    Léonie commença alors à se sentir mal. À se sentir de plus en plus mal. Tout en sombrant dans l’inconscience, son corps tourna sur lui-même. Et Léonie disparut.

    - Léonie !

     

    Bibi volait le plus vite possible. Elle suivait toujours monsieur flèche qui devait la guider jusqu’à Sa Majesté l’ancienne reine du monde des sorcières, qui vivait dans le monde des humains. Elle était déterminée à aider ses amies, malgré la promesse faite à sa sœur. Mais la forêt ne s’en prenait pas aux humains, et elle savait qu’elle ne s’en prendrait jamais à eux. Car l’existence du monde magique serait alors révélée. Et ce n’était pas l’objectif.

    Monsieur flèche s’arrêta alors au-dessus d’une maison, avant de disparaître.

    - Alors, ce serait ici que vivrait cette sorcière ? se questionna Bibi.

    Elle atterrit devant la porte mais, avant même d’avoir eu le temps de retirer son costume, par précaution, la porte de la maison s’ouvrit. Et Bibi se retrouva nez à nez avec la Sorcière Tourbillon, sorcière qu’elle était venu voir. Elle avait de très long cheveux gris, portant une barrette ressemblant à un épi de maïs. Ses yeux également gris était légèrement plissés et elle possédaient de très fins sourcils. Elle portait une longue et très jolie robe blanche à manches courtes.

    - Oh mais, tu es une apprentie sorcière, n’est-ce pas ?

    - Oui…

    - Ne serais-tu pas la jeune Bibi, la petite sœur de Dorémi ?

    - Si… c’est moi…

    - Mais dit-moi, que viens-tu faire ici jeune apprentie sorcière ?

    - J’ai besoin de votre aide Votre Majesté.

    - De mon aide ? Et en quoi puis-je t’aider ?

    - On m’a dit que vous étiez au courant de ce qu’il se passait dans le monde des sorcières.

    - Oui en effet, je suis au courant. Je sais que Sa Majesté ne souhaitait pas me mettre au courant de peur que cette forêt ne me fasse changer d’avis. Mais n’ai rien à craindre, je ne changerais pas d’avis.

    - Je suis rassurée… Mais… si je suis venue vous voir, c’était surtout pour une autre raison…

    - Parle. Je t’écoute.

    - Ma sœur et ses amies ont été enlevées par la forêt des sorts. Tout comme Sa Majesté et Camille. Et je dois absolument me rendre dans le monde des sorcières pour voir les membres du Cénacle. Mais les portes sont verrouillées et… je me disais que peut-être, vous aviez un autre moyen d’aller dans le monde des sorcières…

    - Mon accès est malheureusement verrouillé…

    Bibi perdit subitement tout espoir. Sa Majesté la reine d’avant représentait sa dernière lueur d’espoir de pouvoir retourner dans le monde des sorcières. Elle représentait sa dernière lueur d’espoir de retrouver sa sœur. Maintenant, elle ne pouvait plus rien faire pour la retrouver. Elle allait devoir annoncer à ses parents qu’elle leur avait mentit. Que Dorémi et ses amies n’étaient pas partis avec Maggie-Grigri. Que Flora n’était pas malade. Que Dorémi et les filles avaient tout bonnement disparus.

    - Mais si tu souhaites vraiment te rendre dans le monde des sorcières, j’ai peut-être un moyen de t’y emmener.

    Bibi releva soudainement la tête :

    - C’est vrai ! Vous pourriez vraiment m’y emmener ?

    - Je pense que cela est possible en effet. Si nous parvenons à contacter une sorcière se trouvant dans l’autre monde, nous n’aurons plus qu’à nous rendre devant la porte qui te permet habituellement de te rendre dans le monde des sorcières. Grâce à la magie et l’aide de ta fée, nous devrions réussir à passer.

    - Sauf que ma petite fée se trouve à l’école, chuchota alors Bibi.

    Néanmoins, l’ancienne reine l’avait entendu.

    - Ta petite fée se trouve où ça ?

    - Eh bien… à l’école.

    - Mais que fait ta petite fée à l’école ? demanda-t-elle surprise.

    - Elle a pris ma place pour que je puisse venir vous voir.

    - Je comprends. Retourne dans ta ville petite apprentie sorcière. Je te rejoindrais devant le passage lorsque tu auras récupéré ta petite fée.

    - Merci Majesté.

    Ce fut soulagé que Bibi prit le chemin du retour. Lorsqu’elle arriva à Misora, il n’était pas encore tout à fait l’heure de la fin des cours. Elle ne pouvait donc pas récupérer Fafa. Elle attendit donc, sur son ballet, que la sonnerie retentisse. Mais quand celle-ci retentit, mademoiselle Kiki retint la petite fée dans la classe. Visiblement, elle tentait d’obtenir des réponses, en vain. Alors, comme plus personne ne se trouvait aux alentours, Bibi entra par une fenêtre ouverte.

    - Bibi ! Tu m’as fait peur !

    - Je suis désolée mademoiselle. Mais je vais avoir besoin de récupérer ma petite fée.

    - Tu as pu obtenir des réponses ?

    - Oui. Sa Majesté l’ancienne reine connaît un autre moyen d’entrer dans le monde des sorcières. Elle me rejoint à la boutique.

    - Tu es certaines que ce soit une bonne idée de te rendre dans le monde des sorcières ?

    - Il faut absolument aider ma sœur et ses amies. C’est la seule solution qu’on ait.

    - Dans ce cas, tu restes bien entourée Bibi, je compte sur toi.

    - Oui mademoiselle, ne vous inquiétez pas, je serais très bien entourée.

    - Et tu me donnes des nouvelles le plus vite possible.

    - C’est promis.

    - Bibi, je passerais à la boutique dans la soirée. Je t’y attendrais.

    - D’accord… mais je ne sais pas quand je rentrerais…

    - Ce n’est pas grave. Je passerais la nuit là-bas s’il le faut. Mais j’ai promis à ta sœur de veiller sur toi, et je tiens vraiment à respecter ma promesse.

    - C’est très gentil mademoiselle.

     

    Épisode 24: Le désespoir de Bibi

    Épisode 26: Adieu forêt des sorts


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  • Épisode 24 :
    Le désespoir de Bibi

     

                Bibi venait d’arriver chez elle. Son professeur l’avait accompagné jusqu’à la porte d’entrée mais avait dû rentrer chez elle. Bibi mit très longtemps avant de parvenir à franchir le seuil de la porte. Que dire à ses parents ? Que leur répondre lorsqu’ils s’apercevront que Dorémi ne rentre pas de la boutique ? Et s’ils se rendaient là-bas et qu’ils s’apercevaient que la boutique avait été ravagée ? Que faire ?

    Elle ouvrit délicatement la porte, espérant pouvoir entrer discrètement. Une fois à la l’intérieur de la maison, elle referma la porte. Malheureusement pour elle, sa maman l’entendit entrer.

    - Bibi ? C’est toi ?

    - Oh zut… chuchota alors Bibi. Oui, je suis rentrée ! s’exclama-t-elle tout fort.

    - Vas vite te laver les mains, on va manger !

    - D’accord !

    Bibi avait réussi à échapper aux questions concernant sa sœur. Mais elle savait que cela n’allait pas tarder. Il fallait trouver quelque chose au plus vite. Peut-être qu’elle pourrait leur faire croire qu’elle était toujours à la boutique ? Non, ses parents s’y rendraient et apercevraient le désastre qui s’y trouvait. Ou alors, elle pourrait leur dire que Dorémi est allée dormir chez une de ses amies ? Non, ses parents essayeraient de la joindre sur son téléphone portable et, s’apercevant qu’elle ne répond pas, ils se rendraient chez l’amie en question. La question était très délicate.

    - Dit-moi Bibi, tu sais où est ta sœur ? Elle ne répond pas quand je l’appelle et elle n’est toujours pas rentrée.

    Et voilà, la question t’en redouter venait tout juste d’être posée.

    - Dorémi ? Elle… et bien… elle…

    Bibi ne savait pas quoi répondre. Comment leur cacher que Dorémi avait disparu avec l’ensemble de ses copines ?

    - Un problème Bibi ?

    - Non… non non, il n’y a pas de problème maman. Et si on mangeait ? Je meurs de faim ! s’exclama Bibi tentant de détourner la question, bien qu’elle n’ait pas faim.

    - Commence à manger sans moi, je vais à la boutique voir ce que fait ta sœur…

    Bibi se releva alors brusquement de sa chaise, se plaçant devant la porte d’entrée, empêchant sa maman de partir.

    - Ça ne sert à rien d’aller à la boutique, elle n’y est pas.

    - Très bien, alors où est-elle ? Et pourquoi ne me répond-t-elle pas ?

    - Parce que… parce que…

    Bibi réfléchissait à toute allure. Que répondre à sa maman ?

    - Parce qu’elle a dû partir de toute urgence avec ses copines. Oui, Flora est tombée gravement malade et elles ont été obligées de l’emmener de toute urgence chez un médecin spécialisé. Et elle m’a demandé de te dire que là-bas, elles n’auraient pas de réseau mais que tu ne devais pas t’inquiéter pour elles car elles sont avec la propriétaire de la boutique…

    Bibi avait sorti cette explication en une vitesse éclaire. Elle fut d’ailleurs surprise de ne pas s’être mélangé les pinceaux. Mais Haruka allait-elle croire à son mensonge ?

    - Elle est partie tu dis ? Mais où ça ?

    - Euh… Dorémi me l’a dit mais j’ai oublié le nom…

    - Et quand vont-elles revenir ?

    - Je ne sais pas. Quand Flora sera guérit je suppose…

    - QUOI ! Et leur scolarité ! Elles vont louper l’école ! Elles sont complètement inconscientes !

    - Maman, Flora était gravement malade. Elles ont d’abord pensé à la vie de Flora tu sais…

    - Gravement malade tu dis ? Cette petite est si malade que ça ?

    - Euh… oui… elles ne seraient jamais partis sinon…

     

    Bien qu’en temps normal, Bibi avait beaucoup de mal à rester éveiller, cette nuit-là, elle ne trouva pas le sommeil. Dorémi avait disparu. Ses amies avaient disparu. Les petites fées avaient disparu. Maggie-Grigri et Lala avaient disparu. Et même Sa Majesté et Camille étaient toujours portées disparues. Dorémi lui avait fait promettre de ne pas essayer de les retrouver. Mais comment allait-elle réussir à tenir sa promesse ? C’était impossible.

    Le lendemain, bien qu’elle soit physiquement présente en classe, Bibi était absente mentalement. Ce que remarqua très rapidement mademoiselle Kiki qui fit tout pour que ses camarades ne l’a dérange pas trop.

    Le soir, elle retourna à la boutique, seule. Elle ne savait pas quoi faire pour les filles. Mais elle pouvait faire quelque chose pour la boutique : la remettre en état. Même si elle pouvait aisément utiliser la magie pour ce faire, Bibi préféra ne pas s’en servir, et ranger cette endroit de ses propres mains.

    Mais bien vite, deux personnes entrèrent dans la boutique. Bibi se retourna, s’apprêtant à leur dire que la boutique était malheureusement fermée et qu’ils devaient repasser plus tard quand elle reconnut les deux individus. Tous deux étaient des amis des filles : François et Frédéric.

    François Tetsuya possédait de jolis yeux bleus, d'épais sourcils noirs ainsi que des cheveux bruns peignés en pique sur le dessus de la tête, Il portait un T-shirt jaune, à manches courtes violettes, où le chiffre neuf y était inscrit d'une couleur rouge. Il était vêtu d'un pantalon bleu foncé avec des revers d'un bleu plus clair, et portait une ceinture violette. Il chaussait des baskets rouges et blanches. Une montre bleue claire était attachée à son poignet gauche. Tout le monde savait, surtout depuis le jour de la remise des diplômes de fin d'année de primaire, qu'il avait un faible pour Dorémi.

    Frédéric Yada avait des cheveux verts foncés formant plusieurs mèches, dont trois petites lui descendaient au niveau du front. Il avait de fins sourcils et des yeux également verts. Il portait une chemise violette dont il retroussait légèrement les manches, un pantalon marron et des chaussures grises foncées. Frédéric était le petit ami d’Émilie depuis maintenant plusieurs années, mais tous deux gardaient leur relation secrète.

    - Tu es Bibi n’est-ce pas ? demanda alors François. La petite sœur de Dorémi ?

    - Euh… oui mais…

    - Tu ne saurais pas où sont les filles par hasard ? Parce qu’elles n’étaient pas en classe aujourd’hui. Toutes les six. Et on s’inquiétait pour elles.

    - Dorémi… elles… elles ont emmené Flora de tout urgence voir un médecin spécialisé.

    - Flora est malade ?

    - Oui et les filles sont tout de suite partis avec elle pour la guérir.

    Mais les deux garçons constatèrent tout de suite l’étendue des dégâts de la boutique.

    - Mais, qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?

    Bibi dû de nouveau faire travailler ses méninges afin de trouver rapidement une réponse à cette question.

    - Elles… ont paniqué. En voyant Flora dans cet état, elles ont paniqué et ont renversé tous ce qui se trouvait sur leur chemin…

    - Monsieur Akiota était dans tous ses états aujourd’hui en s’apercevant que les six filles étaient toutes absentes. J’espère pour elles qu’elles reviendront rapidement. Elles risquent d’avoir de sérieux ennuis sinon.

    - Elles en ont des bien pire en ce moment, chuchota Bibi.

    Les deux condisciples repartirent. Mais Bibi ne resta pas seule très longtemps. Car son professeur la rejoignit.

    - Bibi, je t’avais demandé de m’attendre avant de partir de l’école. Et s’il t’était arrivé quelque chose sur le chemin ?

    - Je suis désolée mademoiselle…

    Mais bien vite, François et Frédéric revinrent accompagnés d’une bonne partie des anciens camarades de l’école primaire des filles pour aider la jeune Bibi à ranger. Tous étaient très inquiets pour elles. Mais Bibi et mademoiselle Kiki étaient les plus inquiètes, car elles seules connaissaient la vérité.

    Le soir, alors qu’elles étaient restées toutes les deux à la boutique, Bibi finit par prendre sa décision.

    - Même si j’ai promis à Dorémi de ne rien faire pour les aider, il faut quand même que je fasse quelque chose pour les sortir de là. Il faut absolument que j’aille dans le monde des sorcières.

    - Bibi, je sais que tu as envie de les aider. Mais j’ai également fait une promesse à ta sœur. Je lui ai promis de veiller sur toi à chaque moment de la journée. C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis constamment avec toi. Mais si tu vas dans le monde des sorcières, je ne pourrais pas te suivre. Et, d’après ce que m’ont dit les filles, le monde des sorcières n’est pas un endroit sûr pour le moment.

    - Je sais. Mais il faut absolument les aider. Si Sa Majesté n’a toujours pas réussi à s’en sortir, alors les filles n’ont aucune chance de revenir parmi nous. Il faut absolument que j’aille dans le monde des sorcières voir si les membres du Cénacle se sont réveillés. Elles seules savent ce qui est arrivé à Sa Majesté, et donc à Dorémi et les filles.

    Bibi frappa sur sa console magique, et enfila son costume.

    - Pirouli piroula et voilà !

    Elle se dirigea vers la porte menant au monde des sorcières. Elle tourna la poignet. Mais la porte ne s’ouvrit pas. La porte était verrouillée. Et, bien évidemment, Bibi n’avait pas la clef.

    - Pépito Purito Pépérouto ! Donne-moi la clef de la porte du monde des sorcières !

    Mais son sortilège ne fonctionna pas.

    - Pépito Purito Pépérouto ! Que la porte s’ouvre !

    Mais de nouveau, son sort ne marcha pas.

    - Pépito Purito Pépérouto ! Aller petite porte, ouvre-toi tout de suite !

    Mademoiselle Kiki s’approcha alors de son élève, dont les yeux commençaient à lâcher des larmes de panique.

    - Bibi… Ça ne sert à rien de t’acharner sur cette porte…

    - Mais je dois aller dans le monde des sorcières !

    - La porte est verrouillée Bibi. Il doit y avoir une explication…

    - Il doit forcément y avoir un autre moyen d’entrer dans le monde des sorcières !

     

    Bibi réfléchît toute la nuit. Comment entrer dans le monde des sorcières ? Comment aller demander de l’aide aux membres du Cénacle ? Le lendemain, à l’école, cette question lui trottait toujours dans la tête. Quand sa tête se mit à tourner. Sa vision devint floue. Puis plus rien.

    Bibi se réveilla à l’infirmerie. Elle ne comprit pas ce qu’il venait de se passer.

    - Tout va bien Bibi, ne t’inquiète pas. Tu es tombée de fatigue mais tu t’es reposer plusieurs heures. Ton professeur m’a demandé de te dire de l’attendre ici, lui expliqua alors la nouvelle infirmière de l’école primaire de Misora.

    Jusqu’à la fin des cours, Bibi essaya de nouveau de répondre à ses questions. Mademoiselle Kiki finit par venir la chercher et la raccompagna chez elle, dans le but d’expliquer à ses parents que leur fille avait perdu connaissance au cours de la journée. Mais, au milieu du chemin, Bibi s’arrêta de marcher.

    - Qu’est-ce qu’il y a Bibi ?

    - Ça y est ! Je sais ! Il existe d’autres sorcières qui vivent dans ce monde ! Elles doivent forcément avoir un moyen d’entrée dans le monde des sorcières !

    - Tu voudrais rechercher les sorcières qui vivent dans ce monde ? Mais Bibi, cela va te prendre beaucoup de temps…

    - Sauf si on fait appelle à la magie. Je sais que la mère de Maggie-Grigri vit quelque part dans le pays. Si j’arrive à la trouver, peut-être que je pourrais retourner dans le monde des sorcières.

    - Bibi, je sais que tu veux aider ta sœur et ses amies. Mais pour l’instant, il faut que tu penses à toi. Tu as perdu connaissance pendant la classe, tu dois te reposer. Passe une bonne nuit de sommeil et seulement après tu pourras commencer les recherches. Tu es d’accord avec ça ?

    - D’accord. Mademoiselle, demain, j’enverrais ma petite fée à ma place en classe.

    - C’est gentil de me prévenir. Mais tu es certaine que tu ne risques rien ?

    - Maintenant que la forêt a réussi à s’emparer de ma sœur et des autres, je ne risque pas grand-chose. Et puis, je serais entourée par des sorcières en me rendant chez elles.

    - Je veux que tu utilises ta magie pour me prévenir du moindre incident, d’accord ?

    - Oui d’accord.

    Elles arrivèrent devant la porte des Harukaze.

    - Je compte sur toi Bibi.

    - Oui mademoiselle.

    Puis elles sonnèrent. Madame Harukaze ouvrit alors la porte, surprise de trouver Bibi en présence de son institutrice.

    - Mademoiselle Kiki…

    - Bonjour madame Harukaze. Je suis désolée de vous déranger, mais ne vous inquiétez pas, je ne vous dérangerais pas longtemps. Je passais simplement vous prévenir que Bibi est tombée de fatigue ce matin à l’école. Ne vous inquiétez pas, elle a été prise en charge par l’infirmière et elle a pu se reposer. Néanmoins, je pense qu’il faudrait veiller à ce qu’elle se repose convenablement cette nuit.

    - Bibi… mais enfin je ne comprends pas, tu es au lit de bonne heure pourtant… Je suis sincèrement désolée mademoiselle, entre ma grande qui est partie je ne sais trop où avec ses amies et la petite qui se comporte étrangement depuis quelques jours, j’avoue que je ne sais plus où donner de la tête.

    - Oui je comprends. Bibi m’a mise au courant pour sa sœur et pour l’état de santé de la jeune Flora. Écoutez, ne vous inquiétez pas pour Bibi, je vais la prendre en charge lorsqu’elle ne sera pas chez vous.

    - C’est très gentil à vous mademoiselle mais je ne veux pas vous embêter davantage avec nos problèmes. Vous avez déjà raccompagné Bibi jusqu’ici et…

    - Ne vous inquiétez pas madame Harukaze, cela ne me dérange pas. Je prendrais votre fille en charge afin d’éviter tout problème.

    - Merci beaucoup mademoiselle… je ne sais pas comment vous remercier…

    - C’est tout naturel. Bibi, n’oublie pas ta promesse, tu dors cette nuit.

    - Oui mademoiselle.

     

    Le lendemain matin, Bibi envoya Fafa à sa place en classe. Mais elle n’était pas inquiète, car elle avait prévenu son professeur. Pendant ce temps, elle enfourcha son ballet. Jusqu’au moment où…

    - Oh zut… Je ne sais pas où elle habite moi cette sorcière… Bon, très bien, on va devoir utiliser les grands moyens.

    Sortant sa baguette magique :

    - Pépito Purito Pépérouto ! Aide-moi à trouver Maya la sorcière !

    Et aussitôt, un plan apparut devant elle.

    - Oui !

    Après quelques heures de vol, elle arriva enfin chez Maya.

    - Ma petite Bibi, quel plaisir de te voir ! Mais dit-moi, que viens-tu faire dans les parages petite apprentie sorcière ?

    - Maya, j’ai besoin de ton aide. Je dois absolument aller dans le monde des sorcières mais la porte reliant les deux mondes présente dans la boutique est verrouillée…

    - Tu n’es donc pas au courant ? Toutes les voies menant au monde des sorcières ont été verrouillées par cette forêt des sorts. Plus personne ne peut aller d’un monde à l’autre.

    - QUOI ! Mais je dois absolument m’y rendre ! Ma sœur et ses amies ont été kidnappées par la forêt, je dois absolument parler aux membres du Cénacle !

    - J’ai peut-être des informations pour toi à ce sujet. Alors… Voyons… qu’est-ce que c’était déjà…

    Bibi bouillonnait, avide de savoir ce que Maya voulait lui dire, si elle daignait retrouver la mémoire.

    - Ah oui ! La dernière fois que je me suis rendu dans le monde des sorcières, les membres du Cénacle venaient de se réveiller. Et… voyons… oui ! Elles ont alors expliqué que la chose qui avait enlevé Sa Majesté et Camille et qui les avait plongé dans le sommeil était une créature très étrange. Une créature dont une fissure est apparue le long de son corps et qui s’est activée après que Sa Majesté ait tenté d’utiliser sa magie. Et… laisse-moi réfléchir… c’est ça ! C’est alors qu’une lumière éblouissante est sortie de la fissure, et elles ont sombré dans le sommeil.

    - J’ai vu cette lumière disparaître de la boutique au moment où mes amies ont disparu ! Je suis sûre que c’est cette chose qui a également enlevé ma sœur et les filles ! Mais où les a-t-elles emmenées ?

    - Personne ne le sait petite apprentie…

    - Mais comment je vais faire pour retrouver mes amies si personne ne sait où elles sont ?

    - Il y a peut-être une sorcière qui pourrait t’aider.

    - Mais le passage dans le monde de la magie est verrouillé…

    - Toutes les sorcières ne vivent pas dans le monde des sorcières. Il existe sur Terre une sorcière extrêmement puissante, qui pourra certainement t’apporter de l’aide.

    Bibi réfléchissait. Quelle sorcière suffisamment puissante, vivant dans le monde des humains, pourrait l’aider à retrouver ses amies ? La réponse lui vint très rapidement.

    - Sa Majesté l’ancienne reine !

    - Exactement.

    - Mais je croyais qu’elle ne devait pas être mit au courant de ce qu’il se passait dans le monde des sorcières ?

    - La situation est devenue tellement grave qu’elle a fini par le savoir d’une façon ou d’une autre.

    - Mais où est-ce qu’elle vit ?

    - Je ne sais pas. Mais tes merveilleux pouvoirs magiques devraient pouvoir te guider jusqu’à elle. Je veux bien t’aider à utiliser une magie plus puissante si tu veux.

    - Oui je veux bien.

    Bibi attrapa sa baguette magique.

    - Pépito Purito Pérépouto ! Que monsieur flèche me guide jusqu’à Sa Majesté l’ancienne reine !

    Grâce à l’aide de Maya, dont la magie employée était bien trop puissante pour elle seule, monsieur flèche apparue, et s’envola dans les airs.

    - Bonne chance petite apprentie sorcière.

    Bibi repartît alors de chez Maya. Elle avait réussi à obtenir des réponses, même si elle n’avait toujours pas réussi à retourner dans le monde des sorcières. Maintenant, elle n’avait plus qu’à suivre monsieur flèche, qui l’a guidait vers sa prochaine destination.

     

    Épisode 23: La révélation

    Épisode 25: Négociations


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  • Épisode 23 :
    La révélation

     

                Dorémi était seule dans sa chambre, allongée dans son lit. Elle avait terminé ses devoirs à la boutique avec ses amies, même si cela leur pris plus de temps que prévu. L’inquiétude était telle qu’elle était constamment dans ses pensées. Même l’idée de manger un bon gros steak ne la réjouissait pas. Ce qui préoccupait ses parents.

    Puis des coups furent frappés sur sa porte.

    - Dorémi ? C’est moi, Bibi. Je peux entrer ?

    Bibi était aussi inquiète que sa sœur. D’ailleurs, elle n’avait jamais demandé la permission à Dorémi pour rentrer dans sa chambre, ce fut une première.

    - Oui, bien sûr.

    Bibi entra et referma la porte de sa sœur en tournant la clef dans la serrure.

    - Des nouvelles du monde des sorcières ?

    Dorémi lui répondit négativement de la tête.

    - Dorémi ?

    - Oui ?

    - Le monde de la magie est en train de disparaître, n’est-ce pas ?

    Dorémi se redressa, et regarda sa petite sœur.

    - L’ensemble des sorcières qui souhaitent que les humains côtoient les sorcières sombrent dans le sommeil. Mais le monde de la magie n’est pas en train de disparaître Bibi. Ce n’est pas l’objectif…

    - Dorémi… Je ne veux pas qu’il vous arrive quelque chose…

    - Maggie-Grigri veille sur nous Bibi. Et puis, nous sommes des apprenties sorcières.

    - Je sais. Mais si Sa Majesté n’a pas réussi à lui résister, comment vous allez faire ?

    - Vient avec moi.

    Dorémi activa sa console magique et enfila son costume, suivit de près par Bibi :

    - Pirouli piroula et voilà !

    Elles enfourchèrent leur ballet et s’envolèrent au-dessus de Misora.

    - Bibi, même s’il devait nous arriver quelque chose, surtout n’essaye pas de nous retrouver ou de nous aider.

    - Quoi ! Non, Dorémi, je ne peux pas accepter ça !

    - Bibi, si la personne qui contrôle cette forêt des sorts ne s’en prend pas à toi, c’est parce que tu es constamment entouré d’humains. Tu ne t’en rends peut-être pas compte mais tes amis te sauvent la vie quotidiennement. Si avec Émilie, Sophie, Loulou et Mindy, nous sommes en danger, c’est parce que nous sommes les mamans de Flora et que notre rôle est de la protéger. Notre rôle est de faire en sorte que rien ne lui arrive.

    - Mais moi aussi, je veux la protéger ! Je ne suis peut-être pas sa maman, mais je suis sa grande sœur…

    - Bibi, Flora en a conscience. Et le fait de ne pas te mettre en danger en restant avec nous lui apporte un gros avantage.

    - Comment ça ?

    - Si cette forêt ne s’en prend pas à toi, alors il restera toujours une apprentie sorcière dans cette ville prête à veiller sur les habitants. Et même si Flora n’a pas encore tout à fait quatre ans, elle est suffisamment mature pour le comprendre et compter sur toi pour réaliser cette tâche.

    - Mais… Dorémi…

    - Bibi, si jamais nous devions disparaître, je compte sur toi pour prendre soin des parents. Prends soin d’eux, et ne retourne pas dans le monde des sorcières.

    Bibi se mit alors à pleurer. Puis, sans prévenir, elle sauta de son ballet pour atterrir au cou de sa sœur qui l’a rattrapa de justesse.

    - Dorémi…

     

    Le lendemain, les filles se rendirent inquiètes en classe. Régulièrement, elles trouvèrent Lala, sous l’apparence du chat, cachée dans différents endroits de l’école. Maggie-Grigri n’était également pas très loin des filles, prête à intervenir en cas de problème.

    Ce fut sans embarras qu’elles retournèrent au Maho-dou après les cours. Alors qu’elles préparaient des petits biscuits en attendant Bibi et mademoiselle Kiki, un client entra dans la boutique.

    - J’y vais, s’exclama Sophie.

    Sophie se rendit donc dans la pièce principale de la boutique pour accueil le client qui venait d’arriver. Seulement, quelques secondes plus tard :

    - AHHHHH ! Mais qu’est-ce que c’est que ça ? s’écria-t-elle, horrifiée.

    - Sophie !

    Les filles la rejoignirent le plus vite possible. Mais quand elles arrivèrent au côté de leur amie, elles comprirent pourquoi Sophie été devenue soudain apeurée. Car devant elles se trouvaient une créature terrifiante. Cette créature ressemblait vaguement à un humain, un humain possédant de multiples malformations. Car cette chose n’avait pas de visage : pas de bouche, pas de nez, pas d’œil, pas d’oreille. Ses bras et ses jambes étaient extrêmement fins, formant une sorte de ressort. Ses cheveux, noirs entourés de violets, paraissaient voler seuls sur sa tête. Cet être n’était visiblement pas stable, et oscillait sur lui-même.

    Quelle était cette chose ? Les filles n'en avaient pas la moindre idée, ni même Maggie-Grigri et Lala. Jamais elles n'avaient rencontré de créature dans le même genre. Quand soudain, une fissure, partant de la tête en descendant jusqu’au bas du corps de cet être, se dessina. Une fissure qui s’élargissait de plus en plus, laissant voir un espace entièrement noir.

    Maggie-Grigri se plaça alors devant les filles et utilisa sa magie pour faire disparaître cette chose mystérieuse et terrifiante. Malheureusement, le contraire se produisit. Une lumière aveuglante sortie de cette fissure. Une lumière qui les aspirait de plus en plus fort. Une lumière qui détruisait tout autour d’elles. Une lumière qui les plongea toutes dans le sommeil.

     

    Mademoiselle Kiki avait demandé à Bibi de l’attendre pour se rendre à la boutique, afin de s’assurer que rien ne lui arrive sur le chemin. Son professeur ayant besoin d’une petite heure pour terminer ce qu’elle avait à faire, Bibi l’attendit dans la salle réservée aux enseignants, afin d’éviter d’être remarquée par ses camarades. Elle en profita pour faire ses devoirs.

    - Tu es prête Bibi ? demanda alors mademoiselle Kiki en arrivant.

    - Oui.

    Toutes deux quittèrent alors l’école primaire de Misora pour se rendre dans la boutique de magie où sa sœur et ses amies devaient être arrivées depuis une petite demi-heure. Mais, en arrivant devant le Maho-dou, Bibi remarqua une étrange lumière qui venait de disparaître. Une lumière qui ne devait pas se trouver dans la boutique.

    - C’était quoi ça !

    Elle descendit en courant les marches de l'escalier, monta rapidement celles se trouvant devant l'entrée et ouvrit violemment la porte de la boutique. Mais ses jambes ne purent l’emmener plus loin. La boutique avait été retournée. Les tables étaient renversées, les étagères étaient tombées, toutes les pâtisseries étaient répandues sur le sol. Mademoiselle Kiki arriva derrière Bibi. Ce fut avec horreur qu’elle découvrit l’état de la boutique.

    Bibi retrouva soudainement l’usage de ses jambes, et entra dans le Maho-dou.

    - Dorémi ! Dorémi ! Dorémi, je t’en supplie, répond-moi !

    Elle arpenta toutes les pièces de la boutique, criant le nom de sa sœur et de ses amies.

    - Sophie ! Mindy ! Émilie ! Loulou ! Flora !

    Mais aucune réponse ne lui parvenait :

    - Bobosse ! Lala ! S’il vous plaît, répondez-moi ! Dorémi !

    Bibi finit par se prendre les pieds dans une table renversée, et tomba sur le sol. Pleurant, elle ne parvenait plus à se relever.

    - Dorémi… Dorémi… Dorémi…

    Mademoiselle Kiki releva alors son élève avant de la serrer contre elle :

    - On va les retrouver. On va les retrouver.

     

    - Dorémi… Dorémi, réveille-toi…

    Dorémi commença à ouvrir doucement les yeux. Elle parvenait encore difficilement à voir, mais elle put apercevoir Sa Majesté à ses côtés.

    - Mais qu’est-ce que…

    Elle repensa alors à ce qu’il venait de se passer. Elle se trouvait à la boutique de magie, avec ses amies. Un client est entré, Sophie est allée l’accueillir, et elle s’est mise à crier de peur. Un être étrange se tenait devant elles, avant qu’une fissure n’apparaisse sur son corps. Maggie-Grigri a tenté de les protéger mais une lumière est sortie de la fissure et les a aspirées. La seule chose qu’elles avaient tenté de faire avant de perdre connaissance, c’était de protéger Flora.

    - Flora !

    Dorémi se redressa brusquement.

    - Flora n’a rien Dorémi. Tes amies non plus.

    Dorémi regarda alors autour d’elle. Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora reprenaient doucement connaissance. Maggie-Grigri se trouvaient près d’elles, les rassurant comme le faisait Sa Majesté avec Dorémi. Camille était également présente et faisait de même. Ce fut alors avec surprise qu’elles constatèrent qu’elles tenaient leur petite boule où leur fée se cachait, dans leur main. Et à l’intérieur, elles constatèrent que leur fée s’y trouvait.

    Toutes se demandaient où elles étaient, et pourquoi elles étaient ici.

    - Votre Majesté… où sommes-nous ? demanda alors Flora.

    - Quelque part dans la forêt des sorts. Mais nous savons maintenant qui est la sorcière responsable de tout ceci.

    Toutes s’assirent autour de Sa Majesté, pressées d’entendre la suite.

    - Il y a environ soixante ans, une jeune sorcière s’est rendue dans le monde des humains, par curiosité. À l’époque, la malédiction des grenouilles avait déjà été jetée, et cette jeune sorcière était consciente des risques qu’elle encourait en se rendant dans le royaume des humains. Mais son désir de découvrir ce monde était telle qu’elle décida de s’y rendre, malgré ces risques. Malheureusement, elle fut rapidement démasquée par une petite humaine. Et elle se transforma en grenouille. Voulant à tout prit retrouver son apparence normale, elle fit de cette jeune humaine une apprentie sorcière.

    - Alors, il existait déjà des apprenties sorcières il y a soixante ans ?

    - Elles étaient peu nombreuses, mais il y en avait, leur répondit Camille.

    - Cette humaine, qui se prénommait Léonie, était prête à faire le maximum pour devenir une vraie sorcière. Ce fut avec succès qu’elle réussit les examens d’apprenties sorcières et qu’elle obtint sa fameuse boule de cristal, rendant ainsi l’apparence de sorcière à sa tutrice. Ce que ça tutrice ignorait, c’était que Léonie avait vécu une enfance très bouleversante.

    - Comment ça ? demanda Mindy.

    - Léonie est née à Hiroshima. Elle a vécu une enfance féerique entourée de sa famille et de ses amis. Malheureusement, alors qu’elle n’était âgée que de trois ans, la guerre a éclaté. Et six ans plus tard, un bombardement eut lieu à Hiroshima. Ce jour-là, malgré les alertes à la bombe, Léonie se rendait seule à son école. Mais un quart d’heure avant de parvenir jusqu’à l’établissement, une bombe explosa. Léonie survécu à cette catastrophe. Mais sa famille et ses amis eurent moins de chance qu’elle. Survivre après ce drame fut un enfer pour elle. Quelques années plus tard, elle démasqua une sorcière et devint donc apprentie sorcière. Ce fut à ce moment que sa haine contre les humains a commencé à grandir. Depuis le jour où elle a pu devenir une véritable sorcière, elle ne s’est plus jamais rendue dans le monde des humains.

    - Alors… Léonie refuse que les deux mondes se côtoie parce qu’elle refuse que d’autres sorcières connaissent le même sort qu’elle ?

    - C’est exact. Lorsque Sa Majesté l’ancienne reine a levé la malédiction des grenouilles, Léonie a commencé à cherche le moyen d’empêcher la réunification des deux mondes. Elle est parvenue à redonner vie à la forêt des sorts. Léonie est ensuite parvenue à créer des nuages noirs, plongeant dans le sommeil les sorcières qu’ils touchaient. Mais en apprenant que le Docteur Guéritout avait réussi à trouver le moyen de lever cette malédiction, elle a cherché un autre moyen de convaincre les sorcières de ne pas réunir le monde des humains avec le monde des sorcières.

    - Le fameux pollen, se souvint Émilie.

    - L’arbre qui le délivrait était impossible à retirer, et plongeait toutes les sorcières souhaitant que les deux mondes se côtoient dans le sommeil. De cette façon, moins de sorcières pouvaient vous protéger de Léonie. Et nous savions que vous étiez sa cible. J’ai alors demandé à toutes les sorcières encore éveillées de ne pas vous en parler, et de vous empêcher d’entrée dans le monde des sorcières. Seulement, en constatant que mon souhait de vous tenir éloigner du monde des sorcières fonctionnait, Léonie a alors créé une créature pour le moins étrange. En l’apercevant aux alentours de l’école, j’ai tout de suite compris que vous étiez sa cible. Mais ce que j’ignorais, c’était que cette créature s’activait lorsque nous tentions d’utiliser la magie contre elle.

    - Alors voilà pourquoi je n’ai pas réussi à la faire disparaître, s’exclama Maggie-Grigri. En utilisant la magie, je n’ai fait que l’activer en la poussant à nous aspirer.

    - J’en ai bien peur.

    - Mais qu’est-ce que nous faisons ici ? demanda Émilie.

    - Renoncez à réunir les deux mondes, s’exclama alors une voix. Renoncez à vouloir ouvrir la porte qui relie les deux mondes et vous pourrez sortir d’ici.

    Le visage de la sorcière apparut alors en haut de la cime d’un arbre. Les couleurs étaient très pâles, mais elles constatèrent très vite que cette sorcière avait les yeux d'un rouge profond, un visage très ferme, Ses cheveux paraissaient être marron clair, formant de longues mèches bien lisses finissant en pointe, lui arrivant apparemment plus bas encore que les épaules,

    - Non, s’il vous plaît, écoutez nous…

    - Je n’ai pas à écouter des petites humaines comme vous. Vous avez rendu l’apparence à votre tutrice mais vous avez refusé de devenir des sorcières. Alors vous n’avez rien à faire dans ce monde. Renoncez à venir dans le monde des sorcières. Laissez ce monde tranquille. Ne tentez plus de relier les deux mondes. Et seulement après ça, vous pourrez retourner auprès de vos parents.

    - Mais…

    Le visage de la sorcière disparut alors.

    - Vous ne devez pas l’écouter, leur dit alors Sa Majesté. Cette sorcière n’est pas méchante. Simplement, elle a vécu la guerre et en a gardé un très mauvais souvenir.

    - Mais on doit bien avoir un moyen de sortir d’ici ! s’exclama Maggie-Grigri.

    - Notre magie ne peut pas sortir de cet endroit, lui expliqua Camille.

    - Mais si on unit nos pouvoirs, peut-être que nous y arriverons, s’exclama Flora.

    - Oui, Flora a raison, on a peut-être une chance, lança Lala, entourée des petites fées des filles.

    Les filles s’apprêtèrent alors à activer leur console bijoux. Mais :

    - Eh bien, qu’est-ce qu’il vous arrive ? demanda Flora. Dépêchez-vous de mettre vos costumes, je veux sortir d’ici moi.

    - On a un problème Flora, s’exclamèrent les filles.

    - Mais quoi ?

    - Nos consoles magiques ont disparu.

     

    Épisode 22: Qu'est-il arrivé à Sa Majesté?

    Épisode 24: Le désespoir de Bibi


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  • Épisode 22 :
    Qu’est-il arrivé à Sa Majesté ?

     

                Le soir même, les filles attendaient avec impatience l’arrivée de mademoiselle Kiki, afin de vérifier qu’elle était bien en présence de mademoiselle Coucou. Seulement, lorsque celle-ci arriva, mademoiselle Coucou n’était pas avec elle.

    - Mademoiselle, comment se fait-il que mademoiselle Coucou ne soit pas avec vous ? demanda alors Dorémi.

    - Elle n’est ni chez elle, ni à l’école. Je pensais qu’elle était déjà à la boutique.

    Les six amies se regardèrent. Tout ceci n’était pas normal. Mademoiselle Coucou ne serait pas partit sans prévenir personne, sans prévenir Maggie-Grigri.

    - Il y a un problème ? demanda mademoiselle Kiki, en constatent que ses anciennes élèves étaient très préoccupées.

    - Eh bien… l’infirmerie du collège a été retournée et… mademoiselle Coucou n’y était pas alors que… expliqua difficilement Sophie.

    - Alors qu’elle était censée s’y trouver, acheva mademoiselle Kiki.

    - Je voudrais bien essayer de la trouver avec ma boule de cristal, s’exclama Flora, mais elle est encore trop petite pour ça…

    - Il fallait me le dire plus tôt ! lança Maggie-Grigri. Je vous signale que j’ai veillé sur vous pendant plusieurs années avec ma boule de cristal. Alors, on peut très bien l’utiliser pour localiser Sa Majesté.

    - C’est vrai ? Génial !

    Maggie-Grigri posa sa boule de cristal sur la table, et l’alluma avec ses mains. Cependant, aucune image n’apparut.

    - Ce n’est pas normal…

    - Maggie, qu’est-ce qu’il se passe ?

    - Sa Majesté est introuvable. Il se produit exactement la même chose que lorsque Mindy avait disparu.

    - Oh non… tu veux dire… commença Loulou.

    - Que Sa Majesté a été… poursuivit Mindy.

    - Enlevée et emmenée la forêt des sorts ! termina Émilie.

    - Je n’ai pas dit ça mais… se justifia Maggie-Grigri.

    - Non ! s’exclama Sophie. Sa Majesté n’a pas été enlevée, c’est impossible ! Le Cénacle veille sur elle, alors rien n’est arrivé à Sa Majesté ! Je suis certaine qu’elle est quelque part à Misora !

    Sophie activa sa console bijoux et enfila son costume.

    - Pirouli piroula et voilà !

    - Sophie attend, je viens avec toi ! lui dit Émilie.

    Costume enfilée, les deux apprenties sorcières partirent en ballet à la recherche de mademoiselle Coucou, conscientes qu’elles avaient peu de chance de la retrouver de cette manière. Mais la version de Maggie-Grigri était impossible.

    - Il doit forcément y avoir une explication à tout ça, s’exclama Flora.

    - Oui, pourquoi la forêt s’en prendrait-elle à Sa Majesté ? demanda Dorémi.

    - Tout ça n’a pas de sens, poursuivit Loulou.

    - Et pourtant, Sa Majesté reste introuvable, conclut Mindy.

    Quand Bibi entra dans la boutique.

    - Pourquoi est-ce que Sophie et Émilie ratissent la ville ? Eh bien, vous en fait une tête. Qu’est-ce qu’il y a ?

    Sa sœur se lança alors dans les explications.

    - Mademoiselle Coucou a veillé sur nous pendant toutes ses années, finit par raconter Dorémi. Elle nous a sauvés la vie plusieurs fois cette année. Et nous, nous n’avons rien fait pour veiller sur elle.

    - Vous n’avez pas à vous en vouloir… commença Maggie-Grigri.

    - Vous ne pouviez rien faire mesdemoiselles.

    Toutes se retournèrent, se demandant à qui appartenait cette voix, cette voix d’homme. Devant elles se tenaient les membres du FLAT4 : Jérémy, Léon, Félix et Stéphane.

    Jérémy Shidoosha était le fils du roi des magiciens, ayant une petite préférence pour Dorémi. Il avait de longs cheveux violets sous formes de mèches, dont l’une d’elle descendait devant son visage, masquant une partie de ses yeux violets. Deux fines mèches, rebiquant droites sur sa tête, lui permettait d’employer la magie. Il portait une veste noire avec des revers de manches blancs, un pantalon blanc et des baskets rouges pâles et blanches.

    Léon Sokuryoku était un sorcier très sportif, tout comme Sophie. Il attachait ses cheveux blonds en couette à l’arrière de la tête à l’aide d’un ruban bleu, de la même couleur que ses yeux. Lui aussi possédait deux fines mèches droites sur sa tête lui permettant d’utiliser ses pouvoirs. Il portait une longue tunique verte sans manche, avec une ceinture blanche autour de la taille, même couleur que les bracelets qu’ils avaient autour des poignets. Son pantalon, d’un jaune pâle, était légèrement visible en bas de sa tunique, et il portait des baskets bleus marines à lacets blancs.

    Félix Kashikoi était un sorcier bien plus calme que ses camarades, tout comme l’était Émilie. Ses cheveux roux ne descendaient pas plus bas que ses oreilles et possédaient également les deux fameuses fines mèches. Sa frange cachait ses sourcils mais laissait ses yeux orange dégagés. Il portait une longue robe violette avec des revers de manches blancs, un pantalon blanc dont seul le bas était visible, et des chaussures jaunes et blanches.

    Stéphane Kounna était un magicien persuadé d’avoir de grands talents de comédien, tout comme Loulou. Il avait des cheveux verts, formés de nombreuses mèches très larges allant dans tous les sens, mais laissant néanmoins ses yeux verts dégagés. Contrairement à ses amis, ses deux fines mèches droites retombaient devant ses yeux. Il portait une longue chemise rouge à manches courtes, un pantalon blanc et des chaussures noires et rouges.

    - Jérémy… Mais qu’est-ce que vous faites ici ? demanda Dorémi, surprise.

    - Nous avons une mauvaise nouvelle à vous annoncer…

    Aucune des filles ne répondirent.

    - Une mauvaise nouvelle concernant le monde des sorcières…

    Au même moment, les deux filles partis ratisser la ville revinrent à la boutique. La surprise pu alors se lire sur leur visage en apercevoir les quatre sorciers.

    - Le FLAT4 ? Mais qu’est-ce que…

    - Sophie, s’exclama Stéphane, les sorcières ont des problèmes dans le monde des sorcières.

    - Quoi ! Attend… je t’en supplie… ne me dit pas que Sa Majesté…

    - J’en ai bien peur Sophie.

    Toutes tombèrent des nues. Ce n’était pas possible. Non, c’était impossible. Pas Sa Majesté, c’était impossible.

    - D’après ce que nous savons, Sa Majesté se trouvait dans votre école quand tout cela a commencé.

    - Oui, elle est infirmière au collège. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

    - D’après ce que nous a dit Camille avant de partir précipitamment rejoindre Sa Majesté, vous étiez toutes les six en grand danger. La personne qui gouverne cette forêt des sorts est parvenue à créer un être vivant. Et cet être vivant vous épiait alors que vous étiez en classe. Sa Majesté est intervenue à temps avant qu’il n’utilise une magie très étrange sur vous.

    - Voilà pourquoi l’infirmerie était dans cet état. Elle est belle et bien partie précipitamment, en déduisit Émilie.

    - Oui, mais la question est : où est-elle ? Et que lui est-il arrivé ? s’exclama Mindy.

    - Camille est venue la rejoindre dans le parc de l’école, après cet incident, expliqua Léon. Sa Majesté devait se rendre dans le monde des sorcières mais elle ne voulait pas vous laisser sans surveillance.

    - Seulement, l’ensemble des membres du Cénacle ont alors découvert que Sa Majesté était la prochaine victime de la forêt des sorts, poursuit Jérémy. Elles sont toutes parties dans le monde des humains.

    - Mais nous n’avons plus eut aucunes nouvelles après ça, continua Félix. Inquiets, on s’est rendu nous aussi dans le monde des humains. Et nous avons retrouvé les membres du Cénacle blessées, et inconscientes. Malheureusement, Sa Majesté et Camille avaient disparues.

    - Peut-être se sont-elles mises en sécurité, proposa Bibi.

    - Sa Majesté n’aurait jamais laissé des sorcières inconscientes seules dans le monde des humains. Et elles restent introuvables, quelques soient les moyens employer. Et cela ne s’était produit que lorsque…

    - Mindy avait été enlevée en emmenée dans la forêt, acheva Loulou. Mais les membres du Cénacle ne vous ont rien dit sur ce qu’il s’est passé ?

    - Aucune d’elles n’a pour le moment reprit connaissance, expliqua Stéphane. Le plus embêtant est que le Docteur Guéritout fait partit des victimes. Mina et Tina ont travaillé avec elle quelques temps alors elles se sont proposées pour les aider du mieux possible. Néanmoins, elles ne sont pas médecin et elles ne peuvent pas nous dire dans combien de temps elles se réveilleront.

    - Et ce n’est pas tout, poursuivit Léon. Nous ne trouvons plus aucun nuage noir dans le monde des sorcières, ni dans celui des sorciers, ni dans celui des humains.

    - Ce qui est une bonne nouvelle, non ? fit remarquer Émilie.

    - Elle le serait si nous n’avions pas découvert autre chose de plus terrible, expliqua Félix. Les nuages noirs étaient bien moins embêtants que nous l’imaginions. Car nous pouvions les voir et donc, les éviter. Or, maintenant, la forêt à fait pousser un arbre, que personne n’est parvenu à retirer.

    - Cet arbre délivre de grandes quantités de pollen, continua Jérémy. Lorsque des sorcières, où tout autre être vivant, inhalent une bonne quantité de ce pollen qui est invisible à l’œil nu, au moment où elles se couchent, elles s’endorment, mais restent endormit au petit matin. Elles ne se réveillent plus. Et nous craignons que les membres du Cénacle aient été victimes de ce pollen…

    - Mais c’est affreux ! s’exclama Flora.

    - Pourquoi est-ce que personne ne nous avait informés de ça ? protesta Maggie-Grigri.

    - Sa Majesté nous l’avais interdit, à tous. Vous ne deviez en aucun cas venir dans le monde des sorcières, au risque de menacer la vie de Flora. Nous ignorons ce que cherche à faire subir la personne qui contrôle cette forêt à Flora. Et Sa Majesté vous connaissait trop bien pour savoir que vous viendriez apporter votre aide au monde des sorcières si vous appreniez qu’il était en danger.

    - Peut-être mais en attendant, le monde des sorcières est en train de sombrer dans le sommeil et Sa Majesté et Camille ont été enlevées ! s’écria Sophie. On ne peut pas rester les bras croisés sans rien faire !

    Les filles comprirent alors l’idée de Sophie, même si celle-ci savait d’avance que cela ne fonctionnerait pas. Dorémi, Loulou et Mindy enfilèrent leur costume d’apprentie sorcière et en sortirent leur baguette.

    - Vous n’y arriverez pas les filles…

    - On ne peut pas savoir temps que nous n’avons pas essayer.

    - Dans ce cas, je veux vous aider moi aussi ! s’exclama Bibi.

    - Et moi aussi, poursuivit Flora !

    Bibi frappa alors sur son poignet contenant son bracelet magique pour enfiler son costume. Se recroquevillant sur elle-même, elle fut entourée de cercle rouge, composés de notes de musique, à quelques centimètres au-dessus du sol. Puis elle se déplia, étirant bras et jambes. Les cercles s’enroulèrent autour d’elle faisant apparaître sa tenue d'apprentie sorcière.

    - Pirouli piroula et voilà.

    Mademoiselle Kiki fut surprise de voir son élève Bibi dans son costume d’apprentie sorcière. Elle savait qu’elle pratiquait la magie mais elle ne l’avait jamais vu à l’œuvre. Et, en classe, elle restait très discrète à ce sujet, exactement comme le faisaient sa sœur et ses amies à l’époque de la primaire.

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Papali Papone !

    - Pépito Purito Pépérouto !

    - Cercle magique !

    - Pololin Purolin Flora Florapi !

    - Par pitié, aidez-nous à retrouver Sa Majesté et Camille !

    Maggie-Grigri utilisa également sa magie pour aider les filles. Le cercle magique était formé. Elles allaient réussir. Le FLAT4 décida alors de les aider. Bougeant leurs mèches de cheveux, claquant des doigts, ils participèrent également à se tour de magie. Puis le cercle magique redescendit sur les magiciens. Mais celui-ci ne fonctionna pas, et les expulsa tous contre les différents murs de la boutique. Mademoiselle Kiki se dirigea vers Sophie, qui était la plus près d’elle :

    - Ça va ? Rien de cassé ?

    - Ça va. Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ?

    - Notre magie ne peut aller jusqu’à Sa Majesté et Camille, expliqua Jérémy. Elles doivent être entourées d’une forme de magie très puissante. On va retourner dans le monde des sorcières. Pendant ce temps, vous rester dans celui des humains, Maggie-Grigri veillera sur vous.

    - Il n’en est pas question !

    Le FLAT4 claqua des doigts et les sept amies se retrouvèrent suspendues dans le vide, dans des bulles d’airs.

    - Vous êtes les prochaines victimes de cette forêt. Alors vous ne devez en aucun cas vous rendre dans cette forêt. Si jamais il vous arrive la même chose qu’à Sa Majesté et Camille, que dirions-nous à vos parents ? Nous ignorons l’endroit où elles se trouvent. Et il en sera de même pour vous si vous vous faites prendre.

    - Désolé les filles.

    Jérémy, Léon, Félix et Stéphane repartirent alors dans le monde des sorcières, laissant les sept amies flottant dans la boutique au-dessus du vide.

    - Vous savez, commença mademoiselle Kiki, je ne suis peut-être pas une sorcière, mais je pense que ces garçons ont raison.

    - Mais mademoiselle, Sa Majesté et Camille ont disparu ! s’exclama Dorémi. Mademoiselle Coucou a disparu. Votre amie a disparu.

    - J’en suis consciente. Néanmoins, si vous aussi, vous vous faites avoir par cette forêt, alors tous les sacrifices de mademoiselle Coucou ne serviront plus à rien. Vous comprenez ?

    Maggie-Grigri libéra alors ses filles.

    - Je suis du même avis les filles. Le monde des sorcières a besoin d’aide, cependant, notre tâche à nous est de veiller sur Flora, et de la protéger. C’est ce que Sa Majesté souhaite.

    Les filles voulaient protester. Elles voulaient faire quelque chose pour aider ce pauvre monde en danger. Elles voulaient apporter leur aide à Sa Majesté et à Camille. Mais Maggie-Grigri et mademoiselle Kiki disaient vraies.

    - Quand vous serez à l’école, Maggie-Grigri patrouillera à l’extérieur de l’établissement sous l'apparence de la grenouille qu'elle était devenue avant que Dorémi ne lui rende sa forme natale, expliqua Lala. Et de mon côté, je prendrais l’apparence du chat et j’arpenterais les couloirs pour veiller sur vous les filles.

    - Je ne suis pas sorcière mais vous pouvez compter sur moi pour prendre soin de Bibi lorsqu’elle sera à l’école, s’exclama mademoiselle Kiki. Au moindre problème, je trouverais le moyen de vous joindre, sans en inquiéter vos parents.

    - C’est très gentil mademoiselle, lui répondit Bibi.

    Mais avant de se séparer, elles voulurent absolument faire quelque chose pour leurs deux amies disparues, même si elles savaient que cela risquait de ne servir à rien. Mais, après tout, qui ne tente rien n’a rien.

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Papali Papone !

    - Pépito Purito Pépérouto !

    - Cercle magique !

    - Pololin Purolin Flora Florapi !

    - Nous vous supplions de faire en sorte que rien n’arrive à Camille et Sa Majesté !

     

    Épisode 21: Flora est de nouveau elle-même

    Épisode 23: La révélation


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  • Épisode 21 :
    Flora est de nouveau elle-même

     

                Flora dormait depuis maintenant plus d’une semaine. Mais les filles n’étaient pas inquiètes. Car le Docteur Guéritout venait quotidiennement à la boutique examiner la jeune reine. Selon elle, Flora était seulement fatiguée, elle se portait très bien.

    Bibi était passée à la boutique prendre des nouvelles de Flora. Sous ses airs de jeunes filles mature, Bibi restait une jeune élève très attendrissante, surtout envers sa « petite sœur » Flora. Néanmoins, cela ne l’empêchait pas d’avoir un emploi du temps aussi chargé.

    Et le dimanche, en milieu d’après-midi, alors que les filles s’occupaient de la boutique, Flora se réveilla. Paola, qui restait auprès de Flora, cria alors dans la boutique :

    - Dorémi ! Vient vite !

    Les filles montèrent en courant à l’étage, inquiètes. Était-il arrivé quelque chose à Flora ? En arrivant, elles trouvèrent une Flora, sous l’apparence d’une fillette de trois ans et demi, assise dans son lit :

    - Flora !

    - Grandissez-moi ! Vite, grandissez-moi !

    Les cinq apprenties sorcières tombèrent alors à la renverse :

    - Je crois que nous avons retrouvé notre petite Flora.

     

    Maintenant que Flora avait été guérit de la malédiction de l’inconnu, elle pouvait rester sans crainte avec ses mamans lorsque celles-ci tenaient la boutique. Elle pouvait même les aider. Ce qu’elles redoutaient, c’était qu’aucun nuage noir n’était venu menacer la vie de Flora. Bien que la malédiction ait été levée, la forêt ne s’était pas manifestée comme elle le faisait à chaque fois. Et cela, depuis maintenant plus d’une semaine.

    Mais ces pensées furent rapidement chassées de leur esprit. Car elles furent confrontées à un autre problème.

    - Je veux retourner à l’école ! Je veux aller à l’école avec vous ! Laissez-moi aller à l’école avec vous !

    Flora était belle et bien redevenu elle-même. Et ses mamans retrouvèrent la joie de supporter ses différents caprices.

    - Flora, tu ne peux pas venir à l’école avec nous…

    - Si je veux aller à l’école ! Je veux retourner à l’école comme en sixième année !

    - Monsieur Akiota est sans cesse en train de nous surveiller. S’il s’aperçoit que tu es une sorcière, nous ne pourrons plus rien faire Flora.

    - Mais si je vais à l’école, vous n’aurez plus besoin d’envoyer vos fées à votre place. Il ne se doutera plus de rien.

    Ce qui n’était pas faux, les filles le concevaient.

    - Le Maho-dou est l’endroit où tu es le plus en sécurité. Si tu passes tes journées à l’école, tu seras davantage menacée.

    - Mais je suis en sécurité avec vous…

    Flora s’était mise à pleurer, ce qui peina Dorémi et ses amies. Après tout, à cinq, elles devraient s’en sortir, tout en sachant que Sa Majesté n’était pas très loin. Alors elles se tournèrent vers Maggie-Grigri.

    - Je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée. Flora a suivi vos cours grâce à mademoiselle Kiki et de plus, elle a tendance à s’ennuyer dans la boutique. Et je pourrais toujours vous surveiller d’une manière ou d’une autre.

    - Alors, c’est oui ? demanda Flora, très enthousiaste.

    Après l’explication de Maggie-Grigri, les filles finirent par accepter, à la grande joie de Flora :

    - Oui ! Merci !

    - Il va falloir l’inscrire. Mindy, tu veux bien devenir le papa ? Je ferais la maman, proposa Loulou.

    - Pas la peine, s’exclama Maggie-Grigri. Maintenant que j’ai retrouvé ma forme initiale, je vais pouvoir me faire passer pour madame Makihatayama, grand-mère de Flora.

    - Merci Maggie-Grigri !

    Ainsi, Flora fut inscrite au collège de Misora. Et la semaine suivante, elle put se rendre à l’école avec toutes ses mamans. Monsieur Akiota avait beau les surveiller, il ne décelait chez elles plus aucun mystère. Sauf peut-être le fait que chaque nouvelle élève se révélait être très proche de Dorémi et des autres. Tout allait pour le mieux pour les filles. De plus, la fin de la semaine annonça également le début des vacances des fêtes de Noël, ce qui réjouissait tout le monde.

    Même si maintenant, les filles étaient présentes chaque jour à l’école, mademoiselle Kiki n’avait pas cessé de venir chaque soir rendre visite aux apprenties sorcières et les aider à faire leurs devoirs. Mais ce jour-là, elle leur apporta une autre information.

    - Vous savez que la semaine prochaine, ce sera les fêtes de Noël. Pour l’occasion, mademoiselle Coco et moi-même avons décidé d’organiser une journée retrouvaille, où tous les anciens élèves de votre niveau seront conviés.

    Lorsqu'elles étaient en sixième année, leur niveau était divisé en deux classes. Dorémi, Mindy et Flora se trouvaient dans la classe 6-1 avec mademoiselle Kiki. Et Émilie, Sophie et Loulou se trouvaient dans la classe 6-2 avec mademoiselle Coco.

    - C’est une excellente idée mademoiselle !

    - Et… nous aimerions savoir si vous seriez d’accord pour nous confectionner les pâtisseries.

    - Oh oui ! s’exclama alors Flora, sans attendre la réponse des filles.

    - C’est d’accord ! répondirent en cœur les cinq amies.

    La veille de cette fameuse journée retrouvaille, Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy, et même Flora mirent la main à la pâte pour confectionner dix gros gâteaux aussi appétissants les uns que les autres. Bien que Maggie-Grigri ait été ronchonne à cette idée, les filles purent fermer la boutique ce jour-là et purent se rendre dans leur ancienne école primaire.

    L’école n’avait pas changé depuis l’année dernière. Tous se rendirent dans la salle 6-1, ou les filles déposèrent leurs pâtisseries sur les tables placées au centre de la pièce. À leur grande surprise, tous leurs anciens camarades étaient présents, dont Capucine, Catherine, Clara, Daphné, Éléna, François, Frédéric, Guillaume, Hector, Marina, Marjolaine, Naomie, Nathalie, Sarah, Thomas, et de nombreux autres. Même si, pour la plupart, ils se rendaient au collège de Misora, tous appréciaient de retrouver l’ensemble de leurs camarades ainsi que mademoiselle Kiki et mademoiselle Coco.

    La première personne qui sauta au cou de Sophie fut Nathalie, suivit de près par Marjolaine :

    - Sophie ! Ça fait tellement longtemps !

    - Nathalie ! suffoqua Sophie. Ça fait trois jours…

    - C’est super long trois jours ! En trois jours, il a pu se passer pleins de choses ! Moi par exemple, hier, je me promenais tranquillement dans la rue quand j’ai été accosté par…

    - Nathalie, l’interrompit gentiment Sophie, sachant que son histoire était une de ses nouvelle invention…

    Mais elle ne put poursuivre car elles furent rejointes par Éléna, toujours aussi prétentieuse et narcissique qu’elle l’avait été dans le passé.

    - Mais que vois-je ? Le groupe de Dorémi et ses amies au complet ? Dorémi se sentait trop seule dans son collège ? Vous avez toutes été contraintes de changer d’école ?

    - Je ne vois pas en quoi ça te regarde Éléna, lui répondit Émilie.

    - Émilie. Comment as-tu pu abandonner tes études de musique aussi rapidement ? Les cours étaient bien trop compliqués pour toi ? Ou alors… Toi aussi, tu ne supportais plus de te retrouver sans ton groupe d’amies !

    - Laisse Émilie tranquille Éléna ! s’exclama Sophie.

    - L’athlète Sophie qui prend la défense de son amie, comme c’est touchant. Mais sache qu’en tant qu’ancienne présidente du conseil des élèves, il est de mon devoir de me renseigner sur mes camarades. Alors, pourquoi es-tu revenu à Misora ? Tes parents ont de nouveau divorcé ?

    - Tu n’as pas le droit de dire des choses pareilles, Éléna ! lança Loulou.

    - Et notre grande idole Loulou, l’idole des enfants qui abandonne sa prestigieuse école pour étudier dans un pitoyable collège de quartier. Ton enlèvement n’était qu’un coup monté n’est-ce pas ? C’était simplement pour te donner un prétexte pour revenir à Misora…

    Les filles étaient tellement choquées par les propos d’Éléna qu’elles ne purent répondre. Seulement, Flora, qui bouillonnait depuis l’arrivée de son ancienne camarade, se mit à crier, retenue de force par ses mamans pour ne pas qu’elle emploi la force sur Éléna :

    - Tu es méchante ! Tu n’as pas le droit de dire ça ! Elles ont fait tout ça pour moi ! Et Loulou a vraiment été enlevée ! Même que ce sont mes mamans qui l’ont sauvé…

    Les cinq filles mirent leur main sur la bouche de Flora pour l’empêcher de continuer à révéler la vérité.

    - Tes mamans ? questionna Éléna.

    Mademoiselle Kiki arriva à ce moment-là, suite aux cris de Flora :

    - Mais que ce passe-t-il ici ?

    Mais aucunes des filles ne lui répondit.

    - Éléna a été vulgaire envers Dorémi et ses amies, mademoiselle, récita alors Daphné. Elle a osé dire que les filles avaient abandonné leur orientation parce qu’elles ne supportaient plus d’être seule, que les parents de Sophie avaient dû de nouveau divorcé pour qu’elle revienne à Misora et que l’enlèvement de Loulou n’était qu’un coup monté.

    Daphné était une jeune camarade passionnée depuis toujours par le catch. Elle avait des cheveux lisses et châtain, lui arrivant au niveau des épaules, et des yeux marron. Elle portait un T-shirt à manches courtes vert d'eau, avec des revers et un col blancs. Elle avait également une jupe courte violette, de hautes chaussettes blanches et de bas souliers noirs.

    Mademoiselle Kiki, qui, de son côté, connaissait la vérité, se tourna vers Éléna :

    - Comment as-tu pu prospérer de telles accusations Éléna ! Cette journée était censée être l’occasion pour tous vous retrouver et non pour insulter ses anciens camarades !

    - Je suis désolée mademoiselle…

    - Je te préviens Éléna, recommence une seule fois et tu seras contrainte de partir définitivement de l’enceinte de cette école !

    - Ça ne se reproduira pas.

    - Je l’espère bien ! Les filles, et si nous commencions à goûter vos pâtisseries ? s’adressa mademoiselle Kiki à Dorémi et ses amies ?

    - D’accord, on arrive.

    Les filles partirent donc dans une autre salle, loin des regards indiscrets. Activant leur console bijoux, elles enfilèrent leur costume de pâtissière.

    - Eh, moi aussi je veux le même que vous ! s’exclama Flora.

    Elle en sortie alors sa boule de cristal. Flora n’avait pas besoin de prendre sa boule de cristal en main, ni même de prononcer de formule, pour faire de la magie. Mais elle aimait faire la même chose que ses mamans.

    - Pololin Purolin Flora Florapi ! Pour une fête réussie, donne-moi le même tablier que mes amies !

    Aussitôt, Flora enfila le même tablier que Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy.  Et toutes ensembles, elles retournèrent dans la salle 6-1 servir leurs différents gâteaux. La journée fut merveilleuse, pour tous. Sauf peut-être pour Éléna, qui, suite à ses réflexions, était restée seule, dans son coin, toute la journée. Mindy, même si elle n’avait pas apprécié les remarques faites à ses amies, termina par la rejoindre. Car, en ce jour si particulier, tout le monde devait en profiter et repartir de cette école avec de bons souvenirs, même les camarades les plus « pénibles ».

    Dur fut la séparation pour certains d’entre eux. Aucun d’eux n’avait l’intention de partir de l’école. Néanmoins, il commençait à se faire tard. Et ils furent donc contraints de se dire au revoir. Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora retournèrent à la boutique pour y laisser Flora, sous la surveillance de Mindy.

     

    Les cinq apprenties sorcières se sont rapidement aperçu que les pouvoirs de la jeune Flora ne cessaient d’augmenter depuis que la malédiction de l’inconnu avait été levée. Maintenant, elle parvenait à garder sa taille de fillette de douze ans constamment, sauf peut-être les nuits de nouvelles lunes, et cela, sans l’aide de ses mamans. La vie avait repris son cour normalement.

    - On est les petites filles les plus heureuses du monde !

    Les fêtes de fin d’année arrivèrent. Les filles, pour ne pas laisser Flora, Maggie-Grigri et Lala seules à la boutique, parvinrent à convaincre leurs parents de venir passer les fêtes à la boutique. Flora en était enchantée, notamment par le fait que Bibi était présente.

    - Ce sont les plus belles fêtes que je n’ai jamais passé ! s’était alors exclamé Flora.

    Mais toutes les bonnes choses avaient une fin. Car les six amies reprirent, trop rapidement selon elles, le chemin de l’école. Toutes avaient toujours aimé se rendre à l’école, même Dorémi bien qu’elle n’était pas très douée. Mais cette année était différente. Les choses sérieuses se mettaient en place, le travail était plus compliqué, et plus personne ne vivait un monde féerique comme à l’école primaire, où leurs camarades inventaient des histoires aussi irréelles les unes que les autres. Néanmoins, elles appréciaient beaucoup les visites quotidiennes de mademoiselle Kiki.

    En milieu de semaine, une de leur camarade de classe ne se sentait pas très bien. Leur professeur désigna Sophie et celle-ci emmena sa camarade à l’infirmerie, pour qu’elle puisse se reposer. Mais lorsqu’elles poussèrent la porte de l’infirmerie, elles ne trouvèrent pas mademoiselle Coucou. Pire, des feuilles de papiers jonchaient le sol, et sa chaise était renversée sur le sol. Sophie emmena alors sa camarade vers un autre représentant, qui pris en charge la jeune fille.

    Néanmoins, Sophie était inquiète. Mademoiselle Coucou devait se trouver à l’infirmerie à cette heure-là. Et pourquoi sa chaise était-elle renversée ? Pourquoi des feuilles de papiers se trouvaient-elles sur le sol ? Revenue en classe, elle fit part de ses inquiétudes à ses amies.

    - Vous pensez qu’il lui serait arrivé quelque chose ?

    - Ou alors, elle est partie précipitamment.

    - Oui, mais pourquoi ?

    - Mesdemoiselles ! cria alors leur professeur de japonais. Si mon cours ne vous intéresse pas, la porte est grande ouverte !

    - Nous sommes désolées, monsieur.

    À la fin de leur cours de japonais, toutes les six se rendirent à l’infirmerie. Mais rien n’avait bougé, et mademoiselle Coucou était toujours absente.

    - Vous croyez qu’il y a un problème dans le monde des sorcières ?

    - Ce serait pour cette raison que mademoiselle Coucou serait partit précipitamment alors ?

    - En espérant que rien ne lui est arrivé…

     

    Épisode 20: Retour dans le monde des sorcières

    Épisode 22: Qu'est-il arrivé à Sa Majesté?


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  •  Épisode 20 :
    Retour dans le monde des sorcières

     

                Le week-end venait tout juste de commencer. Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora étaient toutes très occupées à la boutique. Bibi était également passé avec son papa et sa maman pour acheter une pâtisserie. Mais elle ne resta pas avec les filles.

    - Mon emploi du temps est beaucoup trop chargé voyez-vous.

    Bibi avait beaucoup changé depuis son passage à l’école primaire. Elle était rarement chez elle et passait ses journées entières avec ses amis. Elle ne prenait plus le temps de venir à la boutique. Néanmoins, elle était très contente de pouvoir utiliser la magie comme avant. Flora se consolait en allant la voir les soirs sur son ballet magique, accompagné par la maman qui était chargée de veiller sur elle.

    Alors qu’elles s’apprêtaient à laisser Sophie à la boutique pour veiller sur Flora, Dorémi pensa à quelque chose.

    - Attendez ! Et si nous emmenions Flora dans le monde des sorcières ?

    Les filles, choquées par cette question, tombèrent toutes à la renverse.

    - Dans le monde des sorcières ! s’exclama Mindy.

    - Mais enfin Dorémi, tu sais bien que Sa Majesté nous a interdit d’emmener Flora dans le monde des sorcières, expliqua Loulou.

    - Flora est en danger dans le monde des sorcières, poursuivit Émilie.

    - Oui, je sais bien, se justifia Dorémi. Mais Sa Majesté nous a également demandé de guérir Flora de la malédiction de l’inconnu. Et nous avons réussi à le faire pour tous les humains qu’elle avait déjà rencontré. Nous ne pouvons plus l’aider dans ce monde. Si nous voulons lever cette malédiction, nous devons lui remémorer des souvenirs passés avec des sorcières.

    Dorémi avait raison. Néanmoins, elles ne pouvaient pas emmener Flora dans le monde des sorcières. Elles risqueraient de la mettre davantage en danger.

    - Nous avons une autre solution ! s’exclama soudain Sophie.

    - Laquelle ?

    - Toutes les sorcières ne vivent pas dans le monde des sorcières. Et nous en connaissons une qui s’est déjà occupé de Flora.

    - Maya !

    Le lendemain, après accord de Maggie-Grigri, les filles fermèrent la boutique plus tôt que prévu et toutes se rendirent chez la sorcière Maya-Grigri grâce à la magie. Flora était joyeuse à l’idée de s’y rendre, exactement comme à chaque fois. Elle finissait toujours par changer d’avis en voyant la personne ou en l’entendant. Et les cinq apprenties sorcières, ainsi que Maggie-Grigri, savaient qu’elle allait réagir de cette façon en voyant Maya. Mais si cela pouvait l’aider à guérir, alors il fallait le faire.

    - Mes amies ! Comme je suis heureuse de vous revoir !

    Maya-Grigri était une sorcière extrêmement maladroite et d’un âge déjà bien avancé. Ses cheveux gris étaient coiffés en deux gros chignons qu’elle portait bas, tout comme sa fille Maggie-Grigri. Elle avait des yeux tellement plissés qu’il en était impossible d’en définir sa couleur et portait un anneau à chaque oreille. Elle revêtait une longue robe verte foncée, par-dessous un petit haut marron à franges qu’elle posait sur ses épaules.

    - Bonjour Maya !

    - Dorémi, je veux partir ! Je veux plus venir, je veux partir ! s’était alors exclamée Flora.

    - Eh bien, que lui arrive-t-il ?

    - Elle est… elle est… essaya d’expliquer Dorémi.

    - Malade, acheva Sophie.

    - Maya, nous avons besoin de ton aide pour aider Flora.

    - Je veux bien mais expliquez-moi ce qui ne va pas.

    - Flora a été victime de la malédiction de l’inconnu. Et pour vaincre cette malédiction, nous devons lui rappeler ce qu’elle a vécu dans le passé, expliqua Maggie-Grigri. Il faudrait qu’elle parvienne à se souvenir d’un événement passé avec toi…

    - Ne vous inquiétez pas, j’ai la solution.

    Elle claqua des doigts et se retrouva habillée en sorcière, un ballet à la main.

    - Oh non, maman, ne fait pas ça ! s’écria Maggie-Grigri.

    - Tout va bien !

    Et Maya s’envola dans les airs, ne volant visiblement pas droit.

    - Reste tranquille Maggie-Grigri, nous allons la suivre, s’exclamèrent Sophie et Mindy.

    - Merci les filles.

    Sophie et Mindy enfilèrent leur costume puis s’envolèrent.

    - Je vais avec elles, s’exclama Lala.

    Elles volèrent très vite afin de rattraper Maya qui termina par se poser derrière un panneau publicitaire.

    - Maya, mais qu’est-ce que tu fais ?

    - Vous m’avez demandé de raviver des souvenirs à Flora. Eh bien, c’est ce que je suis en train de faire.

    - Avec un panneau publicitaire ? demanda Mindy, ne comprenant pas vraiment où Maya voulait en venir.

    - Mais non voyons, avec ça.

    Elle leur montra alors une étendu d’herbe. Une herbe ressemblant plus à de la mauvaise herbe songea Mindy, ne comprenant toujours pas ce que Maya cherchait à leur faire comprendre. Mais Sophie, elle, avait compris qu’elle était l’idée de Maya.

    - Mais oui ! La menthe magique ! Tu avais guéri Flora, quand elle n’était encore qu’un bébé, et Maggie-Grigri, du hoquet magique avec la menthe magique !

    Voilà pourquoi Mindy ne comprenait pas ce que Maya cherchait. Elle se trouvait à New-York à l’époque où cela c’était passé.

    - Bien joué ! s’exclama Lala.

    Toutes ensembles, elles retournèrent dans la maison de Maya où les attendaient Dorémi, Émilie, Loulou, Flora et Maggie-Grigri. Maya prépara alors le breuvage à base de menthe magique. Et une fois terminée :

    - Tient petite Flora, goûte un peu ça.

    - Non, je veux pas ! Je veux pas ! Je veux pas ! Je veux pas…

    - Flora… je t’en prie… goûte cette préparation, lui demanda Dorémi.

    - C’est pour ton bien Flora, poursuivit Loulou.

    - Tu te sentiras beaucoup mieux après, continua Émilie.

    En voyant les yeux humides de ses mamans, Flora termina par accepter de goûter au breuvage soigneusement préparé par Maya. Et l’effet désiré ce produisit instantanément. À peine Flora avait-elle mit la cuillère dans la bouche que les souvenirs lui revenaient en tête.

    - On avait détruit la maison ce jour-là avec notre hoquet magique, pas vrai Maggie-Grigri ? s’était soudain exclamée Flora, joyeuse.

    Toutes ses mamans sautèrent alors de joie :

    - Oui ! On a réussi !

     

    Mais maintenant qu’elles avaient réussi à lui raviver ses souvenirs avec Maya, les filles ne savaient plus comment l’aider à rester calme en présence des sorcières. Car elles ne connaissaient plus aucune sourcière vivant dans le monde des humains et qui pourrait aider Flora. Il y avait bien Sa Majesté la reine d’avant. Malheureusement, elle était retournée vivre dans le monde des humains et elles ignoraient où elle se trouvait. Et Sa Majesté avait été très claire. Elles ne devaient en aucun cas prévenir la reine d’avant de ce qu’il se passait dans le monde des sorcières, au risque qu’elle n’y retourne et que la forêt se serve d’elle pour prendre le pouvoir sur le monde.

    Finalement, la remarque de Dorémi s’avérait être la meilleure des solutions, même si elle fut difficilement admise par tous. Mais le seul moyen de guérir Flora, c’était de la ramener dans son monde. C’était de la ramener dans le monde des sorcières. Alors, à la sortie des cours, Dorémi, Émilie, Sophie, Lolo et Mindy se rendirent à l’infirmerie, afin de demander la permission à Sa Majesté d’emmener Flora dans le monde des sorcières.

    - Mademoiselle Coucou, nous aimerions emmener Flora dans le monde des…

    Mais au même moment, mademoiselle Coucou recula sur sa chaise à roulette de son bureau, se tournant vers les filles, un doigt sur la bouche, leur faisant signe de se taire. Puis, tout de suite après, elle montra un des lits, dont les rideaux étaient tirés. Elles comprirent alors que quelqu’un se trouvait à l’infirmerie et qu’elles ne devaient pas parler de magie.

    Puis les rideaux s’ouvrirent, et elles tombèrent nez-à-nez avec monsieur Akiota, accompagnée d’un élève plus grand que Dorémi et ses amies.

    - Pourquoi faut-il toujours que l’on tombe sur lui ? pensa alors Dorémi.

    - Encore vous ! Je pourrais savoir ce que vous venez faire à l’infirmerie toutes les cinq ?

    - Nous… nous voulions…

    - On s’apprêtait à… à…

    - C’est moi qui leur ai demandé de venir me voir une fois les cours terminés, s’exclama alors mademoiselle Coucou. Vous avez sans doute remarqué que ces jeunes filles tombaient malades régulièrement et j’avais besoin d’obtenir des informations médicales de leur part.

    - Je vois. J’espère pour vous que votre « maladie » répétitive va finir par toucher à sa fin.

    - Nous ne le faisons pas exprès monsieur, s’exclama Dorémi.

    - Je l’espère pour vous. N’oubliez pas que je vous ai à l’œil toutes les cinq.

    Monsieur Akiota ainsi que son élève partirent alors de l’infirmerie.

    - C’est difficile d’oublier ça, exaspéra Sophie. Il est sans cesse en train de tomber sur nous. C’est à se demander s’il ne nous suit pas.

    - Je pense que vous devriez être très prudente envers votre enseignant principal, leur dit alors mademoiselle Coucou. Il ne reculera devant rien pour prouver que votre « « maladie » répétitive » n’en ai pas réellement une.

    - Oui, vous avez raison, s’exclamèrent les cinq filles.

    - Sinon, vous vouliez me parler de Flora ?

    - Oui, nous aimerions… nous sommes venues pour avoir votre accord.

    - Mon accord ? À quel sujet ?

    - Eh bien… en nous rendant nos pouvoirs magiques, et en nous confiant la garde de Flora, vous nous avez confié une mission : celle de la guérir de la malédiction de l’inconnu.

    - Oui, en effet.

    - Voilà, nous avons réussi à lever la malédiction vis-à-vis de tous les humains qu’elle a longtemps côtoyés dans le passé. Et nous ne pouvons plus l’aider dans le monde des humains. Le seul moyen de lever pour de bon cette malédiction, c’est de lui raviver ses souvenirs en présence des sorcières. Et le seul moyen d’y parvenir, c’est de ramener Flora dans son monde.

    - Vous voudriez ramener Flora dans le monde des sorcières ?

    - Oui.

    - Mesdemoiselles, je suis consciente de l’importance de lever cette malédiction. Mais vous ne pouvez pas emmener Flora dans le monde des sorcières, pas en ce moment. De plus en plus de sorcières, aussi prudentes les unes que les autres, sont victimes des nuages noirs. Si jamais cette forêt parvient à nous enlever notre petite Flora, nous ne la reverrons probablement jamais. Et ce serait une tragédie.

    - Nous sommes conscientes du danger que cela représente. Mais c’est notre seule chance de sauver Flora. Votre Majesté, nous vous le demandons comme une faveur. Nous ne resterons que très peu de temps. Juste le temps de guérir Flora pour de bon.

    Mademoiselle Coucou réfléchissait. Elles avaient raison, c’était le seul moyen de lever la malédiction. Mais le danger était bien trop grand. En acceptant, elle risquait de menacer la vie de Flora, mais également celle de Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy. Et cela, elle ne pouvait le tolérer.

    Mais au même instant, elle aperçut des formes étranges, sombres, flottant derrière Dorémi et ses amies. Sans hésiter, elle attrapa les cinq filles en même temps et les tira auprès d’elle. Car ces formes étranges n’étaient autres que des nuages noirs.

    - Vous avez aidé Flora récemment ?

    - Oui, nous l’avons emmené voir Maya-Grigri.

    Alors qu’elle faisait disparaître ses nuages, elle ne cessait de penser aux cinq apprenties sorcières qui étaient sans cesse menacées d’être touché par un de ces cumulus chaque fois qu’elles parviennent à aider Flora. Elle ne pouvait pas laisser cette situation s’éterniser. Il fallait que cela cesse. Et pour ce faire, elle devait accepter la demande des filles.

    - Je crois… je crois que ce serait une bonne idée de lever pour de bon cette malédiction.

    - Alors… ça veut dire… que vous acceptez ?

    - Oui, j’accepte que vous emmeniez Flora dans le monde des sorcières. Néanmoins, ce sera sous certaines conditions.

    - Bien sûr.

    - Je souhaite que Maggie-Grigri, Lala et Paola vous suivent dans tous vos déplacements. Et j’aimerais également être présente avec vous lorsque vous amènerez Flora. Je ne tiens pas à ce qu’il vous arrive quoi que ce soit.

    - Nous le ferons Votre Majesté.

    - Avez-vous décidé du jour où vous souhaitez emmener Flora ?

    - Nous pensions l’emmener durant le week-end. Nous pensions l’emmener au Jardin d’Enfants des jeunes sorcières, c’est là-bas qu’elle a le plus de souvenirs du monde des sorcières.

    - Excellente idée. Avant de vous rendre au Jardin d’Enfants, j’aimerais que vous veniez me voir au palais. Mais en attendant, faite très attention à vous jeunes apprenties sorcières.

     

    Le samedi soir, Dorémi et ses amies se préparèrent à emmener Flora dans le monde des sorcières. Afin d’être le plus entouré possible, elles affirmèrent à leurs parents qu’elles passaient la nuit dans la boutique pour pouvoir emmener leur petite fée avec elles. Et Bibi accepta même de les accompagner.

    Une fois la lune souriante, elles enfourchèrent leur ballet et s’envolèrent dans le monde des sorcières, en direction du palais de Sa Majesté. Elles s’aperçurent alors avec horreur que Sa Majesté disait vraie, et que ce monde était peuplé de nuages noirs.

    - Nous vous attendions, s’exclama alors Camille lorsqu’elles arrivèrent aux portes du château.

    - Bonjour Camille !

    - Suivez-moi.

    Camille les emmena jusqu’à Sa Majesté, qui paraissait plutôt inquiète.

    - Bonjour Votre Majesté !

    - Bonjour mesdemoiselles. Vous n’avez pas rencontré de problème particulier en venant jusqu’ici ?

    - Le voyage s’est très bien passé.

    Sa Majesté prit un air de soulagement. Visiblement, elle était vraiment très inquiète pour les filles.

    - Votre Majesté, comment se fait-il qu’il y ait autant de nuages noirs dans le monde des sorcières ? demanda Dorémi. La dernière fois que nous sommes venues ici, nous n’en avions croisé que dans la forêt des sorts.

    - Ceci est de ma faute. Si j’avais renoncé à trouver le moyen de relier les deux mondes, nous n’aurions plus aucun nuage. La malédiction de Flora en était un avertissement.

    - Que va-t-il se passer lorsque nous aurons levé la malédiction ? demanda Émilie.

    - Nous ne pouvons le savoir. Néanmoins, nous n’avons pas d’autre choix. Nous finirons par trouver le moyen d’arrêter cette guerre.

    - C’est tout ce que nous souhaitons…

    - Votre Majesté, s’exclama Bibi, vous n’avez toujours aucune idée de la sorcière qui contrôle cette forêt ?

    - Malheureusement non. Cela reste toujours un mystère à résoudre.

    Ensemble, elles se rendirent ensuite au Jardin d’Enfants, où se trouvaient beaucoup de sorcières, mais aussi des sorciers. Beaucoup trop de monde étaient présent, songea Sophie. Flora risquait de partir à toutes jambes. Ce fut pour cette raison qu’elles se placèrent autour de Flora, pour ne pas qu’elle parte d’une façon ou d’une autre.

    - Oh non… oh non… oh non…

    Dorémi attrapa la main de Flora, Loulou lui attrapa l’autre.

    - Fait-nous confiance Flora. Fait-nous confiance.

    Elles devaient tirer Flora pour l’amener jusqu’au Jardin d’Enfants. Mais en arrivant, elle se recroquevilla sur elle-même, la tête dans ses bras. Et les filles savaient qu’aucune parole ne pourrait l’apaiser. Le seul moyen était de lui remémorer des souvenirs.

    Puis ses amies du Jardin d’Enfants s’avancèrent toutes vers Flora, et s’assirent autour d’elle. Roxane, née du croisement entre un calamar et une pieuvre, posa une de ses tentacules sur le bras de Flora.

    - Flora, tu te souviens de moi ? Je m’appelle Roxane, et je suis ton amie.

    Flora releva doucement la tête.

    - Mon amie ?

    - Oui, je suis ton amie. Toutes les personnes qui se trouvent avec moi sont tes amis.

    - Mais je ne vous connais pas…

    - Flora, tu étais notre protectrice ici. Quand Rapide-comme-l'éclair et Fend-la-bise nous embêtaient, c’était toi qui nous protégeait. C’était toi qui réparais les bêtises qu’elles faisaient. C’est toi aussi qui nous as sauvé d’une plante carnivore, tu te souviens ?

    - Non… J’ai pas fait ça…

    Fend-la-bise posa alors sa main sur Flora. C’était une jeune sorcière légèrement potelée avec de courts cheveux verts qu’elle arrivait à maintenir sur le dessus de sa tête en une petite couette bien touffue.

    - Si, tu as fait ça Flora.

    Rapide-comme-l’éclaire posa elle aussi sa main sur Flora. Plus fine que sa camarade sorcière, elle avait également les cheveux verts, mais plus pâle, qu’elle attachait de la même manière.

    - C’est grâce à toi si nos bêtises n’ont blessé personne.

    Toutes ses petites camarades du Jardin d’Enfants posèrent eux aussi leur main sur Flora.

    - Flora, tu es la plus gentille sorcière que l’on ait rencontrée. Tu es notre amie. Et personne ne te fera de mal.

    Un sorcier adulte, du nom d'Alexandre Jaune d’Œuf, s'avança vers Flora. Bien que sa taille soit relativement élevée, Alexandre était très mince. Ses longs cheveux violets et frisés formaient deux sortes de boucles des temps anciens sur le dessus de sa tête, laissant une longue tignasse bien touffue à l'arrière. Un de ses yeux violets, le droit, était caché par  un monocle rond et noir. Il avait également, comme les sorcières, des oreilles pointues ainsi qu'une très longue moustache étonnement fine. Entièrement vêtu d'un haut, d'un bas, et de chaussures noirs, il portait un col et des gants blancs, ainsi qu'une cape noire à l'extérieur et rouge à l'intérieur. Il portait également une ceinture blanche et jaune autour de la taille, un pendentif en forme de cœur rose autour du coup, et tenait un grand bâton gris dont l'un des côtés touchaient le sol et l'autre comportant une grosse boule jaune tenu dans sa main.

    - Tu ne te souviens pas de moi Flora ? Pourtant, je t'ai très souvent côtoyé. Au début, quand tu n'étais qu'un petit bébé, je pensais que mon roi m'avait ordonné de t'enlever pour t'emmener dans mon monde. Je pensais qu'il souhaitait avoir une monnaie d'échange pour reconquérir nos terres perdues au profit de ton monde. Mais ce n'était absolument pas pour cette raison qu'il avait besoin de toi. Il voulait simplement que tu utilises tes pouvoirs impressionnants pour lui rendre son apparence normale. Après ça, je suis venu travailler au Jardin d'Enfants, et nous avons passé de bons moments tous ensemble.

    - Flora, tous ce que te disent ces personnes est la vérité, lui dit Bibi. Tu as vraiment vécu tout ça Flora. Tu es une grande sorcière.

    Sa Majesté s’avança.

    - Elles ont raison, Flora. Même si ton jeune âge fait que tu ne peux pas gouverner, il n’en reste pas moins que tu es la reine du monde des sorcières.

    - Je ne suis qu’une simple sorcière…

    Sa Majesté tendit son bras vers Flora.

    - Votre Majesté, vous ne pouvez pas faire ça ! s’exclama Camille. Vous risquez de vous affaiblir !

    À l’extrémité de sa main partit un cercle lumineux. Les filles comprirent tout de suite qu’elle était l’intention de Sa Majesté. Et elles avaient bien l’intention de l’aider, et surtout, de faire en sorte qu’elle ne s’affaiblisse pas trop.

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Palali Papone !

    - Pépito Purito Pépérouto !

    - Cercle magique !

    - Que Flora retrouve ses souvenirs passés !

    Leur cercle magique fonctionna et fusionna avec celui de Sa Majesté. Et ce sortilège arriva jusqu’à Flora.

    - Ne t’inquiète pas Camille. Nos jeunes apprenties sorcières sont intervenues au bon moment.

    Le sort de Sa Majesté avait fonctionné. Grâce à ses amies, qui avaient toujours leur main sur elle, Flora revoyait tous ses moments passés en leur présence dans ce Jardin d’Enfants. Mais ce n’était pas tout, elle parvenait à se souvenir de toutes les sorcières, de tous les sorciers qu’elle avait autrefois rencontré. Le pouvoir de toutes ces sorcières réunis autour d’elle lui avait donné la force suffisante pour se rappeler de tout. Et c’était ce qu’espérait Sa Majesté.

    - J’ai vécu beaucoup d’aventures alors, s’exclama soudain Flora.

    Mais ses souvenirs lui étaient revenus en grande quantité. Tellement, qu’elle se sentit très fatiguée. Tellement qu’elle tomba à la renverse et sombra dans l’inconscience.

    - Flora !

    Ses mamans l’avaient rattrapé.

    - Flora ça ne va pas ? Flora réveille-toi !

    - Ne vous inquiétez pas pour elle, s’exclama Sa Majesté. Cette situation était prévisible. Elle a juste besoin de repos.

    La reine du monde des sorcières s’avança vers les filles.

    - Mesdemoiselles, je vous félicite. Vous avez réussi à lever la malédiction de l’inconnu. Grâce à vous, Flora est guérit. Merci infiniment.

    Seulement, la personne contrôlant cette forêt des sorts n’était pas prête de laisser passer cette guérison…

     

    Épisode 19: Sophie l'aventurière

    Épisode 21: Flora est de nouveau elle-même


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  • Épisode 19 :
    Sophie l’aventurière

     

                Flora avait réussi à surmonter sa peur face à la famille de ses mamans. Toutes en étaient réjouies. La fin du week-end était arrivée et Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy attaquèrent une nouvelle semaine. Loulou fut inscrite au collège de Misora et se retrouva donc dans la même classe que les filles. Mais son inscription dans cet établissement ne resta pas secrète très longtemps.

    En effet, à peine avait-elle franchit l’enceinte du collège qu’elle fut entourée d’une foule de fan venant lui demander des autographes. Même ses amies ne parvenaient plus à l’approcher.

     

    Puis, en fin de semaine, Nathalie et Marjolaine rejoignirent Sophie à la fin des cours, un cahier à la main.

    - Hey Sophie ! Tu te souviens, à l’école primaire, lorsqu’on écrivait des histoires ?

    - Oui bien sûr, comment je pourrais oublier ça !

    - Tu sais, on n’a pas arrêté d’écrire. Tiens, c’est pour toi, lui dit Nathalie en lui tendant son cahier.

    - C’est vrai ? C’est pour moi ?

    - Mais oui bien sûr ! On est toujours amies, n’est-ce pas ? Alors cette histoire est pour toi, exactement comme avant.

    Sophie lut le titre écrit sur le cahier : Sophie l’aventurière.

    - Merci Nathalie ! Merci Marjolaine ! Il me tarde vraiment de la lire !

    Arrivées à la boutique, toutes étaient pressées de connaître le contenu de l’histoire. Mais, elles s’aperçurent rapidement qu’elles ne pouvaient lire l’histoire toutes les six en même temps. La solution était de lire à haute voix pour que tout le monde puisse suivre. Mais comme il s’agissait d’une bande dessinée, cela ne fut pas possible.

    - Mais pourquoi est-ce que vous cherchez une solution ? Avec la magie, on va pouvoir la vivre cette histoire ! s’exclama Flora.

    - Flora, on ne doit pas utiliser la magie à longueur de temps.

    Mais, finalement, se fut Flora qui remporta.

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Palali Papone !

    - Cercle magique !

    Flora ne pouvait participer au cercle magique. Néanmoins, elle ne put s’empêcher de les aider en leur apportant une aide extérieur grâce à sa boule de cristal.

    - Pololin Purolin Flora Florapi !

    - Emmène-nous dans le monde des bandes-dessinées !

     

    Sophie atterrit en plein milieu d’une forêt dense. Autour d’elle ne se trouvait que des arbres recouverts de nombreuses lianes. Le sol était recouvert de plantes divers et varier.

    - Mais où est-ce que je suis ?

    Elle remarqua alors que ça tenue avait changé. Elle portait de grosses chaussures marron, ainsi que des chaussettes hautes de couleur beige dépassant de ses souliers. Son short et sa chemise, également beiges, étaient maintenus par une ceinture en cuir marron. Et elle portait un chapeau de couleur blanc cassé.

    - Mais qu’est-ce que je fais dans cette tenue ?

    - Tu dois retrouver la reine Flora, tu n’as pas déjà oublié ?

    - Quoi ! Mais qui est là ? Montrez-vous !

    Émilie sortit de derrière un arbre. Dans la même tenue que Sophie, portant une blouse blanche par-dessus ses vêtements, Émilie était la botaniste de l’histoire.

    - Émilie mais qu’est-ce que tu fais dans…

    Et sur l’épaule de son amie, elle aperçut un drôle de singe. Un drôle de singe qui possédait des cheveux de couleurs rouges sur le dessus de la tête. Sophie ne put s’empêcher de rigoler.

    - Oh non, tu es devenu un singe, Dorémi !

    - Sophie, tu as été désignée pour braver la forêt hasardeuse et retrouver notre reine retenue par les Végimals.

    Sophie regarda Émilie la botaniste avec de grands yeux.

    - Par les quoi ?

    - Les Végémals. Ce sont des êtres vivants qui ont la particularité de ressemblé à des animaux tout en se comportant comme les végétaux.

    - Et… est-ce qu’ils sont dangereux ?

    Émilie la botaniste remonta ses lunettes sur son nez.

    - Ce sont les plus dangereuses créatures du monde.

    Sophie avala difficilement sa salive.

    - Mais rassure-toi, singe Dorémi et oiseau Mindy vont t’aider dans cette quête !

    - Oiseau Mindy…

    Sophie termina par exploser de rire. Quand arriva une Loulou, dans la même tenue que Sophie, avec, sur son épaule, un oiseau de couleur jaune.

    - Je suis la protectrice des animaux de cette forêt. Et, avec oiseau Mindy, nous allons t’aider à retrouver la reine Flora.

    - Je ne comprends pas ce que…

    Quand soudain, la terre se mit à trembler. Un bruit sourd se rapprochait d’elles.

    - Qu’est-ce que c’est que ce bruit ?

    - Je crois que nous avons attiré carnivore Guillaume, s’exclama Émilie.

    - Qui ça ? s’exclama Sophie.

    - Carnivore Guillaume. Il s’agit d’une plante carnivore immense qui…

    - Ne peut s’empêcher de manger les Hommes ! s’écria Loulou.

    Elles partirent en courant à travers la forêt, ne sachant pas vraiment dans quelle direction aller. Mais carnivore Guillaume se déplaçait beaucoup trop vite et avait déjà rattrapé les filles.

    - Et comment on fait pour ne pas se faire dévorer ? cria Sophie.

    - Nous devons faire confiance à singe Dorémi ! s’écria alors Émilie.

    - Quoi !

    - Singe Dorémi ! À toi de jouer !

    Singe Dorémi grimpa alors à un arbre et y attrapa de grosses noix de coco. Des noix de coco en pleine forêt ? Sophie croyait rêver, ce ne pouvait pas être vrai. Singe Dorémi, d’un geste tellement rapide que personne ne parvenait à voir les noix de coco, lança toute sa cargaison sur carnivore Guillaume.

    - Arhhhh, je reviendrais vous dévorer !

    Carnivore Guillaume prit « ses jambes à son cou » et repartit de là où il venait.

    - Ouf, nous l’avons échappé belle…

    - Oui, c’est grâce à singe Dorémi.

    La jeune aventurière, la grande botaniste et la charmante protectrice des animaux, accompagnés de leurs fidèles animaux, reprirent le chemin en direction de la base des Végimals. En chemin, elles rencontrèrent de grandes difficultés mais grâce à leur courage et leur détermination, elles bravèrent tous les obstacles et se rapprochaient peu à peu de leur but final.

    Mais, alors qu’elles étaient tous près des Végimals, d’autres bruits inquiétants se firent entendre. Ces bruits ressemblaient drôlement à ceux produits par des chevaux au galop. Des chevaux allant extrêmement vite, en étant extrêmement nombreux.

    - Ça ne me dit rien qui vaille…

    Et tout de suite après, elles se retrouvèrent encerclé par de nombreuses araignées géantes, des araignées qui sautèrent sur elles. Et la seconde suivante, elles étaient suspendues à une branche d’arbre, ficelé par des fils de toiles d’araignées. Ce ne fut qu’à cet instant que Loulou comprit qui ils étaient.

    - Des Clararaignées.

    - Des quoi ?

    - Des Clararaignée. Ses araignées possèdent une mémoire photographique. C’est-à-dire qu’elles possèdent un objectif leur permettant de prendre des photos et ces photos s’enregistrent dans leur mémoire. Elles peuvent ainsi surveiller la forêt et se souvenir de chaque intrusion.

    - Génial, et comment on fait pour se sortir de leurs toiles ?

    - Cette fois, c’est à oiseau Mindy de nous aider.

    Oiseau Mindy s’envola vers un buisson. Dans son bec, elle y plaça un grand nombre de bais. Revenant vers ses amies prisonnières des Clararaignées, elle lança, telle une mitraillette, toutes ses bais sur les différents capteurs de ces araignées très étranges.

    - Nous nous souviendrons toujours de votre intrusion ! s’exclamèrent les Clararaignées en repartant aussi vite qu’elles étaient venues.

    Oiseau Mindy délivra ses amies en coupant les fils avec son bec.

    - Merci oiseau Mindy.

    Mais elles ne furent pas au bout de leur surprise. Car, afin de rejoindre les Végimals, elles durent traverser une rivière, très agité et donc sans leur laisser la possibilité de la traverser à la nage.

    - Là ! s’exclama Sophie, il y a un arbre couché. On va pouvoir traverser en marchant sur le tronc de l’arbre.

    - Sur… le tronc de l’arbre ! s’écria Émilie, tremblante de la tête au pied.

    - Allez, n’ai pas peur, il est très large ce tronc.

    Sophie passa la première, et le traversa sans aucune difficulté. Puis Loulou passa à la suite. Moins à l’aise que son amie, elle arriva lentement auprès d’elle, de l’autre côté.

    - Allez Émilie ! N’ait pas peur ! Vient nous rejoindre !

    Émilie posa un pied sur le tronc de l’arbre couché en travers des deux rives. Puis elle posa l’autre pied. Elle avança ainsi, petits pas par petits pas. Mais, alors qu’elle s’apprêtait à descendre de l’autre côté de la rivière, auprès de ses amies, son pied glissa. Son pied glissa et Émilie tomba du tronc d’arbre.

    - ARHHHHHHHH !

    - Oh non, Émilie !

    Sophie, allongée sur le tronc, attrapa la main d’Émilie. Émilie, suspendu dans le vide par un bras, n’osait pas ouvrir les yeux. Néanmoins, ne sentant pas l’eau l’emporter, ni même la toucher, elle finit par ouvrir un œil, et découvrit Sophie, la retenant.

    - Merci Sophie.

    Aidée de Loulou, Sophie parvint à remonter Émilie. Toutes furent passé du bon côté de la rivière.

    - Nous ne sommes plus très loin du nid des Végimals maintenant, s’exclama Émilie.

    Mais soudain, Loulou entendit un bruit suspect. Elle se releva, se rapprocha du lieu d’où elle avait entendu ce bruit.

    - Oh non !

    - Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

    Loulou reculait vers ses amies, qui ne comprenaient pas ce qu’il se passait. Quand un filet arriva sur elles, et elles ne purent l’éviter. Elles se retrouvèrent de nouveau suspendues à un arbre, dans ce filet.

    - François le chasseur, tu n’as pas le droit de faire ça ! s’exclama Loulou.

    - Qui ça ? demanda Sophie.

    Quand un homme se plaça en dessous du filet qui les retenait prisonnière. Il portait un chapeau marron clair sur la tête, masquant ses cheveux bruns. Il avait d'épais sourcils de cette même couleur et possédait de jolis yeux bleus. Il portait le même style d’uniforme que Sophie.

    - Vous n’avez pas le droit de vous en prendre aux animaux !

    - Ne vous avais-je pas déjà dit de ne plus remettre les pieds dans mon territoire ?

    - Je remettrais les pieds ici jusqu’à ce que vous cessiez votre braconnage !

    - C’est bien pour cette raison que vous vous trouvez dans ce filet. Je n’avais pas spécialement envie que vous m’empêchiez d’atteindre les Végimals.

    - Vous ne devez pas vous rendre là-bas ! s’exclama Émilie. Les Végimals sont extrêmement dangereux si vous ne faîtes pas…

    - Assez de vos bavardages, mon emploi du temps est chargé aujourd’hui.

    Il partit.

    - Non revenez !

    - Et cette fois, comment est-ce qu’on sort de ce filet ? demanda Sophie.

    - Eh bien… c’est une très bonne question.

    - Quoi ! Vous ne savez pas comment se libérer ?

    - Singe Dorémi ne peut pas sortir du filet, et oiseau Mindy est bien trop petit pour couper de tels liens.

    - Génial… qu’est-ce qu’on va pouvoir faire pour…

    - Ne vous inquiétez pas aventurière Sophie, le détective Nathan Tatekawa et la détective Marjolaine vont vous sortir de là.

    Deux personnes surgirent soudain devant les filles. Le détective Nathan Tatekawa portait une casquette rouge foncée sur ses épais cheveux blonds. Il portait une longue veste blanche, tirant légèrement sur le bleu. À ses côtés se tenait une Marjolaine semblable à celle que connaissaient les filles, mais vêtu d’une longue veste de couleur beige et d’une casquette verte à carreaux. Grâce à leurs couteaux, les deux nouveaux arrivant libérèrent les filles.

    - Merci, s’exclama Sophie. Mais comment est-ce que…

    - Vous êtes ici pour retrouver la reine Flora. Alors, terminons cette tâche.

    Sans que Sophie ne puisse leur poser sa question, ils arrivèrent ensemble à leur destination. Mais en arrivant, ils rencontrèrent de nouveau François le chasseur, un doigt en sang, un sac à la main, un sac qui paraissait bouger.

    - François le chasseur, relâcher ces Végimals immédiatement ! s’écria Loulou.

    - Ces Végimals sont à moi !

    - Il s’agit d’une espèce en voie de disparition, vous ne pouvez pas vous en procurez !

    - Cela m’est complètement égal ! Qu’est-ce que ça peut bien vous faire qu’une espèce disparaisse…

    Sur ces mots, Sophie s’élança sur François le chasseur, le faisant tomber tout en lâchant le sac. Émilie la botaniste et Loulou la protectrice des animaux en profitèrent pour libérer tous les Végimals capturés.

    - Vous ne vous souciez peut-être pas de la nature, mais nous ne vous laisserons pas détruire une espèce vivante ! Vous avez intérêt de vous enfuir d’ici avant d’avoir à faire à moi !

    - Et je n’aimerais pas me trouver à votre place, s’exclama Émilie.

    - Oui, elle est effrayante quand elle est en colère, poursuivit Loulou.

    - NOOOON ! Ne me faites pas de mal ! Laissez-moi tranquille !

    Et François le chasseur repartit en courant.

    - Je crois que nous ne sommes pas prêts de le revoir, s’exclama Sophie en se relevant.

    - Sophie, nous vous remercions. Grâce à vous, notre peuple va pouvoir vivre en paix pendant de longues années.

    Sophie, ne comprenant pas qui venait de lui parler, chercha autour d’elle.

    - Sophie, regarde en bas, lui souffla Loulou.

    À ses pieds se trouvaient de drôle d’animaux, dont les pattes étaient enfoncées dans le sol, et dont leur visage ressemblait étrangement à ceux de tous leurs anciens camarades de classes de l’école primaire.

    - Mais qu’est-ce que c’est que ça !

    - Voici les Végimals, d’adorables petites créatures capables de parler notre langue, s’exclama alors une voix familière.

    Sophie se retourna, et aperçu la reine Flora, accompagnée de nombreux Végimals.

    - Quoi ? Mais je ne comprends pas. Vous m’aviez dit que les Végimals étaient de dangereuses créatures.

    - Elles le sont, lui expliqua Loulou. Mais seulement lorsque tu as de mauvaises intentions. Si ton cœur est pur, et que ton intention en venant ici est de les aider, de prendre soin d’eux, alors, tu peux les approcher sans crainte. Mais, si comme François le chasseur, ton intention est de leur faire du mal, alors ils vont se révéler être très méchant.

    - Tu as remarqué que son doigt était en sang, suite à la morsure d’un Végimal, poursuit Émilie. Et bien… je pense qu’il se souviendra toute sa vie de cette morsure. Car le poison qui s’est introduit, suite à la morsure, dans son organisme va le défigurer. Il va se retrouver couvert de boutons pour de longues années.

    - Mais alors… pourquoi ont-ils enlevé la reine Flora ? demanda Sophie.

    - Je n’ai pas été enlevée, lui répondit-elle. Les Végimals étaient en danger et tu étais la seule capable de les aider. En te faisant croire à mon enlèvement, tu as pu sauver cette espèce.

    - Alors…

    - Alors, tu as réussi à sauver notre peuple.

    Grâce au courage de l’incroyable Sophie l’aventurière et de ses amis, singe Dorémi, Émilie la botaniste, Loulou la protectrice des animaux, oiseau Mindy, la reine Flora, le détective Nathan Tatekawa et la détective Marjolaine, le peuple des Végimals fut sauver, et va pouvoir vivre en paix pour de longue année, sans crainte de retrouver un jour François le chasseur. Merci Sophie l’aventurière ! FIN

     

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou, Mindy et Flora retournèrent à la boutique, revenant dans le monde réel.

    - Nathalie et Marjolaine ont fait un travail incroyable ! s’exclama Dorémi. Même si elles m’ont attribué le rôle du singe Dorémi…

    - Moi, j’ai trouvé que leur histoire était très intéressante, enchaîna Émilie.

    - Elle permet de montrer à tout le monde qu’on ne doit pas faire de mal aux êtres vivants qui nous entourent, continua Loulou.

    - Ou alors, ils auront à faire à Sophie l’aventurière ! s’exclama Mindy.

    - Moi j’aime beaucoup jouer le rôle de reine Flora ! lança alors Flora.

    - Oui, on s’en doutait, répondirent les filles en même temps.

    - Elles peuvent faire de grandes choses en travaillant toutes les deux ensembles, termina Sophie. Et elles ont réussi à rassembler tous nos amis de la primaire dans une même histoire.

     

    Épisode 18: Le retour de Loulou

    Épisode 20: Retour dans le monde des sorcières


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  • Épisode 18 :
    Le retour de Loulou

     

                Dorémi, Émilie, Sophie et Mindy avaient refusé de rentrer chez elles. Flora, qui ne pouvait se passer d’utiliser sa magie, leur avait fait apparaître un lit chacune, afin qu’elles puissent se reposer aux cours de la nuit.

    Flora était aux anges. Depuis ce triste jour où elle avait dû retourner dans le monde des sorcières avec Maggie-Grigri, elle rêvait de pouvoir revivre avec Dorémi et les autres. Elle rêvait plus que tout au monde de pouvoir les revoir chaque jour. Elle rêve plus que tout au monde pouvoir grandir en leur présence. Et aujourd’hui, son rêve était enfin devenu réalité puisqu’elle avait toutes ses mamans avec elles. Et plus jamais elle ne voulait vivre loin d’elles. Plus jamais elle ne voulait être de nouveau séparée d’elles. Elle se promit de tout faire pour qu’elles restent à ses côtés.

    Le soleil se leva. Les cinq amies se réveillèrent progressivement. Sophie, qui fut la première à se lever, descendit préparer un somptueux petit déjeuner dont elle avait le secret. S’étant toutes couché le ventre vide, elles devaient avoir très faim. Elle fut rapidement rejointe par Mindy, la reine de la cuisine. Flora, qui avait réussi à garder sa taille de grande fille grâce à la magie de ses mamans, s’occupaient alors de Loulou avec Émilie. Quant à Dorémi, le réveil fut assez difficile.

    Et en fin de matinée, Loulou se redressa dans son lit. Ses amies étaient toutes comblées de bonheur.

    - Loulou ! Comment tu te sens ?

    - Je vais très bien. Merci de m’avoir amenée à la boutique et de vous être occupées de moi les filles.

    - Maggie-Grigri a appelé un médecin. Et on a dû lui avouer la vérité sur ton identité parce que ta santé était en jeu. Tu ne nous en veux pas ?

    Loulou rigola.

    - Bien sûr que non. Vous m’avez quand même sauvé la vie. C’est grâce à vous si je suis ici aujourd’hui.

    Les filles furent alors rassurées.

    - Mademoiselle Kiki et mademoiselle Coucou nous ont dit qu’elles passeraient prendre de tes nouvelles, lui expliqua Émilie.

    - Tiens, mange-ça. Un délicieux petit déjeuner préparé par nous-même, fait maison, lui dit Sophie en lui tendant un plateau contenant le repas.

    - Merci, c’est très gentil. Ça a l’air délicieux.

    - Les repas préparés par mes mamans sont toujours délicieux ! s’exclama alors Flora.

    Ce qui permit à toutes de rire de bon cœur.

    - Mais dit-moi Loulou, pourquoi ne voulais-tu pas retourner chez toi ? Tes parents doivent être drôlement inquiets ? lui demanda Dorémi.

    - Je sais, oui. Je pensais les appeler en arrivant à la boutique mais… j’étais bien plus fatiguée que je ne le pensais.

    - Tu nous as dit que c’était à cause des médias. Mais avec la magie, il nous aurait été facile de te faire rentrer chez toi discrètement, s’exclama Mindy.

    Loulou prit son temps pour lui répondre.

    - Ma vie est devenue un calvaire à cause d’eux. Je suis sans cesse épiée par les paparazzis ou les journalistes. Je ne parvenais plus à avoir de vie privée. Quand Sa Majesté nous a rendu nos pouvoirs d’apprentie sorcière, je devais obligatoire fermer les volets de ma chambre pour être certaine de ne pas être photographiée au moment où j’utilisais la magie. Même dans l’enceinte de mon école, ils étaient présents. Je n’avais jamais connu ça à Misora. Si je vous ai demandé de ne pas me ramener chez moi, c’est parce que je savais que ma disparition n’avait pas dû passer inaperçu. Et donc, je savais que des dizaines et des dizaines de journalistes devaient se trouver devant la porte de chez moi, prêt à questionner mes parents pour avoir un quelconque renseignement. Même si on aurait réussi à rentrer discrètement, ils auraient trouvé un moyen pour épier dans la maison. Et ils m’auraient forcément vu.

    Elle regarda alors ses amies.

    - Quand je vous ai demandé à venir ici, j’étais très fatiguée et j’avais vraiment besoin de me reposer. Et je savais que je n’aurais jamais pu me reposer aussi bien qu’ici si j’étais rentrée chez moi. Grâce à vous les filles, je suis de nouveau en pleine forme.

    - Et pour tes parents alors ? demanda Sophie.

    - Je leur dirais que je me suis enfuie et que j’ai pris le premier avion venu pour venir à Misora dans le but d’échapper aux médias. Mes parents ont gardé la maison qu’on avait dans cette ville, le déménagement se fera rapidement.

    - Alors… tu as vraiment l’intention de revenir à Misora ? demanda Émilie, les yeux brillants.

    - Oui bien sûr. Je ne me suis jamais senti aussi bien ici. Et puis… je dois bien avouer que je me sentais très seule là-bas sans vous les filles.

    - Et ta carrière d’actrice alors ? demanda Dorémi. Tu ne vas quand même pas l’abandonner ?

    - Bien sûr que non. Je rêve de devenir une grande star et je le deviendrais un jour. Ce n’est pas parce que je ne poursuis pas mes études dans cette école que je n’ai aucune chance de réussir. Et puis, je ne laisserais pas gagner les hommes qui nous ont enlevé.

    Dorémi lui sauta alors au cou :

    - Je suis tellement contente que tout ça se termine bien…

    En début d’après-midi, Loulou se décida à appeler ses parents. Elle avait longuement répété un discours possible pour leur expliquer sa présence à Misora et la raison pour laquelle elle souhaitait revenir vivre ici. Et cela, sans mentionner l’usage de la magie et la venue de ses amies dans le lieu où elle était retenue prisonnière. Après avoir composé le numéro de sa maman, Loulou n’eut pas besoin d’attendre très longtemps avant d’entendre sa voix :

    - Loulou ? Loulou, ma chérie, c’est bien toi ?

    - Oui maman, c’est bien moi…

    - Oh Loulou, ma chérie, on a eu tellement peur pour toi !

    - Ne vous inquiétez pas, je vais très bien…

    - Où est-ce que tu es ? Ne bouge surtout pas, on vient te chercher tout de suite…

    - Ce n’est pas la peine maman, je suis très bien entourée.

    - Comment ça ? Loulou, où est-ce que tu es ?

    - J’ai réussi à fausser compagnie aux hommes qui m’ont enlevé. Mais j’étais très fatiguée. Alors j’ai décidé de ne pas rentrer à la maison afin d’échapper aux médias. Je voulais à tout prix me reposer dans un endroit où j’étais certaine d’être à l’abri des regards, dans un endroit où je me sentais en sécurité…

    - Tu es en train de nous dire… que tu te trouves à la boutique de Misora !

    Loulou fut surprise de voir que sa maman avait découvert aussi rapidement l’endroit où elle se trouvait. Décidément, elle connaissait très bien sa fille.

    - J’ai pris le premier avion pour Misora et la propriétaire de la boutique m’a gentiment permis de reprendre des forces dans la boutique avec mes amies. Tu ne m’en veux pas trop ?

    - On était extrêmement inquiet pour toi Loulou ! Pourquoi ne nous as-tu pas appelés tout de suite ?

    - J’ai pris l’avion directement en arrivant à l’aéroport et je ne pouvais pas appeler dans l’avion. Et une fois arrivée à Misora, j’étais tellement fatiguée que je me suis endormie directement.

    - Je préviens ton père et on vient te chercher au plus vite…

    - Maman attend ! Je… je voudrais que vous reveniez vivre à Misora, toi et papa. J’aimerais que l’on revienne vivre à Misora tous ensemble.

    - Mais Loulou, et tes études alors ? Et ta carrière ?

    - Je n’abandonnerais pas ma carrière. Mais je n’ai plus envie d’étudier dans cette école. Depuis que je suis là-bas, je suis constamment épiée, jour et nuit. Je n’ai plus aucune vie privée, où alors, je suis obligée de vivre volets fermés pour avoir un peu de tranquillité. Ce n’est pas une vie pour moi, maman. À Misora, je n’ai jamais eu autant de problèmes avec les médias. Et surtout, à Misora… je n’ai jamais été enlevée.

    Sa maman resta silencieuse. Elle avait toujours su qu’un jour où l’autre, Loulou déciderait de revenir vivre à Misora. Elle savait qu’elle ne supporterait pas sa nouvelle vie de star très longtemps. Alors, elle comprenait parfaitement ce que sa fille lui disait. Car elle était passée par là, elle aussi.

    - Écoute Loulou, ton père et moi avions décidé depuis longtemps que si tu choisissais de revenir vivre à Misora, nous suivrions ton choix. Si aujourd’hui, tu as décidé de revenir vivre là-bas, alors nous suivons ton choix.

    - C’est vrai ! Vous voulez vraiment que l’on revienne vivre ici ? Tous ensembles ?

    - Bien sûr que nous le voulons Loulou. Nous serons à Misora demain en fin de journée. En attendant, reste avec tes amies et surtout, fait attention à toi.

    - Ne t’inquiète pas maman, mes amies savent très bien s’occuper de moi.

    - Je ne suis pas inquiète sur ce point. Prend bien soin de toi ma chérie et à demain.

    - À demain maman.

    Loulou raccrocha. Puis, affichant un large sourire, elle regarda ses amies :

    - C’est réglé. Mes parents font les cartons et arrivent demain à Misora.

    - Oui ! Génial !

    Toutes sautèrent de joie. Même Loulou ne put s’empêcher d’exprimer sa joie de revenir parmi elles.

    - Et si on ouvrait la boutique ? proposa Loulou.

    - Tu te sens capable de nous aider ?

    - Mais oui, bien sûr ! Grâce à vous, je suis en pleine forme.

    Ainsi, elles activèrent leur console magique et passèrent leur tenue de pâtissière. Dorémi alla de suite ouvrir la boutique. Mais alors que les filles s’apprêtaient à préparer de délicieux gâteaux :

    - Hey, moi aussi je veux vous aider ! s’exclama alors Flora.

    - Si tu veux. Mais tu sais Flora, on est samedi aujourd’hui. Les clients vont être nombreux dans la boutique.

    - Oui je sais, mais c’est pas grave. Je remontrais dans ma chambre quand ils seront là mais pour l’instant, il n’y a personne.

    Toutes les six mirent alors la main à la patte. Puis, comme promit, mademoiselle Kiki et mademoiselle Coucou passèrent à la boutique prendre des nouvelles de Loulou.

    - Bonjour les filles, s’exclama mademoiselle Kiki. Je vois que Loulou a retrouvé toute son énergie.

    - Je vais beaucoup mieux, leur répondit Loulou.

    - Oui, c’est ce que nous pouvons constater. Tu as prévenu tes parents ?

    - Oui, ils reviennent vivre ici. Après cet incident, nous avons décidé de revenir à Misora. Et puis, de cette manière, je serais beaucoup plus près de mes amies et de Flora. Je n’aurais plus besoin d’utiliser la magie pour me téléporter.

    - Tu as décidé d’arrêter ta carrière ? demanda son ancienne institutrice, surprise.

    - Non, je vais continuer dans le show-biz tout en étant à Misora.

    Mademoiselle Kiki finit par lui sourire, finit par leur sourire.

    - Mademoiselle…

    - Vous savez, tout ceci ne m’étonne absolument pas. Surtout venant de vous. Vous étiez inséparable durant votre primaire, et je constate que vous l’êtes toujours aujourd’hui.

    Un client entra dans la boutique. Émilie alla l’accueillir :

    - Bonjour monsieur, puis-je vous aider ?

    Mais dans la cuisine, Flora venait de se cacher derrière Dorémi, tremblante. Ce qui surprit mademoiselle Kiki.

    - La malédiction. Flora est toujours aussi paniquée devant des inconnus, expliqua alors Mindy.

     

    Le lendemain, Loulou attendait avec impatience l’arrivée de ses parents. Même si elle savait que son père ne serait pas présent très souvent auprès d’elle, elle avait hâte de pouvoir ré-emménager dans la maison qui était la sienne durant quatre belles années.

    Et le soir venu, alors que la boutique était fermée, la petite cloche de la porte d’entrée sonna. Loulou, qui se trouvait dans la chambre de Flora, descendit en courant et sauta dans les bras des deux personnes qui venaient d’entrer.

    - Maman… Papa…

    Clara Segawa était l’agent de Loulou, mais elle était autrefois chanteuse, comme sa fille. Les cheveux marron foncés formant comme deux couettes de chaque côtés, elle avait de petits yeux de cette même couleur et portait un foulard violet autour du cou. Elle était vêtue d’une tunique orange, ainsi que d’une longue robe bleu marine et des sandales à petits talons beiges.

    Tsuyoshi Segawa était conducteur de train. C’était pour cette raison qu’il ne pouvait pas se trouver aussi souvent qu’il le souhaiterait auprès de sa famille. Il avait de courts cheveux châtain et des yeux également marron. Il portait une chemise bleue foncée, par-dessous un manteau beige, qu’il rentrait dans son pantalon gris et chaussait des souliers gris foncés.

    - Loulou… ma chérie… on a eu si peur pour toi… on était si inquiet…

    - Mais regardez, mes amies ont su prendre soin de moi.

    - Et nous vous en remercions, s’exclamèrent-ils à l’intention des filles. Loulou, est-ce que… explique-nous ce qu’il s’est passé après ta disparition.

    - Oh maman, je n’ai vraiment pas envie de reparler de ça.

    - D’accord mais je veux quand même qu’un médecin t’examine.

    - C’est déjà fait. Après être arrivée dans la boutique, la propriétaire a appelé un médecin pour s’assurer que je n’avais rien. Et, apparemment, je n’aurais rien d’inquiétant.

    - Je crois que nous devons beaucoup à cette madame Makihatayama. Serait-il possible de la rencontrer ?

    - Oui, bien sûr. Maggie-Grigri, tu pourrais venir s’il te plaît ? cria alors Loulou.

    Maggie-Grigri, qui se trouvait dans la cuisine en présence d’une Flora paniquée, laissa Dorémi s’occuper d’elle et rejoignit Loulou dans la boutique.

    - Vous devez être les parents de Loulou.

    - C’est exact. Nous voulions vous remercier d’avoir pris soin de notre fille en notre absence, et surtout après ce qu’elle venait de vivre.

    - Je ne pouvais pas la laisser seule dans son état…

    Mais, pendant que Maggie-Grigri discutait « aimablement » avec les parents de Loulou, celle-ci pensa alors à Flora, paniquée devant ses propres parents. Flora ne paniquait plus devant mademoiselle Kiki. Elle ne paniquait plus devant les sorcières Roxane et Vanille. Et surtout, elle pouvait retrouver les anciens camarades ainsi que tous les adultes de l’école primaire sans crainte. En enlevant le fait qu’elle craignait de se trouver en présence de personne qu’elle n’avait jamais vu auparavant, il ne restait que les familles des filles. Si elle parvenait à ne plus paniquer devant les parents des filles, alors la malédiction pourrait être rapidement levée.

    Loulou alla rejoindre Dorémi et Flora, toutes deux en présence de Lala et des six petites fées.

    - Flora, tu accepterais de venir avec moi dans la boutique ?

    Mais celle-ci lui répondit négativement de la tête.

    - Flora, on sera avec toi. Dorémi est avec toi. Je suis avec toi. Et Sophie, Émilie et Mindy seront également avec toi.

    En entendant la conversation, Émilie, Sophie et Mindy les rejoignirent.

    - Tu ne risques rien Flora. Tu es en sécurité avec nous. Et je te promets que mes parents ne te feront aucun mal.

    - J’ai trop peur… j’ai trop peur…

    - Vient avec nous.

    Loulou lui attrapa les mains et la tira jusque dans la boutique.

    - Regarde, ils ne te feront aucun mal. Ce sont mon papa et ma maman. Et ils sont très gentils.

    - Flora, enchaîna Dorémi, tu te souviens de la fois où tu as accompagné Loulou au studio d’enregistrement ? Souviens-toi, tu es restée avec sa maman pendant qu’elle réalisait ses tournages.

    - Et la fois où Loulou s’était endormit dans la boutique, poursuivit Sophie, tu lui avais prêté ton lit pour qu’elle puisse se reposer, tu te souviens ? Et quelques heures après, sa maman était venue la chercher et tu es allée réveiller Loulou.

    - Enfin presque, chuchota Mindy.

    - Flora, tu te souviens du jour de la remise des diplômes ? lui demanda Émilie. Souviens-toi, Dorémi était venue s’enfermer dans la boutique…

    - Tu n’es pas obligée de lui rappeler cette merveilleuse journée, ironisa Dorémi.

    - Toute l’école avait fait le déplacement pour que Dorémi assiste à la remise des diplômes. Et il y avait également tous les parents. Et les parents de Loulou étaient présents. Tu t’en souviens Flora ? Tu les as déjà rencontrés dans le passé.

    Flora paraissait réfléchir. Mais très rapidement, tout lui revint en tête. Tous ces moments passés en présence de ses deux personnes se ravivaient peu à peu. Comment avait-elle pu oublier ces passages de son enfance avec ses mamans ?

    - Je me souviens…

    Elle avait cessé d’être effrayer. Elle avait cessé de trembler. Les filles étaient extrêmement fières. Elle avait réussi à lever la malédiction pour les parents de Loulou.

    - Mais oui, ce jour-là, nous n’arrivions pas à te faire sortir de la boutique Dorémi. Et j’ai faillis utiliser la ma…

    Toutes ensembles, elles sautèrent sur Flora en lui mettant leur main sur la bouche pour l’empêcher d’en dire plus.

    - Vous pourriez nous expliquer ce qu’il se passe ? demandèrent les parents de Loulou, se demandant pourquoi Flora était si craintive et pourquoi les filles lui ravivaient ces souvenirs.

    - C’est une longue histoire…

     

    Ainsi, Flora avait réussi à vaincre sa peur face aux parents de Loulou. Les filles savaient que pour lever la malédiction, elles devaient faire de même avec l’ensemble de leur famille. Mais, alors qu’elles s’apprêtaient à partir pour présenter leurs parents à Flora, celle-ci retrouva son apparence de petite fille.

    - Oh non ! Je veux redevenir grande ! Je veux redevenir grande ! Je veux redevenir grande !

    - Tu as pu rester grande pendant toute une semaine, c’est déjà pas mal non ? lui fit remarquer Sophie.

    - Non je veux redevenir grande ! Je veux redevenir grande ! Je veux redevenir grande !

    - D’accord, d’accord, on s’en charge.

    - Oui ! Merci mamans !

    Dorémi, Émilie, Sophie, Loulou et Mindy enfilèrent leur costume, et prirent leur baguette magique.

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Palali Papone !

    - Cercle magique ! Que Flora retrouve sa taille d’adolescente !

    Flora se mit alors à grandir, grandir, grandir. Jusqu’à retrouver sa taille de grande fille.

    - Oui ! Merci !

    Ainsi, en traversant la ville sur leur balai, elles allèrent de famille en famille afin de permettre à Flora de rencontrer les parents de toutes ses mamans en lui ravivant des souvenirs passés en leur compagnie. Et grâce à cela, il ne leur restait plus qu’à aider Flora à communiquer avec des personnes inconnues et la malédiction sera levée dans le monde des humains. Maintenant, elles devaient faire de même avec le monde des sorcières.

     

    Épisode 17: La promesse

    Épisode 19: Sophie l'aventurière


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  • Épisode 17 :
    La promesse

     

    Les cinq amies n’eurent pas à attendre longtemps avant d’obtenir leur réponse. Car, juste après, Maggie-Grigri et Flora se matérialisèrent sur leur ballet, accompagnées de Lala et des petites fées.

    - Les filles, mais qu’est-ce que vous faites ici ? demanda Maggie-Grigri.

    - Maggie ! Flora ! Les fées ! Comme on est contente de vous voir !

    - Mais qu’est-ce que vous faites attachées à ses chaises ?

    - Maggie, Loulou a été enlevée hier en sortant de l’école. On a voulu l’aider mais on s’est fait repérer.

    D’un claquement de doigt, elle libéra les cinq apprenties sorcières. Mais Loulou ne parvenait pas à se lever. Elle était fatiguée, et à jeun depuis hier.

    - Ne t’inquiète pas, on va t’aider à rentrer chez toi…

    - Non, pas chez moi… il va y avoir pleins de journalistes, s’il vous plaît, emmenez-moi à la boutique…

    - Mais tes parents...

    - S’il vous plaît…

    Après tout, Loulou avait vraiment besoin de reprendre des forces. Et l’emmener devant les caméras n’était pas la meilleure des solutions.

    - D’accord, on va rentrer à la boutique. Et pour ces hommes alors…

    - Ils ont leur photo dans tous les postes de polices de la région, s’exclama Maggie-Grigri.

    - Merci.

    - Allez-y, formez votre cercle magique pour que l’on puisse rentrer à la boutique. Je me charge de Loulou en attendant.

    Jamais Maggie-Grigri n’avait été aussi attendrissante auprès des filles, pas directement en tout cas.

    - Ne vous inquiétez pas, je vais pouvoir le faire avec vous ce cercle magique. J’ai suffisamment de force pour le faire. Après tout, c’est de ma faute si vous êtes ici.

    - Tu en es certaine Loulou ?

    - Mais oui, tout va bien.

    Une fois en tenue et baguette en main :

    - Pirikala Paporina Pékélatou Pépélato !

    - Pilipili Poupaloura Poupalou !

    - Pamékilak Larilori Palou !

    - Pouloulou Prune Fami Famifa !

    - Paparona Palouta Palali Papone !

    - Cercle magique !

    - Hey, moi aussi je veux participer ! Pololin Purolin Flora Florapi !

    - Pour que Loulou puisse se reposer, qu’à la boutique magique nous soyons transportées !

    Toutes disparurent du cabanon, et réapparurent dans la cuisine de la boutique de magie. Mais Loulou ne put tenir plus longtemps sur ses jambes.

    - Loulou !

    - Allez lui chercher de quoi manger dans la boutique, leur demanda Maggie-Grigri.

    - J’y vais ! lança Flora.

    Flora alla dans la boutique. Mais à peine fut-elle sortie de la cuisine qu’elle s’arrêta de courir. Car deux personnes se trouvaient dans la boutique. Cependant, elle ne paniqua pas, ce qui voulait dire qu’elle connaissait ses deux personnes.

    - Mademoiselle Kiki… Mademoiselle Coucou… Qu’est-ce que… Oh oui, Loulou !

    Elle reprit le chemin en direction des petits biscuits et en attrapa une poignée. Elle revint ensuite auprès des filles qui tenaient Loulou éveillée, assise sur le sol.

    - Tient Loulou, mange, ça va te faire du bien.

    Mais elle était incapable de bouger, incapable d’attraper le biscuit que lui tendait Flora.

    - Loulou, il faut que tu manges, c’est important.

    - Tu es beaucoup trop faible Loulou.

    - S’il te plaît, mange.

    Flora approcha le biscuit pour elle, pour qu’elle n’ait plus qu’à le croquer. Et elle finit par le faire. Leurs deux anciennes maîtresses entrèrent dans la cuisine. Elles savaient que Loulou avait été victime d’un enlèvement. Et mademoiselle Coucou savait également que les filles étaient parties de l’école pour la retrouver et qu’elles s’étaient fait prendre. Et elle savait également que Loulou avait été frappée. Mais elles ne s’attendaient pas à retrouver une Loulou aussi affaiblit qu’elle ne l’était en ce moment.

    - Vous devriez faire venir un médecin, histoire de vérifier qu’elle n’a rien et qu’ils ne lui ont rien fait d’autre, s’exclama mademoiselle Kiki.

    - Oui, vous avez raison…

    - Retirez vos costumes et allez l’allonger dans un lit à l’étage. Je me charge du médecin, leur dit Maggie-Grigri.

    Les filles furent très surprises de la réaction de Maggie-Grigri. Avant, elle les laissait se débrouiller seules et les aidait seulement en restant dans l’ombre. Lorsqu’elle se trouvait devant les filles, elle ne parvenait pas à faire autre chose que de crier, en leur demandant de se mettre au travail, d’aller plus vite, d’arrêter de discuter pour éviter qu’elles ne perdent trop de temps. Mais depuis que Sa Majesté avait redonné leur pouvoir aux apprenties sorcières, depuis qu’elle était revenue vivre dans cette boutique avec Flora et Lala, Maggie-Grigri avait totalement changé. Elle se préoccupait davantage de la santé et du bien-être de ses filles. Celles-ci découvraient le vrai visage de leur tutrice.

    Dorémi, Émilie, Sophie et Mindy retirèrent leur costume, et enlevèrent celui de Loulou.

    - Pololin Purolin Flora Florapi ! Pour que Loulou puisse se reposer, que dans mon lit elle soit transportée.

    - Tu sais Flora, tu es une vraie sorcière, tu n’as pas besoin de prononcer de formule, lui rappela Sophie.

    - Je sais, mais je trouve ça tellement rigolo de faire comme vous.

    Loulou s’envola puis atterrit dans le lit de Flora, à l’étage, qui fut rejointe par les autres. Elle s’était endormit. Mais elle avait de la température. Dorémi partit chercher une serviette qu’elle humidifia pour la poser sur le front de son amie. Elle devait être épuisée. Mais elles espéraient qu’elles n’avaient rien d’autre.

    Le médecin arriva la demi-heure suivante.

    - Ne vous inquiétez pas, votre amie n’a rien de bien grave. Ce dont elle a besoin, c’est de repos. Néanmoins, j’ai remarqué une marque sur sa joue. Elle s’est battue récemment ? Ou a-t-elle subit un choc violent ?

    Personne n’osa répondre. Elles ne pouvaient lui révéler qu’il s’agissait de l’idole Loulou Segawa. Tout le monde avait appris qu’elle avait été enlevée. Mais surtout, elle n’était pas censée se trouver à Misora en ce moment. Seulement, la santé de Loulou était en jeu. Elle ne pouvait pas mentir au médecin sur son identité et sur ce qu’elle venait de vivre. C’était beaucoup trop risqué. Elles étaient obligées de lui dire la vérité sur leur amie.

    - Monsieur… notre amie est… cette personne s’appelle Loulou Segawa et…

    Le médecin regarda les filles, surpris :

    - Loulou ? Cette jeune fille est la célèbre Loulou ? Mais je croyais qu’elle… qu’elle avait été enlevée… comment se fait-il qu’elle soit…

    - Loulou a réussi à s’échapper. Et elle a pris l’avion pour venir ici afin de se tenir loin des médias. Alors, s’il vous plaît monsieur, ne révélez à personne qu’elle se trouve ici.

    - D’accord, si vous voulez. Mais quelle est cette marque ?

    - Elle a été frappée par ses agresseurs…

    Il regarda Loulou avant de poursuivre.

    - Dans ce cas, il faut que je fasse des examens supplémentaires afin de nous assurer qu’elle est en bonne santé. Est-ce que sa maman est parmi vous ?

    Maggie Grigri voulut mentir en prétendant l’être. Elle s’était toujours promit de veiller sur les filles et elle s’était toujours promit qu’elle ferait tout pour les aider quoi qu’il arrivait, jusqu’à se faire passer pour leur mère. Mais elle ne connaissait pas intimement la vie de Loulou, pas suffisamment si jamais le médecin poserait des questions. C’était son seul problème.

    - Sa maman n’est malheureusement pas encore arrivée. Mais si vous avez besoin d’aide, il se trouve que je suis son infirmière scolaire, s’exclama mademoiselle Coucou.

    - J’apprécie votre aide, madame. Pourriez-vous nous laisser seuls avec la jeune Loulou ? demanda le médecin aux autres.

    Toutes partirent, laissant le médecin et l’infirmière scolaire de Loulou s’occuper de leur amie. Elles étaient inquiètes. Elles n’avaient passé que les dernières heures en sa présence. Que lui avaient-ils fait ?

    - Les filles, il se fait tard, vous devriez rentrer chez vous, leur dit mademoiselle Kiki.

    Mais elles n’avaient pas l’intention de laisser Loulou seule ici. Voyant leur cartable rapporté par leur fée, elles s’approchèrent et attrapèrent leur petite boule où se trouvaient les petites fées, à l’intérieur. Toutes sortirent.

    - Mais qu’est-ce que c’est que ça ? demanda mademoiselle Kiki, surprise.

    - Ça, ce sont leur petite fée, lui répondit Flora. Moi aussi j’en ai une et elle s’appelle Floflo.

    - Des fées ? Alors… ce sont ces petites choses qui vous remplacent à l’école lorsque vous restez à la boutique veiller sur Flora ?

    Les filles répondirent positivement de la tête.

    - Vous voulez bien nous remplacer de nouveau auprès de nos familles ?

    - Dodo !

    - Mimi !

    - Fifi !

    - Dydy !

    Toutes les fées prirent l’apparence de leur maîtresse.

    - Merci…

    - Lolo ! Lolo ! Lolo !

    - Non Lolo, reste à la boutique avec nous. Nous trouverons une solution pour les parents de Loulou.

    Mademoiselle Kiki se rappela alors de quelque chose. Elle avait déjà entendu ses mots auparavant. Avant même de découvrir la vérité. Avaient-elles déjà utilisé leur fée quand elles étaient à l’école primaire ? Mais, après tout, ce n’était pas très important. Le plus important était la santé de Loulou.

    - Les filles, comment est-ce que vous avez retrouvé votre amie ? Tout le monde ignorait où elle était.

    - La magie nous a emmené à l’endroit où elle se trouvait.

    - Et comment vous avez fait pour la ramener sans que les ravisseurs ne vous voient ?

    Toutes se regardèrent. Car, justement, elles n’avaient pas été suffisamment prudentes.

    - Et bien… ce n’est pas nous qui l’avons aidé. On a été repérée quelques instants après avoir trouvé Loulou. C’est Maggie-Grigri et Flora qui ont figé le temps pour nous sauver. Elles ont même envoyé la photo des ravisseurs aux policiers. Nous leur devons beaucoup…

    Le médecin et mademoiselle Coucou revinrent auprès d’eux.

    - Nous avons réalisé un examen complet. Et rassurez-vous, tout va très bien. Dans quelques jours, elle sera de nouveau en pleine forme. Ses parents arrivent bientôt ?

    - Euh… oui… ils doivent prendre l’avion dans pas longtemps, répondit maladroitement Dorémi.

    - Bien, en attendant, occupez-vous d’elle et surtout pensez à l’hydrater.

    - D’accord, nous le ferons. Merci docteur.

    Le médecin reparti.

    - Mesdemoiselles, vous ne devriez pas partir à chaque fois seule pour résoudre ce genre de situation, leur dit mademoiselle Coucou.

    - Nous sommes désolées…

    - Vous savez où me trouver. Alors pourquoi ne venez-vous jamais m’en parler ? Pourquoi ne venez-vous pas à la boutique en parler à Maggie-Grigri ? Vous êtes encore jeunes pour vivre ce genre de mésaventure.

    - Nous ne voulions pas vous embêter… Vous avez d’autres soucis à gérer dans le monde des sorcières… et comme cela ne relevait pas de la magie…

    - Dorémi, Émilie, Sophie, Mindy. Ce n’est pas parce que la situation ne relève pas de la magie que nous, les sorcières, sommes incapables de vous aider. Vous avez sauvé mon monde, il est normal que nous vous apportions notre aide quand vous en avez besoin. Aujourd’hui, si Maggie-Grigri ne vous avait pas retrouvé avec sa boule de cristal, peut-être que personne ne serait venu à votre secours.

    Les filles ne savaient quoi répondre. Car mademoiselle Coucou avait raison. Si Maggie-Grigri et Flora ne les avaient pas retrouvés, elles seraient restées prisonnières encore de longues journées dans cette cabane.

    - J’aimerais que vous nous promettiez quelques choses, leur demanda mademoiselle Coucou. J’aimerais que vous nous promettiez de parler de vos problèmes à Maggie-Grigri, à mademoiselle Kiki, ou à moi-même, avant de partir seules les résoudre. Promettez-le-nous.

    - Nous vous le promettons mademoiselle.

    - Vous ne partirez plus seules comme vous le faisiez jusqu’à aujourd’hui ?

    - Non, nous ne le ferons plus, lui assura Dorémi.

    Leurs deux anciennes maîtresses finirent par leur adresser un sourire.

    - Nous sommes ravies de vous voir saines et sauves.

    - Nous repasserons demain, leur dit mademoiselle Kiki. Non pas pour vous donner des cours, vous devez vous reposer les week-ends, mais pour prendre des nouvelles de Loulou. Occupez-vous bien d’elle.

    - C’est promis. Merci mademoiselle Kiki. Merci mademoiselle Coucou…

    - Ze sens la présenze de nuaze noir dans le coin, s’exclama soudain Paola, en arrivant sur la tête de Flora.

    - QUOI ! s’écrièrent les filles.

    - Que dis-tu ? s’exclama mademoiselle Coucou.

    - Il y a des nuazes noirs dans cette pièce.

    Au même moment, Dorémi en aperçu un, juste derrière mademoiselle Kiki :

    - Mademoiselle attention !

    Elle s’élança sur son professeur et toutes deux tombèrent sur le sol. Maggie-Grigri le fit alors disparaître mais lorsqu’elle se retourna, son visage se crispa dans une position de peur intense. Des dizaines d’autres petits cumulus apparaissaient petit à petit autour d’eux.

    - Flora avait retrouvé la mémoire grâce à Roxane et aucun nuage n’était apparu. Il fallait bien qu’ils arrivent un jour ou l’autre. Montez à l’étage, Maggie-Grigri va m’aider à les détruire.

    Dorémi, Émilie, Sophie, Mindy, Flora et mademoiselle Kiki rejoignirent Loulou, accompagnée de Paola. Elles savaient que Sa Majesté et Maggie-Grigri parviendraient à détruire les nuages sans problème. Elles n’étaient pas inquiètes. Au contraire, elles étaient heureuses. Heureuses car Loulou allait revenir vivre à Misora. Heureuses car elles allaient pouvoir retrouver leur vie d’avant. Heureuses car elles allaient pouvoir partager leur jeunesse ensemble, avec Flora, Maggie-Grigri et Lala.

    - Vous savez, même si mademoiselle Coucou avait réussi à me convaincre que vous étiez des élèves tout à fait ordinaires, je savais, au fond de moi, que ce n’était pas le cas. À l’époque, je ne m’imaginais pas que vous pouviez utiliser la magie. Mais je savais que vous étiez différentes des autres. Différentes, mais dans le bon sens du terme.

    Mademoiselle Kiki regarda alors à travers la vitre.

    - Je vous connais depuis votre entrée en première année de primaire. Enfin, au moins pour Dorémi et Émilie. Et déjà, à l’époque, vous faisiez en sorte de toujours faire le bien autour de vous. Dès qu’un camarade allait mal, vous étiez là pour l’épauler, là pour lui apporter votre aide, là pour le soutenir. Grâce à vous, grand nombre d’élèves ont retrouvé goût à la vie. Grâce à vous, des élèves comme la petite Capucine Nagato on put revenir à l’école alors que cela lui était impossible jusqu’à maintenant. Je sais aujourd’hui que la magie vous a apporté une aide supplémentaire. Mais je sais également que même sans elle, vous avez accompli des miracles.

    Elle s’approcha ensuite de Loulou :

    - Même si je suis d’accord avec mademoiselle Coucou et que vous n’auriez pas dû partir sans prévenir, vous avez sauvées votre amie. Dès que vous avez appris qu’elle était en danger, vous êtes parties lui apporter votre aide. Vous avez risqué votre propre vie pour sauver celle de Loulou. Et ça, très peu d’adolescents de votre âge en seraient capable. Vous avez également réussi à élever Flora alors que vous n’étiez pas encore âge de dix ans. Et cela malgré tous les risques et les dangers qu’elle encourait, vous êtes devenues de véritables mères.

    Elle finit par regarder ses anciennes élèves. Dorémi, Émilie, Sophie, Mindy et Flora écoutaient mademoiselle Kiki avec attention.

    - Vous avez réussi à garder un secret très lourd à porter pendant plus de quatre années. Vous avez réussi à utiliser la magie à bon échéant sans que personne ne découvre l’existence de vos pouvoirs. Et tout ça, vous êtes les seuls à l’avoir fait. À chaque difficulté rencontrée, vous redoubliez d’effort afin de remédier à ce problème. De toute ma carrière d’enseignante, je n’ai jamais eu des élèves comme vous. Des élèves aussi dévoués à aider les autres. Des élèves aussi gentils et attendrissants. Des élèves remplis de bonnes volontés. Et pour ça, je vous remercie du fond du cœur.

     

    Épisode 16: L'enlèvement de Loulou

    Épisode 18: Le retour de Loulou


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